C. — Rupture avérée d’un kyste du foie
Nous allons maintenant rapporter une série d'observations dans lesquelles s’est produite une rupture avérée, indiscutable, d’un kyste hydatique antérieurement diagnostiqué, et dans lesquelles on a, par la suite, assisté à l'éclosion de kystes multiples de l'abdomen et du bassin.
O8s. XXI. — FinsEN. — « Paul Helgason, âgé de 12 ans. Depuis quatre ans, i portait, dans l’hypochondre droit, une tumeur qui peu à peu avait tellement augmenté de volume qu’elle s’étendait environ jusqu'à l’ombilic. Pendant l'été de 1859, une vache lui donna au ventre un coup de corne; sur quoi la tumeur disparut sans que son contenu fût évacué par aucun des orifices naturels. Presqu’immédiatement après, le corps se couvrit d’une éruption papuleuse semblable
à une urticaire et qui disparut bientôt. Cependant l’abdomen * recommença bientôt à se distendre»... À la suite d’une ponction, péritonite, mort.
Autopsie: en outre des lésions de péritonite aiguë, Finsen note que «quatre vésicules secondaires se trouvaient dans la cavité abdominale, attachées aux intestins et au foie».
Os. XXIT. — KoeniG. — « Dans un cas, un kyste du foie disparut subitement à la suite d’un choc. Il vint se fixer à la partie inférieure de la paroi abdominale où il fut opéré quelques semaines après l'accident. Il ne se forma pas de nouveau kyste après l'opération ».
Ogs. XXII. — Linorzky. — Un matelot était depuis longtemps porteur d'un kyste du foie. Après une chute qu'il fit à bord, il présenta des accidents abdominaux sérieux; fièvre, vomissements, ictère qui nécessitèrent son admission à l'hôpital. Lihotsky lui trouva plus tard, en outre d’une énorme tumeur kystique du foie descendant jusqu'à la crête iliaque, 7 kystes allant du volume d’un œuf à celui d'une noix et disséminés-dans l'abdomen.
O8s. XXIV. — Scnene. — Petit fille de 9 ans ayant été soignée
antérieurement pour un kyste hydatique du foie. Les parents racontaient qu'à un moment /a fumeur avait disparu subitement (l'auteur
ne dit pas combien de temps avant l'entrée de la malade). Au moment où elle fut reçue à l’hôpital, on trouvait à l’hypogastre deux tumeurs élastiques de la grosseur du poing, situées de chaque côté de la ligne blanche, et une troisième sur la ligne médiane. L'opération montra qu'il s'agissait de kystes hydatiques.
Ogs. XXV.— SxLirosowsky. — Un homme de 28 ans était depuis RES années porteur d’une tumeur de la région épigastrique. Îl y a 3 ans, elle disparut brusquement pour réapparaître de nouveau peu de temps après. Dix mois avant son entrée à l’hôpital le malade a eu de l’ictère et plus tard des accès fébriles ; la tumeur a beaucoup augmenté de volume.
À l'examen, tumeur fluctuante dépendant du foie ; en outre dans la profondeur de la cavité abdominale, indurations nombreuses. Région sous-ombilicale douloureuse ; fosse iliaque droite tendue ;
œdème des membres inférieurs.
Intervention. Première incision sus-ombilicale : le kyste du foie est marsupialisé. — 2° incision sous-ombilicale : quatre kystes sousséreux du grand épiplooh sont successivement enlevés. On perçoit d'autres tumeurs sous-péritonéales dans les fosses iliaques. Après une tentative d’énucléation de la masse kystique droite, on se contente de la ponctionner. On remet à plus tard l’extirpation du kyste de la fosse iliaque gauche.
Sklifosowsky considère que ce cas va contre la théorie de lensemencement, «car, dit-1l, quoique le kyste du foie se soit rompu, il y a trois ans, dans la cavité abdominale, tous les kystes trouvés dans l'abdomen étaient extrapéritonéaux. »
OBs. XXVI. — Tissirr-DEsrosses. — Femme primipare de 36 ans. En 1870, elle fut soignée à l'hôpital Lariboisière, pour un #yste hydatique du foie, qui se serait brusquement rompu. Le rétablissement fut rapide.
