‹ De l'économie publique et rurale des GrecsChapitre 13 sur 13 · L. 2, c. 27 et · texte numérisé non relu

L. 2, c. 27 et

(3) ThcopU. hist. plant. L. Ç , c. 1 et 3.

(4) Hcs, Asp. v. 498.

ignore positivement le rôle que ees plante* jouaient dans le régime diététique des Grecs, le peu que leurs écrivains en ont dit ferait penser que quoiqu'ils en fissent usage elles ne formaient pas une de leurs nourritures essentielles , nous en voyons l'usage chez les Lacédémoniens (i). L'introduction du doura et celle du maïs, l'une et l'autre de beaucoup postérieures à l'époque dont nous nous occupons en aura restreint encore davantage la culture , parce que ces dernières plantes analogues pour la qualité, si 'elles he sont pas préférables, avaient l'avantagé d'un beaucoup plus grand produit. \ )

Des plantes légumineuses et des prairies.

f Les Grecs désignaient toutes les légumineuses par le nom collectif de chêdropa ou ospria qui répond assez à l'expression française (2). Elles servaient également aux besoins de l'homme ainsi qu'à Ja nourriture des animaux, c'est sous ce dernier rapport qu'elles

(i) Hesydi. voce elumos.

Theoph. hUt. plant. L, 8, c. r.

forment une culture intermédiaire entre les céréales et les prairies. Dans le système de* cultures alternées, leur succession aux céréales est considérée comme un repos dû sol qui continue à produire sans s'épuiser, une plus grande extension de terrain peut être consacrée aux cultures utiles à l'homme. Dans, le système au contraire des Grecs, elles partageaient avec elles la portion du sol mise en culture , dès lors en restreignait ra culture sans avoir le même avantage de donner du repos à la terre: leur culture, par conséquent, avait moins d avantages soos ce rapport que dans l'autre sy&tèroe* Les espèces principales que cultivaient les Grecs étaient la fève., la lentille, le chiche, le lupin, . la gesse, l'ers et la vesce; le poi* et le haricot étaient moins cultivés que dans nos temps modernes, et n'étaient* considérés que comme plantes de jardin ; Galien en parle comme d'une plante nduvellement introduite dans les cultures , on. faisait usage des soliques en veïd ou séchées pour l'hiver, ainsi que des grains récoltés à leur maturité "(i). Toutes servaient

" • • ••• •• • •*• ■ • » ... w . } .V \ - .m ,s.v Acfrt..* *

(i) Gai. «Un. facult. L. i , c, 35 , L. », c. i. ,4

plus ou moins à la nourriture des hottittfe»V surtout la fève, la lentille et le lupin ïi Vf quelques personnes s'abstenaient de ceth* nourriture, notamment des fèves * soit abso-* Iument (2), soit pendant la célébration de* mystères (3); c'était la principale ressource* des pauvres, de là le proverbe: il ne se nourrà pl*s de lentilles, pour dire quW homme s'est promptement enrichi ( 4 )é Les Athlètes en faisaient un très- gtnné usage ( S);, les autres espèces étaient d*uà usage secondaire a l'exception du chiche recherché pour les qualités aphrodisiaques qu'on lui attribuait (G); l'ers , la gesse et la vesce devenaient une ressource dans les cas seii* lement de nécessité (7). La fève jeune crue 1 comme le chiche et Je lupin macéré cVani l'eau, étaient de* mets de fantaisie qui pa^

(1) Theopli. hist. plant. L. 8, c. Gai. aM. focult. L. %9 c. a5, a6 et 3o; Atbt deipo. L. 4. (z) Luciau.vit. auetio.

<3) Plut, de Soiert. amaft.

<4) Smd. voce boitai.

(B) Gai. de alim. iacult* L. i, c. a«« r :

(6) Gai. de alim. facuIt.L. 1 v c 29.

(7) Gai. de alim. feçult L. i, c 35 et43; Àtb. deîp».

^^tJaôtos^dake^^», fi)v usage dur existe èncdrë' W^ l'Italie mé-

tidîônale/ NcÀ setitetfëinf les graines de ces légumineuses servaient * ta «mirrîtttre de» animaux (2) ;tnais îlW^làtîftf WÉpêè ll^àÀt la maturité letrf ffear&feàif tffr exfedlent fourrage , la fotè *mûàb&) , tVfrs {4) et la gesse ( 5 ) étaient sùttbut tefriployés de cette manière : ils fa&afent be&utoup moins d'usage de la vesce ^ë teRètnairi^ le nom même de vikia qu'on nfe tretive quèdàns les ouvrages des Grec» qui ont v*eti aprèè l'invasion des Romains paraltavoir été emprunté d'eux (6), il est eependsttf à prést^ mer qu'ils ta cultivaiènt auparavant sous le nom de lathyros (7) dont fe nom à'éàt plus employé au temps où ' GaSeii Se sert du mot vikia. H est à présumer Qu'elle en^

(1) AUi. deipn. L. a; Plat. derepuU.L. a ;Gal. aîimea*

facult L. i , c. a6 el 23. ; ' ' i

(a) Àth.*ieipii. Lva; -Gai. de «lira, facult t. fi i v t (â) Aritt. List. anim. L. 8 , c. 7*

(4) Arrêt, btst anim. L. 3, c ai. -•• - ~ . . , . ^ . . „

(5) Theopl.hist planté 8. c;Sj Anst hiat ant». L.«,

(Q Gai. de alim. facult L, c. 3*. . . ^ ' (7) Theapfa. fcat plant. L. 8, 0. 3;

• ••" . ici» ' • ' ' *

trait dans la composition du fourrage artificiel qu'ils nommaient krasisr ou krastis , Je même que le farrago des Romains et la dragée des modernes qui était composé d'une légumineuse et d'une plante céréale qui lui servait d'appui (i): il était surtout recommandé pour mettre les chevaux au verd, espèce de cure médicale d'autant plus recommandée dans les pays méridionaux, qu'on les y nourrit plus long-temps au sec (2), Outre ces Tégumineuses nous en voyons trois autres qui étaient cultivées uniquement comme fourrage. L'une d'elles est le fenugrec dont le nom de fœnum graecum qu'il reçut des Romains indique son ancienne existence en Grèce. Il y était en effet généralement cultivé pour la nourriure des animaux de labour (3). Son nom primitif de bouktros fut dans la suite du temps changé en celui de têlis y auquel fut attaché une espèce de superstition que Suidas rapporte (4). Si cette superstition a été communiquée aux Grecs

par

(1) Arist. hist. auim. L. 8, c 8; Geopou. L. îtf?cj i.

(2) Arist hist. auim. L- 8 F c. 8: Geopou. L. iS , c. t. ' (3) Tbeoph. hisL *

(4) Diosc hist plant, Geopou. L. 1 2 . c. 1 \ S indus roce télis.

par les peuples orientaux;; on pourrait soupçonner qu'elle a été le motif qui en fit employer la graine pendant le siège de Jotapat (i).

Une autre plante légurnineuse que les Grecs ont cultivée est la luzerne, le nom de mediké qu'ils lui donnaient , prouve qu'ils l'avaient reçue de la Médie , le témoignage des anciens lè confirme (2). Son introduction en Grèce ne devait pas être ancienne lorsque Aristote a vécu % caF il a eu con-* tr'elle les préventions qu'on a fréquemment contre les choses nouvelles, il l'accuse- dè diminuer le lait des animaux qui s'en nourrissent (3); Théophraste qui lui a succédé en a une opinion différente, il en parle* comme d'un fourrage très- utile , et concilie de la couper fréquemment pour la rentife encore meilleure (4)> les auteurs plus modernes en louent encore davantage les qualités (5).

A ' tr

(1) Jos. bell. juclaic. L. 3, c. 9.

(2) PluL hiiL. nat L, 18 vc. 43. . j , ,

(3) Anst. hist. anini. L. 3 , c. 21.

(4) Theoph. hiçt. plant, L. 8, <£ 7j de caus plaut* L. a, c. 20.

(5) Diosc. !i i st. pUut. L.,2, c. T41) Geopûu. 17, <s 8..

. Une, trpi^*TO, R^M^e fyecs ont cultivée , mais plus, tard , -çstle cityse kf iisos f Ar&ote,iU ^hé9|||^ske..99|wl.ont.parléi.

à- moins que ce ûe Wt Je Mhutfia* < 4QI* parle le dernier , qui était .cultivé dans l'ile . 4e LipayTi, et fournissait une excellente nour. uture pour les brebis (i). II paraît que ce

fourrage a, été, Tol)jeti engpuemenl mot mentant Pline a emprunté tout ce qu'iji cg;ia dit des .écrits d'AristoiQaçbe ,, agiçr n<#ne ^tl^nien, qjii en fait un éloge exar géré;(3>> mais il parait que l'expérience n y ^ P^i répondu» puisque sa culture a cessé ensuite, il en est cependant dit quelques mots dans.U c»mpilation^Géoponiquef (3), Le peu de renseign^mens.^on a suj; pette plante rend incertain laquelle ce peut être; un frès-grand nombre j4e.«e#^ M ,$ysea, etc.de ces climats, fournissent un très-bon aliment aux animaux pendant qu'Us sop* jeunes , l'opinion cependant ^ plus, w semblable est que c'était la Luzerne eu arbre Medicago arborea L.

0) Thfsoph. List pi«m. L. 3, ç. 17. . ...

(a) PL hi»t L. i3,c *7« (3) Gtopon. L. x7, c. 7,

Les Grec* nWtk pas Ï6»nti te^ dîff^^ntes espèces de ^îirfbîft et de* trèfle dent les modernes on* litfé dt^iris un & grand part^ Homère parte M bien dè cé dernier sous le nom de /d/os comme d'un fourrage agréable aux bestiaux , mais c'est la plante sauvage dans les prés ^u'il désigne (i); au temps oà Dioscotide écrivait , il notait pas encore entré dans les cultures (a)/' Lorsque j'ai iraké des peuples du nord fait voir que ce sont eux qtii ont commencé * le cultiver tes anciens "èux-Bûrèmes Tont reeonna» puisqu'ils ont donnér aux Thraces le îioftt<*dë Lotoboskoi (3)* u '>* 'v M '<

: tâ Grèce > naturellement séché n'a eti d& pTâiriès^ufi pèïr étendues que dàfas ses ràon^ tannes* ' centrales , telles que l' Arcâdiè , là TKè&aîiêV la Macédoine, Tintérîeur de l'Épiré. t4)Lte reste de la Grèce fcomposé de «ïôfctagàes fcu élevées ët sans forêts* fi'àvait iFéàbx courantes que dés torreris en partie aféi^écriés pendant l'été, dès lôrs il y à^aft

; , , ff[T| , . , - *

(î) Hom.Od. L. 4, r. <«4 et passùn.

(a) Diosc Jaist. plant. tV4»«?ci»J f <? • *• -Y* •

(3) Hesych. voce Lotoboskoi. • » ' \ '•

(4) Paus. in Àrci ■ . ! . '• - t

peu dé prairies, là la chèvre remplaçait la vache pour le laitage, et l'âne le cheval, qui ^1 us consommateur était un animal de luxe. On amassait des feuillages d arbres et d'arbustes vers la fin de l'été (i), ils suppléaient au peu de foin qu'on pouvait récolter. Aussi les agronomes grecs, ceux du moins dont les écrits sont parvenus jusqu'à nous , parlent très- peu de la direction des prairies; on voit par leur silence qu'elles occupaient bien moins les Grecs que les autres cultures. Hésiode ne parle de récolte d'herbes qu'à une époque où déjà la . moisson est terminée , et le blé rentré dans les greniers ; ce né serait pas l'époque où des prairies seraient fauchées surtout sous ce climat (2). Homère en un seul endroit de ses poèmes parle de la récolte du foin comme d'un travail du printemps (3 j : mais ni Théophraste , ni Aristote , ni Xénophon n'en ont parlé , preuve du peu d'intérêt qu'ils y ont pris , puisqu'il» n'ont pas cru nécessaire de donner aucune direction sur le meilleur parti à en tirer. Ces .

(1) Hes. op. et dies L. a, t. 224.

(2) " Hes. op. et dies L. a , v. 2 2.4.

(3) Hora. Od. L. 18, v. 367.. i

flifférens auteurs ont eu principalement envue l'Attique, pays sec où manquaient les prairies. L'eau y é^ajt si rare qu'une loi a fixé la quantité d'eau qu'on pouvait permettre de puiser à un pu ifs commun lors** qu'on en était à plus d'un rayon déterrai* né (i), afin de . les décider par cette entrave à se creuser un puits plus è » portée. En traitant plus bas des animaux domestiques nous verrons les procèdes .qu'em*ployaient les Grecs pour les nourrir.

£ £jf> asdawri b *JJ&a&9 rahiNBM1|ti|tr%M^H Des plantes utiles pour les arts.

Les Grecs n'ayant aucune manufacture, et ne considérant les arts, que comme une industrie des individus qui les dégradait dans, l'opinion , et même dans l'ordre social , la culture des plantes économiques dont les arts consomment les produits, n'avait aucun encouragement. L'olivier fournissait aux besoins de la consommation , et mcme un excédent pour le commerce; aussi n'avaieht-ils besoin comme aliment d'aucune plante à huile, et leurs qualités différentes

(i) Meurs. Op. T. 2 , p. iro.

qui les «rendent utiles pour les arts ne leur donnait aucun prix. S'ils pnt cultivé un peu de sesame c'est pour la consommation comme aliment, plutôt de fantaisie que de première nécessité (i), et il serait possible que son introduction ait suivi celle des cérémonie* religieuses ou; il devait figurer; on en composait des gâteaux de la forme emblématir que du lingam qui figuraient dans les mystères de Cérès, soit en Sicile, soit à Eleusis (2) ; ' «cependant il en est déjà parié dans Jes poésies d'Homère (3) , mais rien ne prouve qu'elles soif t antérieures aux cultes çlontnoua venons de parler; sou usage est encore trèsrépandu dans tout l'Orient , la Grèce et l'Italie méridionale comme aliment de fantaisie. Le pavot non plus n'était cultivé que comme aliment , sa graine servait aux mêmes usages que celle de sesame (4), a l'exception de son emploi aux cérémonies religieuses (5). Dioscoride parle de quelques ■ ■ 1 * * * * - **- * '''*"*

(1) Gai. atini. facutt. L. i , c. 37.

(2) Ath. dcipn. L. 14; CUm. Aie*. adœ«H. a<l fente*;

Sj.ud. voce Thalimala.

(3) Hom. Batrach. f. 3é.

(4) Gai- nlim. facnlt. L. i, e. 38.

(5) Ath. Jeipn. L. 14; Hwych. Tpçe Anth-«l*lnik} D^ic. - jjist. pltnf. I4. 4» C. 65.

plantés à liufte , nfôis comme ii ne dit pas qu'elles fussent cultivées parles Grecs, H est davantage probable qu'il k les aura observée* ën Egypte, où, dès lesr temps les plus anciens ; on avait suppléé à l'olivier qui lui manquait par d'autres cultures

La culture du lin remonte chez les Grecs aux temps les plus reculés, il est déjà parlé de son emploi dans les poèmes d'Homère , il y fait mention de cuirasses tissues en lin (2), Ulisse en était vétu (3) t les cordes de leurs instrumens étaient de fil, ce qui indique une granae penecnon aans 1a mature, et elles font restées de cette nature jusqu'au jroment où les cordes de boyau out été in ventées." Il' *st certain que "les Grecs, les Athéniens surtout (4), ont fait dans tous les temps un beaucoup plus grand usage des toiles- pour leurs vêtemens que les' Romains à qui leur emploi est longtemps resté étranger, son emploi y remonte à des t 1 . , , , , ■

. (1) Djosc. last. plant, h* 1 , t» 43 , 46 et 47} L. 4 , c.

, .... '*. * • '.*',"«>-' " ÎL . V " V'K H 1 *" s'( •

(2) Hom. II. L. 2, v. 3«.

(3) Hom. Od. t. 4*6.

,<<) Thu+ UiL L. .<•*.*, .

>5 i^ifA* 1 »A

époques reculées (0. Hs employaient aussi beaucoup de lin pour la voilure de leur marine, pour la fabrication des filets à pécher (2), ainsi que pour la corderie (3), quoiqu'ils y suppléassent avec des écorce^ d arbres ( 4 ) , avec des joncs et du papyrus (5), et peut-être aussi avec des genêts (G) ; mais ils n'ont pas connu le spart dont le premier emploi est du aux Carthaginois (7). Il est vraisemblable que, la quantité- nécessaire pour, leur consommation n'était pas fournie- uniquement par leur agjrç* culture, car alors la culture du lin aurais occupé une étendge trop considérable .d'à* près leur mauvais système d'aménagement des terres, maisk ..qu'une portion, étajt importée par le commerce; c'était aussi i'opir mon de Barthélémy (8);,,^, elle est d'au-

<o aw?d. L. I, C. 6.

