LIV. V, CHAP. VIL
L'homme ne peut se distinguer de l'univers, de Dieu lui-même : il se confond avec eux.
Notre être et nous, nous revenons à l'être : nous remontons à lui et au Premier qui dérive de lui. Et nous pensons ces choses mêmes, et ce ne sont pas seulement des images et des reflets que nous en avons; nous les pensons parce que nous sommes ces choses mêmes. Si donc nous participons à la véritable science, c'est que nous sommes ces choses, non pas en recevant ces choses en nous, mais en étant nous-mêmes en elles. Et bien qu'il y ait aussi d'autres choses, ces choses ne nous appartiennent pas simplement; nous sommes tous aussi ces choses. Étant donc avec toutes
i Voir plus haul le rapport, page 108.
à la fois, nous sommes ces choses : nous sommes donc un et tout (1). Nous voyant du dehors et voyant d'où nous venons, nous méconnaissons que nous sommes un, comme des personnages multiples au dehors et qui au dedans n'ont qu'une seule tête. Mais si quelqu'un pouvait se tourner en lui, que ce fût par sa propre puissance, ou par une heureuse influence, en soi-même il verrait Dieu et lui-même et l'univers. Il ne se verrait pas d'abord comme étant l'univers : mais il se verrait plus tard ainsi, parce qu'il ne pourrait trouver de limite fixe qui pût le déterminer luimême : et jusqu'à un certain point, il lui serait impossible de se distinguer personnellement du tout : il viendrait dans le tout lui-même, sans d'ailleurs avoir à se déplacer, mais en se plaçant sur cette ferme base où repose l'univers.
(1) Voir plus haut le rapport, page 102.
VI* nx>"KADE. LIVRE VII, CHAI> XXXII. 281