Cette femme devient enceinte au mois de mai 1895. La grossesse évolua sans complications. Au moment de l'accouchement (24 décembre) dystocie, rupture utérine, mort.
Autopsie : Kystes multiples du péritoine : l'épiploon est rempli de kystes dont le volume est celui d’un poing pour les uns, d’une noix pour les autres. Le fond de l'utérus est surmonté d’une tumeur kystique du volume d’une mandarine occupant la corne droite. Cette tumeur n’est point développée en plein muscle, mais siège dans la couche cellulaire sous-péritonéale ; kyste analogue à la face antérieure de l’utérus, un peu au-dessus de la vessie ; un kyste situé dans l'épaisseur du ligam-nt large soulève les ailerons et écarte les feuillets séreux. Enfin, kyste du cul-de-sac de Douglas, qu'il efface en partie.
« Le foie très déformé porte à sa face inférieure un kyste gros comme une tête d’adulte; nous ne trouvons pas la cicatrice du
kyste qui se serait rompu en 187gq. >»
Les auteurs semblent croire que le volumineux kyste qu'ils ont trouvé à l’autopsie ne saurait être celui qui (se serait » rompu en 1870; c’est sans doute parce qu'ils ont en vain recherché la cicatrice d'un autre kyste rompu qu'ils emploient une formule dubitative en parlant de la rupture. — La rupture ne paraît guère douteuse : tout d'abord en raison de la multiplicité et du siège particulier des kystes,ensuite parce que le diagnostic de «rupture d'un kyste hydatique du foie », rapporté par la patiente, n'est pas de ceux qu'on fait à la légère, ou que puisse inventer un malade. D'autre part nous rappellerons combien fréquemment les kystes se reforment après ponction et rupture.
Ogs. XXVIT. — Cazin-PEyroT. — Cette observation constitue une histoire en deux chapitres.
1e Partie (CaziN).— Jeune fille de 23/ans, entrée à l'Hôtel-Dieu le 13 février 1896. Elle portait depuis un an une tuméfaction de l'hypochondre droit qui avait été diagnostiquée : kyste hydatique du foie. Le 29 janvier elle ressentit brusquement une sensation de déchirement interne, accompagnée d'unedouleur aiguë, et le médecin qui la soignait constata l'affaissement de la tumeur. Le lendemain éruption d’urticaire, vomissements incessants, douleurs généralisées à tout l'abdomen. À son entrée à l'hôpital, la malade présente tous les signes d’une péritonite subaiguë avec épanchement.
Laparotomie : on trouve une vaste poche hydatique du foie rompue. -Des adhérences résistantes et vasculaires, forment des cloisonnements multiples qui empêchent toute exploration des flancs et de la partie inférieure de l'abdomen. Marsupialisation de la poche.
La malade sort le r8 juillet.
2m Partie (PEYROT). — La malade que M. Cazin avait perdue de vue le 18 juillet 1896, est entrée, à Lariboisière, le 1° février 1900. Dans les régions sous-ombilicales et hypogastriques, on sent à la palpation plusieurs masses plus ou moins A AE Profondément le petit bassin est manifestement rempli par une tumeur arrondie et rénittente. Le toucher vaginal montre l'utérus projeté en avant et en haut. Il est clair qu'il s'agit de kystes hydatiques nouveaux. La malade sent ces tumeurs se développer depuis deux ans.
Opération le 19 février 1900. La laparotomie montre un épiploon épaissi contenant un kyste gros comme le poing. Il est de plus infiltré dans toute sa partie libre de kystes qui font tous une saillie hémisphérique à sa surface. Il y a en outre un énorme kyste qui remplit tout le bassin. On peut l’énucléer sans l'ouvrir. En inspectant la face interne de la poche fibreuse on y découvre deux autres hydatides, l’une grosse comme une pomme, l’autre de la dimension d'un petit pois.
