ET DU MYSTICISME. XXXVII
plus le corps combat et se défend , plus la victoire de l'àme est éclatante : plus le triomphe est disputé, plus il a de prix. Mais les faibles complexions, les cœurs débiles, les âmes sans vigueur, succombent bientôt à ces travaux que Plotin a nommés par une expression qui serait belle si elle n'était fausse, les labeurs du sage. Ces labeurs ont été parfaitement connus de tous les mystiques : les Yoguis de l'Inde (1) imités par les Soufis de la Perse et de l'Arabie, les ont accomplis dans tous les temps avec une énergie incomparable : et les mystiques chrétiens qui se sont bien compris eux-mêmes, et qui ont fixé les règles et les conditions de la pratique, n'ont pas manqué tout d'abord d'exiger des adeptes un tempérament robuste et une inépuisable santé. Gerson , doctor christianissimus , le plus régulier et le plus scientifique de tous , a été aussi le plus précis sur ce point capital. On peut le voir parles deux premières considérations de sa Théologie mystique pratique. Sainte Thérèse aussi croit devoir, dans la quatrième demeure du
(1) Pour tout ce qui concerne le mysticisme indien, voyez l'excellent ouvrage de M. Bochinger sur la vie contemplative, ascétique et monastique chez les Indous et chez les peuples Bouddhistes. Strasbourg, 1831, in-S°.