PREFACE. CXI
force à la chnrrne conduite parties mains propriétaires!! !
Celte situation prospérante de la classe agricole, nous voudrions la voir partagée par une autre classe de travailleurs, dont s'occupe aussi le contrat de louage^ par les ouvriers de l'industrie manufacturière. Mais il est difficile de l'espérer quant à présent ; son état est précaire , agité, mauvais. Le contrat de louage a réglé cependant avec équité ses rapports avec les maîtres; il assure à son travail des garanties. Mais le principe du mal ne tient pas aux combinaisons de la loi; il vient surtout de ces habitudes vicieuses que les ouvriers contractent dans le séjour corrupteur des villes, ou dans l'agglomération des individus et des sexes pour le travail commun ; agglomération nécessaire peutêtre pour le succès de la production, mais trop favorable à la propagation du vice.
Il faut aussi faire la part de la réaction qu'exerce sur celle classe le système d'économie commerciale, qui pousse jusqu'à l'encombrement la marche aveugle de la production. Tant que les débouchés ne sont pas obstrués , le travail se soutient avec ardeur , et l'ouvrier , plus insouciant .encore que le maître, car il est moins éclairé, l'ouvrier, dis-je, jouit du présent avec cet abandon qui fait son malheur, sans penser qu'une crise peut, d'un jour à l'autre, le laisser à la merci du hasard. Bientôt en ellct le mal se fait sentir ; l'encombrement étoulfo le manufacturier de ses fatales richesses, la fabri-
exil PREFACE.
que se ferme, et l'ouvrier est congédié, n'ayant pas su, dans son imprévoyance de l'avenir, se préparer par ses économies une transition à d'autres travaux! Triste fluctuation entre une surexcitation fébrile pour la production et une atonie mortelle! Résultat déplorable d'une concurrence effrénée, qui livreà l'instabilité les fortunes industrielles, et jette, par contre-coup , l'ouvrier dans l'alternative de la misère ou de la révolte! Les économistes ont cherché un remède à celte plaie cruelle ; ils ont parlé de multiplier les caisses d'épargne et les établissements de bienfaisance, de favoriser l'instruction religieuse et morale , d'organiser des tribunaux de prud'hommes , d'imprimer à la production une meilleure direction, de créer des exutoires salutaires en encourageant l'émigration et l'expansion vers les colonies, etc., etc. Toutes ces pensées sont bonnes. Dieu veuille qu'elles soient efficaces, et que la classe ouvrière ne soit pas celle qui vomira sur notre société de nouveaux barbares prêts à la déchirer!