PREFACE. XXI
tation par esclaves soumis à la surveillance d'un régisseur stipendié [villicus] etesclnve lui-même (1).
Ce dernier système était fort en usage en Italie, et il était peut-être le meilleur entre les mains de ceux qui, suivant le conseil de Magon, vendaient leur maison de ville le jour où ils achetaient une maison des champs (2), et qui allaient
gemenls pour Aquilée [de Cyrenenxi provincia Âquileiam), cl alimente ril;'lie, qui ne siifiii plus à ses beso^n^ (I. 60, S 1, l)- loc. cond ).
7» Les «ibjeis d'arl,d<>s colonnes «■culpiée?, des choses fragiles, circulent à lenvi pour alimenter le luxe de Home et des provinces (1. 25, $ 17, D. loc. cond.).
8° Airaaieurs, capitaines de navire, pilotes (1. 13, § 2, D. loc. cond.).
9" Enlreorjse lie coi!'lru*'lions et d» bàiiinenls, travaux d'architecture (1, 22, S 2, D. loc. cond , et I. 52, S 1, nième lilrO. ■ 1 10" Il y a plai-e aussi pour la petite industrie des décrasseurs d'babit»
• 13, S 6, D. loc. cond.]
Il» Des laillfurs, etc. (sarcinalor, fullo) (l. 25, S 7, D. loc. cond.).
l2o Et du pauvre bercer i|ui loue sou Ir.ivail pour la garde des veaux et des chèvres (1. 9, § 4 et 5, D. loc. cond.).
S 3. Finances de l'État.
1" La république, propriétaire de grands domaines, était dans l'usage de les fiire valo r rn les louant (1. 13, S 11- D. loc. cond.).
2-' L'Etat pcrceviiit des droits d'entiée et de sortie, qu'il arfermait (1. 7, C. loc. Pothier, Pand. 1. 1, p. 547, noie e).
S 4. AgricuUure.
{o Les troupeaux dont Calon conseillait la mulliplicalion avaient dans les fermes (vUlœ), des logement j plus ou moins citusidcrables (1. 16. D. loc cond).
2o Les termes étaient également munies du matériel nécessaire pour Is roufeilion du vin: tonneaux pour vendanges (I. 19, S 1,loc. cond.), pressoirs, etc., etc. (1. 19, § 2).
3° El pour la conleclion de l'huile (1. 19, § 2, D. loc. cond.).
4» On at lâchait beaucoup de prix aux engrais {infrà le commentaire del-arl.1778).
5" On avait éludié les procédés agricoles qni conservent les terres et ceux qui les détériorent (I. 25, § 3, D. loc. cond.).
6" Les Beaux naturels et les maladies qui assiègent les récoltes ; leur réaction sur la richesse agricole et sur le hoit des fermiers n'avait pas échappé aux jurisconsnlles romains, qui eurent des notions ti es solides sur l'agriculture (1. 26, S 2 et 4, D. loc. cond. 1. 25 , g 4. D. même titre).
S 5. Philosophie.
\o La croyance dans la divinité se retrouve ici comme ailleurs sous la plume toujours grave et morale des juriscousultes de Home (1. 25, S 6, D. loc. cond. Caius).
2° Et ils nous révèlent de nouveau leur foi dans un droit naturel su- 1 érieur aux inventions de tel ou tel législateur. (Paul. 1. 1, D. lf»r, mnd.).
(1) Coluniellp, lib. I, c. 8.
(2; Pline, Hisi. nat., lib, XVIli, v. 11, fi
3^31^11 préfa<:e.
eux-mêmes diriger leurs geus avec la double autorité du maîlre sévère et de ragronome intelligent. Caton le pratiquait dans ses domaines; tout son traité de Be ruslieâ s'adresse à des hommes qui faisaient valoir par eux -mêmes, ayant Pour auxiliaires leurs régisseurs {villicus) et des esclaves. A époque où ce grand homme écrivait, l'agriculture était florissante et placée au premier rang parmi les plus nobles occupations de l'homme. « Ex agricolis, disait-il, et viri for- » tissimi, et milites strenuissiml gignunlur; maximéque » pins questus, habilissimusque consequitur, minimèque » invidiosusl » Le propriétaire ne dédaignait pas de se vouer au travail des champs : il y consacrait son temps et ses prédilections. C'est aussi pour de tels hommes qu'écrivait Varron. Son livre est dédié à Fundania, qui venait d'acheter un foods de terre, et voulait le cultiver par lui-même (1).
Mais quand le propriétaire, absorbé par d'autres soins ou par d'autres goûts, vivait éloigné de ses domaines, ce système d'exploiialion étaii le pire de tous (2). Il avait les innombrables inconvénients du régime des hommes d'affaires, que nous avons vu si funeste aux moyennes fortunes de la moyenne noblesse d'autrefois. L'histoire rapporte que lorsqu'Archytas revint de Mélaponte, où il avait été étudier la -philosophie, il trouva ses terres dans le plus fâcheux état de dépérissement et de dégradation par la faute de son intendant (3). Sa colère fut grande, mais pas assez cependant pour l'empêcher de penser aux préceptes de Pythagore. « Ah ! que je te châtierais sévèrement, dit-il à ce gérant infi- » déle, si je n'étais aussi irrité contre toi (4). » Cette parole est restée comme un des plus baux (rails de la modération philosophique, et aussi comme un exemple, entre mille, de l'ancienneté de certaines pratiques des intendants (5).