(2) Plut. caus. uat. § io.

(3) Rom. II. t. rj , v. 487;

f0 Tlieoph. liiit. ptnnt. L. 4,0. i3, L. 5 , c. 8; Hcsych. yoze Kerasns.

(5) Hoin. Od. L. 2r, v. 3$o; II. L. 2, v. i35; Uerod. h-

ft c *5. » " :r . i v<

(6) TbcapI». hist. plant, t,. t , c. 8.

(7) M. hist. nat. L. t9, c. 2; L. 24, |ç. 40»

(8) Barth. Anach. efi. 37.

tant phjs fondée que le lin ayant besoin d'un sol très-substanciel ( i ) ne convenait qu'à certains cantons privilégiés, tels que* l'Élide (2). Les Grecs avaient déjà le Dre-* jugé que cette plante se métamorphosait en ivraie (3). L'usage de sa graine pour l'huile qu'elle contient leur a été inconnu, ils l'ont employé comme aliment , mais de fantaisie, il en est de même de celle du chanvre dont Galien dit qu'on faisait usage pouu les desserts 00- Cette dernière plante a été cultivée beaucoup plus tard; Hérodote n'en parle .que comme étant employé par les peu-* pies du nord, tant pour la filasse dont.iU fabriquaient des toiles que comme substance énivrante (5): il est à remarquer que 0$ dernier usage ait cessé dans le nord, et soit de nos jours commun dans l'orient et jusque* dans l'Inde : un savant moderne vient de prouver par d'heureuses conjectures que les assassins de Syrie tiraient leur nom de l'emploi de cette plante el açhiçh. Il n'est

(1) Theopb. de caus. plant. L. 4 , c- G.

(1) Paus. ia El.

(3) Xlieoph. de caus. plant. L. 2 , c. 21,

(4) Cal. alim. fucult. 1 , Cl 3g e.-4i, (rj) llcrod. L. 4 , c. 75.

fait aucune mention du chanvre4 dans leg écrits de Théophraste et des autres économistes grecs anciens : la première qui ensoifc faite après Hérodote est par Ephippus, auteur de la moyenne comédie qui en cite la graine au nombre des mets de desserts (O, mai* ce n'est pas une preuve certaine qu'il .fut cultivé , puisque ses graines pouvaient avoir été importées par le commerce. Pa usa nias dit à la vérité qu'il était cultivé de son temps dans i'Elide , mais il ne dit pas si son introduction y était ancienne (2). Dioscoride dit bien que cette plante fournit une jejçceVr lente filasse, bonne surtout pour la cor^e* rie, mais il ne dit pas si elle était cultivée dans la Grèce (3). La mention qui est faite dans les lois rhodiennes des cordages de chanvre ne fournit aucune donnée de plus, puisque Rhodes , ville de commerce , pouvait les recevoir des autres nations (4). Rien, par conséquent, du moins dans les faits venus à ma connaissance, ne nous instruit de l'époque où les Grecs en ont adopté la

(1) Ath. deipn. h. 14.

(2) Pans, in El.

(3) Diosc. liist. plant. L. 3, c. 148.

(4) Diog. § 2, 19 et passiin.

eiiltu*€. Une assertion de M. dè M/aë'SSîritéi croix m'a tenu un moment en suspens, et tendait à faire penser que sa culture était anciènne , c'est lorsque appuyé du témoignage de Quinte Curce , i! dit que les Phénicien* jetèrent de bonne heure les yeux sur l'Ile de Chypre à cause des chanvres qu'elle produisait (r); mais Quinte Curce parle seulement de filasse stuppa (2) , or cette expression ^ague n est pas exclusivement consacrée au chanvre, on la trouve même quelquefois distinguée comme dans le passage cité eii note (3).

La culture du coton n'a pénétré que beaucoup plus tard dans la Grèce, et tong-temp* encore' après Pline elle était concentrée en Egypte Op. Mais une autre plante était cultivée dantf les champs fertiles de l'Élide, c'est le bySsus. Pausanias dit qu'on lui con~ scierai* les niâmes terres qu au cnanvre ce âu lin , quitté fil qu'on en lirait étâit dtall faune' moins intense que celui récolté et*

<l) Saiiite-croU Etat des auc. Cpl. sect. I, p. iof (a) Quint. Cnrt. Exp. Alex. t. lé. c 1.

(3) Grœci inagis canabo et Huppa cœterisque «tfftMp rebut quibus spaita appellabant. Anlug. noct att. h. IJ* C

(4) P«ll. ouom. L. 7, c. 17.

Judée X i ) > et que les femmes de Patrae gagnaient leur vie à en former des tissus Pline parle aussi de ce hyssus et du prix élevé auquel ses tissus étaient payés, on voit qu'il, a pujsé ce qu'il en dit dans les écrits des Grecs, et il parle aussi de la couleur plus, animée de celui de Judée (3). Les opinions, ont beaucoup varié sur ce que pouvait être ce byssus, les uns ont cru que c'était le coton , d'autres l'apocin , d'autres le bl le plus fin du lin, mais la couleur et le prix s'y opposent: d'autres ont pensé que c'était la soie, mais Pline dit positivement que C'est le produit d'une plante , et qu'il ne faut pas le confondre avec la soie qui vient du pays des Sères (4)- «J'ai déjà proposé ailleurs une autre opinion , c'est^ que le byssus était les filamens quelquefois colorés qui accompagnent le collet de quelques plantes vivaces dans leur état adulte, le temps que là plante devait occuper le terrain , et le peu que chaque pied en pouvait

(i) Paus. iû El. c. 5 et 26.

<a) Paus. in Ach. c. 21.

(3) Pl. List. nat. L. 19, c. 4*

(4) Pi! ibid.

prodaitfealotiwnt le prix élevé où il étaitti'H Il parait que c'atràë la même planté don* Mim â parlé dans un autre endroit dé compilation sous le nom à'acahthionl àùÂi on «tirait, dit-il i un duvet dont on fàbiâ*

quait des vètemens senioJaBlés à CCtrx tle k soip: (a)l II n'est- pas surprenant d'après la t^èïftpdèat if thwrifflait que la même plante paraisse- sotis deux noms différens dans ses écrits , ils 'en offrent de fréquens «temples/ Qiïarit- ï 4*éspèee de plante ^ûe peut-être cet acanthion qui produisait le hfie* strayrfB7îlSgnoré entièrement, et cette* cûîturc a été abandonnée depuis , car aucun aw$eu*Kplii£ «*oderiHè n'en a fait mention. Ottial^be aussi i'époqué où cette ^ttuté^A été portée en ÉUde \ Pàusanias à jièaftM contemporain de fcline ne fourni aHëttna donnée à cé Sujet; à cette époque la Grèce ej? bradée étaient «oinnUes *** Romains-, i efewl«fehftieiiltore peu t très-bien awif pftt* de l>«nqde cea-paya^ l'autel, par l*W^jil^ rapports qui naissaient de la domination commune: on serait disposé à \ë croire si

,(t) Rev.PhUos. an.XH.#°. ir, ^ » .

(a) PL Util u»t. L. 4, c ^7. J * '

le nom grec acanthion n'indiquait pas que cette plante était cultivée en des lieux où cette langue était parlée, mais au contraire le nom byssus venait du mot hébreu*: but z , ainsi la chose reste indécise (i)*

Les Grecs n'ayant pas eu de manu Tact tures, la teinturerie a moins été que le. tissage un art industriel , et il parait qu'aucune plante colorante n'a été un objet de grande culture; chaque famille en avait, on la trouvait chez ses voisins; souvent on employait des plantes sauvages. Aussi ne voit-on pas qu'il soit fait mention,, d'aucune comme objet de grande culture, il n'en est fait aucune mention dans les écrits de leurs économistes qui sont parvenus jusqu'à nous ; il est dit seulement qu'ils cultivaient la garance, mais sans dire si elle l'était comme objet de spéculation , ou pour l'utilité personnelle (2); ils connaissaient et cultivaient aussi la pastel (3) : c'est dans les procédés , usités encore par les peuples de la Grèce

(0 Rev. Philos, an. ^ ... v , . , /

(1) Tbeoph. hist plant. L. 7, c. 9, L. 9, c. i3j Djosc. hist plant. L. 1, c. 143.

(3) Dio*c hist. plant. L« a , * i9o.; ui

qu'on pourrait observer les tracés de cet art chez leurs ancêtres , actuellement encore la teinturerie est un art domestique, chaque femme- y prépaie les teintures qui lui sont nécessaires , même les nuances variées qu'exL gent les broderies (1). 11 y a eu cependant chez les anciens quelques écrits sur cet art, un ouvrage surtout de Paxamus a été cité, les autres ouvrages de cet auteur tels que *on cuisinier grec, son dodekatechnon ne peuvent pas en faire espérer des recherches bien savantes, mais il est à regretter parce qu'il aurait au moins fait connaître les procédés domestiques et populaires intéressant a connaître à cause de leurs rapports avec 1 économie publique.

Considérations générales sur les arbres et

leur culture.

Empédocle disait que les arbres étaient des êtres organisés qui portaient leurs œufs au bout de leurs branches (2) ; Ariaragoreà, également ancien, pensait que les principes

(t) Olhr. toj. T. x9 ci 6t p. ■ •-{•'/

(a) Thtoph. de caut. plant. L. i , c*

de toute végétation étaient dans l'atmosphère i

et que les pluies les déposaient dans la terie (» ^; malheureusement les écrits de ces deux anciens philosophes sont perdus, ils paraissent avoir eu des notions plus claires sur la nature que ceux qui leur ont succédé. L'arbre sauvage dit Théophraste est plus vigoureux , sa durée est plus longue, l'homme en le modifiant par la culture a abrégé son existence (2), il a même diminuésa force générative quoique ses fruits aient augmenté de volume (3), et la nature tend tellement à retourner vers son type primitif que les graines du plus grand nombre des variétés de culture produisent des individus plus rapprochés de la nature sauvage (4). Des transplantations réitérées en affaiblissant l'arbre pouvaient en améliorer le fruit (5) , mais

le

(1) Theoph, hist plant L. 3, c. a.

(l) Theoph. hist plant. L. 4, C. f 4*

(3) Theoph,. fle caus. plant. L. i , c. 18 et a5 ; L. », c. 19 Arist de plant L, 1 , c. 4.

(4) Àrist. de plan*. L. 1 , c. S ; Theoph. hist. plant L. t ,

(5) Theoph. hist. L. 2 , c. 3.

le moyen le »plus assuré était la greffe ( i ) , it en est déjà fait mention dans les poésies d'Hésiode (2); lWtgit*e de sa découverte se perd dans la nuit des temps, aucun écrivain n'a essayé/ de fixer une époque à sa découverte, li est à remarquer que les Grecs ne la considéraient pas comme une modification que recevaient l'arbre, mais bien comtsè itf tte*>eapôce de plantation d'un arbre sur un autre qui n'en changeait pas ia nature <3). H est encore à remarquer que les anciens ont conseillé l'analogie du sujet à la greffe comme une condition essentielle a leur succès (4) » ce n'est que plus tard , dans les temps de leur décadence, et sous la dor mination des Romains , qu'ils ont à leur imitation essayé les alliances monstrueuses qu'on itrouve proposées dans les écrits de ces époques ( 5 ). Les Grecs ont connu les principales méthodes de greffer, celles en fente et en écusson étalent les plus généra -

■ v(0 Thedph. bist. L.*9f. %\ :i< .: . ;: f\,;VM;

(i] Hts, op. et dies L. r. ij. j. ' '

(3) Tneoph. de caus. plant. L. a , c. rj y L. 5 , c 5. :

(4) Theopb. de eau*, plai* L, AriiL de pJant. L. i , c. 6. - ,

(â> Geopon. L. 20, c.ao.c, 7$ etp..

lemen t adoptées ( i ) ; il* avaient aussi celles

en couronne et par approche (2): l'espèce de greffe à employer et l'époque de la faire dépendaient de la nature des arbres, et aussi celle du sol et du climat ; ainsi dans les lieux et climats humides l'automne était préférable au printemps, où un excès de sève devenait souvent nuisible (3). Quelques arbres tenaient tellement aux localités qu'il était difficile de les acclimater ailleurs, et même de les soumettre à la culture (4) ; mais le plus grand nombre oppose moins de résistance , il suffit d'en faciliter le déplacement par une culture convenable (5). Il y a aussi des différences dans leur rapprochement entr'eux, quelques-uns entremêlent leurs racines sans se nuire , d'autres ne peuvent pas croître ensemble sans qu'ils en souffrent , au nombre des premiers sont les grenadiers , les myrthes et l'olivier ; le vulgaire y voyait des sympathies et des antipathies, Théo-

(i) Teoph. de caus. plant. L. t , c. 6 et 7. (1) Theoph. de cous, plant. L. 5 , c. 5 ; Clem. Alex. Strom. L. S.

(3) Theoph. de caus. plant. L. 1 , c. 7. '

(4) Theoph. hist. plant. L. 4, c. 1 et 4.

(5) Theoph. lût. pUnt. L. 4, c 1 et 4.

phraste l'eXpliqae par l'organisation de km*» racines (i); Ponr toutes le» plantations d'ar-

ores ii laiiaii iaire ies iosses a i avance pour que la terre y reçut l'impression des élément (2), et en proportionner la profondeur et la distance des autres arbres à la nature pivotante ou traçante de leurs racines (3).

fixé la distance où un arbre deyaitêtre placé de la propriété voisine d'après- son espèce i la différence allait de cinq à neuf pieds (4>, les racines devaient être ménagées le plus possible, n'emputant que les chevelus (5), et il est à remarquer que dès ces temps-là existait 1 opinion à laquelle plusieurs agronomes sont encore attachés , *ju'il fallait orienter le plant de la raème; -manière qu'il l'avait été auparavant (6). L'opinion variait sur l'époque la plus convenable pour planter,

(1) Thcoph. de caus. plaut L. S, C. 8 et t5.

(2) Theoph. de caus. plant L. 3, c. 6; hist plant L. a,

(3) Theoph. de eau*, plant L. 3 , c. 5 a tf.

<4) Plut in Sol. 1 • (5) Theoph. de caus. pl. L. 3» C II. (6) Thtoph. hist plant L. i , c 7.

les mis préféraient le printemps (i), d'autres, et c'est l'avisdeThéophraste, aimaient

mieux l'automne, parce que la végétation souterraine n'étant jamais entièrement suspendue l'hiver, les arbres avaient le temps de lier leurs racines au sol avant le développement de la sève printannière (2): on avait cependant observé en Laconie où ce procédé était usité, qu'il exposait souvent aux gelées le jeune plant que sa plantation nouvelle rend plus sensible au froid (3).

* Un terrain trop substanciel faisait développer le bois aux dépends des fruits , et ce défaut était plus commun aux arbres encore jeunes, on corrigeait ce défaut soit par des scarifications , soit en amputant quelques racines (4)» mais les Grecs ont ignoré les moyens de diriger leurs arbres par une taille raisonnée ; suivant Théophraste , à l'exception de 4a vigne -qu'il faut iatHer chaque année, les arbres fruitiers ne doivent l'être

(1) Arist. de plauL L. I, C 7; Theoph. de caus. plant. L . 3 y c* 3»

(2) Theoph. de caus. plant, L. I , C, l3.

(3) Theoph. de caus. plant. L. 3, c. 3 et 4*

(4) Theoph. de caus. L. 5 , c. iS, ai et 23; h ut. pleut. L. i , c. ai et 22, L. 2, c. $ et i$.

que tous les deux ans, et cette taille telle qu'il la décrit n'est qu'un simple émondage destiné à enlever le bois mort et les bran«n ches trop confuses qui gênent la libre circulation de l'air (*). C'est en grande partie à cette cause qu'il faut attribuer la périodicité de leurs récoltes, qui n'avaient lieu que de deux années Tune ; parce qu'ils n'avaient pas trouvé l'art de s'assurer par la taille des récoltes annuelles (2): ils avaient soin de tailler l'arbre dans sa jeunesse de manière à lui donner une forme qui facilite la multiplication des fruits , et en même temps leur récolte (3), mais rien n'indique qu'ils les aient autant tourmenté pour leur faire prendre des formes artificielles que l'ont fait lei modernes, il paraît qu'ils se bornaient a les évaser pour que toutes les parties reçussent l'action des élémens, et qu'aucune, autant que possible, ne nuise à l'autre , sans ployer lis branches aux formes artificielles d'espaliers, de quenouilles , etc., qui ont été ima-

(1) Theoph, de caus. plant. L. 3 , c. a et 9* (a) Arist. de plant. L. 1 » c. 7 5 Theoph. de caos, plant L« *, c. 24.

