‹ De l'Échinococcose SecondaireChapitre 34 sur 64 · KYSTES HYDATIQUES DU REIN · texte numérisé non relu

KYSTES HYDATIQUES DU REIN

Le rein, contrairement au foie, à la rate, n'est pas un organe intrapéritonéal, il n’est tapissé par la séreuse qu’au niveau de sa face antérieure et encore incomplètement. À gauche il n'est guère en rapport qu'avec la portion du péritoine qui constitue l’arrière-cavité des épiploons. C’est le lieu de signaler la rareté de l’échinococcose secondaire de l’arrière-cavité des épiploons et par conséquent du pancréas : les kystes viscéraux primitifs se rompent en effet presque toujours dans la grande cavité péritonéale. — Nous rappellerons en outre que le rein est séparé du péritoine par sa capsule adipeuse.

Ces notions anatomiques font prévoir la rareté d'une échinococcose rénale secondaire, d'origine péritonéale. Ce processus peut cependant être applicable à quelques observations de kystes du rein et surtout au cas de kystes hydatiques « de la capsule adipeuse ». Boeckel (110) dit d’ailleurs, dans son étude sur les kystes hydatiques du rein : « C'est d'habitude dans la substance corticale du rein que se développe le kyste... [peut serencontrer dans la capsule adipeuse. Le tissu cellulaire péritonéal n'en est pas exempt. » Il ajoute du reste fort judicieusement : « Dans certains cas. il est presque impossible d'en déterminer le siège anatomique, même sur le cadavre, à plus forte raison sur le vivant »

Nous nous borneréns au sujet de cette variété d’échinococcoce secondaire, à rappeler que dans les observations de ruptures

indiscutables d'un kyste hydatique, on trouva à l'autopsie, coïncidant avec d'autres kystes de la cavité péritonéale, des kystes de la région rénale, dans les observations Murchinson (XXXVI), Havage (XLVI), Broca (XXVIIT).

Certains kystes du rein ne peuvent-ils pas reconnaitre une origine secondaire embolique ?

L'observation de Bæcker (111) va nous permettre de répondre à cette question. On trouva à l’autopsie des kystes multiples du cœur faisant saillie surtout dans l'oreillette gauche, laquelle contenait des rugosités et des fragments de membranes: «l'artère rénale gauche élait oblitérée par une vésicule hydatique formant embolie. »

Cette embolie échinococcique dans l'artère rénale démontre donc la possibilité d’une échinococcose embolique du rein. L'observation suivante de Rendu ne peut-elle pas être considérée comme en étant un exemple ? «

Ors. LVX.— REnbu.— Autopsie : Kyste hydatique de la cloison ventriculaire, faisant saillie dans le ventricule gauche immédiatement au dessous de l’orifice aortique.

Kyste du cerveau, contenant des vésicules filles.

Deux kystes dans le rein droit situés à la périphérie du parenchyme rénal.

Rien dans les autres organes.

M. Rendu avait interprété son cas de la façon suivante :

«La distribution des kystes sus-mentionnés permet de supposer que les embryons hexacanthes ont dû être lancés dans le torrent de la circulation artérielle. »

Nous ne pouvons évidemment pas affirmer l'exactitude exclusive de notre interprétation : elle est en tous cas très vraisemblable.

Il est à peine besoin d’insister sur la rareté des cas ressortissant à ces deux catégories de faits: les kystes du rein seront dans la règle des kystes primitifs.

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