MGR
commencé à souffrir à la fin de 1875. Survinrent alors des douleurs sourdes dans ia région du foie, accompagnées de temps en temps de vomissements. Il y a six mois, il paraît y avoir eu des symptômes aigus du côté de l’abdomen : état fébrile, augmentation du volume du ventre, vomissements plus fréquents, douleurs plus vives. Depuis ce temps les vomissements ont été plus fréquents et l’amaigrissement est devenu considérable. Mort le 5 novembre.
Autopsie : En ouvrant la cavité abdominale, on aperçoit toute la masse intestinale distendue et refoulée vers le diaphragme. On y constate des signes de péritonite ancienne (adhérences fibreuses) avec des signes de péritonite récente (injection et vascularisation). À la face antérieure du foie, ancienne poche kystique, en partie remplie de bouillie grisâtre. Kystes multiples de l'épiploon. Un kyste du volume d’une tête de fœtus occupe le bassin. « L’un des reins porte à son extrémité un kyste dont le volume dépasse celui du poing et paraît être développé aux Sao de la capsule ». Rate pour ainsi dire transformée en un kyste hydatique « à la surface duquel se trouve disséminée en deux ou trois points principaux la masse splénique ». Pas de kystes dans les autres organes, cœur, poumon, cerveau, etc.
O8s. XLVII. — RicHarDp. — Un arabe de 35 ans entre à l’hôpital militaire de Philippeville, le 24 janvier 1880 ; il est amaigri et très. affaibli. Il] rapporte que son ventre a commencé à Dane depuis deux mois et que depuis cinq jours ce gonflement a augmenté beaucoup. Il Rat un épanchement abdominal considérable : ponction le 7 février, 13 litres de liquide très fortement coloré par la bile. L'épanchement se reproduit rapidement et nécessite encore deux ponctions qui donnent le même liquide. Mort le 24 février.
Autopsie. Masse irrégulière, bosselée, étalée au devant du paquet intestinal : c’est l’épiploon chargé de kystes hydatiques extrêmement nombreux, ces kystes ne sont pas seulement fixés sur l’épiploon, mais bien contenus dans son épaisseur. Deux kystes du foie. « Tout à fait à l’extrémité gauche du sillon transverse se trouve une poche du volume d’une pomme d’api. Cette poche est vide, affaissée et présente à sa partie antérieure une ulcération qui admet la dernière phalange du petit doigt et qui fait communiquer la poche avec la cavité péritonéale. Elle contient une membrane jaunâtre chiffonnée et des vésicules hydatides flétries. »
O8s. XLVIIT. — RiEmann. — Homme de 47 ans, bien portant jusqu'au mois de décembre 1894. « Depuis Noël il a remarqué que son ventre augmente de volume ». Entre dans la clinique le 23 mars 1895. Kystes multiples de l'abdomen. Intervention. Mort. A l’autopsie on trouve un kyste hydatique du foie faisant saillie à Ja face supérieure et perforé à sa partie déclive. Il communique par un canal avec une portion fermée de la cavite péritonéale qui contient des hydatides.
O8gs. XLIX. = RIEMANN. — Femme de 46 ans, amenée à l'hôpital pour une hernie ombilicale étranglée. Intervention d'urgence.
Résection d’une anse sphacélée. « On remarque au cours de l’opération que l'intestin est couvert de fins nodules blanchâtres (Fremdkôrper Tuberculose). Il y a dans l'abdomen plusieurs litres d’un JHiquide jaunâtre. Le foie est dur avec une surface granuleuse : une partie de sa face inférieure est occupée par une tumeur kystique sphérique, grosse environ comme une tête d'enfant, avec une paroi parcheminée blanchâtre. Le kyste est flasque comme une balle de caoutchouc creyée. Dans l’épiploon ratatiné, sur le méso-côlon, entre les anses intestinales et fixés à elles par des adhérences, se trouvent de petits kystes dont le volume varie entre un pois et une noix. Un kyste de la grosseur d’une pomme adhérent au bord infé- -rieur du foie contient une douzaine de vésicules filles. »
« Les résultats de l'opération devaient faire penser à la dissémination par rupture d’un kyste primitif du foie. L’interrogatoire permit d'apprendre que la patiente s'était, deux ans auparavant, à Pâques 1807, donné un effort en portant un seau d’eau, et qu’elle avait senti une déchirure dans «la poitrine». Depuis, elle ne se sentait pas tout à fait bien ; son abdomen et ses pieds enflèrent. Le médecin appelé dit à la malade qu’elle s'était contusionné le foie. En août 1897, il fit une ponction de l'abdomen. Ces ponctions furent répétées six fois jusqu'au printemps 1898. »
Ogs. L. — PEyrorT-MiLian (inédite). — Il s’agit d’un homme de 55 ans, qui fut présenté par MM. Landrieux et Milian à la Société médicale des Hôpitaux (25 mai 1900), parce qu'il présentait un frémissement hydatique remarquablement net au niveau d’une volumineuse tumeur de D domen. En le présentant, les auteurs attirèrent l'attention sur l’existence de deux autres tumeurs plus petites qui siégeaient, l’une dans la région épigastrique, l'autre vers la région splénique. En raison du « développement lent et insidieux » de l'affection, de l'absence de phénomènes douloureux, de fièvre, de retentissement sur l’état général, MM. Landrieux et Milian portaient le diagnostic de kystes hydatiques multiples de l’épiploon.