Suites opératoires absolument simples,
OBs. XXVIIT. — Broca. — « Mon ami M. Jalaguier, quelque tempsavant mon entrée à l'hôpital Trousseau, se proposait d’opérerun enfant porteur d'un kyste hydatique du foie, lorsque le gamin, en faisant des cabrioles dans la cour, se contusionna l'abdomen contre un banc ». L'enfant eut à la suite de l’urticaire pendant deux jours et des menaces de péritonite (glace sur le ventre). A l'issue de ces accidents, M. Jalaguier ne trouvant plus aucune tumeur, n’opéra point. C'était en 1801 ; l'enfant avait alors dix ans. Cet enfant fut opéré d'une appendicite l’année suivante en 1892, et on ne remarqua rien d’anormal au moment de l'opération.
Ce n’est qu'en octobre 1893 que le petit malade rentra à l'hôpital,
porteur de tumeurs multiples de l'abdomen. Il fut opéré le 15 février 1894. On tomba sur des tumeurs polykystiques tenant à la face inférieure du foie ; derrière cette masse « deux autres presqu'aussi volümineuses, sont rétropéritonéales. Une autre masse plus petite, mais également polykystique, se présente : elle occupe le tissu rétropéritonéal. » Plusieurs petits kystes sont enlevés de Dépot ; leur volume se rapproche d’une noisette. . L'enfant mourut à la suite de cette opération des plus laborieuses. A l'autopsie, on trouve encore de nombreux kystes dans le foie, dans la rate; un kyste est situé devant le rein gauche.
D. — Rupture probable d’un kyste hydatique
. Nous avons rassemblé dans cette catégorie les observations dans lesquelles la rupture d’un kvste du foie dans le péritoine est, de par les signes cliniques, extrêmement probable : ici la tumeur hydatique n'avait pas été diagnostiquée antérieurement.
Ogs. XXIX.— KozzpiN.— Homme de 20 ans, n'ayant jamais été malade. Il avait remarqué depuis quelque temps une tumeur qui s'était développée à la région épigastrique. On le soigna par la compression (plaques de plomb) et il prit des médicaments internes pendant trois mois sans résultat. Brusquement une nuit, en 1770, la tumeur disparaît. Huit jours après environ, le malade ressentit une douleur très vive dans la région inguinale droite. Il se reposa pendant 9 mois à Francfort, sans trop sou rir; mais au bout de ce temps, il remarqua que son ventre augmentait de volume. Après divers accidents, il meurt en 1770. Autopsie : masse kystique énorme pesant 11 livres, contenue dans l’épiploon. Celui-ci adhérait en bas à la vessie qui contenait une centaine de kystes (?) Le rein droit était complètement transformé en un kyste. 2 kystes périgastriques, un kyste suppuré du foie. Sous le péritoine, au niveau de la face supérieure du foie, se trouvait une vésicule grosse comme un œuf.
Rassmussen, qui rapporte cette observation, l'interprète de la façon suivante: «Il n'est pas impossible, dit-il, au sujet de la dissémination des hydatides par la voie sanguine, qu’un kyste s'ouvre par exemple dans l'artère mésentérique : je ne vois pas d'autre explication possible pour le cas rapporté par Külpin ». I se hâte, il faut le dire, d'ajouter que c'est là « une idée qui doit rester avec toute l'incertitude d'une hypothèse » jusqu'au jour où des autopsies ou des expériences l'auront démontrée.
Os. XXX. — Pinaucr-GuerBois. — Un cordonnier, âgé de 35 ans, avait toujours joui d’une bonne santé jusqu’au mojs d'août 1824, bien qu'il eût habituellement le ventre volumineux. À cette époque, : douleur très vive dans la partie latérale droite du thorax; toux, grande difficulté de respirer. Il entre à l'Hôtel-Dieu : saignées générales, plusieurs applications de sangsues sur le point douloureux. Au bout de deux mois il sort de l’hôpital incomplètement guéri. I] reprend son métier et continue de travailler pendant huit mois.
En octobre 1825, douleur très vive au niveau des côtes sternales droites; il entre de nouveau à l’Hôtel-Dieu : sangsues. Bientôt il se manifeste à l'endroit de la douleur une tumeur qui acquiert chaque jour plus de volume... Le malade demande à sortir : il entre huit jours plus tard à l'hôpital Cochin... Deux jours après, M. Guerbois se décide à ouvrir la tumeur. Aussitôt jaillit un liquide séro-purulent sans odeur... Mort le sixième jour après l'intervention.
