IV DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS
des ennemis. C'est là une sentence beaucoup trop rigoureuse, et la justice veut qu'on en appelle: non que les Alexandrins ne soient coupables en rien, ni qu'ils méritent une entière absolution; mais les juges qui les ont condamnés étaient prévenus; et leur opinion, trop peu éclairée, ne fut point suffisamment équitable. Nous ferons bien de négliger les rancunes religieuses; nous ne les guéririons pas : même après quinze cents ans, elles sont aujourd'hui tout aussi vives.
Quant aux griefs de la philosophie contre le Néoplatonisme, ils n'ont été parfois , comme dans Brucker, qu'un écho peu intelligent des anathèmes de l'Eglise; et quand le bon sens, au lieu de la foi, a voulu s'en faire l'interprète, comme dans Tiedemann, il s'est trouvé que le bon sens, malgré son indépendance, était trop étroit pour comprendre une doctrine qui le dépasse tout à la fois et par son étendue, et par son obscurité. Il faut donc que la philosophie, qui ne peut jamais avoir de parti pris, revise son j ugement ; il faut, pour prononcer avec pleine connaissance, d'abord qu'elle apprécie les causes nécessaires qui ont provoqué les erreurs et la ruine des Alexandrins; et ensuite, quelle approfondisse celle doctrine du mysticisme,