Ce malade fut opéré, le TUE 1900, par M. Peyrot, qui a bien voulu nous autoriser à recueillir cette observation et à la publier (obs. 2353 du registre de la salle Nélaton). « Laparotomie. On trouve une grosse tumeur médiane sur laquelle l’épiploon est étalé; la ponction donne un liquide eau de roche caractéristique. Ce kyste ouvert est uniloculaire ; il ne contient pas de vésicules filles, mais une grande quantité de v. proligères et de scolex (qui sont recueillis et seront utilisés par M. Milian pour faire des inoculations). Ablation de la poche. On enlève ensuite un deuxième kyste gros comme le poing, situé dans l’épiploon à droite du premier; nl est lui-même entouré de kystes plus petits de la dimension d’une noix et d’une noisette. ‘ Fe :
Le péritoine est, au voisinage, parsemé de grains blanchäâtres, gros comme des grains d'orge. On attaque alors à travers l’épiploon gastrohépatique un kyste rétrostomacal de la dimension des deux poings ; on ne peut l'énucléer ; il contient de nombreuses vésicules filles. Au dessus de cette poche, se trouve un kyste de la face
PUR ; inférieure du foie, vide, à parois flottantes. Par sa face inférieure le kyste est accolé en partie au kyste rétrogastrique dont nous venons de parler. Ce kyste du foie porte sur sa face inférieure, un peu en avant du point où il se fusionne avec la poche rétrogastrique, une sorte de petite ouverture ombiliquée. Nous pensons qu'il s'est vidé par cet orifice et nous nous demandons s’il ne s’est pas vidé dans l’arrière-cavité des épiploons. Ablation d’un kyste du flanc gauche, gros comme les deux poings, situé le long du côlon descendant. Enfin ablation d’un kyste juxtas-plénique du volume du poing:
Toilette du péritoine, hémostase soignée, marsupialisation de la poche rétrograstrique.
Suites opératoires absolument apyrétiques. Le malade meurt le 17 juillet avec des accidents asphyxiques qui ont fait penser à un kyste du poumon. Opposition à a utophie. »
Voici maintenant les renseignements anatomo-pathologiques que M. Milan, chef du laboratoire, a eu l'extrême obligeance de nous donner, sur les pièces recueillies au cours de l'opération. [ls portent surtout sur les petits kystes disséminés à la surface de l’épiploon.
« On trouve entre les feuillets de l’épiploon de petits kystes du volume d’un pois. Quelques-uns sont vésiculaires ; d’autres mous, flasques, renferment des vésicules filles flétries, vidées, plongées dans une sorte de boue grise, formée de matière gélatiniforme, dans laquelle le microscope montre une quantité de cristaux de cholestérine (M. Milian estime que la présence de la cholestérine est caractéristique de la mort du kyste). Certains petits kystes sont jaunes, durs, crétacés et morts certainement. Enfin il existe sur l’épiploon des granulations analogues aux granulations miliaires très fines, qui sont peut-être des kystes en voie de développement et seront ultérieurement examinés histologiquement. »
Nous joindrons à ces observations la suivante, très courte et purement anatomique.
Os. LI. — Bouizzy. — Kyste hydatique du foie communiquant avec Ja vésicule biliaire. Le péritoine dans les environs de la vésicule biliaire présente des traces de péritonite ce et « la face externe de la vésicule biliaire oftre plusieurs petits kystes hydatiques’ du volume d’une noisette ».