À l’ouverture de l'abdomen, on trouva un foie très volumineux et les épiploons parsemés de kystes qui s’étendaient jusque dans le bassin. Il existait quatre kystes hépatiques dont deux gros comme un. œuf de dinde; le plus considérable, celui dans lequel on avait pénétré, avait le volume de la tête d’un fœtus ; le quatrième avait le tiers du volume du précédent. L’un des petits kystes contenait une matière boueuse, jaune, d'odeur fétide. Un kyste acéphalocyste, développé dans l’épaisseur du petit épiploon, comprimait la rate. Enfin l’épiploon gastro-hépatique, le grand épiploon, contenaient dans leur épaisseur plus de cinquante kystes hydatiques, dont le volume variait depuis celui d’une noix jusqu'à celui des deux poings, et qui formaient une sorte de chapelet étendu de la face concave du foie dans le petit bassin, où l’on voyait un grand kyste remplissant la cavité pelvienne, situé entre le rectum et la vessie, adhérant à la vésicule séminale droite aux dépens de laquelle il paraissait formé.
OBs. XXXI. MEISsNER. — Homme de 45 ans, bien portant jusque là, tomba malade il y a 12 ans : il eut des vomissements opiniätres, des douleurs dans le bas-ventre, et l'abdomen prit un certain développement. Ces accidents ne cessèrent complètement qu'après plusieurs années. [Il y a 7 ans, le malade remarqua pour la première fois plusieurs tumeurs dans son abdomen, à droite et au dessous de l'ombilic. Pas d’autopsie (?)
ER
O8s. XXXII. — Bunb. — Un homme de 36 ans avait remarqué dans son flanc droit une tumeur, 7 ans avant sa mort. « Les deux dernières années de sa vie, il fut retenu à diverses reprises pour quelques jours par des douleurs dans le flanc et une jaunisse légère ». Au commencement de novembre, il fut pris de frisson et d’une violente douleur dans le côté droit. Il fut admis le 26 novembre au King's College Hosp. et mourut le 4 décembre.
Autopsie : gros kyste du foie contenant un liquide puriforme. Entre le foie et l'estomac, un kyste gros comme une noix; dans le grand épiploon cinq tumeurs variant du volume d’une orange à celui d’une aveline; trois autres tumeurs attachées à l’épiploon gauche.
Budd termine son observation par cette jolie comparaison : « La grosse tumeur accompagnée de petites ressemblait à une poule avec ses poussins ».
Ogs. XXXIIT. — OGce. — Homme 22 ans, entré à l'hôpital pour un énorme développement de l'abdomen, qui contenait plusieurs tumeurs que l’on pouvait sentir par la palpation. Un jour, en jouant dans le jardin, le malade tomba, et ressentit aussitôt une douleur excructante dans tout l'abdomen ; on le reporta dans son lit dans un état de collapsus. Quelque temps après, il reprit connaissance et les symptômes de péritonite qu'il avait éprouvés disparurent complètement. Après être sorti de l'hôpital, il y rentra pour un érysipèle de la face auquel il succomba. E
Autopsie : De nombreuses tumeurs hydatiques de différents volumes existaient dans l'épiploon ; presque toutes les autres parties de l'abdomen étaient occupées par des kystes semblables. Deux - kystes du foie. On trouva aussi un kyste hydatique, avec des parois de l’épaisseur et de la consistance d’une carte à jouer, attaché à /a surface de la capsule de la rate.
O8s. XXXIV. — MurcHiNson. — Un homme de 45%, ans, professeur, dans les antécédents duquel on ne trouve rien à noter, remarqua un matin de l’année 1852, en se levant, une tumeur au creux épigastrique ; elle avait à peu près le volume d’une moitié d'orange et était tout à fait indolente. Elle ne parut pas augmenter jusqu’en 1863. Un matin « en se frottant le dos avec un essuie-main, il ressentit dans la région épigastrique une douleur sourde qui augmenta et persista pendant trois semaines ». En 1867, le malade ressentit des douleurs dans le bas-ventre. En 1860, il remarqua pour la première fois dans la région ombilicale une tumeur semblable à la première. À son entrée à l'hopital, en 1872, on put découvrir dans l'abdomen six tumeurs analogues.
