‹ De l'école a la cité, études sur l'éducation populaireChapitre 71 sur 73 · LAME DES UNES · texte numérisé non relu

LAME DES UNES

Ils sont là tous auprès du Maître, continuant les dialogues qui n'ont pas été interrompus dans l'Audelà Ils ont tous mêmepensée, même idéal, qui, de leur vivant, ciment* l'affection agissante dont, ils furent anini> -

.Mais, sous l'unité de doctrine, que de variétés heureuses, ou fortes ou charmantes. Que d'initiatives originales, empreintes d'ingénieuse générosité! Si le point de départ est unique, unique la tendance et l'orientation, unique le but poursuivi, parquettes voies différentes, et avec quelle ardeur d'émulation chacun essaye d'atteindre l'objet de ses énergiques et constants efforts ! D'un principe uniforme, combien d'applications découlent, et, pour les réaliser, quelle diversité de caractères et d'attitudes !

La scène s'anime. Tous les protagonistes sont dans la verve et la franchise de l'action. La tète penchée sur l'épaule, l'œil pétillant d'esprit, Paul Beurdeley entretient ses collègues d'un procès littéraire qu'il vient de plaider au Palais; décrit d'un mot, une image populaire qu'il a découverte et dont s'enrichira sa collection, annonce un mariage mondain qu'il a célébré et dont il ne dit pas qu'il l'a orné et relevé d'aimable et spirituelle éloquence. Et vite il revient à son thème favori. Il parle de la Caisse des Ecoles qu'il veut plus souple, plus compréhensive, plus largement ouverte pour prêter aide aux œuvres secourables à l'écolier.

Il parle de sa chère École fleurie où il rêve d'introduire un peu d'art et de beauté.

La séance du Cercle parisien ou bien du Conseil général s'ouvre. Au poste accoutumé, les disciples du Maître se rangent. Etienne Charavay, méthodique, précis, science et conscience à la fois, — il l'a prouvé dans une crise poignante, où, inflexible serviteur de la vérité, il donna un admirable exemple de probité intellectuelle et de courage civique, — Etienne Charavay, compulse des dossiers, dépouille la correspondance, donne lecture d'un document qu'il produira à une Assemblée générale et, comme invariable conclusion, à la manière de « ceux de 1848 », termine son exposé : discours ou bien rapport, par le cri sincère et vibrant de « Vive la République ».

Ardent et enthousiaste, Adrien Duvand, qui contribua à doter le pays de la Presse populaire que, sous sa gestion novatrice, il voulut et sut maintenir éducative et dont il fit une Ecole politique aisément accessible aux masses, plaide de sa voix éclatante, avec une vaillance joyeuse, la cause de l'instruction civique au régiment, réclame l'union de la préparation militaire et de la préparation intellectuelle.

Edmond Goudchaux, si précis et si sûr dans la délibération, si clairvoyant dans le conseil où s'afiirme une sagacité aiguisée encore par l'expérience, intervient de sa voix fine et mesurée. Le patriote messin, au front auréolé d'argent, qui, dans la vieille cité lorraine, fonda le premier Cercle provincial de la Ligue, dit la ligne de conduite à suivre pour assurer l'avenir de cette institution aimée de lui entre toutes :

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Foyers du soldat qui rendent les mores françaises moins inquiètes en offrant un abri familial à leurs fils.

Conduit par une main fidèle, Emile .lavai, l'aveugle héroïque, oublieux des ténèbres où l'emmure la cécité, vientprojeter sur les débats, avec une ardeur jamais ralentie, la rayonnante lumière de son intelligence. Il lutte pour écarter de ses frères en humanité les maux dont il souffre, pour les arracher à la nuit qui l'enveloppe, et, lutteur obstiné, il combat en nuire l'injustice, le fanatisme et la haine, les préjugés entretenus par l'intérêt, autres ténèbres qui obscurcissent l'horizon de la vie.