Dans cette classe d'observations, nous ferons rentrer une catégorie de faits qui ne sont pas rares dans la littérature médicale et dont nous avons déjà signalé quelques exemples : ce sont les
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cas dans lesquels on a trouvé simultanément des kystes multiples de la cavité abdomino pelvienne, et un kysle hydalique suppuré du foie. È
Nous pensons que cette coïncidence, ou plus exactement cette association, s'explique dans la grande majorité des cas dé la façon suivante : un kyste hydatique du foie, aseptique, se rompt dans le péritoine et y sème ses germes échinococciques ; l’évacuation du kyste amène, avec le plissement en accordéon des parois de la poche périkystique, la rupture des voies biliaires dans la poche kvstique et par suite la formation d’une fis/ule « kvslobiliatre » ; les voies biliaires s’infectent, un jour ou l’autre et, l'infection gagne le kyste. L'infection se produit immédiatement si les voies biliaires sont préalablement infectées: mais elle peut ne se produire qu'au bout de plusieurs semaines, de plusieurs mois et même de plusieurs années, et pendant ce temps, les graines semées dans le péritoine ont eu le temps de germer.
Cette pathogénie s'est du reste trouvée rigoureusement réalisée et démontrée dans une observation extrémement précise, schématique en quelque sorte, de M. Quénu (65).
M. Quénu, après avoir pris les précautions antiseptiques les plus sévères, ponctionna avec une asepsie rigoureuse, un kyste hydatique de la face antérieure du foie. Il évacua par cette ponction 2 litres de liquide clair comme de l’eau de roche. Or la malade présenta le surlendemain de la fièvre, en même temps qu'apparaissait une éruption d'urticaire. La fièvre persista et il devint évident que le kyste, aseptique jusque-là, suppuraït, malgré toutes les précautions prises pour la ponction.
M. Quénu intervint 11 jours après la ponction : l'incision donna écoulement à un liquide fétide, coloré par la bile, qu'on ensemença : on obtint des cultures pures de bacterium cor.
« La ponction, conclut M. Quénu, n’agit que d’une façon indirecte, en favorisant la rupture et l'évacuation dans le kyste de bile septique : ce mécanisme a peut-être une portée plus générale et s'applique vraisemblablement aux infections qui surviennent en dehors de toute ponction préalable. »
Nous rapprocherons de ce cas, l'observation de Debove- Soupault (obs. XL), qui est à ce point de vue extrêmement suggestive. x
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Voici maintenant quelques autres observations relevant bien certainement de la même pathogénie.
Ogs. LIT. - Ducnaussoy. — Vaste kyste hydatique suppuré du foie, rompu dans l'estomac : dans le tissu pathologique qui a établi des adhérences entre l'estomac et le foie, on trouve de tout petits kystes, «la plupart ont à peine le volume d'un grain de millet; un ou deux seulement ont le volume d’un pois». En outre, au niveau du bord convexe d’un des reins, un kyste hydatique du volume d’une grosse noix.
O8s. LITT.— Moxon.— «Monod présente des kystes hydatiques multiples enlevés par laparotomie du ventre d’une femme de 42 ans, déjà opérée par lui, #7 y a 4 mois, d’un kyste hydatique suppuré du foie.
Ces tumeurs, au nombre d'une vingtaine, siègent pour la plupart dans le grand épiploon, dans les mailles duquel elles étaient suspendues. D’autres plus volumineuses occupaient le petit bassin dont elles n’ont pu être extraites qu'avec peine, à cause des adhérences nombreuses et fermes qui les unissaient soit au ligament large, soit à l'ovaire et à l’utérus, soit encore à l'intestin. Une des
oches profondément enfouie dans le cul-de-sac de Douglas a été aissée en place. Elle sera attaquée plus tard par le vagin dans lequel elle fait une saillie aisément appréciable par le toucher».
OBs. LIV. — RiEmann. — Homme de 56 ans, souffrait depuis deux ans d’une tuméfaction croissante de la région des fausses côtes gauches. Il apparut bientôt à ce niveau un phlegmon qui fut incisé par un médecin : il en sortit du pus et des vésicules hydatiques. Le malade fut reçu à l'hôpital.
En dehors des renseignements fournis par l'examen local « on erçut en palpant l'abdomen plusieurs tumeurs arrondies, allant de a grosseur d'un œuf d’oie à celle du poing et en partie adhérentes
à la paroi abdominale ». :
Intervention : après avoir évacué et nettoyé la poche suppurée, qui contenait encore, au milieu de vésicules affaissées «des hydatides transparentes et tendues », on fait deux incisions, à l’ombilic et dans la région iliaque, pour enlever les deux plus gros kystes dans le péritoine; on laisse de côté les tumeurs plus petites. Le malade meurt quelques jours après.
