FRATERNITE
Mesdames, Messieurs, Jeunes Gens,
Je dois à la fidélité de votre affection l'honneur, et la joie aussi, de présider pour la seconde fois, comme délégué de M. le ministre de l'Instruction publique, l'originale Fête civique de la Jeunesse que, sur l'inspiration du dévoué M. Bador, la Fédération régionale lyonnaise des Associations d'anciennes et d'anciens élèves a instituée avec tant d'heureuse et inventive ingéniosité.
Ce que signifiait la Fête au regard de l'histoire et de la France d'hier, M. Aulard vous l'a dit dans quelle prose de grain ferme et serré, vous vous le rappelez ; ce qu'elle représente au regard de la cité natale et de la France d'aujourd'hui, vous l'avez appris par les généreuses et fortes paroles qu'ont fait entendre MM. Godart et Edouard Ilerriot.
Grâce à l'éloquence évocatrice de ces maîtres, de ce triumvirat de la science, de l'esprit et de la
1. Discours prononcé à l'Hôtel de Ville de Lyon, pour la 4° Fête civique de la Jeunesse, le 8 mars 1908.
poésie, vos devanciers, ceux qui, en 1906, en 1907, ont prêté le serment de loyalisme et de dévouement à la petite et à la grande patrie, ont recueilli le sens du symbolique enseignement qui se dégage de la journée initiatrice où ceux qui ont vingt ans et qui marchent vers les sommets lumineux de l'avenir viennent recevoir la parole d'encouragement et d'amitié de ceux qui ont vécu, lutté, souffert, et qui, déjà, descendent la pente des rapides années.
Toute la joie vivante qui s'affirme dans cette Fête de la Jeunesse, tout l'entrain, tout l'élan, tout le bonheur dont elle est la rayonnante manifestation, on les a célébrés, et, comme les novateurs qui vous ont précédés, vous les éprouvez en pleine intensité.
Permettez-moi, jeunes gens, de vous en montrer, sans prêche, sans intention de moraliser, quelquesuns des aspects sérieux, dans les circonstances spéciales, que l'École, la chère Ecole laïque, dont vous vous réclamez si fièrement, traverse à l'heure actuelle.
La Fête civique de la Jeunesse qui vous groupe, mes amis, autour de vos maîtres, de vos éducateurs, est la preuve indéniable que vous avec aimé les leçons reçues aux années d'enfance et d'adolescence et que vous entourez de votre estime et de votre affection ces instituteurs, ces institutrices qui les ont gravées au profond de votre intelligence et de votre cœur. Vous leur payez un juste tribut de reconnaissance devant vos familles assemblées, et, — je m'en porte garant pour vous, — vous entendez par