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les Professeurs du peuple qui assument la cha de la classe prolongé
Conseillez, guidez vos pupilles. Quand ils sont en place, ne les abandonnez pas. Soutenez-les de votre patronage, qui ne saurait être trop averti, surtout trop affectueux.
Même ce patronage, donnez-le au futur employé, dès l'école, dans la dernière année de sa scolarité, à la veille du jour où, cherchant sa voie, il va être pris dans la mêlée des intérêts. Le placement, tel qu'il est organisé, et si bien par vous, a encore quelque chose d'automatique. Et la rigidité de sa précision ne laisse pas de nuire parfois à qui est pris dans sou engrenage.
Un vide est signalé dans une maison amie d'une Association. Vous le comblez. C'est fort bien. Mais pour pourvoir à un emploi, tient-on compte des qualités, des goûts, des tendances qu'a le protégé qu'on a pu caser? Que ne lui donne-ton avis, indications sur l'entreprise où il s'engage ? Que ne faiton, en manière de préapprentissage, son éducation sociale ?
Il est a désirer que la dernière semaine de travail scolaire, dans chacune des Ecoles supérieures, soit consacrée par l'Association à instruire les élèves sortants, sur le choix du métier. Ce serait la Semaine des vocations dont vous auriez la direction. Un ancien élève qui a réussi dans tel métier, dans telle profession, viendrait dire aux « nouveaux » qui vont entrer dans la carrière, quels sont les avan-
tages, quels sont les risques de telle ou telle spécialité financière, industrielle, commerciale, administrative.
Déjà une de vos Amicales a tenté cette excellente innovation. Déjà une autre se propose de la réaliser, .lai la certitude que, dès 1910, ces leçons directes, utiles, humaines, seront faites par : chefs d'usines, de maisons de commerce, chefs de bureaux, à leurs camarades qui recevront un enseignement de vie, après avoir reçu un enseignement de livres et d'idées, les deux se complétant et s'harmonisant.
Je demanderai davantage encore à l'Union. Dans ses rangs, dans les rangs des Associations, se pressent et se confondent patrons et apprentis, commer-, çants et industriels, tous intéressés également à hâter la solution du troublant et pressant problème de l'apprentissage qui s'applique au commerce comme à l'industrie.
L'Union n'a-t-elle pas le devoir de mettre son influence au service d'une cause qu'il faut vulgariser ? Ne peut-elle faire entendre sa voix pour que, dans l'organisation de l'enseignement professionnel, englobant apprentis du comptoir comme apprentis de l'atelier, Y horaire de jour soit adopté, le demitemps soit admis par les mœurs avant de l'être par la loi ?
Je vous le demande par mesure d'hygiène, par pitié pour ce petit monde déjeunes employés si intéressant, si attachant, qui peinent de l'aube au soir, se courbent à la veillée sur les cahiers et les plan-
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ches à dessin Cette loi de progrès, de santé, sur l'apprentissage, réclamez-en, exigez-en le vote mais commencez-en l'application .
Les meilleurs d'entre vos camarades s'anémient il s étiolent, en des salles surchauffées, condamnés, aux heures de oécessaire repos, à un surmenage qui se traduit par L'affaiblissement de la race.
L'élite de l'adolescence urbaine, celle qui a le souci de son avenir, celle qui a la passion du travail, est vouée, par expiation sans doute de son ardeur à l'étude, à la ruine de ses forces physiques.
D'autres horizons, Messieurs, s'ouvrent encore à votre activité collective.
Je cesserais vraiment d'être orfèvre, — mais au \ rai, je ne vois pas pourquoi l'orfèvre ne parlerait pas d'orfèvrerie.. — si je ne recommandais à votre intervention effective la Mutualité scolaire, qui aura, dans l'Œuvre des retraites ouvrières et paysannes, un si grand rôle à jouer par l'utilisation des années de jeunesse, avant la iprise de l'assujetti — ô, le terrible mot! — par l'État.
Nombre d'élèves, dans les Écoles primaires supérieures, ont adhéré sur les bancs de l'école primaire à une « Petite Cave ». Mais il me revient que, parfois, le seuil de la « Supérieure » franchi, ils oublient la Société scolaire dont ils font partie, cessent d'acquittter les cinq centimes de
l'épargne individuelle, les cinq centimes de la bonté fraternelle.
L'Union ne pourrait-elle, par causeries, circulaires, démarches, rappeler aux défaillants qu'ils perdent le bénéfice des sacrifices qu'ont consentis leurs pères et leurs mères, qu'ils creusent une lacune entre la Mutuelle de l'école et la Retraite légale qui les saisira dès leur accession, qui est proche, au salariat commercial — si faible et souvent si précaire et dont vous aurez aussi à vous occuper un jour ?
