‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 56 sur 161 · LX DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS · texte numérisé non relu

LX DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS

mysticisme , si dans une humilité dont leur vain savoir les rend incapables, ils pouvaient arriver à se mépriser eux-mêmes, et à se réjouir du mépris des autres. Il faut bien remarquer que saint Bonavenlure, après avoir fait de la contemplation de Dieu selon sa pure essence et son unité, le cinquième degré de la voie spirituelle, place au sixième et dernier la contemplation de la Trinité. Il rétablit donc les personnes divines après les avoir supprimées, et Jésus-Christ, au lieu de rester, comme il l'a dit d'abord, la porte, le chemin, le véhicule, devient avec les deux autres hypostases le but, le port, la montagne sainte, où tendent tous les désirs de l'âme dévote. Par là saint Bonaventure évite l'hérésie qui fut plus tard l'un des griefs les plus sérieux de Rome et de Bossuet contre les Quiétistes, et contre Fénélon après eux. Depuis le saint mystique du treizième siècle, il n'est pas un mystique orthodoxe qui n'ait réservé comme lui la contemplation de la Trinité pour le terme suprême et ineffable de l'oraison.

Voilà donc le mysticisme chrétien dans les plus beaux temps du moyen âge, avec une vigueur qui ne sera jamais dépassée, mais avec un peu de rudesse encore. Voilà l'ascétisme tel que le prati-

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