CVI DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS
mière, c'est la réaction religieuse. Sans doute, cette réaction est fort loin d'être tout ce qu'on la croit, et elle avortera, n'en doutons pas, dans les espérances exagérées qu'elle a fait naître, parce qu'elles sont en pleine contradiction avec le véritable esprit de notre temps. Mais elle n'est pas, et surtout ne sera pas sans influence. Une s'agit point, pour le dix-neuvième siècle, d'un retour complet à la foi dupasse, l'impossibilité ici est trop évidente. Mais il y aura pour quelques esprits faibles transaction et compromis, comme on l'a vu déjà plus d'une fois. En attendant , bien des âmes sont incertaines entre la religion à laquelle elles ne se livrent pas tout entières , et la philosophie, qui convient encore moins à leur débilité et à leur irrésolution. Cette situation douteuse ne peut être que passagère : mais elle est très-favorable au mysticisme qui n'impose aux imaginations que le joug qu'elles veulent bien se donner à elles-mêmes. La religion a ses lois rigoureuses et précises , la raison a également les siennes ; et le mysticisme est un moyen facile d'éluder les unes et les autres, tout en satisfaisant à la fois et le sentiment religieux et le besoin d'indépendance.
Une troisième cause enfin qui pousse les esprits