‹ De l'école a la cité, études sur l'éducation populaireChapitre 33 sur 73 · Revue Pédagogique. Dec · texte numérisé non relu

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discussion, qu'on n'y a pas émis de vœux. Aussi bien les débats contradictoires auraient été rendus malaisés par la variété et la complexité même des systèmes en présence. Comment aboutir à l'harmonie et à l'unité dune motion donnant satisfaction à des peuples de mentalité parfois tout à fait différente ?

Sans doute la vie, l'animation manquaient un peu. car on enregistrait des statistiques, on assistait à des constatations qu'on ne pouvait contrôler, l'on donnait acte de cbiffres et de faits apportés du dehors par des acteurs parfois intéressés. Nulle délibération ne suivait et ne pouvait suivre qui fût vraiment motivée et probante.

Mais, au vrai, c'était avec une attention passionnée que les auditeurs suivaient cette série de comptes rendus, s'initiaient au mécanisme d'institutions où s'affirmait souvent l'ingéniosité des novateurs en quête d'une pédagogie populaire à l'usage de l'adolescence.

Ce qui ajoutait à l'intérêt du Congrès, ce qui a achevé de lui donner un éclat qui a beaucoup frappé les étrangers, c'a été les fêtes et les réjouissances et aussi les cérémonies et séances d'apparat qui constituaient autant de manifestations soulignant l'importance de la réunion internationale.

Les hôtes de la France ont emporté, — leurs coniidences nous l'ont appris, — un souvenir inoubliable de la soirée du Trocadéro où l'élile des artistes donna une représentation de ['Artésienne, delà Fête <\<-> écoles au Jardiq d'acclimatation, de

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la Fêle «1rs écoles à Versailles, mais surtout des Conférences consacrées à la mémoire de Marcelin Berthelot par MM. Léon Bourgeois et Raymond Pojncaré el où ils ont vu l'éloquence, chez l'un des orateurs, gracieuse et poétique, chez l'autre, sévère et forte célébrant la science et la vertu familiale et civique.

Les délégués étrangers n'ont pas laisséaussi d'être frappés ilY'lomit'iniMil en constatant quelle collaboration étroite et sérieuse le Gouvernement de la République prêtait à la Ligue de l'Enseignement, à l'oeuvre éducative, dans un pays qu'on est habitué à leur dépeindre comme tout occupé aux frivolités mondaines et aux spectacles grossiers. Ils ont vu le ehcfde l'Etat, ils ont vu trois ministres :M. Cruppi, ministre du Commerce, M. Doumerguc, ministre de l'Instruction publique,, M. Ghéron, sous-secrétaire d'Etat à la Guerre, venir faire œuvre d'éducateurs devant des éducateurs, et, dans leurs discours, exposer un plan, un programme d'instruction ou générale ou spécialisée.

Le Congrès international a constitué son bureau le 1er octobre. L'assemblée a élu :

Président, M. Dessoye ; secrétaire général, M. Léon Robelin ; rapporteur général, Dfl.. Edouard Petit-

Vice-présidents, les délégués des diverses puis-

sances représentées : le docteur von Erdberg (Allemagne), MUe Noble (Angleterre), MM. Schulrecht, Adolf Bechtel (Autriche-Hongrie), Buis (Belgique), Molloa (Bulgarie), Moïse Valenzuela (Brésil), Oimo (Italie), docteur Costa Sacadura, de Stzemborg (Portugal), Theodour (Boumanie), Kowalewsky (Russie), Markovitch (Serbie), Essard Hany bey (Turquie), docteur Halderan (Pérou), Kybal (Tchèque), docteur Coppin (Perse), Mmes Jules Ferry et Paul Bert (France).

M. A. Dessoye, dans le discours inaugural, a souhaité la bienvenue aux congressistes étrangers et passé en revue les questions à l'ordre du jour : Sociétés d'instruction et d'éducation populaires et universités populaires. — Conférences, lectures et bibliothèques populaires. — Mutualités scolaires et post-scolaires ; éducation de la femme en vue de son rôle de ménagère et de mère de famille. — Enseignement professionnel. — Échange international des enfants ; colonies de vacances, inter-échangeables. — Voyages d'études des instituteurs et professeurs.

Il donna lecture ensuite d'un ordre du jour qui reçut l'approbation de toute l'assemblée et qui imprima aux travaux du Congrès harmonie, unité, certitude d'un lendemain pour le lendemain de l'école.

« Le deuxième Congrès de l'éducation populaire, réuni à Paris, confirmant et précisant le vœu exprimé par le premier Congrès tenu à Milan, en

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vue d'une entente entfe les sociétés de tous pays pour l'échange de renseignements et de services eu matière d'éducation populaire,

« Décide :

r 1" Il est créé un « Oftico international de l'éducation populaire », ayant pour but :

« De contribuer au développement, pour les deux sexes, de L'éducation populaire laïque dans toutes les nations, en établissant un lien entre toutes les organisations éducatives d'initiative privée ;

« De centraliser et de l'aire connaître les résultats des études et des expériences faites en chaque pays sur le terrain de l'éducation populaire ;

« ~2J Le bureau du deuxième Congrès est chargé d'assurer provisoirement au siège de la Ligue française de l'Enseignement, à Paris, le fonctionnement de l'Office et d'apporter au prochain Congrès les résultats acquispar l'expériencedurantcette période préparatoire et les conclusions sur la constitution définitive de l'Office. »

Le rapport général que j'ai eu l'honneur de présenter résume les origines du Congrès, en indique la portée et le sens, essaie, dès le début, d'orienter les travaux dans une direction précise. Il y est dit :

« Comment la pensée de convoquer un Congrès international est-elle née ? Pourquoi la réunion a-t-elle lieu à Paris ?

« L<< 15, Uni 17 septembre 1906, à Milan, à l'oecasion de l'Exposition universelle, l'Umanitaria,

Société d'initiative privée, promotrice d'œuvres sociales qui sont l'honneur de la grande cité lombarde, ouvrait le premier Congrès international d'Education populaire. Cinq cents délégués y assistaient et, sous l'active et distinguée présidence du député Luigi Credaro participèrent à des discussions où retentit la parole éloquente de sociologues comme Luigi Friso, Cabrini, Turati, Saldini, Majno, Rugarli, comme le sénateur belge La Fontaine, comme le professeur Baumgarntner, délégué de New-York, comme le professeur Hartmann, délégué du Yolksheim de Vienne, et comme notre Ferdinand Buisson.

Le Congrès avait été préparé avec un rare esprit de méthode par un instituteur passionné pour le bien public, M. Angelo Merlini, dont je salue la présence parmi nous.

« Dans la séance de clôture, le 17 septembre, que présidait M. Orlando, ancien ministre de l'Instruction publique, et où, d'une acclamation unanime, on accueillit le noble langage de ce grand Français : Frédéric Passy, L'assemblée décida qu'il fallait continuer la tâche commencée, se concerter à nouveau entre ouvriers de la même œuvre. Elle adressa un appel à la Ligue française de l'Enseignement pour qu'en 1908, un deuxième Congrès de l'Education populaire fût organisé, et, celte fois, à Paris.

« La Ligue française de l'Enseignement^ Société d'initiative privée, paie aujourd'hui, avec allégresse, la lettre do cliange I jrée sur (die au pays où le crédit

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