‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 96 sur 161 · ET DU MYSTICISME. CIII · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. CIII

jeunesse qui peut tout, mais qui ne sait rien. Mais est-ce bien là toute l'instruction que nous pouvons tirer de l'histoire du mysticisme? Et le mysticisme alexandrin en particulier ne peut-il pas nousdonner une leçon plus directe et plusprofitable encore, à nous philosophes du dix-neuvième siècle , qui nous faisons gloire de suivre la méthode de Platon, comme s'en flattaient aussi ses continuateurs d'Alexandrie et d'Athènes? Si cette méthode, quand on l'entend et qu'on la pratique ainsi que la fait Plotin, présente de tels dangers, qui nous dit que nous ne sommes pas exposés aux mêmes erreurs, et que cette logique irrésistible qui l'a conduit au précipice ne nous poussera pas tout comme lui, malgré son redoutable exemple ?Xotre temps certainement n'est point mystique, et son caractère général ne ressemble guère à celui des siècles qui virent se fonder et se développer l'école néoplatonicienne. Mais quand un principe a fatalement porté certaines conséquences , il est à craindre ([ue, restant le même, il ne produise encore des fruits pareils ; et la prudence veut qu'on se prémunisse, autant du moins qu'on le peut, contre le péril, tout éloigné qu'il parait. Rien n'annonce précisément encore dans la philosophie con-

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