(3) Theoph. de caus, plant. L. 3 , c. 9.

ginées «nauite. Tout ce qui précède sur les arbres en général contient des notions saines et des observations justes auxquelles les modernes ont ajouté' peu de choses. Nous jetterons un coup-d'œil -également rapide sur les principaux arbres que les Grecs ont cultivés, *W)(W iui> . .

De V olivier.

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L'olivier doit être mis an premier rang. Soit par un motif raisonné, ou par un concours de circonstances, il esti devenu un arbre sacré pour le£ Athéniens, l'ont-ils consacré à Minerve à cause de son utilité, ou F ont-ils regardé comme 'tel' par^ce qu'il était déjà consacré à cette déesse lorsqu'ils en ont adopté le culte? c'est ce qu'on ignore; mais ils avaient dans leur citadelle l'olivier éter-* nel qu'elle avait, disait-on, fait sortir de la terre (i); d'autres plantations de cet arbre lui étaient aussi spécialement consacrées, des peines sévères dont la prononciation était réservée à l'aréopage , les garantissaient autant que l'opinion (2) ; on donnait de l'huile

(1) Pans, in Cor. c. i , in Att. c. 24 et 26 ; Herod. L, 8 , c. 55: Cic. de leg. t». 1.

<a) Lys. in Areop.

qu'ils produisaient aux vainqueurs* dans les fêtes panathénées (i). L'olivier devenu sacré dans l'opinion servit aussi à couronner le vainqueur daas les fêtes olimpiques (2): une branche dans les mains d'un suppliant paraissait lui obtenir plus aisément ce qu'il demandait (3) ; c'est sans doute aussi par suite de la même opinion, qu'à l'époque où H fut accordé un mérite au célibat, on imagina que la chasteté du cultivateur assurait les - produits de cet arbre (4)» On a prétendu que Cécroptf en avait apporté la culture de l'Egypte -(5), le fait de son importation de l'Egypte n'ftst nullement probable, car ce pays, où des* inondations annuelles apportent la fertilité, ne convient pas à la culture de cet arbre (6); quant à Cécrops nous avons déjà vu l'opinion qu'il faut s'en former. Une assertion non moins fausse mais plus extraordinaire est celle de Pausanias, qui le prétend apporté

(1) Suid. voce MoriaiS

(2) Paus. in El. c. 7 5 Suidas voce Kotinû.

(3) Htrod. L. 5 , c. S ; Suid. voce ikeiiria.

(4) Geopon. L. 9, c. 1 j PaU. EcouJ L. 1 , c. 6\

(5) Barth. Anach. intr. part. 1.

(6) Theoph. caus. plut. L. S, c. 1»; Str. geogr, L. i*t

par Hercule dur pays des Hyperboréens (i).

Mais ni Homère ni Hésiode ne disent rien de cette introduction , l'olivier parait dans leurs poèmes comme anciennement lié aux usages du pays , puisqu'ils n'en parlent pas comme d'un bienfait nouveau* On fabriquait l'huile dans la maison d'Ulysse au moment de son retour (2), on l'employait dès ces temps reculés à en frotter le corps (3) ; Hé-* siode peint la jeune vierge qui , ointe d'huile , dans les appartement de sa mère ne craint pas les rigueurs de l'hiver (4). L'usage de ees onctions s'est conservé, long-temps, et n'a cessé qu'avec l'extension' de l'usage dq linge; non seulement on s'en frottait après le bain, mais on en aspergeait ceux qu'on voulait honorer , comme ceux quon invitait à des repas * et ces, huiles étaient ordinairement parfumées (5). Une fenlme en versa sur les pieds de Christ, dit l'Evangile (6)» et d'après la remarque de Clément d'Alexan-

(1) Paus. iu l'A.

(2) Hoia. Od. L. 20, v. 108.

(3) Hom. Il L. 14, v. 17:.

(4) Hes. Gp. et dieg L. s , v. 1 40.

(5) AU. deirm. i^. i5.

(6) Luc. c. 7.

drie , cela prouvait que la religion chrétienne devait faire le tour du monde (i).

Les institutions et les lois tendaient à multiplier l'olivier dans l'Attique. Tandis que des prohibitions empêchaient la sortie des autres denrées , l'huile n'était assujettie qu'à un simple droit de sortie (2), il était défendu d'en arracher plus de deux pieds chaque année , par propriété ; une amende de deux-cents drachmes , dont moitié pour le dénonciateur t était prononcée pour chaque arbre qui excédait ce nombre, et le dixième en était consacré à la déesse protectrice (3). On trouve peu de choses à remarquer dans ce que les anciens ont dit de la culture de cet arbre, ils se procuraient des sujets à greffer par des semis et si on peut

ajouter foi à une citation d'Hésiode faite par Pline, ce fut la plus ancienne, puisque le

(1) Clem. Alex. Pœd. L- z, c. 8.

(2) Plut, in Sol. Une exception unique «tait faite à cette défense d'exportation pour l'huile accordée comme récompense aux vainqueurs- dans les Panathénées- (Meurs, op. T-

a» p- 57i. I .«jvv» ^ ;

(3) Demos th. in Macatt. Poli «rtoiorfa fi, c. {. 7 ' >

(4) Theoph. da caus. L. a, c. 7; Ans*, de pluai. L, t,

cultivateur ne pouvait pas voir le fruit de l'arbre qu'il plantait ( i ); mais cette méthode un peu lente ne fut pas la seule employée , et Théophraste fait la remarque bien juste que peu d'arbres se prêtent autant à tous les moyens de multiplication (2j. Les boutures, méthode aussi prompte que communément employée (3) , étaient ordinairement élevées <en pépinières (4)- On formait souvent l'arbre en buisson , mais ce n'était pas une pratique générale , plusieurs trouvaient que ces troncs tourmentés étaient plus exposés à prendre des loupes ou broussins (5). Plusieurs maladies attaquaient cet arbre et nuisaient à ses produits, les in-* tcmpéries des saisons et les insectes y nuisaient également , les uns attaquaient la fleur, ils étaient plus communs dans les colonies d'Asie (6), d'autres le fruit (7); il faut sur-

(1) Pl. hist. nat. L. i5, c. i.

••■<») Theoph. hist plant. -L. ^rrr T-fàe-vm*. plant. L. t ,

|l (3) Xeu, Econ. L. 3, c. 10 y Geopon. L. 9 , c. S ei .7. < ••>..% (4) Geop. L. 9tc«5. > » .«-,4 i^i . - .c (a) Tbeopfc. hist. ptaflt. I». I , *« 5 et».ï3. .

(7) Theoph. hist. plant. L. .4» Ccl7« '

tout distinguer la Psylle de l'olivier dont Théophraste indique les effets comme une maladie sous le nom A'araclinion (i), qui exprime la même idée que le mot coton qu'emploient les cultivateurs de la France méridionale (2). Il n'est pas fait mention dans les écrits des anciens du kermès, qui dans les temps modernes fait de si grands ravages, à moins que ce ne soit le bichon dont a parié Théophraste (3). Aucune mesure fiscale, ni entrave, ne gênait la récolte des olives, chacun la faisait lorsqu'il le jugeait convenable, du moins on ne voit aucune trace de réglemens qui le défendent. On connaissait la qualité de tfhuile récoltée avant la maturité du fruit, soit pour la consommation , soit pour la préparation des parfums les plus précieux , mais son prix l'excluait de l'usage ordinaire (4). La plus forte portion était récoltée à .la maturité, alors la facilité avec laquelle elles quittaient

(1) Theoph. hi§t plant L. 4 , c. 17 ; de cafcs. plant U 5 ,

(2) R02. Dtct. d'ajr» art *Ufierrda. **0 uli ... .u«rf (A

(3) Théo pli. de eau s. plant. L. 5, c. 11/ H ^ >

(4) Theoph. de eaus. plant, L,. 6 , c n? Atiiem. deipa. L. 2; Geopon. L, fr, c in; Dioscor. 1 fc c 13. - 1

l'arbre - diminuait le besoin de les abattre avec des gaules dont les coups nuisaient toujours à la récolte suivante , ce qui était une des cause* de l'alternement des récoltes (i). ^.opinion qu'en tenant les olives entassées pendant un temps plus ou moins long augmente chez elles la quantité de l'huile , était très-répandue chez les Grecs (s), la pre-, raière. huile qui s'écoulait par une légère pression était la plus estimée (3). On n'a aucune donnée sur la forme du ; pressoir r ni sur cells des meules, à écraser le^plivesi Homère les fait mouvoir par des eacjayes du se**, ce qui indiquent de petites dimeifsionsiûonvenables à leur* forces (4).

^ t»r/r*fw v*mjrtfcDK v.t

Bz la vigix.

La culture des vignes Temonte aux époques les plus reculées clans la Grèce , Hésiode en a déjà donné des préceptes de culture (5) , maïs il parait que dans tous les

(i> Tfwoph. toofo U.-i^kq rt ét Gtopo*.

(z) Tbeoph. de c**. plant? L;*, ** (3) Hcsycb. yoce kro*pe%ot*n4n**i *' *»

£5) Hw. o|fc d âfes L. *; t. i«8 ci m*

temps la qualité des vins des îles a été préférable , cai" ce sont les seuls et ceux de la Thrace dont Homère ait fait mention (i>, et ce sont aus^i ceux dont les auteurs plus modernes font particulièrement l'éloge (2). Une remarque essentielle à faire, c'est que1 depuis les plus anciens auteurs qui en ont parlé, tels qu'Hésiode et Homère (3), jusqu'à ceux des temps les plus modernes de la Grèce ancienne (4) ? *ous ne parlent que de la culture des vignes basses, tandis qu'au contraire , chez lés Romains, la culture des vignes élevées sur des arbres" ou sur deà palissade^ se lie à lej*rs époques lès plus anciennes. Et cette différence est tellement tranchée, que de nos jours «ncorê , on poui> rait juger par la méthode de culture de la vigne, lequel de ces deux peuples Ta introduite , partout où ce sont les Romains elle, est exhaussée, là où ce sont les Grecs elU ést basse. Théophraste dans le cours de tous

(1) Hom. II. L. 7, H 4*7 ett«j. V <*e - 4 j • (a) Ath. deipu. L. i «t t ; jEI. vàr, httt. L. *Vt c. 8* i Str. geogr. h. 14; Clcm. ÀlerJPdrtty?. L: a,'C. », fM *>

(3) Hes. asp. r. ; «Hom. H. L; 18 , >i*

(4) X en. Econ. 1 Uoph. de caarptort; L. a , c. ik p Geopou . L. 5, 17 ; Hcsych. yôce kumatd; '«-'-,' -j ; '•' •

ses ouvrages ne parle qu'en un seul lieu

des vignes exhaussées , et ce sont des pieds isolés qui se sont élancés sur des figuiers dont il y est question , se serait-il limité à • ces exemples s'il avait connu des vignes cultivées de cette manière (i). L'usage général était d^ les placer en lignes parallèles, puisque Théophraste se sert de cette comparaison pour faire connaître la culture du cotonnier dans la Bactriane (2) , mais il paraît qu'on s'écartait aussi quelquefois de cette régularité , on peut le conclure d'une comparaison qui se trouve dans les écrits d'Aristote (3)» Le choix des localités influait sur celui des variétés; une terre légère, sabloneuse même et assez humide pour que l'herbe put aisément la transformer en prairie , et par conséquent, dans la plaine, où faiblement inclinée, était celle qu'ils préféraient pour cette culture (4) ; de nos jours encore ce sont ceux où on la cultive avec le plus de succès (5) ;

(x) Theoph. de caus. plant, L. 3, c tft J L. S , c. S.

(2) Theoph. hist. plaat. L. 4 f c. 3.

(3) Arist. Polit. L. fa Cil.

(4) Theoph. de caus. plaut. L. 2, c« 5; L. 3, C. 7 et ifc ; L. 4 » c. 12 ; hist. plant. L. 2 , C. 7.

(5) Oliy* \oj. L. 2» c 4?

à défaut de celuMà ils y consacraient des coteaux [voisins de la mer dont les abondantes évaporations lui fournissaient l'humidité suffisante, niais on choisissait pour ces sites les variétés dont le bois était le plus solide (i), et un des inconvéniens 'de ces positions était le peu de durée qu'y avaient les vignes, dont l'existence était en quelque sorte accélérée par l'excessive chaleur (2). Cette manière de voir était nécessairement locale, et conviendrait peu aux vignobles des pays plus septentrionaux , c'est aussi par cette même considération du climat que Magon, agronome carthaginois, conseillait de placer les vignes à l'exposition du nord; c'est encore celle qu'on lui donne dans les environs d'Alexandrie en Egypte. Le nombre des variétés que les Grecs cultivaient était déjà très-multiplié, Théophraste pensait qu'il y en avait autant que de combinaisons possibles entre les climats et les terrains , dans leur nombre quelques-unes étaient presque cosmopolites, s'accoutumant aux ] o-

(0 Theop. de eau*, plant. L. », c $; L. Z,)c.,r •* x«J Geopon. L. 5, c. 5. .

(2) Theoph. Iû«t. plant L. 4 , c. 14.

tions variées , tandis que d'autres étaient tellement identifiées avec les circonstances qui les avaient fait naître , qu'elles changeaient dès qu'on les en déplaçait (i): la greffe était connue comme un moyen de changer les variétés tdont la qualité ne paraissait pas convenable (2). Quant à la plantation première das vignes elle variait suivant les Ucalités, partout où le sol était humide on y creusait des fosses à l'avance; au contraire, dans les terrains secs et légers, on se bornait à faire un trou au moyen d'un pieu ferré, et on y insérait le jeune plant (3), c'est encore la méthode usitée dans plusieurs îles de l'archipel (4), on y employait de simples boutures, au lieu que dans les terres humides le plant enraciné était préférable (5), la méthode des marcottes désapprouvée par Théophraste (6; était

cependant

(1) Theoph. de caus. plant. L. 4, c. ta; Just. plaut. L. 2, c 7.

(*) Arist. de plant. L. r , c, 6'.

(3) Theoph. de btras. plant. L. 3, c. 18 ; hist. fiant: Ju. % » c 7.

(4) OKy. voy. T. 1, ch. i3.

(5) Theoph. de caus. plant. L. 3, o 17.

(6) Theoph. hU t. plant L . a , c. 7.

eependant usitée à cause de sa célérité (i). On évitait de donner des fumiers aux vigne* avant la quatrième année après leur plantation, et ils ne pouvaient être utiles que dans un sol humide (2). Une pratique remarquable était de la déchausser Tannée après la plantation, pour retrancher toutes les ra<cines superficielles qui empêchent les racines principales de pivoter , et exposent le plant à des maladies résultant des blessures qu'elles reçoivent parla culture (3) : on donnait deux cultures ordinairement à la vigne, Tune au premier printemps, l'autre aux approches de la floraison (4) ; Hésiode dit que ces travaux doivent être terminés lorsque la tortue commence à sortir (5), ces observations locales étaient entendues de tous dans un paye où cet animal étant commun , chacun connaissait ses habitudes* On deyait varier la taille suivant l'espèce du plant, la nature du sol et l'exposition , car tous n'ont pas la

(1) Gcopon. L. 4» c. 3.

(2) Theoph. de caus. plant. L. 3, c. x3 et 18.

(3) GeopoQ. L. 5, c 19; Theoph. hiat. plant. L. 4, ç. 16.

(4) Theoph. de caus. plant. L. 3, c. 18 et 21. (ô) Hes. op. e. dics L. a, t. 185.

même force pour nourrir leur fruit , et cha* cun d'eux ne l'a pas la même dans toutes les circonstances, laisser trop de bois a l'inconvénient d'épuiser , tailler trop court a, au contraire , celui de faire pousser en bois aux dépends des fruits (i), alors par un excès de sucs nutritifs elles devenaient stériles , ils disaient qu'elles imitaient les boucs tragân chez qui l'embonpoint diminue les forces reproductrices (2). Ils admettaient comme règle générale que les variétés qui avaient beaucoup de moelle devaient être taillées plus courtes et sur plusieurs branches, au lieu que celles qui en avaient peu devaient l'être sur moins de branches mais tenues plus longues (3) ; Hésiode conseillait de ne tailler qu'au printemps avec le retour des hirondelles (4)> cet usage a même continué à être ordonné par une mesure de police dans la Béotie sa patrie (5), on ignore les motifs qui ont put les faire adopter. Dans aucune

(t) Theoph. hist. plant. L. 4 , c. 14 «t 16 ; de caus. plant h. 1 9 c. 5.

(1) Arist. hist. anim. L. S , t. 14; Plat. caus. nat. $ 3o.

(3) Theoph. de caus. plant. L. 3, c. 19.