Autopsie : Dans le foie, deux énormes Kystes et plusieurs autres plus petits ; il y avaiten outre dans l’épiploon et le péritoine plusieurs centaines de Rte semblables.
[Il nous semble extrêmement probable qu'une rupture s’est
faite en 1863: cependant Murchinson n'a pas attaché d’importance aux accidents douloureux signalés par le malade et il se borne à dire (traduction Cyr): « On a pu douter si la maladie avait commencé dans le foie et si ce n’est qu’au bout de plusieurs années que le péritoine avait été envahi secondairement ».
OBs. XXXV.— MurcaiNson. -— Femme de 29 ans, ayant joui d’une bonne santé jusqu’à l’âge de 20 ans. A cet âge « elle s'éveilla une nuit avec une douleur violente au dessous des côtes droites, des vomissements, de la faiblesse, et elle remarqua pour la première fois, à l'endroit oùelle souffrait, une tumeur grosse comme un œuf de poule. Au bout de quelques jours, la douleur et les vomissements cessèrent, mais depuis ce moment, la malade ne fut plus aussi bien portante qu'auparavant.... Trois ou quatre ans après, elle remarqua dans la région iliaque gauche, une tumeur semblable sans douleur au début, mais qui augmenta graduellement de volume.» Une laparotomie montra des kystes multiples du foie et du péritoine qui furent « enlevés en partie avec succès par l'opération. »
O8s. XXXVI. — MurcHINSON. — Femme de 25 ans. Sauf une attaque de rhumatisme, elle avait joui d’une bonne santé jusqu’au 10 décembre 1864. Elle fut prise à cette époque d’une vio/ente douleur, dans l'abdomen et les reins et en même temps l'abdomen et les jambes commencèrent à enfler. À l'hôpital, où elle entra le 10 janvier 1865, elle eut de l’ascite et de l’anasarque. Morte le 21 juin.
Autopsie : Kyste du lobe gauche du foie adhérant à la rate et à l'estomac. « Dans le grand épiploon, il y avait trois ou quatre kystes semblables, gros comme des châtaignes et, fixé après le rein droit, se trouvait un autre kyste gros comme une orange.»
Os. XXXVII. — WunDERLICH. — Un manœuvre de 22 ans, solide, qui avait toujours été bien portant, reçut à seize ans un coup sur le ventre, à la suite duquel se montrèrent d’abord un météorisme très marqué, puis une semaine plus tard des symptômes de péritonite. Traité à cette époque pendant six semaines en chirurgie, il fut renvoyé complètement guéri. [1 resta pendant cinq ans absolument bien portant et fort, et notamment ne ressentit aucun trouble du côté du bas-ventre.
Au commencement du mois de juin 1857, il remarqua que son pantalon le serrait au ventre, sans qu'il s’aperçût d'aucun trouble. Huit jours plus tard, il ressentit des douleurs dans le ventre et s’alita.
Entré à l’hôpital, il y mourut rapidement avec des accidents dyspnéiques et de la fièvre.
Autopsie : kystes volumineux du foie et de la rate; un kyste du foie suppuré, rompu dans le péricarde. Le mésentère renferme plus de cinquante kystes en partie desséchés d’un blanc bleuâtre; leur volume variait d’un demi-pois à une graine de pavot.
Oes. XXX VITE. — WinCKEL. — Il s’agit d’une malade observée pendant plusieurs années par Küchenmeister. Elle portait un kyste
hydatique du foie plus gros que la-tête d’un enfant. Cette malade eut six grossesses ; les accouchements devinrent de plus en plus difficiles. Elle mourut à la suite du dernier accouchement, pour lequel on avait dù lui faire une application du forceps.
À l'autopsie, on trouva, en outre d’un kyste du foie aux parois absolument calcifiées, des kystes multiptes de l'abdomen. «On avait, dit Winckel, l'impression que le kyste primitif avait dû se rompre et vider son contenu dans le péritoine. Cependant ce kyste était renfermé dans une capsule calcaire si épaisse que cette suppostlion était absolument impossible » (?) Et il ajoute : « Mon collègue Küchenmeister fit observer que dans les premières années la malade avait présenté à différentes reprises des symptômes de perforation. »
O8Bs. XXXIX. — GraTia. — Cette observation constitue la deuxième partie de l'observation de Porain.