« À l’autopsie on trouva, disséminés dans le péritoine, un grand nombre de kystes échinococciques variant de la grosseur d’une noisette à celle d’une pomme: ils étaient principalement logés dansl’épiploon, étroitément serrés et revêtus de fausses membranes. Autour de la rate atrophiée, il y avait un gros amas de kystes semblables, de différentes grosseurs, et soudés par des adhérences fermes à la surface de la rate. Enfin on trouvait dans le lobe gauche du foie le sac échinococcique infecté, maintenant vide, qui selon loute apparence, s'était précédemment vidé dans le péritoine, bien qu’on ne pût trouver dans les adhérences qui environnaientle siège de cette ancienne perforation. »
OBs. LV. — Personnelle. — Homme de 48 ans. entré dans le service de notre maître le D' TaprET au moins de juin 1808. Il présentait un gros foie, saillant au creux épigastrique, de la fièvre et un amaïigrissement rapide. Le diagnostic hésitait entre un cancer massif du foie et un kyste hydatique suppuré. Un chirurgien, demandé en consultation, fit dans la région hépatique trois ponctions exploratrices négatives. Il fit l’une d'elles en passant à travers la languette inférieure du poumon droit. Deux jours plus tard apparaissait en ce point un foyer de râles sous-crépitants, qui s’étendit les jours suivants; en même temps l’haleine du malade devenait fétide. Mort de gangrène pulmonaire.
À l’autopsie : En dehors des lésions de gangrène pulmonaire, on trouve un gros kyste hydatique du foie aux parois épaisses et presque calcifiées, suppuré, adhérant à la face antérieure de l'estomac, et, ainsi qu'on put le voir après, ouvert dans sa cavité par un orifice ayant les dimensions d’une pièce de 1 franc. En outre de ce kyste, on découvre dans l'épaisseur du grand épiploon trois petits kystes hydatiques du volume d’un grain de raisin et situés à distance les uns des autres ; on trouve un autre petit kyste du même volume accolé à la face inférieure du diaphagme et tapissé par le péritoine. Pas d’autres kystes dans les différents organes.
Nous avons fait des coupes microscopiques de ces quatre kystes sous-péritonéaux : il s'agissait bien de kystes échinococciques ; nous reviendrons du reste sur leur structure (chapitre Pronostic).
F. — Kystes multiples de l’abdomen eoexistant avee un kyste du foie
Il nous reste à parler des observations dans lesquelles les auteurs signalent uniquement la coïncidence de kystes multiples de l'abdomen avec un ou plusieurs kystes anciens du foie. Ces observations abondent dans la littérature médicale : on en rassemblerait facilement une centaine.
Une des plus célèbres est celle de Charcot et Davaine, à laquelle nous avons déjà fait allusion, et que nous résumons en quelques mots.
Ogs. LVI. — CHarcotT-Davaine. — Les auteurs ne signalent que brièvement les anamnestiques du malade : il n'aurait jamais présenté de troubles du côté du foie; le ventre se mit à grossir progressivement, puis survinrent des troubles vésicaux et rectaux.
Ils s'étendent par contre longuement sur la description anatomopathologique.
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À l’autopsie : un kyste volumineux du foie, adhérant fortement à la concavité du diaphragme et à la paroi abdominale antérieure. Kyste du lobe de Spigel, de l’épiploon gastrohépatique, de l’épiploon gastrosplénique, du péritoine pariétal. Kystes pédiculés de l'intestin, kystes du mésocôlon et du bassin.
Ogs. LVIT, — Micnon-LaFFORGUE. — « Militaire vigoureux de 24 ans, qui avait fait ses deux ans de service sans accidents. (On ne donne pas d’autres antécédents). Il s'est plaint à la fin de février d’une douleur et d’une grosseur dans l’aine droite, et a été envoyé, à l'hôpital du Val-de-Grâce avec le diagnostic de kyste du cordon spermatique. »
On découvre en outre à l'examen, une tumeur hypogastrique et une hypertrophie du foie.
Le 25 avril, on opère le kyste hypogastrique. « Au cours de l'opération, j'ai excisé trois petits kystes gros comme une lentille, inclus dans le tissu cellulaire sous-péritonéal et saïllant dans la lèvre gauche de l’incision. J’avais gardé une mauvaise impression de ce fait qui indiquait une diffusion de l'embryon hexacanthe» (?) Guérison opératoire. |
Le foie restant hypertrophié, on décide une deuxième intervention. Aux premières bouftées de chloroforme le malade a une syncope mortelle.
