ET DU MYSTICISME. XXXIX
Quant à l'étude , quant à la science dont le monde est si vain , et dont l'orgueil de l'homme s'enivre si aisément, à quoi servirait-elle ici? uniquement à divertir l'intelligence , à dissiper l'âme , à empêcher cette concentration, qu'on obtient à un si douloureux prix. Le mysticisme néglige donc la science : il n'en veut point , parce qu'il n'en a pas besoin. Mais par une autre sorte d'orgueil', bien plus intolérable que celui qu'il blâme, il méprise la science et il la proscrit pour l'homme. Le Bhagavad-Guita, Plotin, Gerson avec saint Bonaventure, sont unanimes sur ce point. Ce qui devrait nous surprendre, c'est qu'ils ne le fussent pas : et sainte Thérèse , quand elle réserve la science, ne réserve , prenons - y bien garde , que la science mystique, la seule qu'elle veuille connaître, et la seule qu'elle exige d'un sage et prudent directeur. Aussi les simples sont-ils plus propres que les savants au mysticisme : Gerson a voulu le démontrer en écrivant en langue vulgaire, comme plus tard Jacob Bœhme, quelques-uns de ses traités les plus décisifs , et entre autres la Montagne de la contemplation. Voilà aussi comment l'Ecole d'Alexandrie , toute grecque qu'elle était , a déserté la science avec Plotin , et ne l'a qu'impar-