‹ De l'école a la cité, études sur l'éducation populaireChapitre 27 sur 73 · VERS LA CITÉ I · texte numérisé non relu

VERS LA CITÉ I

toul le monde participe à la découverte des emplois, l'offre des places esi supérieure à la demande. Elle s'esl annexée un Foyer du Soldai cl les militaires

en garnison dans les bastions voisins assistent à toutes les réunions, ce qui les sort do leur isolement, les arrache à l'ennui des promenades sans but. Elle a fondé et entretient une Caisse de solidarité qui sert à aider, par des prêts d'honneur, des camarades malades ou dans la gêne, à envoyer quelques pièces blanches aux sociétaires sous les drapeaux, à offrir un souvenir aux anciens élèves lors de la naissance d'un enfant.

Elle décide, sur l'initiative très heureuse, très pratique d'un ancien élève, M. Ghaintreau, professeur à Jean-Baptiste Say, d'organiser un Bureau de consultation qui renseignera exactement les familles pour le choix d'une carrière et le placement logique de leurs t ils, qui interviendra en cas de difficultés dans la période d'apprentissage et qui, — grâce à des médecins qui ne doublent pas le prix des consultations, ceux-là, le dimanche, mais qui se mettent au service des travailleurs, — donnera des conseils gratuits.

Le budget de la Petite A dépasse 2.500 francs.

C'est "n vrai centre de travail, d'action sociale. Son influence s'affermit chaque jour.

Aussi ne peut-on que souscrire aux paroles d'encouragement et d'amitié qu'a adressées àM. Deligny, à M. Perot, président, à M. Abadie, trésorier, à tous les professionnels et volontaires se dévouant à

l'œuvre, M. Pizon, le maire adjoint du seizième arrondissement. M. Pizon, qui est professeur au lycée Janson, pouvait parler de l'école et des œuvres annexes avec compétence, car il les connaît à fond, ayant débuté comme instituteur.

Je quitte la séance au moment du scrutin. Les élections ont lieu avec sérieux et avec calme. On ne vote que pour des candidats disposés à consacrer leur temps à la tâche commune. Qui est désigné pour l'honneur l'est pour la peine. On discute les noms avant de dresser la liste qui est affichée au tableau noir. Pas d'abstentions dans le vote, car on veut assurer vie et force à l'Œuvre. Chaque électeur : commerçant établi, artiste, professeur, avocat, garçon boucher, garçon épicier qui ont pris un instant sur les courses et livraisons pour venir, en habit de travail, déposer leurs bulletins dans l'urne, se sent responsable de son choix.

En ce préau d'école, sans bruit, simplement, s'accomplit un acte, petit en soi, mais de grande portée sociale. Les générations nouvelles, guidées par l'expérience des devanciers, font librement l'apprentissage de la liberté. L'école qui a su les retenir les prépare à la vie de la Cité qui les attend.

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