Autopsie : «J'ai ouvert l'abdomen par une incision verticale, parallèle au bord externe du muscle droit du côté droit, et je suis arrivé sur une première petite poche intrahépatique à peu près vide et grosse à peine comme une orange. Je défonçai la paroi profonde de cette poche et je pénétrai dans une autre grande cavité»...
Le lobe gauche du foie était « envahi par des kystes multiples, juxtaposés, intrahépatiques et adhérant à tous les organes voisins».
« Deux masses hydatiques du volume d’une pomme étaient implantées dans le diaphragme faisant saillie à la fois dans le thorax et dans l'abdomen. Dans le thorax : vésicules développées sur le bord inféro-postérieur du poumon droit et une petite vésicule dans la scissure interlobaire ». 5
Kystes multiples dans l’épiploon et le mésocôlon transverse. Kyste unique de la rate.
Examen de la tumeur du scrotum : «Il existait un canal vaginopértlonéal qui arrivait à mi-hauteur du cordon et qui était relié au testicule par deux petites cavités closes, superposées, chacune du volume d’une noisette. La plus élevée était un kyste hydatique avec sa membrane germinative. L'inférieure à parois épaisses contenait un liquide sanguinolent sans qu’on puisse trouver trace de vésicule germinative ». ! |
Pour M. Mignon. les kystes multiples trouvés à l’autopsie «sont les preuves de la diffusion de l'embryon hexacanthe ». Et il ajoute: « Aussi, le développement d’un kyste hydatique après l'ablation chirurgicale d'un premier kyste, n'impliquetil pas
ps 89 =
l'idée d'une greffe sur place, et l'hypothèse d’une action directe de l'embryon hexacanthe est-elle tout aussi admissible ». — Il n'est pas besoin de dire que nous interprétons bien différemment les résultats de cette autopsie.
Ogs. LVIII. — Personnelle. — Homme de 44 ans, journalier, entre le 17 août 1808, dans le service de notre maître le D' TAPRET, pour de l’ascite et de l'æœdème des membres inférieurs.
Le début de l'affection paraît remonter à 8 ans auparavant, époque à laquelle le malade eut pendant un mois une jaunisse accompagnée de décoloration des matières fécales. En même temps son ventre avait rapidement augmenté de volume. Un médecin trouva de l’ascite et fit - une ponction ; ayant ensuite exploré l'abdomen, il déclara au malade
« qu'il avait le foie gros». L’ascite se reproduit et il fut nécessaire de faire une deuxième ponction, après laquelle l’ascite ne reparut pas. À dater de cette époque le malade eut le ventre «un peu gros » et il conserva d’une façon presque continuelle une sensation de pesanteur dans l’abdomen. Sur le conseil de son médecin, il se fit faire une ceinture spéciale, qu’il n’a cessé de porter depuis, etqui lui a supprimé en grande partie ces sensations pénibles. 11 put de la sorte travailler jusqu’à.un mois avant son entrée à l'hôpital. C’est alors qu’au milieu d’une santé relativement bonne et sans autres troubles, son ventre s'est mis à augmenter progressivement, et depuis 15 jours il en résulte de la gène pour respirer et de l’enflure des jambes.
A son entrée dans le service on note un amaigrissement notable, contrastant avec le développement de l’abdomen dû à une ascite considérable (accompagnée de circulation collatérale, d'œdème des membres inférieurs et des bourses). Rien au cœur, rien aux poumons, pas d’albumine dans les urines; pas de fièvre. Appétit conservé, aucuns troubles digestifs, en dehors d’une tendance à la constipation. |
Le malade présente en outre une teinte subictérique assez marquée, des varicosités des pommettes, il est sujet aux épistaxis, il a aussi très fréquemment des démangeaisons sans éruptions cutanées ; ses urines contiennent, de l’urobiline. Homme de peine, il boit depuis des années en moyenne 1 litre et demi de vin et 3 ou 4 petits verres par jour.
Diagnostic avant la ponction : cirrhose alcoolique atrophique. La ponction donne 12 litres de liquide citrin et l’on peut alors explorer l’abdomen : le foie est gros, sa surface est irrégulière, mamelonnée; la rate est grosse et mobile. Tumeur mamelonnée dans la fosse iliaque droite. Une autre tumeur volumineuse, remontant jusqu’à l’ombilic, occupe tout l’hypogastre.