Et c'est encore, surgissant de l'ombre et venant revendiquer la survivance d'une collaboration ardemment effective, Wickham, pensif, ferme dans ses convictions, et Pabst, el Goldstein troublé par le problème de la misère féminine, et Jean Cave dont la figure frappéeà l'antiquemarqueévoquele masque des magistrats d'autrefois, mais dont la gravité s'adoucit de sérénité cordiale, dont le sérieux s'éclaire de gaieté persuasive et charmante. Ils luisent devant nous, encore une fois, ses yeux clairs, attentifs, observateurs, miroirs de vérité, ses lèvres s'ouvrent d'où sort la parole de droiture, d'encouragement et de réconfort. Cave dit son amour pour l'enfance et pourquoi il a prêché parmi les écolières et les écoliers de France l'entr'aide matérielle et morale, la mutualité de l'intérêt et de l'affection. 11 résume encore, avec une conviction aimable et

patiente, son système au merveilleux équilibre qui pèse, à la balance précise des calculs, la part du présent et de l'avenir et qui conduit nos filles et nos fils à faire le geste joli et bon à la fois de la prévoyance et de la pitié fraternelle.

Et, dans un coin de la salle, se glissant comme à la dérobée, le fermi et modeste phalanstérien Faustin Moigneux qui, échappé un instant à sa retraite de la Colonie sociétaire qu'abrite la forêt de Rambouillet où Fourier promena ses rêves, Faustin Moigneux qui s'efface et se relègue dans la pénombre, écoute en silence le Verbe de Justice, de Progrès et d'Amour, qui, de toutes les pensées, de tous les cœurs monte, précis et fort, et il éprouve une joie délicieuse et profonde d'avoir doté, élargi et embelli pour toujours la chaire collective d'où retentira la grande voix de ceux d'hier hautement répétée et vulgarisée fidèlement par ceux d'aujourd'hui.

La vision s'obscurcit, les lignes s'estompent et les couleurs se dégradent et s'évanouissent et Jean Macé et ses disciples retournent à la paix de la tombe.

« L'homme, fantôme errant, passe sans laisser même Son ombre sur le mur. »

a dit le poète. Parole vraie pour qui n'a vécu que pour soi. Parole inexacte pour qui a vécu pour ses semblables car, sur le mur, dans l'espace et dans le temps, il a gravé l'ineffaçable empreinte de son

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nom et de son œuvre, ("eux pour qui il a Lutté, souffert, donné le meilleur de lui-même, savent se souvenir el se faire les continuateurs de sa pensée.

Devant nous, nos aînés demeurenl debout, ils sont nos guides et qos soutiens, ils sont les colonnes lumineuses qui éclairent notre route. Ils sont la tradition, le devoir et l'exemple.

C'e.-t l'enseignement que la Ligue de l'Enseignement se doit à elle et aux autres de propager. C'est la leçon de travail et de désintéressement que professent les aînés, — et les fondateurs et les bienfaiteurs, — leçon que leurs successeurs doivent fortifier et étendre encore. Et de même que les ligueurs d'hier se sont donnés tout entiers à la formation intellectuelle et morale de l'enfance et de l'adolescence ouvrière et rurale, initiées, grâce à eux, aux bienfaits de l'association organisée, de même les ligueurs d'aujourd'hui doivent se tourner vers la jeunesse des écoles, et de l'humble École primaire et des Ecoles savantes, vers la Jeunesse plébéienne, entretenir l'enthousiasme et la foi parmi les générations qui montent ; les hausser à la pratique de l'entr'aide sociale et leur ouvrir toutes grandes les portes de cette riante et claire Maison d'amitié et de fraternité.

Sur ce coin de terre deux fois élue, là où s'éleva l'Abbaye au Bois, dédiée aux Lettres consolatrices, où la beauté sut tenir avec un charme victorieux salon et bureau d'esprit et grouper l'élite aristocratique et intellectuelle, aujourd'hui se dresse l'École

. du savoir vulgarisé, s'ouvre un atelier de travail social dédié à la vérité où fréquentera l'élite populaire.

Déjà l'âme de nos aînés y habite. Elle est près de nous fière et courageuse. Elle est en nous. Dans l'atmosphère morale qu'elle crée, « ceux de demain », la France nouvelle, hôtes attendus et préférés, viendront puiser énergie, enthousiasme, passion du dévouement pour le bien public, sentiment de l'Idéal.

IMUR L'ÉLITE PRIMAIRE

Messieurs ',

Je considère comme un honneur, dont je sens lout le prix, que vous vous soyez adressés à moi pour cette Causerie-conférence, qui fournit à votre Union l'occasion de resserrer les liens déjà établis entre vos Associations. Je vous remercie de m'avoir offert le moyen, dans la modeste mesure de mes forces. d' « aider ceux qui s'aident », selon la fraternelle formule de mon maître Jean Macé.