Un homme d'une quarantaine d'années avait remarqué un jour par hasard une tumeur au niveau de son hypochondre droit. Quatre
. mois plus tard « étant au lit dans le décubitus dorsal, il ressentit une
sensation de déchirure en même temps qu'une sensation de liquide coulant dans son abdomen. Tout cela se passa presque sans douleur, le malade ne garda pas le lit. » La tumeur de l’hypochondre avait disparu. Deux jours après, wréicaire ; puis était survenue de l’ascite qui nécessita une ponction ; quelques jours plus tard le malade quittait l'hôpital et reprenait ses occupations (1877).
Il revint à l'hôpital en 1882 ; entre temps il avaiteu des hémoptysies et une vomique dans laquelle on avait reconnu des débris de membranes hydatiques. Il raconta que depuis sa sortie il avait eu une nouvelle tumeur dans l’hypogastre qui lui avait occasionné une certaine gène pour uriner. Un jour il avait perçu dans le bas ventre une sensation de rupture, de «fusée» ; en même temps il avait reconnu que sa tumeur s'était affaissée. [1 est rentré de nouveau à
‘ l'hôpital en 1883 : deux nouvelles tumeurs ont apparu.
O8s. XL. — DeBove-SoupauLr. — C'est une observation en deux parties.
1° partie. — Jeune fille de 17 ans, entrée une première
fois à l’hôpital le 22 juin 1892. Elle racontait que le 8 juin elle avait été prise brusquement, sans faire ni effort, ni chute, d’une douleur très vive, amenant presque une syncope, dans la région de l’hypochondre droit, et qui s’étendit ensuite à tout l'abdomen et s’accompagna bientôt de dysurie et de ténesme. Ces douleurs persistèrent plusieurs jours, puis s’atténuèrent, et vers le 5° jour, le ventre commença à se ballonner lentement et progressivement. On fit une ponction de l’abdomen, qui donna un liquide si fortement coloré par la bile qu’on pensa avoir ponctionné une vésicule biliaire énormément distendue.
Vers le 1°" août, on fit à cette malade une laparotomie : on ne trouva pas de poche; « en outre le chirurgien, nous montrant deux points blancs, nous dit qu'il s'agissait d'une péritonite tuberculeuse ». Peu de temps après l'opération l’ascite s'était reproduite.
= Soi
On fit une nouvelle ponction, suivie cette fois d'examen histologique : on trouva des crochets et des débris de membranes hydatiques.
2€ Partie.— La malade était sortie guérie en apparence, en février 1893. Un an plus tard, elle rentrait à l'hôpital avec des masses irrégulières dans l’abdomen; en outre elle avait de la fièvre. On diagnostique : kyste suppuré, et une intervention est jugée nécessaire. Opération ; mort le soir même.
Autopsie : Kystes dans la fosse iliaque droite et la fosse iliaque gauche, dans le cul-de-sac de Douglas, et l'épaisseur du ligament large. Au premier abord le foie ne présente rien d’anormal; mais en le soulevant,on trouve un kyste du volume d’une orange, suppuré.
Ogs. XLI. — DecBer. — Homme de 41 ans. Rien de particulier dans ses antécédents personnels; le malade se plaint depuis 3 ans de douleurs abdominales sous forme de coliques, de vomissements et de diarrhée. En mars dernier, il éprouva une douleur extrêmement vive dans le flanc gauche et dans les fosses iliaques qui l’obligea à garder le lit pendant une dizaine de jours. » Entré à l’Hôtel-Dieu le 4 septembre 1897. Laparotomie : KyStes multiples dans l’épiploon, les fosses iliaques, le bassin. Le plus gros de ces kystes a le volume d’une orange, le plus petit, celui d’une tête d’épingle.