Dès lors on hésite entre plusieurs diagnostics : Péritonite tuberculeuse fibro-caséeuse, cancer propagé au péritoine, sarcome rétropéritonéal, fibromes multiples. M. Macaigne, qui était venu suppléer M. Tapret pendant les vacances, émit l'hypothèse de kystes hydati-
ues multiples, et il fit successivement trois ponctions exploratrices de la tumeur hypogastrique qui faisait saillie sous là peau: ponctions blanches.
L'ascite ne tarda pas à se reproduire et nécessita une nouvelle onction le 31 août, puis une 3€ le 9 septembre, une 4° le 20 septemre. Après chaque ponction on retrouvait les tumeurs sans aucun
changement, ainsi que le montraient les schémas et les mensurations prises chaque fois.
On conseilla au malade une laparotomie exploratrice, et il fut passé dans le service de M. Peyrot; mais une fois dans le service de chirurgie, il refusa toute espèce d'intervention. On se borna donc à ponctionner périodiquement son ascite. Il mourait le 17 décembre dans la cachexie.
Autopsie. — À l'ouverture de l’abdomen il s'écoule plusieurs litres de liquide ascitique: on est immédiatement frappé par la résence d'innombrables petits kystes transparents. semés sur tous es organes et absolument confluents. En décollant les anses intestinales, on trouve de place en place de véritables nids de kystes échinococciques. On trouve en outre un gros kyste de la fosse iliaque droite et sur la ligne médiane une énorme tumeur kystique dont la moitié inférieure est enclavée dans le bassin. Ces deux tumeurs fendues laissent s'échapper une quantité colossale de vésicules filles, tassées les unes contre les autres et sans qu'il y ait dans ces poches traces de liquide. A la surface du foie se trouvent une trentaine de petits kystes enchâtonnés dans la substance hépatique. La rate, grosse, à capsule cartilagineuse, présente une dizaine de kystes accolés à sa surface : il n’en existe pas dans son parenchyme. En la décollant, on ouvre un nid d’hydatiques situé en arrière d’elle. Enfin l’épiploon est littéralement farci de kystes du volume moyen d’une cerise.
Offrant un contraste frappant avec la cavité abdominale toute parsemée de kystes brillants et transparents, la cavité thoracique était absolument normale. À la section, pas de kystes dans le cœur, ni dans les poumons. Pas de kystes dans la cavité crânienne.
Le foie enlevé dans la cavité abdominale contienttrois volumineux kystes hydatiques : deux faisaient saillie à la face supérieure et adhéraient au diaphragme. Un troisième, du volume d’une tête d'enfant, comprimait la veine porte, qui était en partie thrombosée : elle contenait un caillot ancien, organisé, qui occupait la moitié postérieure de sa cavité.
Nous avons pratiqué l'examen microscopique de dix des petits kystes du foie, et d’un morceau d'épiploon kystique. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces examens.
Nous pouvons dire que ces trois observations résument en elles tous les faits de kystes hydatiques multiples de la cavité abdominale, rapportés tant à l'étranger qu’en France : leur histoire clinique est généralement écourtée aux profits de la description anatomique. C'est que les auteurs n'ayant pas saisi
la pathogénie de ces faits, négligent de pousser l'interrogatoire dans le sens d’une rupture antérieure d’un kyste hydatique, et
- se bornent la plupart du temps à rappeler le début des accidents actuels du malade.
Au point de vue anatomique, toutes les observations semblent, à la lecture, copiées les unes sur les autres : on retrouve toujours et jusque dans les expressions, la même description. Cette constatation seule ne fait-elle pas soupçonner une pathogénie univoque à des lésions toujours les mêmes ?
Ne peut-on pas arriver à concevoir cette pa/hogénie, en se basant même uniquement Sur les constatations anatomiques ? Quelle voie d'apport, en effet, peut être commune à des lésions qui siègent à la fois: à la surface du foie, de la rate, dans les épiploons et les mésentères, dans le cul-de-sac vésico-rectal, à la face inférieure du diaphragme, à la face postérieure de la paroi abdominale et... dans le processus vagino-péritonéal? — Une seule : la vore péritonéale. Et il n’y a que la rupture d'un kysle hvdatique abdominal (du foie, de la rate, etc.) qui puisse jeter d’un coup et dans cette seule cavité les milliers de germes qui formeront les milliers de kystes signalés dans les observations.