La Causerie-conférence d'aujourd'hui, selon le désir que m'avait exprimé le président de l'Union, M Albert Lévv. et MM. les présidents Moireux, Delarbre, Frouin, Quillard, aura un caractère de précise utilité. Foule phraséologie, toute rhétorique vous seront épargnées. Des déclarations de principes, des développements de doctrine, sont des horsd'u^uvre quand on s'adresse à des travailleurs qui,

1 Conférence faite le 16 décembre 1909 à l'Hôtel des Sociétés savantes à la réunion générale de l'Union des Associations d'anciens Élèves des Écoles primaires supérieures de Paris.

de la théorie, ont depuis longtemps passé à l'application et qui veulent, de la solidarité dont ils se réclament, tirer, non des arguments philosophiques, mais le maximum de rendement possible.

Devant des anciens élèves de Grandes Ecoles où ils ont reçu un enseignement pratique, je m'efforcerai, en toute simplicité, de donner une manière de consultation pratique.

C'est de vous-mêmes que je parlerai à vousmêmes, en essayant de dégager quelles améliorations, quels progrès, quels avantages individuels et collectifs, vous pouvez tirer, dans le sens de vos intérêts communs, de cette force morale et matérielle, hier encore inconnue — elle date d'un quart de siècle environ — qu'est l'association organisée.

Vous avez, Messieurs, une communauté d'origine qui fait l'unité de vos vues, de vos idées directrices, de vos aspirations.

Vous appartenez à ces Ecoles primaires supérieures de la ville de Paris, qui font l'admiration de l'étranger et qui fournissent plus et mieux que ne le feraient des écoles secondaires, à la démocratie intellectuelle.

Vous sortez de ces maisons d'instruction vraiment éducatives, foyers d'action et d'énergie, ateliers de bon travail, qui portent ces noms glorieux d'hommes d'État, d'inventeurs, de sociologues, qui furent tous

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épris du bien public : Turgot, Colbert, Lavoisier, J.-B. Sa v, Ai

Les écoles dont vous êtes justement fiers ne sont pas toute- anciennes, et déjà elles ont un passé, une tradition. Elles sont populaires dans le monde du commerce, de L'industrie ; dans le Paris du labeur productif. On considère que ces Collèges d'humanités françaises, où n'entrent que les meilleurs parmi les sllents, où le concours a fait de vous des disciples désignés par une intelligente sélection, fournissent aux bureaux, aux magasins, aux usines, leurs cadres les plus sûrs et leurs troupes les plus solides. Vous avez bon renom « sur la place», pour employer le langage des affaires. Vous êtes recherchés, et justement, dans les milieux de féconde initiative où se meut votre ingénieuse activité.

Et pourquoi, Messieurs, jouissez-vous de cette faveur ?

D'où vient cette cordialité, cette sincérité d'accueil ?

La clef qui devant vos promotions successives de même belle venue, sous la variété des temps, ouvre portes et cœurs, est une clef morale, si je puis dire : c'est la vertu des études que votre génération, que vos devanciers, que vos successeurs ont faites et feront.

Dans une mesure exacte d'harmonie et d'équilibre, elles allient, ces études, vraiment modernes, vraiment nationales et humaines, la culture générale et l'enseignement utilitaire . Elles vous

amènent à vous adapter à la profession que vous choisissez, à la voir d'ensemble et à en dominer le détail.

Vous n'avez appris, ou fait semblant d'apprendre, ni grec ni latin. N'en rougissez pas. Vous avez pénétré dans l'œuvre des grands classiques français, qui vous ont initiés à la pensée grecque et latine. Et surtout vous avez été élevés en hommes de votre temps, pour votre temps.

Oh ! je connais bien la critique que lancent, si souvent par jalousie d'impuissance, nos raffinés, nos dilettantes. Ils croient avoir gagné la partie quand ils ont dit de ces « hommes nouveaux » dont l'influence monte et grandit : « Ce sont des primaires. »

Primaires, soit. Ces primaires dont vous êtes ne sont pas des désabusés et des découragés. Ces primaires vont droit vers la direction qu'ils ont assignée à leur volonté. Ces primaires sont la grande réserve de forces saines dont dispose le pays. Ces primaires en sont la santé physique et morale. Et ces primaires, en dépit des moqueries, font une Qntrée triomphale dans la société contemporaine. N'est-ce pas un primaire, Eugène Brieux, qui, sorti d'une de vos Écoles primaires supérieures, par ses qualités vraiment peuple, par son bon sens robuste, par la générosité de son inspiration, a forcé les portes de l'Académie française ?