(4) Hes. op. et dics L. 2 , v. 188.

(5) Plat quant roman. $ 40.

autre partie de la Grèce la taille n'était gênée par des réglemens: on n'y employait la taille de printemps que dans les sols les plua humides , afin que la déperdition de la sève en corrigeât la surabondance (i), ou dans les sites froids où on avait à redouter les gelées (a), partout ailleurs on commençait à tailler dès la chute des feuilles (3). Les ébourgèohnemens qu'ils pratiquaient ne présentent aucune particularité remarquable j mais on doit remarquer un nouveau travail de la terré lorsque le raisin approchait de la ma* turité; la poussière qui en résultait et qui se répandait sur les fruits en facilitait la maturité , ils nommaient cette opération Upokonisès , excitation de la poussière , à causé de l'effet qu'ils en, attendaient

Hésiode conseil le de récolter les raisins dans des paniers d'osier qu'on transporte en ayant soin de ne pas les fouler, ils doivent être exposés dix jours au soleil et cinq à l'ombre

(i) Theoph. de caus. plant. L. 3, c. 20.

(a) Theoph. de caus. plant. L. 3, c. 18 ; Geopon. L. 5, c-

(3) Theoph. de caus. plant. L. 3, 4. ao. n j

(4) Theoph.de caus. pMat. L. 3^c. 32/ L. a, c. f

avant d'être mis sous le pressoir (i), Homère dit à peu près la même chose avec moins de détails (2). On en voit aussi des traces chez les Grecs d'époques moins anciennes (3), et des femmes , ordinairement , étaient employées à ce transport (4) , il est encore usité dans les îles de l'Archipel où le suc déjà concentré par la chaleur devient si dense par ce procédé qu'il faut ensuite y mêler de l'eau pour qu'il puisse fermenter (5). Les anciens Grecs , notamment dans quelques lies y mêlaient de préférence dç Peau de mer (6). Ces vins liquoreux étaient de garde , et comme les Grecs ne faisaient aucun usage de la tonnellerie, ils les conservaient dans des jarres qui étaie»t souvent d'une assez grande dimension , et elles devaient l'être puisque Diogène en choisit une pour son habitation (7 )• On employait, pour

(1) Hes. op. et cHes L. 2, y. 229 et seq ; Aap. v. »^3.

(2) Ho». IL il, iu 7.

(3) Pl. hist nat L. i5 , c. 10.

(4) Demosth. in Eubul.

(b) OUv. Voy. T. 2, ch. 4, 10 el i3.

(6) Àth. deipn. L. 1 ; Plat caus. oetur. § 10 j Pline hist. nat L. 1 4 > c 8. *

(7) Hom. Od. L. 9 , v. 204 ; Bcrod. L. 3 , c. 6; Geop©n- L. S , c. 3. „

les transports, des outres qui, moins fragiles, exposaient moins à des pertes (i), c'est encore l'usage établi dans ces mêmes régions* On commençait souvent par faire séjourner quelques temps les jarres dans des lieux disposés pour les tenir exposées à la fumée (2) , et ce seront eux qui auront introduit cet usage dans la France méridionale (3): ensuite ils lés plaçaient dans des celliers oû ils les enterraient même pour leur conserver une température plus égale (4); c'est sans doute un usage ancien conservé en Chypre que celui d'entetrer Un* de ces jarres l'année de la naissance d'un enfant pour la consommer le jour de son mariage (5). Ces vins liquoreux par eux-mêmes , et concentrés par tous les procédés qu'on employaient , n'étaient potables qu'étant mêlés avec de l'eau (6) • et leur mélange étant même difficile, on

(1) Hom. Od. L. 5 , v. o€5 5 L. 6, r. 78; L. 9 » r, 196:

Lf. 3, v. 247.

(2) A th. deipn. L. 4; Gai. de antid. L. l , c 3. > v

(3) Pl. List. nat. L. r4, c. 6; Mart. Epigr.L. 3, ep. 77»

(4) Plut. Symp. L. 7 , J 3; Suiïl- Lakkos. ' >

(5) Ann. des roy. zm. Coït T. 2, p. 379.

(6) He«. Op. et dies L. 2, v. 214; IW Od. Lt r, V. 110; L. 7»

imagina de les faire passer travers d'une chausse (i). Quoique l'usage général fut que nous venons de le voir, on remarque .aussi des usages locaux particuliers , ainsi on attribue aux Lacédémoniens de faire cuij;e leur mout sur le feu jusqu'£ r^duptipn d'un cinquième (2), ce qui indiquerait une culture exhaussée, et une autre paéthode de vendanger. Mais cette méthode y est-elle ancienne , il. est permis d'en douter d'après , le silence de Théoplnaste, $eraient-ce Icp . Romains qui lauraiept introduit^ ? Qn conservait de^di verses manières pour l'hiver les variétés à grains fermes qui étaient aussi Jes, plus estimées cpmme îiu\t (3 ) On séchait beaucoup dp raisins, et dès les temps ^anciens ils ont formé pour la Grèce une <br4*çl>e de commerce (4). On les comprir mait. cpmme de nos jours dans des espèces de paniers pour leur conservation et la façilité 4n transport (5).

(l) Theoph. de caus. plant L. 6, c. 2$} Plnt. Symp. L. 6, ^ 8 7»' Clem. Alex. Pasdap L. a, c 2; Ath. (Jeipn. Lt 10. (a) Geopon. L. 7, e. 4; Paliad. Econ. L. u.c. cf

(3) Gai. de alim. facalt L. a» c

(4) Ath- deipn. L. 14 ; PL. Lût. nat L. j,5 , * 17.

(5) Phot. cod, 72, j>. ,53, .

Du [Figuier.

Le figuier par le rang qu'il avait dans les cultures des Grecs , exige aussi qu'il en soit traite séparément. Non seulement son fruit formait la base de la nourriture une partie de l'année , mais il formait encore une branche d'exportation (i); les Athéniens les avaient exemptées comme l'huile de la loi qui défendait la sortie des denrées (2). Comme tous les arbres utiles, celui-ci était' consacré à une divinité, Bacchus le conservait sous sa pro^ tection (3), il paraît aussi Minerve ( 4 ) , puisqu'on portait des figues dans une de se« fêtes, son fruit figurait dans quelques céré- 1 monies religieuses (5). Les diverses méthodes de multiplier le figuier , connues des modernes, étaient usitées par les Grecs, ils ont même connu l'art de le greffer (6), ce qui prouverait que les Grecs ont aussi connu la greffe en flûte, la seule qui convient à ■■ — > • - ■ " ■ ■ ■ - ■ ■ - ... — ■■

(1) Ath. deipn. L. 14; PL hist. nat

(2) Plut in Sol. Ath. deipn. L. 3.

(3) Jul. Imper. Qr. , epist 14 ; Ath. deipn. L. X

(4) Meurs. Op. T. a, p. io83.

(5) Ph#t my riob. cod. 279 ; Ath. deipn. L, 3.

(6) AriiL de plant U i, ç.(5,

cet arbre. Un terrain sec lui convenait plus qu'aucun autre , il végétait même dans les fentes des rochers , pourvu qu'il fut dans le voisinage de la mer dont les évaporations suffisaient pour le nourrir (O. La gangrène lorsqu'il avait trop d'humidité (2), et le kermès , étaient les deux maladie? qui étaient le plus à redouter (3);

Mais ce qu'il y a de plus intéressant dans la culture du figuier chez les Grecs, c'est la caprification , il paraît qu'elle est née chez eux car on ne la trouve établie nullè part où ils aient pu en emprunter l'usage et l'imiter, ailleurs, là où elle a été introduite , elle s'est à peu près concentrée dans les limites de leurs colonies, sous ce point de vue et par l'intérêt qu'elle inspire elle exige quelques détails. La caprification consiste à porter sur les figuiers cultivés des fruits du figuier sauvage, dont la pulpe moins juteuse, facilite davantage le développement des cynips dont les œufs y ont été . déposés.

Ces cynips , après leur métamorphose , cher-

(1) Theoph. hist. plant. L. a, c. 8; de caus. plant. L. 3 , c. 7.

(a) Theoph. hist. L. 4 , c. 16 ; Je caus. plant. L. 5 , c. 12.

(3) Theoph. hist. plant. L. 4* & *£•

cfacffit d'au très figues où déposer Ieuïs œufs^ et l'irritation qu'ils produisent à l'œil du fruit en accélère et assure la maturité : Théo- Jphraste qui a décrit cette opération pensait que les cynips en ouvrant l'œil de la figue facilitait Tévaporation de l'humidité surabondante (i), et appuie cette opinion du procédé usité de son temps , de jeter de la poussière sur les arbres lorsqu'on n'avait pas de figues sauvages à y porter (2*. Un autre procédé usité encore de nos jours les remplar çait d'une manière plus certaine, mais moins applicable à la grande culture, c'était de piquer avec une pointe de fer enduite d'huile l'œil du fruit , on l'employait surtout pour les figues les plus précoces, notamment pour celles formées avant l'hiver que cette saison n'avait pas gâtée , et en général, pour toutes celles dont la formation précédait l'époque de l'apparition des cynips (3), Quel que fut le moyen employé, le but d'accélérer la maturité n'avait qu'un avantage local, pré-

(1) Theoph. de cans. plant. L. 2, c. r2. (a) Theoph. de caus. plant. L. a, c. i3. (3) Theoph. de caus. plant. L. 5 , c. i ; hist. plaut. L. I » c. 15/ Geopon. L. io, c. 5i.

deux dans les environs des grandes villes, demander à un cultivateur athénien des figues précoces ou le flatter étaient synonimes (i) : mais son but principal et le plus essentiel pour la grande culture était d'empêcher la chute des fruits, et la caprification était d'autant plus employée que les localités ou les variétés de figuier étaient plus sujettes à cet accident : Théophraste cite surtout comme exemple Mégare et Corinthe en Grèce, et l'Italie (2), et en effet elle y est beaucoup moins usitée de nos jours qu'elle ne l'est dans la Grèce , et n'est employée que pour les figues de première récolte i on emploie l'huile pour la récolte d'automne dans les environs d% Naples, mais ce procédé ne s'étend pas à la grande culture. Ce procédé qui donne une accélération factice à la végétation diminue la qualité du fruit, aussi les vendeurs d'A«thènes avaient-ils soin d'annoncer des figues non caprifiées (3). L'usage principal de la

(1) Suidas voce Sukon autan.

(2) Theoph. hist. plant. L. z , c, 9.

(3) TlieopL.de caus. plant. L. 2 , c. i3j Atlien. deipn. L. 3. Les vers d'Alexis aue cite Athéuée iudique aussi rhabitude que. !e peuple d'Athènes avait de cacher son. argent

figue était pour la sécher eh cet état, elle formait un des alimens de première nécessité ( i ) comme elle l'est encore de nos jours (2). L'excédent était livré au commercé pour l'exportation (3). On les faisait sécher sur "des claies (4) mais on les passait ensuite au foui* pour achever de leur enlever un reste d'humidité qu'elles auraient pu conserve* (5). Quelques personnes en tiraient une bbïsson vineuse, mais cet usage n'était pas général (6) dans un pays où la vigne croît avec autant dîe fôcilité, tous les moyens de suppléer à ses produits n'ont pu avoir àutfunë utilité positive. , J

: - Des arbres fruitiers âe petite culture.

arbres d'une utilité locale et sans rapport avec l'économie publique ne. peuvent occuper que quelques lignes dans cet ou-

dans sa bouche . habitude si commune chez les fellahs d'E-

' ' ' ' gypte que le son même de lear voix n'en est pas altéré.

(1) Suidas voce Ischas.

(a) Tourne/. Voy. Mem. de l'acad. des sciences ann. 170$.

(3) Att deipn. L. 3 ; Plut, in SoL

{4) Hesych. voce trasia.

(S) Geopon. L. io,c. 54*

f0 Geopon. L 7, c. 35; Plut, de amora. J 1$.

vrage, je traiterai ailleurs avec plus de détails des espèces que les Grecs en ont connues. Ici je donnerai une notice abrégée de ceux qu'ils ont eu , et de ceux qui ont été succèssivemenfc introduits.

Il faut mettre en première ligne l'amandier, parce qu'il fournissait un peu à l'exportation (1). Galien n'a parlé du châtaignier que comme d'un arbre sauvage dont le fruit était mangeable (2)* Le noyer, originaire de la Perse, n'était connu au temps de Théophraste que par son fruit importé par le commerce (3) , mais il ne tarda pas à être introduit , car il était commun au temps de Dioscoride (4). Le noisetier y croissait sauvage, ils avaient aussi les variétés cultivées (5). Un usage ancien dans la Grèce était d'en jeter sur la tête de Tépousée lorsqu'elle arrivait sur le seuil de la porte (6) ; On en

(0 Theoph. de caus. plant. L. i , c. 9$ Ath. deipn.. L. z*9 Anlog. noct AU. L. 7, < iS j Pi.^iisL~nat. L. i5 , c. zz.

(2) Gai. de alim. facult L. s, c. 38.- - ,

(3) Theoph. bist. L. 3 , c. 7 ; de caus. planL L. 4 , c. z,

(4) Diosc. List, plant. L. 3, c-8-. * •«>

(5) Theoph. bist. plant. L. 3,c. y et ï5 5 Geoj>on. I». 10 ,

c* 73' J • ' • -, ri ..... '

(6) Said. yoce katachusmala* « . •

Jetait aussi sur la tète de l'hôte dont voulait célébrer la bienvenue , à ce qu'il paraît par un passage d'Aristhophane (1 ) ; pareil usage existait aussi chez les Romains (2), et il me souvient de l'avoir encore vu exister dans ma Jeunesse. Nous voyons qu'ils ont eu les différens fruits à pépins, pommiers, poiriers, sorbiers et coîgnassiers , il est déjà parlé des premiers au temps d'Homère comme étant cultivés (3), mais on ne voit rien de bien positif sur les variétés qu'ils en ont eues, sans doute elles ont été moins nombreuses que de nos jours : leur greffe sur coignassier était connue (4). La coloration des fruits leur donnant du prix, nous voyons un procédé curieux qui était employé pour l'augmenter c'était d'étendre la branche chargée de fruits sur un vase plein d'eau dont l'évaporation aidée par l'action du so*leil produisait cet effet (5). Le fruit du coignassier était beaucoup plus estimé des anciens qu'il ne l'est de nos jours, sans doute

(1) Aristoph. Plutus Act. 3, se. 3, v. 25.

(2) Pl. hist. nat. L. i5 , c. 22; Virg. Bue. esl. 8.

(3) Hom. Od. L. 7, T. ni et 120.

(4) Geopon. L. 10 , c. 20.

(5) Gejpon. L. io, c. 19.

parce qu'ils lui attribuaient des propriété^ qu'on a cessé de lui croire, on en faisait inanger un à la nouvelle mariée au moment où elle allait se livrer à son époux (i), usage qui existait aussi chez les Perses (2) , il était consacré à Vénus, on lui attribuait des vertus aphrodisiaques, et aussi celle de paralyser l'effet des poisons (3); ii n'en fallait pas davantage pour donner à ces fruits un prix qu'ils n'ont plus. Il paraît vraisemblable que c'est ce fruit et non l'orange que les anciens ont cônnu sous le nom de pomme d'or ctirysomèle, il est certain que Virgile n'aurait pas pu faire cueillir cette dernièrè dans les bois par le berger Menaîque, puisqu'elle n'a été apportée que bien long-temps après dé la Perse dans les jardins de l'Europe (4), ce n'était pas non plus le citron , puisqu'au temps de Pline on n'avait pas encore pu l'introduire en Italie (5). On ignore l'époque certaine de son importation en Grèce: le - ■ "

(j) Plut, de pracc. conjug. et in Sol.

(2) Str. geogr. L. 1 5 .

(3) Ath. deipu. L. 3.

(4) Virg. bucoî. Ecl. 3, r. jt.

(5) PL hist. nat. L. 12, c. 7.

premier qui en ait parlé est Florentinus dont il existe des extraits dans la compilation des Geoponiques, mais dont on ne connait ni la patrie ni l'épeque: l'extrait où il est parlé du citronier prouve que son introduction était récente, il conseille de le planter con-" tre un mur pour le préserver du froid , et de le couvrir pendant l'hiver avec des nattes ou des feuilles sèches (i). Il en est parlé comme existant dans la Grèce par Athénée , mais sans rien préciser sur l'époque de son introduction'/^). Les Grecs , en fait de fruits à noyau , avaient le cerisier et le prunier , l'un et l'autre sauvage et cultivé, et ils en connaissaient diverses variétés (3). L'abrico-i tier et le pêcher y ont été introduits longtemps après que Théophraste a écrit, le premier paraît y avoir été importé de l'Afrique pendant la dynastie des Ptolémées en: Egypte (4) : le Second l'a été de la Perse , où les Grecs auront appris à le connaître,ce qui prouve qu'au temps où Théophraste

(i) Gf opon. L. IO , C 7* ' (a) Ath. deipn. L. 3.