O8s. XLII. — BRAUNE. — « Boucher, âgé de 58 ans, bien portant jusqu’en 1885. Cette année, il ressentit des douleurs dans la partie droite du bas-ventre, en même temps que se produisait un léger gon- Jlement de l'abdomen. Les douleurs n'étaient pas très vives, et cependant le malade perdit l'appétit, maigrit, et il dut garder le lit pendant 3 mois. On le traita à cette époque pour une maladie de foie. En 1880, après une amélioration passagère, des douleurs reparurent en même temps que le gonflement de l’abdomen, accidents qui revinrent à diverses reprises jusqu'à l’automne 1800. A partir de cette époque le développement augmenta considérablement. Il entra au mois de février 1891, à la clinique médicale de Marbourg et on lui fit une ponction exploratrice qui donna un liquide clair comme de l'eau. Il fut passé à la clinique chirurgicale ».
Intervention, à la suite de laquelle embolie pulmonaire et mort subite. À l’autopsie : 2 kystes de la face inférieure du foie. Un kyste du mésentère, et un quatrième kyste dans l’épiploon.
Ogs. XLIITI. — RiEmaAnn. — Homme de 50 ans, tomba malade en 18095 : il eut de vzolentes douleurs dans l'hypochondre droit : il pouvait à peine se remuer tant elles étaient vives. Le médecin constata une voussure du foie, qui dans la suite se montra plus ou moins accusée. Dans ces deux dernières années, il eut cing attaques, semblables : deux fois 1l est resté sans connaïssance: il était obligé, après chaque attaque, de garder le lit plusieurs jours.
Six mois après l’avant-dernière attaque, apparut dans le flanc gauche une voussure qui depuis a lentement augmenté.
Etat actuel. À la palpation, plusieurs tumeurs fluctuantes mobiles, rondes, disséminées dans l'abdomen. En outre une tumeur
DST
du petit bassin. L'intervention vérifie le diagnostic porté de kystes multiples de l'abdomen. Guérison opératoire.
O8s. XLIV. — Dupré-DEvaux. — Homme de 66 ans, entré à l'hôpital pour des accidents liés à une tuberculose pulmonaire. On trouve dans ses antécédents des symptômes péritonéaux ayant débuté environ trois ans auparavant : « À cette époque son ventre augmente de volume d’une façon assez brusque, en même temps qu'apparaissaient des phénomènes digestifs consistant en diarrhée et en vomissements ». Cet état dura quelques jours. Des crises semblables se reproduisirent deux fois. Le malade présente à l'examen une petite tumeur située dans la région inguinale droite, tumeur extrêmement a fuyant dans les parties profondes quand la main arrive sur elle. |
Autopsie : Tuberculose pulmonaire et cancer nodulaire du foie. Mais en outre: kystes hydatiques multiples dans le foie, l’épiploon, le mésentère. Ces kystes sont pour la plupart infiltrés de masses calcaires qui rendent leur section difficile ; quelques-uns sont com-
lètement crétacés. La tumeur de la région inguinale est située dans e fascia sous-péritonéal ; elle s’est insinuée entre le cordon spermatique, l'artère épigastrique et l'artère ombilicale. A la coupe il s’en écoule 50 grammes de liquide clair: ce kyste contient des vésicules hydatiques, les unes pleines, les autres vides, entourées de nombreuses membranes plissées.
E. — Rupture anatomique d’un kyste hydatique
La rupture d’un kyste du foie dans les observations suivantes a été découverte au cours d’une laparotomie ou à l’autopsie. Les symptômes d'une rupture ont, dans presque fous ces cas passé inaperçus pendant la vie; ils ne peuvent être retrouvés dans les antécédents du malade.
O8s. XLV. — VoLKkManN. — Jeune homme de 18 ans, présentant des tumeurs multiples de l'abdomen. À lautopsie, on découvrit un kyste du foie entouré d'une capsule épaisse, de couleur ocre et dans laquelle on trouvait repliée sur elle-même la membrane hydatique également feintée par la bile. De nombreux kystes étaient disséminés entre les anses intestinales, dans l’épiploon ; une énorme masse kystique située dans le bassin faisait corps avec le rectum et la vessie.
Os. XLVI. — Renpu-Havace. — Femme + ans, entrée dans le service de M. Rendu le 27 octobre 1870. Autrefois bien portante; a