C'est un petit progrès, un petit pas à faire en avant, et qui dépend de vous.
Et ceci encore, par vous-mêmes, vous pouvez, vous devez le réaliser.
Pourquoi l'Union des cinq Amicales des Écoles primaires supérieures de jeunes gens ne fraterniserait-elle pas avec les deux Amicales des Ecoles primaires supérieures déjeunes filles « Edgar-Quinet », « Sophie-Germain »? Certaines de vos revendications sont communes, commune serait l'action et plus forte. Et vous auriez fait du féminisme intelligemment pratique et profitable aux deux sexes.
D'autres réformes, Messieurs, el qui vous tiennent à cœur, sont à mènera bien.
Vous avez pour vous, en les abordant. le bon droit et le bon .sens. Sachez le faire savoir. Sur les préju-
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g - qui se dressenl devant vous comme des obsta clés, vous gagnerez la victoire, si vous gagnez d'abord l'opinion.
L'Union ne doit avoir de cesse qu'elle n'nil obtenu pour le Certificat d'études primaires supérieures, de conquête si malaisée, l'assimilation avec la baccalauréat, au moins pour les emplois administratifs, surtout pour les Postes et Télégraphes.
Faites en faveur de « l'équivalence o une campagne ardente et serrée : campagne de presse, de parole. Aidez au triomphe de l'élite primaire, de vos professeurs aussi, de vos maîtres d'hier et d'aujourd'hui, qui. par une minorité défendant ses privilèges, sont exclus des Universités s'ils ne produisent pas le sacro-saint baccalauréat !
Vos titres, leurs titres, sont contestés par roulin-'. par dédain des humanités françaises en France. Conquérez-leur droit de cité parla fermeté de votre attitude, par la cohésion de vos efforts, autant que par les services que vous avez déjà rendus au pays et que vous rendrez encore dans le champ de la production et des échanges.
Déjà, Messieurs, vous demandez en outre que les Associations amicales aient au moins un délégué dans les Conseils d'administration institués près de vos écoles.
Insistez. Frappez à la porte municipale, jusqu'à ce
qu'elle [s'ouvre devant vos représentants, qui seront les représentants des familles.
Visez plus haut encore. Vous le devez. Imitez l'Union des Associations d'anciens élèves des Lycées et Collèges qui veut pour deux de ses anciens élèves — un pour Paris, un pour la province — obtenir l'accès du Conseil supérieur de l'instruction publique.
Là comme dans les Conseils d'administration, vous qui êtes des praticiens, vous qui avez éprouvé méthodes et programmes, vous affirmerez l'autorité d'une compétence appuyée sur l'expérience ; là vous apporterez un peu de lumière du dehors.
L'Union, Messieurs, est une force morale qui, sans doute bientôt, car tout cercle social va s'élargissant, fera partie de la Fédération nationale des 420 Écoles primaires supérieures comprenant 52.000 élèves que compte la France scolaire. Les réponses à une enquête suggérée par l'Amicale du Havre et conduite par vous permettent d'augurer la naissance de cette puissante institution.
L'Union parisienne aura, dans la Fédération, un rôle important à jouer. Presque toujours exécutrice des décisions fédérales, elle en sera souvent promotrice, en vertu de sa situation en plein centre de l'action parlementaire et administrative.
Et déjà, sans plus attendre, l'Union, qui a pris conscience de ses devoirs, de ses droits, et qui a
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derrière elle l'armée des Primaires parisiens, peut, d'une pari eu agissant par elle-même, d'autre pari en agissanl sur les pouvoirs publics, conquérir de haute lutte tes avantages qui vous sont dus.
L'Union, qui, je l'ai constaté, étudie mûrement les questions, rejette tout ce qui est utopie, série les justes revendications qu'elle a retenues, ne peut pas ne pas remporter la victoire. Elle fait succéder l'effort concerté, qui est durable, à l'élan si vite brisé des forces dispersées.
Messieurs, continuez, dans un esprit de ferme modération et de hardiesse prudente, de sagesse réfléchie mais résolue, à établir projets et programmes de réformes. Puis, agissez, agissez encore et toujours.
Faites d'abord vos affaires, ce qui est le meilleur moyen d'intéresser à vos affaires Parlement et Gouvernement.
Comptez sur vous-mêmes. Et l'on comptera sur vous et avec vous.
C'est la double tache qui vous incombe. Il importe qu'on vous y convie pour et par l'Union, qui est l'alliance non seulement des intérêts mais des intelligences et des cœurs.