(3) Theoph. hist. plant. L.3, c 'y et i3j Ath. deipn, L. a.

(4) Mag. EncicL année 1816 , jany.

écrivait, cet arbre n'était pas encore en Grèce f c*e*t son assertion que de tous les arbres fruitiers , le grenadier et l'amandier sont les seuls dont les fleurs sont colorées , il n'aurait pas omis le pêcher s'il l'avait connu ( i ). Il ne tarda pas à y être porté ensuite , puisque Diphile en parle sous le nom de Prune persique , comme d'un fruit médiocrement bon (2). Galien en parle aussi mais comme d'un fruit peu saiubre (3). Sa greffe sur prunier comme moyen d'en augmenter la durée ne tarda pas à être connue (4). Le grenadier fut très^anciennement cultivé par les Grecs, puisqu'il en est déjà fait mention "dans les poèmes d'Homère (5) , ils en connaissaient plusieurs variétés perfectionnées (6). Un précepte religieux les faisait s'abstenir de ses fruits pendant la célébration ^es Thesmophories (7). Il est inutile de donner la

nomenclature

(i) Theoph. hist. plant L, i,c. ac.

(a) Ath. dcipn. L. 3.

<3) Gai. de aliin. fa cul t. L. s» c 19.

(4) Geopon. L. 10 , c. i3.

(5) Hom. Od. L. 7, v. 11 S.

(6) Theoph. hist plant L. 2, c. 3, ç. 7; L. 4, c, 14; de caus. plant L. 5 , c. 11.

(7) Glem. Alex, admon. ad geutes.

nomenclature de quelques fruits secondaires dont les Grecs ont fait usage , et dont remploi limité était de peu d'importance, je me bornerai à faire observer que les Grecs, au temps de Tliéophraste , n'avaient pas encore le melon et la pastèque* Le premier indicé en paraît dans les écrits de Galién sous le nom de pepo et de melopepo Ci). H est possible qu'il en soit aiuaèsi parlé dans la compilation d'Athénée, mais d'une manière trop peu précise pour qu'on puisse Faffii> mer (2).

Je ne dirai qu'un mot du lentisque, qui forme actuellement une branche de culture assez importante, dans quelques îles de -l'Archipel, pour le mastic, espèce de résine qu'on en retire. Les anciens avaient déjà l'usage delà mâcher, et cette habitude était Téputée d'un homme efféminé (3) : ils faisaient aussi usage des curedeîits faits de ce bois (4) ; mais au temps de Théophraste et même de Dios-

(i> Gai. de aliment, facult. L. 2. . ,

(2) A th. deipn. L. 2, ad fin.

(3) Clem,. Alex.'Fsedag. L. 3, c. 3; Jhl. Capit îrrGord.

(4) Suidas voce Çikoinothix. Çîart. Epigr. L. i4,.ep.»22* jLuciani LexipU.

CÔride on ne faisait usage que des produit* àe cet arbre sauvage (i), de manière que ûpus ignorons l'époque où cette cultures commencé. -•■ *

La récolte du laudanum sur un ciste , & de la gomme adragant sur un astragale, Payant Keu que sur la plante sauvage, et ïi'àyant formé qu'une industrie très-sec on» claire à cause de remploi limité de ces substances, il paraît inutile de s en occuper ; lë peu qui en a été livré au commerce n'ayant pu influer sur sa balance générale, -la seulë dont on puisse s'occuper dans un ouvrage Idé la nature de celui-ci, consacré umqup» ment aux grands résultats et à leur influence Sur l'économie publique. > ' 'At>> q

: Dès jardins de luxe , et des jardins potagers.

Le luxe des jardins est celui d'un .peuple ~ cultivateur. II paraît du moins devoir 1 être ; •cependant cette idée qui paraît si naturelle * n'est pas -exactement vraie. Le cultiyafeuç, " content de ce qui est le produit de ses cul-

(0 Theoph. hiôt. plant L. tf c i5;IKosc. hist. plant. L.

*M*nffl$#%i\ /attache i^quïl aîn^ à s'en- occuper , trouve ses champs assez beaux par eux-mêmes; lexir. plus belle décoratioa à ses yeux; est une culture florissante, Quel? quès variétés dans }e$ fruits du verger , quelques fleurs dans son jardin , des, arbres dqnj JL'ombrage voisin de la maison lui offre un* «$ile , voilà les décorations qui lui plaisent , k| seules qu il cherche 4 sç procurer» Le cultiva^ (leur au . contraire qui cherche à décorer sa mai^ •son. des champs, est celui pour qui les eut- *ures n'ont plus le même prix ; c'est le citadin. ^i;n/aime. de ses terres que leur produit, --qui pense à remplacer les cultures autour jde ^pn manoir par , un luxe stérilq, Plu$ les peuples Ont eu d'indifférence po$rt lVgricuJture, et plus ils se sont écartés de la nature fhma les 4écorati0ns: çtrjtificielles qu'ils çnt adoptées* Jamais l'agriculture n'a été moins appréciée ^n.France que sous Louis ; XJV. » <. et c'e^l l'époque qui se fait remarquer par le mauvais goût de ses jardins. Il est inutile de pousser plus loin la discussion de cette pensée, fcfui me paraît vraie et appuyée sur des Jkits, Son app ication aux Grec anciens se présente naturellement. Aimant la vie des champs ils ont eu des jardins sim-

dés , et cfcërché peu à embelli* la na-* ture déjà si belle sous leur Hant èlimat. On a surtout vanté céux de Tbèbes (i). Homère dans ses peintures si naïves des mœurs simples qu'il décrit, a eu plus d'une occasion de parler des jardins : il donne la description de ceux dé Laerce et cFAlcinous, et a déployé toutes les ! richesses de sa mémoire pour peindre ces derniers , doht il fait l'asile d'un homme heureux ef puissant. Ch qu'il avait vu dé plus beau en* ce genre, devait par conséquent , servir dé modèle à 'ses tableaux. Ce jardin était cortipris dans l'espace de moins d'un arpent iz) et environné d'une haie :' ilétàit rempli d'attres toutjours chargés de fruits, savoir: de poiriers, de grenadiers , de pommiers , de figuiers et d'olîvieirs : une fontaine coûlàit âù travers fct 7 servait ,â Son irrigation (3). Téf était le jardin du roi Àlrinous , et ceux qui ont eu

oècasion cfe voir les jardins actuels de l'O-

ï » • • •-' i t. ri- E

(i) Dicaerch. de siatu Gr^cke apud Geogr. min.'Huds. T. a,p.i5.

\i) Quatre gué 'dit fHooaère, or suivant Hésjrcuius lo guê est égal au plethre q^i a *éut pieds sur chat[ue face$ fies.

voce gué. \ . .

(3) Hom. Od, L. 7 , >. i iz et seq. • 1

rient seront frappés de ia resseinilance leùr forme, le mélange des arbres, Peau qui y circule et. leur donne de la fraicheulr, tout s'y retrouve. L'autre description est celle du jardbi.de Laerçe. Ce vieillard délaissé pendant la longue jabsençe d'y lysse , écarté'par la bande joyeuse qui dévorait sa fortune et courtisait sa femme, ne deyait pas avoir u;n jardin aussi heau que celui d'AIcinouS; aussi inonfre-t-il à l'arrivée d'Ulysse, tous les esclaves répandus dans les tJbois des environs pour y couper des épines., afin de rétablir la haie qui forinajt le jai^lin, Laerçe y était seul occupé à arracher lesr mauvaises herbes

qui les préservaient des Atteintes des épine^ Ulysse $ arrêta un montent appuyé contre Un poirier pour se remettre de l'émotion que lui causait ce spectacle (i). Si au temps .«ql'Homère, les rois avaient eu des jardins décorés, il aurait peint dans cette circonstance les décorations étouffées par les épines, nées d'une longue inculture; il mettait trop de vérité dans ses tableaux pour qu'on puisse

, Hou». Od. L. a4, v. a*3 et seq.

en douter. Lorsqu on quitte ces époques re* pulées pour se rapprocher des temps histo^ tiquas de la Grèce , on ne trouve pas d'au-? 'très notions sur la décoration des habitations rurales. Xénophon qui , par son séjour chez les Perses, avait été à même d'en cort4traître les paradis ou jardins ornés, auraft pu mieux que tout autre parler de ceux de ses concitoyens; or dans ses Economiques', ouvrage qu'il a écrit pour les rappeler au goût de l'agriculture , et où il cherche à faitffe Renaître chez eux la prédilection qu/avaieîlt leurs ancêtres pour la vie des champs , il aurait' naturellement fait entrer ce moHf

dans le nombre de ceux qu'il efaa piorë. :m

avait eu des données de ce genre sous Tes yeux, s'il avait eu des exemples à citer lie quelques-uns qui en faisaient leurs âélassejnens, il les aurait certainement employés; car la méthode d'appuyer les conseils par 3es exemples , était très-usitée par les anciens. Un autre fait est encore à considérer. DYogêne Laercë parle dans ses vies^ des philo-

"sbpHes de plusieurs d'entr'eux qui ont acheté des jardins pour y tenir leurs tïonférétïces,

"et il les peint comme des enclos consacrés à des cultures utiles , puisqu'ils oht donné

par leurs, testamens une destination au produit qu'on en retirait (i). Le Seul qui paraisse faire exception est l'académie d'AtBènéfc où, il y avait des allées de platanes [( 4 f, mais cela n'excluait pas les cultures "intei^médianes : on sait que Sylla les lit abattre pour., ei£ faire" construire des machines ttë guerre (3). Telles sont les données qui peifcvent faire douter que les Grecs aient" eu dès jardins ornés ; sans doute il nous en manque plusieurs qui auraient rendu la chose plu? certaine encore, mais il ne paraît pars probable, qu'ils eussent fait adopter une ôpî- I nion contraire. On doit regretter surtout lès j écrits d'Épœnat us , dTEudème , d'Euthydèipe et surtout de Chrysippe, contemporains de ^Théqphraste, qui ont écrit des traités parti* culiers sur les jardins. Vraisemblablement ils. traitaient de la culture des fleurs et des plantes potagères, et ne disaient rien de la .^écoration de l'ensemble, qui paraît une VTepitipn beaucoup plus moderne. Plus taixj, Ip^gue Je*, communications avec la Perse

(i>Di©g.-X>aert. **r:T <3) App. L. w,*3ov

Arénfdévenues plus fréquentes, après l'expédition d'Alexandre et Rétablissement des dynasties grecques én Asie, les Grecs paraissent avoir emprunté de ces régions le "goût des jardins ornés , et avec eux, celui de paraàisos par lequel ils prirent l'habitude de les désignet. Aulugelle nous apprend que ces paràdis f «semblaient aux vivaria des Romains , mais il ne dit pas quelle était leur composition: seulement il parait qu'il les fuyait pour aller chercher la fraicheur dans les forêts, ce qui n'indique rien de semblable aux bosquets des jardins modernes ( t ). Florentin, écrivain peu connu, dont on trouve des extraits dans la compilation des géoponiques, dit, en parlant des paradis, qu'ils doivent être voisins de l'habitation, pour que la vue des fleurs et leur parfum y ajoutent leur agrément; une haie ou clôture quelconque doit les entourer, et les plantes y doivent être coordonnées de manière que les grandes ne nuisent pas aux. petites; il conseille enfin de remplir les intervalles entre les arbres avec des rosiers , <les lys, des violiers et des safrans dont

(i) Autug. noct. AU. L. i f c. 2 ; L. 2 , c. 20 ; L. 19 , c. 20.

l'odeur ajoute à l'agrément, et dant la vtnt| peut donner un produit (j). II parait vrai* semblable que les arbres dont il parle étaient des arbres fruitiers, ce qui nous rapproche encore des jardins qu'a décrits Homère. Quant au potager, sa composition était non moins simple : une platebande régnait autour , les petites cultures y étaient reléguées ; le* principales occupaient le centre divisé eu compartimens (2). On les arrosait par irrigation , c'est-à-dire , en faisant circuler un cours d'eau au pied des plantes, méthode usitée de nos jours sur tous les bords de la Méditerranée , et qui existait déjà aux temps d'Homère (3). A défaut d'eau courante on employait celle des puits ou citernes, et comme on n'avait pas encore adopté l'usage ' cfes machines employées par les Orientaux (4), ori l'élevait à bras d'hommes (5).

Quant aux perfectionnera ens divers que

(1) Geopon. L. io, c. t.

(2) Sttid. voce outTon seienoU , Hesicli. voce prasiai.

(3) Ho m. II. L. 2i , v. 267.

X4) Plut. 4e anim. rat. Symp. L. 3, § 2; Hesycli. voce Atnara.

(5) Diog. Laert. L. 7, iu vita Cleenth. Suidas voce phreanthês. Son. Epist. h. 5 , ep. 44.

le jardinage à acquis p^térieurement, u furent kicennus^aux Gre^s , «nême dan^ des temps assez récens. Théophraste, conduit par la nature de ses* recherches sur la yé? gétation et sur l'influence des climats^ 4 parler des moyens -^rtîfiîGielg de< modifie^ lés plantes, et d'en accélérer ou retarder ^ développement, n aurait pas négligé de parler <les couches, des serres, et des autres mven*r tions analogues , s'il les avaient connues; «on silence proirveque tes Greca^'en faisaient aucun usage, qu'ils n'en avaient pas même Kdée. Théophraste connaissait cependant l'influence des abris, et senftiUçur utilité poupr aider le développement des plantes d'un climat plus chaud, mais ifcaV pas étendu çet$e idée aux » moyens de se procurer des a bris artificiels et à d'autres moyens de .-.secrçndjr la nature ( i ). Àristote lui Jn^iq^ent, Je procédé pour se procurer. £cgicar#bres ï tatift, de les semeç pejid^ \&imàm* - Yases^q^on porte altei^ti^ament^au soleil ou près du feu, suivant la teig^ature, et qu'on arrose avec de l'eau tiède ^a^On^re-

fi) Theoph. de eau s. plant. L» i , c. i5. * - ' v, \

(2) Arist. Problcm. g zo, Theopli; Je caus.plant. L.

twmvèie toème conseil dans Ta compilation des gèôpotiiques , où il est aussi étendu au* rosof pour s'eû procurer de précoces («H et il y est fait t'observatien , qu'on ne doit y employer que des vases inutiles , afin de pouvoir lës briser lorsque la saison permet de placer ce* plantes en pleine terre. On serait tenté d'en conclure qu*ik n'avaient pàs des vases à cultiver les fleurs , quoiqu'il* en connussent Pusâge chez les Perses y- q«i lés employaient à décorër les terrasses de leurs maisons: ils y plaçaient, dit ïîhéopbrastô, "des cittonfers et d'après arbres (2.). Mais lès jardins tfAdemV qu'on faisait figure* -<3àns les cérémonies de s6n culte , étaient for- Wëï dé vases, où on plaçait des plantes d'une çxiitei^é éphémère, qui peignaient en se fafcântià nfbrt anticipé dé ce dieu (3). Théor "phïaste faisant l'observation qu'on peut employer dés vases de ce genre pour faire "les marcottés des arbres élevés ( 4 ) , il

(1) Gçopon. h M , c. tt^tê. 1*, 1. 19. - ' (i> tbaopH. kist. plant. L. 4, c. £

^3) Hesych. et S*t*4- Adouidon Képoi Phil. Vit^

ApoU. L. 7, c. 14; Juliaa. imper, de Cœsar. Theopb. do ça us. plant. L. I , C'. l3.

(4) Theohli. bist plant L. 7 »C *

.^en suit, que cc$ v;asfc$ étaient ouverts pat

. je bas corairie les vases à fleurs modernes, ft on en retrouve plus tard l'usage établi, no-

. tamment, pqur le transport des plantes d'u^ Ji«u dans un autre ( i ). Quant au procédé indiqué pour accélérer la végétation des concombres dont cette digression nous avait écarté, il prouve que les. Grçecs n avaient

, aucune, notion des couches et des serres , en i\n mot, des moyens connus d'accélérer la végétation par une cbajenr. artificielle. Le Silence de Théophraste comme physicien étudiant l'influence des climats et cultures sur la végétation : celiii^ économiste^ comme donnant des conseils sur le plus grand profit à tirer des propriétés , celui d'Athenée aussi, qui a compilé tout ce qu'il a

•connu de relatif au luxe de la table, prouve que les Grecs n'ont pas connu les primeurs , et par conséquent les procédés par lesquels on les obtient. Athénée parje en. un, endroit des procédés qu'on employait à Athènes pour prolonger la durée de quelques fruits délicats (2) , mais il ne parle nulle part de soins

(t) PL hisL nat L. nf c 3.