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Au sortir de vos écoles, Messieurs, vous êtes entrés dans des Associations portant le nom de vos patrons et qui, devançant le besoin de groupement qui est la marque d'une époque répudiant l'individualisme, se sont fondées bien avant la date où s'est affirmée la renaissance de l'éducation populaire cl où a commencé à - épanouir la riche floraison des petites A., des Amicales «le l'école élémentaire.

Vous n'avez pas attendu les Congrès du Havre el de Bordeaux, les appels de la Ligue de l'enseignement, l'année 18'.»o, pour former autour de vos Écoles supérieures un faisceau d'influences et de forces.

Dès 1861, la « Turgotine » es! fondée. En 1891, l'Amicale Arago, la dernière née, vil le jour.

Vos aînés ont agi en précurseurs, ont ouvert la

voie où se sont engagés des milliers d'imitateurs,

puisqu'on 1910 on compte O.rJOO sociétés d'anciens

et d'anciennes élèves constituant la grande amitié

lire qui s'étend à 800.000 jeunes gens '.

Le rôle de vos Associations, « des cinq sœurs », qui se sont sagement abstenues de toute ingérence dans le domaine, soit politique, soil religieux, a été marqué au coin d'une terme et sage raison.

Plus on étudie vos statuts, plus on pénètre au profond de votre vie sociale, plus on est surpris, et heureusement, de voir avec quelle patience, quelle suite dans la lactique, vous avez réalisé, point par

point, le programme qu'avaient tracé vos prédécesseurs, avec une connaissance pénétrante des nécessités du temps présent, avec une claire entrevision de l'avenir.

On a su, dans vos Amicales, qui sont vraiment des « Amitiés », échapper aux puérilités de la camaraderie, chère aux Labadens moqués par Labiche, qui fêtent les chefs de file arrivés, ne se voient que pour user d'un prétexte commode à sorties et distractions, à échange d'anecdotes rétrospectives sur les années de jeunesse.

Vos Associations répondent, d'après un plan fortement arrêté, à leur exacte destination.

Quelle riche table de matières présentent ces comptes rendus moraux !

Partout on se récrée : jeux, sports, matinées dansantes, groupes musicaux, troupes scéniques, chorales ! Vous avez tout prévu, tout organisé pour offrir à vos adhérents, à leurs familles, des loisirs attrayants, tous relevés de goût, dédiés à l'art et à la beauté.

L'instruction n'est pas oubliée. Mais vous avez fait surtout leur place aux études... à côté : chant, diction, danse, tout le superflu nécessaire, tout ce qui est de luxe et d'agrément, à quoi le travailleur, l'étudiant populaire, absorbé par le souci du gagnepain, ne saurait être initié, faute de temps et d'argent, aux studieuses années d'enfance.

Mais, surtout, vous avez voulu que vos Amicales fussent consacrées à la solidarité agissante, à l'en-

POUR i i LITS PRIMAIRE -27:?

tr'aide sociale scientifiquement établie» Les a cinq sœurs >^ son! vraiment fraternelles pour leurs adeptes, débutant dans la vie économique.

Vos « Permanences » pour le placement sont vraiment a citer comme des modèles. Le dépistage des emploi- ,'~; la préoccupation de VOS bureaux de comités. Chacune de vos Amicales est un Office qui met, avec quel zèle, avec quel désir d'aboutir, en rapports constants, employeurs et employés, et qui rend plu- de services encore à qui l'ail l'offre qu'à qui bénéficie <le la demande, car dans les cellules de la ruche industrielle el commerciale, vous vous êtes l'ait une loi de ne pas introduire de frelons.

Les Amicales une fois bien assises, construites en ces matériaux durables que -oui le dévouement, la

sion pour le bien public, vous leur avez donné mi.- clef de voûte qui en achève la solidité : l'Union, qui porte la date du 'I'.j mars 1907.

C'est la loi et la marche : d'abord particularisme, puis groupement, concentration des libres collectivités en une Œuvre collective.

