AVANT-PROPOS
Les Congrès de jeunes, de vrais jeunes, se succèdent : Congrès national des Petites A — ce sont les Associations d'anciens élèves des écoles laïques — qui eut lieu au Havre, on sait avec quel éclat, en juillet 1909; Congrès des Jeunesses laïques; Congrès des Petites A de TArdèche, de la Somme, de l'Oise, de l'Aisne, de la Loire; Congrès des Jeunesses républicaines.
Et, parallèlement, des assemblées réunissant un imposant effectif ont été tenues à Roubaix, à Lyon, par les Petites A, qui organisent fêtes civiques, soirées de réouverture des cours et conférences ; à Paris, par la Fédération des associations d'anciens élèves des Sociétés d'instruction populaire ; par l'Union des associations amicales des ancien élèves des écoles municipales supérieures de Paris : Turgot, Colbert, Lavoisier, Jean-Baptiste Say,
Arago, désireuses de donner un but précis, de réalisation tangible, à leur commun effort.
Il y a, de toute évidence, ensemble et comme bloc de manifestations non point tapageuses et réclamières, mais fortes et utiles, et qui ont une nette signification.
Il se produit à l'heure actuelle, parmi l'adolescence et la jeunesse ouvrière et rurale, chez les « étudiants populaires » , un mouvement très curieux, très intéressant, de capitale importance.
Ils sortent du milieu soit familial, soit économique, où hier encore l'individualisme les emprisonnait. Ils se rejoignent par bourgs, villes, régions, prennent contact, se concertent.
Après avoir fondé des groupements isolés, ils se rapprochent, multiplient entrevues, enquêtes, démarches, combinent un plan d'action. Ils s'ingénient à tirer de l'association toutes les ressources, toutes les énergies, tout le rendement matériel et moral qui sont en elle.
C'est une grande force, singulièrement active, qui est en train de se constituer et qui venge le solidarisme, d'où elle émane, des épigrammes et des attaques dont on l'assaille dans les milieux mondains; car de la théorie elle passe à la pratique de l'entf'aide agiss ante.
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Toutes lea Associations se groupent et, décuplant
ainsi leurs forces, cherchent, dans un vit" élan d'émulation et par application de la doctrine dont elles se réclament, à améliorer la vie individuelle et collective de leurs adhérents, à l'ajuster plus exactement à la triple fin qu'elles se proposent : récréation, instruction, fraternelle assistance.
La jeunesse populaire, sous l'influence de l'Ecole, qui a rapproché les humbles et les faibles, et les a haussés vers un idéal d'égalité supérieure, de l'Ecole prolongée, de l'atelier, du bureau qui les a fait se retrouver, s'occupe d'elle-même librement, prend sa propre cause en main.
Associations, Unions, Fédérations, à tous les degrés, majuscules abréviatives et bannières au vent, sont à la veille de former les cadres, à la fois fermes et souples, où entre l'élite des promotions forgées par l'école nationale.
Spectacles et concerts dont elles entendent épurer le goût, lectures publiques et dialoguées à la manière de Maurice Bouchor, enseignement professionnel, post-scolarité obligatoire, sports, tir, préparation militaire, mutualité de l'adolescence prolongeant les Mutualités scolaires là où n'existent pas les Sociétés d'adultes, placement adapté aux vocations et aptitudes : c'est le riche et attachant
programme qu'elles assignent à leur vivante activité.
Des « hommes nouveaux » apparaissent qui, animés d'une foi ardente, se vouent à cette œuvre d'éducation sociale. Un parti — le parti scolaire — surgit qui, en marge de la défense légale, saura assurer la défense effective de l'école nationale. C'est là une grande innovation, et comme disait l'autre : « Tout cela indique un avenir. »
Ce sont les manifestations, les essais, les expériences sociales de la jeunesse populaire tâchant et s'ingéniant à s'organiser, s'efforçant à dégager le statut d'une action collective que l'on trouvera résumés dans le présent volume : De YEcole à la Cité, avec ses divisions répondant aux formes et modalités que revêt le labeur concerté des générations nouvelles sorties de l'Ecole nationale et se préparant à la vie intellectuelle, économique, civique : De l'École... au Savoir ; — De l'École... au Métier; — De l'École... à la Retraite; — De F Eco le... aux Congres; — De l'Ecole... à la Cité.
Ce qu'a obtenu, par un patient effort, l'initiative privée, individuelle et surtout collective, on le verra, parles résultats constatés sur le vif. Ce que désirenl les intéressés, on l'apprendra par les vœux