(2) KÙ%. deipn. L. 9.

employés pour ert accélérer là' rtiitdrité. tMf\ près cela on ne peut pas être surpris de lar lenteur avec laquelle les productions de VA* siese sont introduites dans la^rëcêi'Càmmd . on n'y avait aucun dès rfaoyéni qui, de nos jours, aident à ( lutter confre lëfc difficultés du climat, Và n'ont pas eu Yîàm de tenter de les acclimater , aussi n% èonr-elles par*venues en Grèc'e que de proche ètt proche^ après s'être lentement propagéès dàftë les payfc intermédiaires. Le ^citronier , part exemple, qui leur fut cônnu dès les premiers temps de leurs relations aVeclaPe&e, Existait pas encore chfez eùx aù temps de Tfcifan; il s'é±tait cependant écoulé xiti itttêmlle de plus

de cinq siècles.' ''} ' ' '* ' > ) " *

D'après tout ce qui prédède', les Jardins des Grecs étaient fort limités pour la décoration. La principale , la seulè peiit-^tre , ét*it la culture des fleurs , qui servaient non seulement à Vornçment de leurs jardins, mais dont ils se couvraient aussi dans toutes leurs fêtes publiques et dans leurs réunions * usage que leurs descendans ont constTvé' jusqu'à nos jours. Actuellement encore le jeune Grée • va dès le matin orner de fleurs la porte de la personne qu'il àirtie j eomme il le faisait

alors (t ) : habituellement ils en avaient «ii*. eux, et l'usage de les placer sur l'oreille s'est encore conservé de nos jours eû drrèce et dans le midi de l'Italie (a) : ils s'en courons iraient d*ns leurs repas et en portaient des guirlandès sur la poitrine : on en offrait auxconvives an moment qu'ils se mettaient * table (3). «et usage né reinpnte pas à une-an* tiquité reculée ; on n'en volt aucune trace chez les plus anciens Grecs (4)* , Homère si exact dans ses tableaux , et qui / peint les .Grecs couronnés de fleurs dans une fête publique (5)ï ne dit pas qu'on en ait offert à ^Ulysse cb*B Circé et chez Alcinous , M. à Téïémftque che* Menelàs* ni aux amans dç Pénélope dans son palais ; c'est v pa* conséquente an, usage moderne i et on a pensé qu'ici lWaktat«erafr pruhté^ des Perses (6)^ Us préféraienttkususe et le myrthe pour faire leurs eourooiies,

* (Ô Guys. Voy. littcr. de la Grèce t. r j* Lettre t« «t | T. i, Leur, to; Atli. deipi». L. $1 \ * • '

(3) Ath» deipn. L. 3>et L*d* ià^.^ d. republ. L. 2. t * *<• **J vO-

(4) Clem. Alex. ^ag. h. *, t. 8. ^ • • - W

(6) Cleto. Alex, paedag. L. i, 4. 9- ; •* ■*-*' 'V

parce qu'eîlës, tempérai^ ^isatepttfls ^» fumées du Vin ; -ils redoutaient la girofl^ comme -produisante un,e^t. ^opl^ire ,<i^ Comme ib^n'avàienfpas encore Fart de faioef des: fleurs artifiotellca ^ quoiqu^Sjicii^nbÂnii-s tçr les fruits avec Ja; «ir^ (a)* ils<4eV]WÊ!»| en faire une très-grande consommation, et en avoir dès lors des cultures.unpeajét^idujç^ qui devaient être aussi pour pii^«j}Si|^r^ sonnes un objet de spéculation, :/{ 3^ nombre, des plantes décoratrices qu'ils cultivaient paraît ayoic été fort limité Ife ne connaissaient én variétés à fleurs doubles , que les roses, les giroflées, le lys bulbif^çe^ le., narcisse , et le grenadier (4), Hécodçt* cite comme: chose remarquable un jardin de JatMacédoine , où des rosiers doubles se multipliaient naturellement (5) , et nous ne voyons pas qu'il soit fait men^r tion de variétés panachées , ou dont les nuances eussent été modifiées par la culture; ils n'ont eu que la plante telle que la produit la na-r

(1) Ath. deipu. L. i5. <M

(2) Clera. Alex. Strom. L. 6.

(3) Geopoo. L. 10, c i.

(4) Theoph. hist plant L. i , c. ax et 24 <5) Herod. L. 8, c. *38. , ,

ture. On ne voit pas qu'il soit fait mention des jacintes. Ils n'avaient non plus, ni l'auricule, ni; l'anémone ,; ni la renoncule, ni Pœillet , et à. plus forte raison les plantes maintenant si communes. dam les parterres, qu'on doit aux relations lointaines, telles que i'astfcre de la Chine, ou reine marguerite, la balsamine v etc. En arbustes décorateurs ils n'avaient, ni le Ulas , ni i& iasrnïn y ni le chèvre feuille. Hs sç bornaient à cultiver les rosiers, le myrthe , le laurier , le lierre , la tulipe qui était chez eux rouge et 6ans panaches , telle que la produit la nature (i), le lys bulbifère (2), le safran (3), les violettes et les giroflées (4) , le Lychnis de Chalcédoine qui aura pris son nom de Mil de Jupiter, de l'usage établi d'en offrir aux vainqueurs danà les jeux (5) , Timmor-»

hak> citrine 07) 1 - , . l'une

: ^t)rWcoph. hist. pUut L. 6, c.-iii-4 & - flicoph. List. pUut. L. a, a'V ifi^ fil MM SL* Theoph. UUt. plant. L.6, c.4,

(4) Diosc hist. plant. L. 4, c. IM 5 Theoph. kîst plant. h. 1 , c. i5 et L. 6. c. 6; de caos. pUnt. L. 6 , c. i5.

(5) Theoph. hist. piaut. L. S/c il* « ** 71 VlaL %mP L. 8, § 4.

(6) Hesych. voce amaranlhos. CXem. Alex, paeàag. L. a , c 8.

(7) Theoph. hist. plant. L. 9, c. ai.

l'une et l'autre d'une conservation facile pour l'jbiver, et quelques autres espèces moins)., faciles h reconnaître dans, les courts indices" qui en sont donnés (i ).

Leur potager n'était pas plus riche que leur parterre: le nombre des, planés qu/ils, y cultivaient n'était pas à beaucoup près le-, même que dans nos jardins modernes ; il yC avait encore plus de différence dans celui des^ variétés. Certaines espèces qui chez eux n'en/ avaient que deux ou trois, en ont plus de" trente de nos jours ; une culfure prolongée spus des climats plus variés, des soins, plus multipliés, et des mélanges nés c)e la génération , les ont multipliées et les muHipiignt jfcous les jours davantage Mais 4 mesure qq'iUe^ forme des variétés plus perfectionnées, jpn abandonne insensiblement la culture dételle* qulKsont moins.; ; de manière qi$ sgrait , trèSTaifEcile de déterminer avec précision pjelles des variétés, connues de nos jôTïp iqffci existaient chez les anciens ; les leurs peuvent avoir disparu, tandis que de nouvelles

(i) Xi f Vérification 'dès plantes économiques auxquelles se lient leurs espèces potagères et décoratrices, sera l'objet d'au

travail particulier que je me propose de faire.

> : » /* .? „ii Ji j o •■• • ' ' ,j\

ont pris naissance. Théophraste qui a consacré un livre de son traité, aux plantes potagères , fournit quelques faits curieux sur l'état où elles étaient à l'époque où il écrivait. H les divise par l'époque où on pouvait en faire usage , en trois classes , hivernales, sestivales et printanières (0; l'époque des semis était fixée de manière à leur procurer la maturité à ces époques différentes ( 2 ). Us ne connaissaient encore alors , ni le chou pommé , ni les choux fleurs et brocolis, ni ceux à tige ou à racine bulbeuse: Théophraste ne compte que deux 1 variétés , Tune à feuilles planes , et l'autre à feuilles frisées; on en coupait les feuilles jeunes , et la tige s'élevait à mesure, au point d'acquérir la longueur d'un bois de lance (3)f Des auteurs plus modernes ne parlent pas non plus de variétés perfectionnées (4). Il faut descendre plus tard pour trouver une | mention de ces variétés ; alors l'ancien I nom de raphanos fut laissé aux anciens

(i) Theoph. hist. plant. L, 7, c. i.

(%) Theoph. hist. plant. L. 7, c. 1.

(3) Theoph. hist. pleot. L. 6 , c. 1 ; L. 7 , c 2 et 4 ; de cans. plant. L. 2 , c. ao: L. 3, c, 24,

(4) Nicauder et Eudemus in Ath. deipn. L. 9.

choux, tels que Théophraste les décrit, et celui de krambé fut adopté pour désigner les nouvelles (i); plus tard il ne fut plus employé que pour désigner les radis (2). Il est fait mention des brocolis dans les compilations d'Athénée et des Geoponiques (3). Ils n'avaient pas non plus, au temps de Théophraste, la laitue pommée ; les différentes variétés qu'ils en connaissaient , devaient être tondues jeunes, parce qu'en se développant elle devenait araère,et les feuilles et la tige se couvraient de petites épines ; on l'adoucissait aussi en la transplantant fréquemment (4). Ni Théophraste, ni Aristote ne parlent de l'adoucissement des feuilles en les faisant blanchir, ou en les réunissant par un lien; ce procédé était par conséquent, inconnu de leur temps, mais il fut ensuite adopté (5), et il a précédé l'introduction des ' r Variétés pommées dont l'époque n'est pas certainér Athénée parle :d'une laitue qui ne

(1) Geopou. L. 12, c. 17.

(2) Hesycb. voce raphams ; Gai. de alim. facult.L. 2 , c. 44, m (3y Ath. dejptH-L. aj Geopou. L. 12, c. 1,

-<4> Theoph. List L. 1 , c. 16 ; Gai. de alim. facult. L. 2, c. 40; L. 7, c. 5.

(S) Geopou. U »2, je. i3.

montait pas en tige et qu'il nomme eunuque* Cette plante étant annuelle ne peut.se pro-, pager que de graines , ce qui ferait penser que ce passage est altéré , et que ce peut être un indice des laitues pommées, dont la fructification est plus lente que celle de la plante sauvage (i); il paraît qu'il en est aussi parlé dans la compilation des Geopo- Hiques (2). lia laitue paraît avoir été un met de prix chez les Athéniens, car Plutarquç dans la comparaison qu'il fait des frais d'unf expédition militaire avec des dépenses poup les fêtes, la cite parmi les mets qu'on prodiy guait aux musiciens qui devaiant y ftgurpr , et "*juJil représente comme alimentés pendant les préparatifs avec prodigalité (3) ; Suidâ^ cite un amateur qui faisait arroser les sien nés *véc du vin (4). Les Grecs n'avaient , pas jji ^chicorée; au temps de Théophraste , . il n'en parle que comme dune pla^^sapivage dont on pouvait faire usage pour* aliment (5) , mais elle na.pas tardé à être ensuite culti-

: * (1) Alh. deijm. Lé a.l - (2) Geopoa. L. 1?, ci.

(3) Plut, de glor. Atlien.

(4) Suid. voce Arisloxcnes.

~ (S) TLeoph. hisL plant. L. 7, c 7 ftj|»

vée; Dioscoride en parle ainsi qtfe Galien et les Geoponiques (i La mauve était eut-

tivée comme légûrne (2) , ainsi que l'arrache et le poïh*piér*C3) , friais 1 oseille l'était peu ^ et presquette Fantaisie (4). Nous voyons chez les Grecs l'emploi des navets dont iV conv naissaient plusieurs variétés de qualités difffe

rentes (5) , selon les localités ; Celles de Mantinée étaient surtout recherchées ( 6 )t On cultivait Tune de ces variétés poti£ consommer ses pousses printanières (7)^ usage qui existe encore dans le midi de l'Italie. La bette des environs d'Ascrée était très- estimée i du temps ;de €iénrent d'A* lexandrie (8 . Ils avaient aussi diverses va* riétés du radis (9). S'il^faut en croire Sdidâ£

■ 1 1 n 1 1 < mi 1 ■ 1 1 ■ ii 1 , , r

(1) Diosc. hist plant. L. 2, c. *5.9 j.Geppon. L. 1.1 1 ç..i. GaL de alim. facalt. L. 2 , c 41. *V .

(2) Gai. de fucuit. alim. L. a, c 42» * *~

(3) Gai. de faculL alim. L. t.\ g. 46 at £f* - "T' i ~ JT

(4) Gai. de alim. f.icult. L. 1 , C 48. s - -

(5) Theopb. hist. niant J^. 7^ çv 4 j Ath. deip». L. 5} Gai. de alim. fecult L. », c. 62.

(S) Clem. Àîax. Paedûg. L. 2 t c.~i. : " * - - ^ -

(7) G<*of>ôn. L. i2 , c* 1. r * " :* ^ „ *<t

(8) CUm. Alrx" p.-rdag. L. 2, c. r.

(9) Theoph. hist. plaut. L. 7 , c 4 J Ath. deipn. L.» et 0.

on l'employait plaisamment chez les Grecs, pour se venger des arcSenS si "redoutés des jaloux r i).Xes Grecs faisaient un très-grand usa^e ' des différentes plantes congénères , de l'oignon \ rail était pour eux jd'un usage habituel, et ce sont eux sans doute qui l'auront porté dans la ■ France ■ méridionale (2); Le compilateur des Geôponiques prétend qu'il perd sa mauvaise odeur, lorsqu'on a soin de le planter et de le récolter dans un temps où la lune ne paraît pas (3); c'est dommage qu'un pareil secret n'ait pas cet effet. On le voit employé pour exciter les animaux q l'ils faisaient 'combattre , notamment les coqs (4>>5%?e t'a? employer en Egypte pour éxciter les béliers au combat. A peine ose-t-on citer* un r au trie usage de l'ail qu'Aristophnne attribue "au* Athéniens aisés (5).

Les Grecs avaient eri racines alimentaires, la betterave , le genêt ou coulchas , les raves et r*a-

(1) Suicîas voce raphanidothaaai \ etci; Aristoph. aubes Act. 3, se. 3, r. 120.

(3) Geopon. L. 12, c 3o.

(4) Suid. voce eschordismenos. .

(5) Arjst Plutus, Act. 4, Se. v. ië.

vetsdont j'ai déjà parlé * la carotte, le céleri, et une berle qui peut être le chervi , mais

semblables à ceux du lys bulbifère (i), organisation qui n'est connue de nos jours que sur la

berle de la Chine, dont il n'est pas probable que les Grecs eussent connaissance ; seulement il serait possible que le chervi cultivé sous le climat plus actif de la Grèce les réunit pareillement. En corapilantce passage Pline a commis une plaisante erreur; il a dit que c'était la résine transudée des tiges qu'on mettait en terre pour multiplier la plante (2).

L'artichaud leur* était inconnu , ils ne l'ont reçu que long-temps après leur soumission aux Romains ainsi que la scorsenère (3). Avec un potager aussi limité, et surtoutavec ^es plantes

(1) Theoph. de caus. plaut. L. i, c. 4 ; hist. plant, h. c. 2 ; Gai. de alim. facult. L. 3,c. 62 et seq\

(2) Pl. hist. nat. L. 19, c 48.

(3) Il a cependant été connu bien antérieurement par les Grecs de Sicile ; ce qu'en ont dit Théophraste et Athénée met la chose hors de doute (Theoph. hist plant. L. 6; Ath. deipn* L: 2). D'après l'assertion de ce dernier auteur qui cite à son appui les mémoires de Ptolemée Evergète, cette plante serait sauvage en Lvbie (Ath. deipn. L. a), la manière dont je l'ai rue végéter en Egypte où elle devient impossible à détruire dans les jardins où on l'introduit! rend la chose vraisemblable.

qui différaient peu de la nature sauvage, il n'es* pas surprenant qu'ils fissent un très-grand .usage des plantes agrestes, comme aliment. -Théophraste en indique plus d'une trentainé d'espèces, qu'on récoltait pour cet usage, et sans doute il ne les a pas toutes nommées, mais seulement celles dont il a été conduit à parler^ par les observations qu'elles lui suggéraient? car c'est accessoirement qu'il a indiqué leur emploi diététique. On se souvient que les soldats dé Gésar pressés par la famine , aux environs de Dyrrachium, y trouvèrent une ressource dans la racine d'une plante qu'oii a nommée chara (1); M. Thibault d& Befcnaux a reconnu épie c'était le crambe tatdrîdà dont les habitans font encore usage Ce nos jours encore les Grecs font un très-grand usage des plantes isâuvages comme aliment; l'un dès meilleurs voyageurs modernes est entré dans plusieurs détails sur cet usage (3), et je l'ai pareillement observé dans le midi -de l'Italie qui fut si long-temps habitée par

les Grecs*

(i) Coes. bel!, civ. L. 3, c. 48.

