‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 57 sur 161 · ET DU MYSTICISME, LXI · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME, LXI

quaient dans l'intérieur des couvenls les âmes les plus énergiques et les plus éclairées. Ce sont bien les traits principaux et essentiels du mysticisme, tel que nous l'avons esquissé. Dans ces limites de l'orthodoxie, que lui manque-t-il ? un peu plus de régularité, une forme précise et nette qui règle la pratique , et qui sans rien ôter à la sublimité des spéculations ni aux élans du cœur , vienne nous apprendre , le but étant fixé , les moyens et les procédés infaillibles pour y atteindre. C'est ce que deux cents ans ont suffi à faire: et Gerson, au commencement du quinzième siècle , achève pour le mysticisme un code dont les formules définitives depuis lors n'ont pas changé. Le mysticisme a, grâce à elles, conscience de lui-même : il s'avoue, il se proclame; il est une science indépendante qui prend rang parmi toutes les autres, supérieure à toutes, cela va sans le dire, mais chose vraiment remarquable, aussi -complète et aussi régulière qu'aucune d'elles. On peut devenir mystique désormais comme on devient géomètre, après une longue et patiente étude , et les progrès ne se mesurent que sur la capacité spéciale qu'on y apporte. Le mysticisme devait en arriver là : déjà dans l'Inde une longue pratique avait amené des

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