L'Union des cinq Amicales compte peu d'années, mais déjà, sans bruit, modestement, mais sûrement, elle a fait de bonne besogne. Le Comité central a su, avec un soin jaloux, se garder de porter atteinte à l'autonomie des Associations associées. On a respecté situations conquises et droits consacrés, évité

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les froissements d'amour-propre, envisagé surtout l'intérêt... des intérêts généraux.

Déjà l'Union a amené par des Fêtes — les Fêtes sont éducatives, comme disait Michelet — une première prise de contact ; déjà, pour des questions qu'elle avait mises à son ordre du jour, étudiées, rapportées, elle a entamé des démarches, notamment pour la question des soldats condamnés souillant de leur contact les jeunes recrues dans l'armée.

Une véritable émulation, active et féconde, s'est emparée de vos délégués, de vos mandataires, pour resserrer l'entente, grâce à des projets de nécessaire et urgente réalisation.

La réunion d'aujourd'hui a pour objet de dresser un plan d'action commune, de poser, avec votre assentiment, quelques jalons sur la route que les Amicales ont à suivre de front, coude à coude, pour la conquête d'améliorations ou morales ou matérielles, pour l'élargissement de votre influence !

Que fait et doit faire l'Union des Amicales? quels résultats tangibles peut-elle obtenir? Vers quels projets, vers quels espoirs peut-elle s'élancer, par un effort commun, pour de communs avantages que le succès sanctionnera, si elle sait vouloir ?

Oh! je ne prétends pas vous apporter des « nouveautés »; mais en m'aidant de vos Bulletins, de vos travaux, de vos enquêtes, je me borne à dresser

POUB l'élite PRIMAIRE -11',)

très brièvement le Cahier de vos légitimes desiderata.

Vos demandes sont de deux sortes.

Il en esl que vous pouvez satisfaire vous-mêmes, par l'effet de votre propre initiative. Ce no sont pas les moins importantes, et il oe dépend que de vous, que de voire volonté, que de votre persévérance, que de votre gestion intérieure, de faire par les actes une réponse conforme à vos désirs.

lien est d'autres dont la sanction est en dehors de vous. C'est au Parlement, aux pouvoirs publics, qu'il conviendra de s'adresser. Il faudra, après fixation bien nette de vos volontés, les transmettre à qui de droit et attendre délibérations et votes, mais en ayant soin d'abréger l'attente par votre propagande, de presser les commissions, de hâter les dépôts de projets de lois, par une agitation à la « mode anglaise », où il sera expédient que vous introduisiez encore et toujours élan et continuité d'initiative.

Et d'abord, que pouvez-vous faire par vousmêmes ?

Déjà d'ailleurs vous avez commencé l'exécution de ce que peut et doit être votre œuvre propre.

L'Union a compris le parti qu'elle tirera de Fêtes organisées comme celle de ce soir, en empruntant les éléments aux cinq Amicales.

Ces Fêtes, étendez-les. Donnez-leur toute leur am-

pleur, toute leur portée, en un temps où il importe que l'on découvre la formule des publiques réjouissances où ceux qui se réclament d'une même foi sociale communient dans un même idéal de robuste allégresse.

Instituez, vous, les aînés, pour « ceux qui auront vingt ans », des Fêtes civiques de la jeunesse, comme on a fait à Lyon, à Saint-Etienne, des Fêtes des Saisons, des Fêtes du Travail, des Fêtes de la Patrie. Embellissez, ennoblissez encore les spectacles que vous vous donnez à vous-mêmes, à vos mères, à vos sœurs, dans les préaux d'écoles. Offrezles en hommage à la Cité.

La joie est bonne. Le travail est meilleur encore.

Il vous appartient, Messieurs, d'orienter vos « cadets » , les adolescents qui sortent de vos chères écoles, vers les Cours ou municipaux ou libres qui répandent dans les divers quartiers de Paris « la seconde instruction », « la seconde éducation ».

Ce jeune commis, cet apprenti commerçant qui, diplôme en poche, sur désignation de son Amicale, fait ses débuts dans la maison où, grâce à vous, il a été admis, a besoin de continuer ses études s'il veut se perfectionner dans son savoir, s'il ne veut pas oublier le peu quil a appris.

L'Union ne pourrait-elle nouer des rapports avec

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