(a) Mag. Encici. an 18 1 5, T. 1, p. 7 S.

(3j Olir. Vojr. T.a, L. i3.

- — Des bestiaux en général.

. S'il faut ajouter foi aux assertions de

JPollux, auteur du bas Empire, mais qui a puisé dans les écrits d'auteurs plus. anciens, les Athéniens , à l'époque où ils étaient divisés en castes, avaient placé les pâtres dans la dernière de toutes (i), point de ressemblance de plus avec Jes Egyptiens , qui avaient voulu augmenter par Je mépris, leur séparation des Arabes . nomades dont ils. étaient entourés. Mais cette . manière de voir, si elle a existé dans cette ville à une époque quelconque , n*a pas été partagée par les. autres peuples de la. Grèce; ceux des régions, montagneuses , tels que les Arcadiens , les Èpirotes de la région élevée, les Tliessaliens et d'autres encore, en faisaient leur occupation principale. Varron confesse que l'instruction qu'il pouvait avoir sur ces matières, il la devait à son séjour en Grèce (a)> et le peu de bon qu'on trouve sur les animaux dans la compilation de Pline, on voit qu'il l'a pris sans le dire, dans l'ouvrage

(i) Poli, otiom. L. i | c. 2.

(t) Varr. Ex:on. L. a ♦ prasf.

( 4gq )

d'Arîstote. C'est dans cet ouvrage , qui heùreusement existe encore , que nous puiserons aussi beaucoup de lumières sur l'économie des Grecs relativement aux soins qu'ils donnaient aux animaux domestiques; mais nous éprouvons la même disette de matériaux sur les rapports de cette économie avec la richesse générale, dont nous nous sommes plaints plus d'une fois , pour les autres branches de l'économie publique. Les Grecs habitués à considérer les industries de tous genres comme des spéculations individuelles, profitables à celui-là seulement qui s'en occupe, n'ont jamais considéré les rapports qu'elles ont avec la fortune de l'État. Les animaux domestiques servent à l'homme par leurs travaux , par leurs produits, et en cessant de vivre par leur propre substance ; la consommation doit en être proportionnée à la reproduction , et cette dernière devant être réglée sur les moyens de les nourrir sanè préjudicier aux autres cultures nécessaires à l'homme ; c'est de toutes ces combinaisons que naitune industrie avantageuse à la société. Pour pouvoir apprécier avec précision ces rapports chez les Grecs , il faudrait avoir davantage de notions sur le

rôle que jouait cet aliment dans leur régime diététique , et il nous manque des données pour pouvoir l'établir avec quelque précision. Nous voyons bien les héros d'Homère extrêmement carnassiers , mais il nous print ces chefs rassemblés dans des occasions solennelles, et non tels qu'ils pouvaient vivre dans l'intérieur de leur famille , et rien ne prouve que le reste de l'armée eut la même voracité. A des époques moins anciennes on ne voit aucune mesure prise pour les approvisionnemens des armées, à l'exception du blé, et l'on serait tenté d'en conclure que chaque soldat se procurait par lui-même ses autres alimens. Les approvisionnerons pour la marine ne paraissent pas non plus avoir consommé des viandes. Le parallèle que fait Plutarque des objets qu'embarque un capitaine, de navire pour nourrir son équipage, avec ce qu'on emploie pour nourrir les musiciens destinés aux fêtes, indique seulementla farine, le fromage, les oignons , et ne parle d'aucune viande sa lée ; d où l'on pourrait conclure que les classes inférieures se nourrissaient davantage d'autres mets, si ces inductions étaient moins incertaines et insuffisantes,

rr' t.- v 5 - 4 * 492 '") - W»V * Les sacrifices étaient une Source dé consommation , particulière aux anciens. La cl votion publiqùe Vt particulière faisait tom-^ Ber sous le coutéati dés prêtres, de nom- Breuses victimes. Cet 4 lisagfe remontë auxj temps les plus ïeculés , j>iiisqùe housle voyons exister dès les temps homériques; cependant plusieurs écrivains7 ont prétèndu, qu'à des époques reculées , on n'offrait aux dieux? que les fruits de la tëtte ; ét que certaines offrandes de ce genre , usitéês dans quelques temples, sont des restes de ce culte antique (i); mais je pencherais plutôt à croire, que le choix* de ces offrandes, sans être plus ancien, tenait seulement à d'autres allégories. Le fait' est <^u*ort igtiôre Torrgine des-lsacrifices d'animaux; et lés causes qui l'ont fait imagine* lie somVpas pfos^ëert'àhiëis.' Fàut«-il regardéi. les sacrifices "cotimfé- dés institutions d'un peuple èivîiîsë^qûî'a voùfe aœufer par ce. moyen-nme-^nsfnmnatiofh-d^tmaux pour développer l'industrie J dfc ietir éducation ?

Mais alors restitution aurait présfettté dans tous ses détails , un ensemble réfléchi , où le

(i) Porph. de abstin. L. a, c. 6; Pans, in Att c. 26; ML var. hist. L. 5 , c. 1 4 , L. 8 , c. 3 ; Yurr. Econ. L. 2, C. 5»

choix des victimes aurait été combiné avec l'utilité publique, de manière à ne tomber, pour les animaux utiles par leur travail ou par leurs produits, que sur des mdfvidus qui auraient commencé à cesser d'offrir ces avantages. On choisissait, au contraire, ou lesindividuç lç6 plus beaux et dans la force de l'âge (i), ou ceux qui jeunes encore, donnaient l'espoir d'être utiles, ou des femelles pleines, au moment où elles étaient le plus précieuses (2). Rien ne prouve des institutions établies pour le bien public; il faut leur chercher une autre origine. C est dans la loi du talion , la plus ancienne des lois, qu'il faut chercher celle-ci: l'homme offensé voulait être vengé, ou en faisant souffrir lès mêmes maux à Pauteur de 1 offense , ou en recevant de lui une satisfaction^ suffisante pour l'appaiser. Ce rachat dp. sang, qui existe encore de nos jours chez plusieurs peuples, tels que les Arabes, était commun aux peuples anciens; on le trouvë^ffansTêT'plus" anciens livres juifs (3),

(1) Hom. IL L. 1, t. 66; A th. deipn. L, 1 5 . c. S; Plut, Àe oïacî àtii ■ »«'., iM

(2) Paus. fn Cor. in Bœof. . .

(3) Ptrftl. L. 19', y. a^. t ï

chez les Celteset les autres peuples du nord (i)» et chez les Grecs d'Homère (2). Les hommes qui avaient fait les dieux à leur image, leur attribuèrent les mêmes passions; et les prêtres intéressés à les peindre offensés pour s'établir les médiateurs du pardon, firent une spéculation de leur entremise. Les autels se couvrant de victimes dont les entrailles brûlaient sur l'autel, en offrandes à la divinité, tandis qu'une part des chairs destinées à leur aliment, était réservée aux auteurs du sacrifice (3), il n'est pas étonnant qu'une loi ait enjoint le choix des individus les meilleurs et à la fleur de l'âge; ainsi , le bœuf appesanti par ses travaux ne quittait jamais la charrue pour périr sur les autels, il était relégué dans les boucheries (4). Que ces sanglantes cérémonies se soient propagées dans ces religions sombres , où un corps de prêtres était in téx^essé à entretenir la terreur pour conserver son in-

* CO Tac. de mor. germa». Lmdomb, glas«f„*oce JFcregil-

dum. - - .

(2) Hom. II. L. 18, v. 496.

(3) Atb. deipu. L. 9 , c. 6 ; Xen. raemoraB. L^a ; Lucian. inPhaier.

(4) Ânthol. V. 6 , ep. f. i; 4

fluence, on n'en est nullement étonné; maïs cette conservation a lieu de surprendre chez les Grecs , et prouve combien est fort l'ascendant de l'habitude. Comment pouvaientils lier à leur culte plein d'allégories riantes, l'idée d'immoler des victimes? quel assemblage que celui de fêtes brillantes où la plus belle jeunesse mêlait la 1 dan'se à ses concerts, tandis que des animaux tombaient sous le couteau des prêtres, que leur sang coulait sur les parvis du temple, et que leurs entrailles brûlées sur les autels répandaient une odeur infecte , que les parfums et l'encens ne pouvaient pas masquer (i)! Je le répète, le pouvoir de l'habitude a pu seul voir ces contrastes sans en être frappé. Nous avons déjà fait observer" que chez les plus anciens Grecs l'égorgement de la victime était le seul acte religieux. Ils n'avaient pas imaginé de chercher à lire dans l'avenir par l'inspection des entrailles, ni Homère, ni- Hésiode , ni aucun des anciens n'en font mention; c'est des Etrusques que les Romains l'ont appris , et non des Grecs. Le seul acte religieux que nous voyons pratiqué chez ces derniers , est lorsque

(i) Lucian. de sarcif.

l'égorgement d'une victime avait pour motifquelque serment solennel; ceux qu'il .devait, lier le proféraient en posant la main sur ses organes sexuels (i). L'usage de jurer sur ces parties existait aussi chez les anciens Juifs (2), et existe encore chezles Arabes (3j. En admets tant le motif de la consommation pour lessa-s crifices, il faudrait pour en apprécier Tin* fluence sur l'industrie qui s'occupe de l'éduca^ tion des animaux, connaître le nombre des victimes qu'il exigeait , mais il serait difficile de l'établir , puisque à l'exception des sacrifices réglés pour des fêtes périodiques qui en consommaient la plus faible partie , le plus grand * nombre résultait de la dévotion des individus et était aussi variable que les causes qui pouvaient l'exciter. Des consommations aussi irré^ gulières, tant relativement aux époques qu'au "' nombre des animaux , ne pouvaient pas avoir " les mêmes avantages qué si elles avaient été ré-" gulières , parce qu'alors* la reproduction aurait été calculée sur les besoins connus, au lieu

* que

» " ' I .'J WJ" ,f, 1 ,■ nu 9* t |ii m 11 ,11 ,

(1) Paus. in Mess.

(a) G euèse c. a 4 , v . z e t 9 , c 49 , Y . .2$, (3) Décade cgypt. T. 1 , p. 64".

Hue ces besoins imprévus détruisaient néces* sairement l'équilibre. Les écrits des anciens et leurs monumens, font mention fréquemment d'héca tombés * ou cent animaux tombaient sous le couteau des prêtres (i) ; et c'ér tait surtout dans les occasions de calamités^, où des sacrifices multipliés par l'effroi et 1% crainte, ajoutant de nouvelles pertes aux maux que souffraient déjà les individus, ce surcroit momentané devait porter un couji d'autant plus funeste à la multiplication des animaux, que le choix des victimes tombait nécessairement sur des individus dont la carrière d'utilité était plus ou moins commencée, et toujours éloignée de son déclin. Il faut encore faire l'observation , que dans la majeure partie de la Grèce le pays était peu convenable à l'éducation des bestiaux, à cause de sa sécheresse; ainsi elle ne pouvait pas en avoir une surabondance telle , que la consommation pour les sacrifices put être en excédent sur les besoins pour la consommation. Cette dernière a dû dès lors en

(i) Meurs. Op. T. 3, p. 85a; Pau*, iu Mess. ïsocr. Arcop. TiU lÀw. L. 4*. * H; 3Un. hisLg* U C, c 71 *rto. Vo/. d'Aaadi. ch.7«t note iX

( 49» > ) souffrir^ et c'est au moyen des privations que devaient s'imposer les classes utiles de la société, que se formait la consommation pour les sacrifices, dont l'emploi principal était la nourriture des ministres des autels. Dans plus d'une occasion , le, gouvernement a dû proscrire la destruction de ces animaux dans les boucheries, pour la conservation de leur race (i). ''-> • •' > «•* t îvjw*****

, Des bêtes à cornes. ( x

Les Grecs en ont eu plusieurs races plu» ou moins perfectionnées, et plusieurs personnes ont donné leurs soins à Jes perfec- . tionner : on cite Polycrate de Samos comme ayant fait beaucoup pour cela (2). Mais la : race la plus estimée était celle "S'Epure : ïe troupeau qui la conservait appartenait au, roi. On ne commençait, dit Anstote, à en tirer des élèves, que la neuvième année mais il paraît qu'il y a exagération ; cët âgé est trop voisin de la vétusté ichéz ces animaux, pouf qu'oii retarde jusqùes là leur

(l) AtU. deipu. L. 9. v

.v (b) Anst. Pol. L. 1; eu, moto 8 de la traduction. f , p) Ariit. hiiU «Aim. L. 8 • c 7^ >lR flï ^

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réppo(kictroii. JMiBe^. au, tetqps de ^uî cette race existait «noore*, ditquon commençait à les fake proaVie,|a quamrme année, ce qui est plu* vçH^erpma.ble* On en transportait beaucoup â R^^ pom- la consommation des saerifice&apr^* les ay^ir soumis à l'engçais (r). . Outrer la beauté des formes , cette race avait l'avantage d'être Irès-abondante enjai ty Ari*totô «fc éwaiue le ^produit journalier à un amphoreus ^ar jouai*} , quantité qui excède ce4ut des : meilleures ^^vaches de U Suisse et . de kfiolltode (3),, S'il faut en croire Arrien , Alexandre frappé, de la beauté de la race qu'il vit chez les Aspiens, en fit conduire un troupeau en Grèce ; mais , ou le fait est faux, ou l'expédition n'arriva pas à sa destination^ car on n'en voit aucune trace dans les écrits d'Aristote , qui n'aurait pas omis d'en» parler (Çh La manière de conduire ces animaux variait suivant les localités ; les parties centrales et montagneuses, riches en pa* itimges, en avaient^e^roupeaux nombreux,

, $i) PI . h ht. pat. h. 6 , c. 70.

C*) Environ 1 5 prêter èt**n*, mim j^Ti;

(4) Atr. E»t«d. Alex. L. 4, c. 8»

•jui, pondant la belle saison erraient sur les montagnes , obéissant à- Ja voir de leurs pâtres £r). À l'exception de l'époque de^an*1? née où la nature Amande l'union des sexes , on les tenait séparés'en troupeaux distincts fa)P Cette époque venue, chaque taureau réunissait autour- de lui Un certain nombre de fe-' melles , leur audace en augmentait le nombre y et le grand troupeau se divisait ainsi en: autant de groupes distincts qui restaient sé»"> parés, jusqu'au moment où le vœu delà na-tuce étant rempli, ces causes de division cessaient d exister <3). Dans les cantons de la Grèce où les troupeaux formaient la richesse des habrtans, les élèves et les produits qu'ils en tiraient, formaient m objet de commerce intérieur , ou avec les autres peuples voisins; mais nous ne voyons pas qu'ils soient entrés dans le grand commerce pour l'exportation , au loin, quoique la préparation des iro+y mages fut très-ancienne chez les Grecs , puisqu'ils figuraient de fondation, dans leurs repas «acres dont l'institution était fort ancienne (4).v ^ 1 .. ' ' , 1 ' ". •'- . m'\

(l) Ari»t bût. animal. L. 8, C. *3 j GtopOB. L. Iff* >#

(a) Àriit. kût. uSTCTTS ilT

0» Arfrt.Ust.aota. 1» <»* 1* ' - \^

<4) Ath. éâ§m 1*4-

H paraît que ceux de kit de vache qu'il* fabriquaient, étaient de qualité médiocre, puisque nous ne les voyons pas cités dans la compilation d'Athénée , non plus que dan* celle de Pline, où Fan et l'autre ont dît ceux qui , de leur temps, avaient quelque ré» putation (i). De nos jours le commerce en exporte , mais ils sont de mauvaise qualité , ce qui est un indice de plus qu'ils l étaient alors ; car une industrie de ce genre se serait conservée, ai elle avait existé : les seules industries que les crises politiques peuvent dé» truire, sont celles qui demandent une mst miction première, ou l'emploi de capitaux r parce que ni l'un ni l'autre ne peuvent exister, a» milieu des tourmentes politiques long*, temps prolongées, ou sous un gouvernement oppresseur. Les Grecs ne faisaient aucun us^giâf ^ du beurré Aristote n'en fait aucune nréniion. Pline qui a connu la Grèce , n'en parle q ue comme d'un raèt des barbares (2) ; GaUen *n'en parle que comme pouvant servir.aux préparations des médicamens, mais sans tlire on trrot~de ses qualités alimen-

(1) Ath. «ieipn. Pt. hi»t. n*.

PI* lust» ii&tf \j% 9 c» 3i» —, . », .