Or donc, pour ceux qui voulaient être tout à la fois citadins et propriétaires ruraux, sans pouvoir veiller par euxmêmes à la culture de leurs domaines, il y avait un système préférable, c'était celui du bail à ferme. Les économistes de
(1) Quoniam emisti fundum, quem bene colendo frucluosum faccre velis (i-. t).
(2) Columellp, lib. I, c. 7.
(3) Aiiimadverlit, necligentia vitiici, rura sua corrupta et perdiia (Valer. Maxim., lib IV, de Modérât, in extremis, n» 1)
(4) Qiio te miido aicecisseni, nisi iralus essem 'Cicer. Tuscul., lib. IV, n** 36). VylèrtvMaxime lui lait dire: « Suwpsissem a le supplicium, .» nisi tibi iratus essem » (loc. cit.)
(5) Les traducteurs de Ciiéron 1 1 de Valère-Maxime ont traduit le mot villicus. lioiu cfs deux auteurs se servent, par celui de fermier. Ji y a là une inexactitude très-grave.
PREFACE. XXiri
l'antiquiié le recommandent (1). Le soin avec lequel les; jurisconsultes romains ont traité les piincipes et les applications de ce contrai, prouve combien il était tréqueni dans la pratique. 11 y avait des fermiers qui payaient en argent (2j, d'autres qui s'acquittaient en nature (3) ; les baux présentaient, à cet égard, autrint de diversité que chez nous. Colunielle recommandait au propriétaire d'agir avec douceur avec son fermier, et de se montrer facile dans ses rapports avec lui (4) ; « soyez plus exigeant pour son travail, disait'il, » que pour son fermage. Le fermier qui cultive bien ne vous » demandera pas de réduction, à moins que les fléaux du » ciel ne viennent le contrarier (5). Ne soyez pas minutieux, » surtout sur l'exercice des droits que vous donne le bail. » et sur l'accomplissement de certains devoirs qui donnent » au cultivateur plus de fatigues que de dépenses. Nam » summum jus antiqui suinmam putabaut crucem. Toutefois, » n'abandonnez pas entièrement ce qui vous est dû; l'usu- » rier Alphius avait coutume de dire qu'une bonne créance » devient mauvaise quand on la laisse sommeiller. »
Souvent les baux étaient de cinq ans (t>) ; mais les pères de famille soigneux Je leurs intérêts préféraient toujours pour fermiers ceux qui étaient nés sur leurs terres. C était ia maxime de Voinsius (7), sénateur illustre, qui fut l'artisan de la grande opulence de sa maison (8). En effet, le fermier héréditaire s'attache au sol; il le cultive avec affection; son intérêt est à la fois de le ménager et de le féconder, tandis que le fermier tiansitoire. pressé de jouir, lui arrache en un jour les forces productives de plusieurs années.
En général, les Romains ne paraissent pas avoir eu pour
(1) Colum., lib. I, c. 7. » Pejorem rem esse urbanumcolonuni, qui per » familiam aiavult agnim quàm per se colère.... Propler quod, operam » daiidam esse ut et rusli< os et eosdeni as^iduos colonos reliiiCiSmus, ciim » aul tiobismelipsis aul per dompsticos colère non expediret »
« In longiiiquis lanien lundis in qiios non e^l facilis cxcurstis
» palrislamilias onine t^enns agri lolorabilius est scb liberis colonis, » quàm subvilUcù nervis, hubcre. » Vuy. aussi Gibbon, l. VI, p. 18.
(2) Colonus qui nummis colet. Paul, 1. 26, $l,b.de Fustis, infrà, «"3.
(3) Diocl. el Max., 1. 21. C. de lac. cond.
(4) Comiler agat cum colonis fadlemque se prsebeal (lib. 1, c. 7). 1,5) Remissioneni colonus pelere non audet {loc. cit.).
(6) Paul, I. 24, S 2 et 4. D. loc. cond.
(7) Sedelipse noslrà metnorià velerem consularem virutnque opnlentissiuiun:'. L. Volusium as^everanlem audivi, palrisr<tmilias felicissimuoi luiidum esse, qui cclouos ind'genas haberet. et tanquam in paterna possessione natos jam indè à cunabulis longa lamiliaritate retineret
ItA CEKTB MEA FKRT OPINIO rem STALAU esse FREQUENTE» lOCATIONEM
FBNDi (Columelle, lib. I, c. 7. Jurg. Gibbon, t. VI, p. 18).
(8) 'facile Annal., lib. III c ai). « Opuraque quis (quibus) domus ilia » immensara viguil primus accumulator. »