‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 36 sur 161 · XL DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS · texte numérisé non relu

XL DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS

faitement retrouvée avec Proclus lui-même.

Mais où la science ne pénètre pas, qu'y a-t-il d'étonnant si la clarté ne pénètre pas davantage? L'extase éteint toutes les puissances de l'intelligence et de lame : c'est là le but avoué , le but certainement atteint quelquefois. Lors donc que le mystique redescend de ces sommets enflammés, ou si l'on veut, de ces éblouissantes ténèbres où il s'est élancé, comment peut-il obtenir des facultés discursives de la raison, qu'il lui faut bien pourtant employer pour décrire même le degré suprême de l'extase, cette précision, cette justesse, qui satisfont l'intelligence en l'éclairant. On conçoit encore que revenant d'un monde qui n'a rien de commun avec celui-ci, le mystique soit forcé de se jeter dans des expressions bizarres , des comparaisons étranges qui ne répondent même point à sa pensée, des métaphores, des allégories, en un mot, dans « ce langage exagératifet exorbitant» qu'a signalé Bossuet (Inst. sur les états d'Oraison, liv. I, p. 14, a). On a souvent reproché aux mystiques ces excès qui sont poui tant inévitables ; il vaut mieux les comprendre et les excuser , puisque Bossuet les excuse , en disant « qu'élevés à « une oraison dont ils ne pouvaient expliquer les

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