- tiirëi <TT. On voit qui! en est fait thentiou dans lès écrits de Clément d'Alexandrie (a> : les Orientaux cOtnttîfe lès ^ppuples: du Nord . en ont fait usage délies temps les plus reculés 3). H existait cnez tes Arcadiéns une opinion plus où moins platusïble ; -que le lait, au printemps participe de 4a nature des Herbages 'dont" -les vacbes sont nourries , et1 ils en faisaient un emploi médical à cette époqiiêHfî. Dam les cantons de la Grèce où le climat se refusait à la production des prairies Détur^lle^ V on les remplaçait par des prairies artificielles^ Qrtrfvait peu de betes 4 carnes^ lâ^breb&'!«C la^ chèvre moins con-

^ofniffa'trice'* le*lnem£kçaient pour- le laitage ; c. ~ rjit^sëliornaifc du x^œufe nécessaires pour les

- s$ibêUf*.ii&isDétiiè ét&tparlé des prairies na- ::tttr€llae tefcrtçh$ espèces de plantes qu'on y

2vaénvpl&y*ta ©waâjoutâft à leur produit, pour :«!^#Kfi$£ndes animaux, des graines de !lé- 30 gUT$M«eusfes yde!l%fcge* nsêmedes figues sèches, -â Btideifeaittes cftrontf arrosées avec du viri r5) ;

(0 Gai. de idiot, fafcufc, L. 3, c. 14.

(2) Clem. Aie*. Paedag» L. 1 , c»»4>« •

(3) Deuter. c. 3a. v. 14. .: ,

(4) Theopli. hisi. plant. L. $\ c. i5.

(5) Arist. hist. anim. L. 8, c. 7j Geopon. Lt-17; c *2r

les lichens si communs sur les arbres résineux , fourn issaient aussi «n excellent moyen de les engraisser (i). Une pratique singulière que recommande Aristote pour 1^ accélérer , est d'injecter <be-Ta«r soos la^reau.* en y soufflant par des incisions qu'on y a faites- (a). rh| ?^*i* 4> », .v •., *+? ».

De* à laine et des chèvres.

Chez les Grecs, les étoffés de lainë formaient la base principale des vèteméns des deux sexes. Dès les temps lés plus anciens, ridée de se vêtisse "liait â celle ^eïâ dfcpouille des brebis (â) :' tfayant aucune manufacture, chaque famille faisait elle-même les tissus dont elle voulait se couvrir. Dans ces temps* où les mœurs étaient simples, la maîtresse de maison présidait à ces tràvauï, dont les esclaves du sexe étaient occupées : à mesure que le luxe s'est introduit, les femmes riches se sont éloignées, davantage de ces occupations , et leurs gynécées , qu'elles ne

" " > ■ b vw . »■ • - » ■ ». ... — » ■ -*••-•»•»» - • "* 1 ,• ■ » ' ™

■ '« »| . * .v : il s ~ 1 •- ••• •

(1) Tbeqph. de caus. plaat. L. a, ç. 23} PL lus t. nat. h-

(2) Arist. hist. ani^i, L. 8, e, 7. , ^ u Jj^q -

(3) He». Op. cl ciie.. x . ,. ^ ,„;{ . ,

presi ne ren t pius , devinrent ces espèce» ae manufactures à leu r usage. Au temps du bas Empire , le gouvernement donna Je même nom aux établissemrns , où il faisait exécuter les objet* dont il s'étàk réservé la fabrication exclusive. Ainsi dès les temps homériques, où la maîtresse de la maison présidait aux travaux, fusques aux derniers temps où la Grèce a passé sous la domination des Turcs» elle n'a eu à aucune époque des manufactures, proprement dites 9 et l' emploi de ses laines a été une industrie domestique pour son usage seulement , sans livrer aucune portion des produits au commerce extérieur* Il faut ce* pendant faire une exception pour les colonies grecques d'Asie, qui paraissent avoir fait ut* branche de commerce de leurs tissus en laine (i)f

Les Grecs ont eu plusieurs races différentes. ï)ans leur nombre, Aristote *[ui en distingue une très-grande de l'Epi pe, dont le troupeau appartenait au roi, ne dit pas* de quelle nature était , sa laine (2); mais la distinction principale était entre les races à laine fine et celles à laine com-

(1) ML rar. hist. L.7, c. 9.

(a> Ans. List anim. L. 3, c ai,

ni une, dont . oelles^i étaient au *si utile* par leur lait, Aristote dit que les premières étaient plus délicates pour les intempéries du climat (i), ce qui indiquerait que leur in* traduction en Gj?èo* était moins ancienne que l'autre , et confirmerait l'opinion de Vawon, qu'elles étaient originaires de l'Afrique ( 2 ) ; on les tenait surtout dans la proximité des habitations (3). Il ne paraît pas que les Grecs aient eu ¥ au temps d'Aristote, l'usage de les oouirrir de peau ; du moins il n'en est fait aucune mention, ni par Aristote, ni par Xénophon, et le premier stuv tout eut été conduit à en parler dans plus d'un endroit de ses écrits, s'il lavait connu (4). Dénjosthène qui parle de cettë raee arec quelques détails, garde le même silenceitfô). Il faut en conclure que le propos attribué à Diogène le cynique sur les habitans de Mégare est controuvé, et que Diogène Laerce pour faire un bon mot, aura attribué à cet temps-lâ, un usage qui n'a été momentané-

(i) Arist. Prcblem. Sect. 10.

<x) Varr. Ecoo. L,»,c. v .

(3) Pol. hi*t. exc. L. 9 , c. 17.

(4) Arist. problem Sert, ip, 5 *4

(5) DeraosL^. in Ererg.

ment adopté que long-temps après (i). Varron est le premier qui en parle, et il dit que de son temps il était usité pour les brebis à laine fine de Tarente et d'Athènes (fi). Pline et Clément d'Alexandrie en parlent encore (3) , mais il n'en est plus questiou ensuite , et on y aura sans doute renoncé, tant à cause des frais, que du peu d'utilité qu'elle avait. Il parait que cette race était beauconp plus chère que l'autre ; à défaut d'évaluations comparatives prises à la même époque, nous ne pouvons nous servir que de celles d'époques différentes , qui cependant peuvent paraître assez précises. D'après l'assertion de PI ut arque, la bête à laine commune avait au temps de Solon une valeur égaler un médimne de blé (4H or >au temps 4e Démosthène, le blé vallait environ cinq francs « 5).

D'un autre côté , Démosthène , dans ui de

(1) Diog. LaerL in vila Djog, cyn. Voyant , dit-il, un tron* peau couvert de peaux conduit par des enfin* en guenilles, il dit qu'il vallait mieux être le bélier <jue U fils d'un habitant de Mégare. ' S " ° : '>

(2) Varr.Ecou. L. », c. ».

♦ (3) niât, nat. L. 8, c. 62 5 Clem. Aie». Paed^g. L. »,

(4) Plut, in Sol. >

(5) Demostb. iu Phorm*

plaidoyers , évalue cinquante bêtes à laine fine à plus demille-tçois-ceBts-treize drachmes, ce qui ferait un peu moins de vingt-quatre francs chacune (i). Il manque, pour que ce rapprochement soit précis, de savoir , si au temps de Démosthène, la bête à laine commune avait conservé la même valeur d'un médimne de blé, qu'au temps de Solon ; et on peut en douter, parce que, ainsi que je J'ai déjà fait observer, avec le développement delà démagogie, le gouvernement s'est tous les jours davantage attaché à maintenir le ble à unpi^mféxieuT à .sa valeur réelle. Nous n'avons qu'une donnée bien insuffisante sur le prix des bétes à laine vers cette époque, . JUysjas, dans un de ses discours , cite comme un exemple d'exagération coupable, un individu qui avait , vendu seize drachmes un agneau, ce qui ferait environ treize francs (z\

La race commune servait, par sa laine, pbur des ouvrages inférieurs, et aussi par son lait; nous voyons l'usage de les traire dès les temps

d'Homère (3), et Aristote assure qu'on le

(l) Demos th. iu Everg.

(») Lis. iu Diogit

pouvait jusqu'à huit mois consécutifs, saut que l'animal en souffrit, ce qui parait excessif (i): leur lait, outre la con sommation en nature, soit pur, soit mélangé à celui de chèvre, servait à la fabrication des fromages (2). L'usage de leur donner du sel était extrêmement répandu; on le considérait cornue contribuant à leur santé en tout temps , et comme facilitant leur engrais à cette époque de leur vie (&* Àiristote fixe la proportion dans laquelle il faut lé leur donner, à un médimne (4) tous les cinq jours pour cent bêtes, quantité qui parait' excessive (5); il donne beaucoup de détails sur les maladies auxquelles les bêtes 4 laine sont sujettes , et il est à remarquer , que dans le nombre , il ne cite pas le dâvétu , dont les caractères et la contagion seraient bien ■ remarquables ; son virus si semblable , à celui ' de la variole chez l'homme, se aeraiM^dé-'

veioppéâ la même époque , chez cet animal , J

(1) Anst. Lut. anua. L. 3, c tu

(2) A th. deipn. L. 14.

(3) Arift hi*t, auim. L. 8, C. 9 et lOJ Plut. *****

■atur. § 3* .-î . .'.» J â* v-/

(|) Quatre boia*«aux ea^ron de Pan*, u , * , £ (S) Ariat hiaL tuim. U8,«. 9. J ^ *i 'vN : >

ainsi que chez les vaches, où il a fourni ensuite un préservatif contre ce terrible fléau? Dans les troupeaux un neu considérables, les pâtres habituaient un des béliers à obéir à leur yoix ; au moyen de ee chef imbécile d'un troupeau plus stupide, ils dirigeaient ses mpuvemens par l'habitude que la nature a donnée a ces animaux, de se précipiter là où l'un. d'eux a fait un premier mouvement; un $ei& suffi* pour entraîner la totalité (i). Ils avaient aussi des chiens , et laracede Laconie était |a plus estimée Ca), JMOAna i pour la conduite du troupeau que £)our sa défense contre les loups, d'autant plus îftuUipliés , que la suM i v ision de ia<kède en petits, états, s'opposait à l'ensemble des mesures nécessaires pour les détruire* Dçs prix étaient cependant accordés • du moins a Athènes, à ceux qui en tuaient; niais ee s mesures, locales n avaient pas les mêmes erï e ts qu'une mesure plus générale (3)- Une loi défendait à Athènes de tue? les brebis qui n'avaient pas encore mis bas , et n'avaient ■ •■■ ■ . i ■

(0 Aria. List. tnia. L 4, c. 19; L j, c. 3.

(2) Amt faut. anim. L. c 1; Vâft. Econ.JL ». * tt Jcn.Ecoc. Dctootih. in Amtog. $9jph<Kb Ajat. «ftstig. T. t.

(3) Plut, in Sot

psfa été soumîmes à la tonte mais on îie sait, ni l'époque dé cette toi, ni si elle était strictement exécutée. '

La chèvre moins docile k la voix du berger, impatiente, toujours en mouvement, aimant â s'égarer sur les escarpemens , où les bourgeons dès arbustes lui fournissent un aliment qu'elle aime, était plus* difficile â réiinir en tro upea u x (2 ). \\ parait d'après ' lâ' peinture qu'en fait Aristotei que les Grëcr^ôvailttt pas encore la race à poils courts et oreilles pendantes , que ses habit^rfe ljluè tranquilles rendent plus facile à conduire, et eh effet Aristote ^nVn parle que commè particulière à la Syrie (3). La face commue qulls -élevaient, leur fournissait des poils qu*ils~éffc*~ ployaient à fabriquer des cordages (?) ef dèV étoffes grossières, dont les màrrfis i Taisaient usage pour se ^ittfer^^ •et quW employait ^si poùr leYarrn^(6).h •Cet animal qui redoute \eS froîdiTplùs^uV*

~ ~ "~ * " * nrr^rr ■*•-*: - — •*r*r; n —

(1) Ain. deipn» L. 9. •

(2) Arist. hist. aiiim. t. 8 , c. 10 ; *G«opdll. 4Lr1î8,r*cT

(3) Arist. hist atiiiny L.-8 c. HÈf i * *f f- . HS>jl^ r-; i i ,v (4) Geopon. L. i&, c. 5. : ?r r*r*v-

(5) Paus. iofMioc.l v ' S* :u k. Tf- - f p Ç\

(6) Snid. voce Egesta. .'c à -f '■'

( 5rr )

les bétes à kine , convenait par. cette raison au climat tempéré de (a Grèce jûaritime (i). Aussi , à l'exception des montagnes du centre couvertes de pâturages , le* autres , sèches et arides, ne pouvaient servir qu'à la nourriture de ces animaux; ils en élevaient là de nombreux troupeaux , redoutant leur séjour dans les lieux cultivés , où leur dent est si destructive (2). Leifr lait était le principal produit qu'on en retirait ; ils en fabriquaient des fromages, dont on prolongeait la durée par la dessicatioru ( 3 On employait pour leur préparation*, k*: pressuré (4) à laquelle, dès les temps d'Homère ,.on suppléait avec le

suc laiteux du figuier, (5).

Des chevaux* unes et mulets.

~Eer cantons maritimes dé la Grèce, et surtout dans la partie Ma plus méridionale , étant plus secs et décharnés , ont eu peu de

Ariit. bist. anem. L. 9, c » • ' " " ' * (a) Theoph. hist. plant. Plut, quaest. gr. J 10. « »

(3) lie. s y ch. voce Tarrerf Houf. Od L. r, 119 ; U. L. 11, v. 638. 1 f ;,/v • ■ * tJ - '

(4) Àrist. hist aniih. L. 3 , c. a<J. ' ~ ;

cheraiix. tés cantons du nord et du centre qui avaient des pâturages plus abondans 9 en ont eu davantage* Lacédémone avait peu ou point de cavalerie ( i ) ; Athènes en avait peu { il fallait être riche pouf y être admis (2) , et cependant ieè cavaliers recevaient en tout temps une rétribution pour l'entretien de leur cheval (3): ce fut aussi la condition nécessaire pour y être admis dans l'île d'Eubée (4). Le» Thessaliens, au contraire, n'avaient presque qu'une cavalerie fort redoutable <5> Là fable des Centaures est une allégorie cosmique, mais lé placement de ces êtres en Thessalie prouve l'antiquité de l'usage qu'on y a fait des chevaux (6)5 la race qu'ils élevaient était aussi la plus estimée (7). Les chevaux de l'Argolide (8),

iï**è*r ceux

. (i) Xen. List. gr. L. G , c 4. ' ^

(t) Art st. Polit. L. 4 » c 3; £j. 69 t* 7} Xen. dexet cjutstr.

(3) Xea. de magût*. Equit. "

(0 Amt Polit. L. 4, t. l) Hesych. roce vppobotai.

<5) PoL hhi. L. 4; Max. Tyr. dks. i ; Dioà. *c L. ^: Herod. L. 1, c

(6) Ptift, fiût pat. L. 7 , c 56.

(7) Varr. Ecpu. L. 1, C 7; Atlu djipa. L. f\ Ludaju Zeuxis. Herod. L. 17. C ï$6 ; Suid. voce Umeis,

(8) Hom. Od. L. Kl , *< a3*; ffor. pdf 4 i, 9#. f

( SiS )

ceux de L'Élide (i) et ceux de l'Épifè (ï) étaient ëstimés. Là Béotie eh élevait aussi beaucoup (3). Les chevaux étaient réservé» pour la guerre, les usages du luxe et les courses dans les fêtes* La vélocité si recher* chée pour les eourses, leur donnait le plus grand prix. Lorsqu'un vainqueur , dans les jeux > avait remporté/le prix avec un attelage de ses propres haras, il avait soin d'en fair» mention dans ^inscription placée sur le pié* des ta 1 de sa statue; d'autres l'ont fait quelquefois; et le nom de quelque haras plus souvent répété, devait nécessairement augmenter la réputation de . la race qui y . était élevée 00. Les honneurs attachés à ce genre de succès devaient influer sur la perfection des races, et ont eu: cette influence, moins cependant que si Ton eut établi que des chevaux grecs pourraient seuls concourir j mais tous, quelle que fût leur origine, étaienf admis; le morcellement de la Grèce, et les rivalités de ses républiques multipliées <

(1) Hom, Od. L. 2i , y. Bot. Or. L a , od. Ȏ\

(2) Vitg.Georg. L. I, t. $9;.Stra!>. geogr. L 8.

(3) Dicœarch. deitatu gr*c.apud. Geogc «in, Hud*. X. p. i5.

(4) Pans, ia El.

s'opposaient à ce qu'il fut pris une mesure <J'un intérêt général. La course que Sophocle a décrite dans son Electre tient aux temps et aux personnages mythologiques , mais le poète ne s'y est pas écarté des usages nationaux, et nous y voyons figurer des chevaux de la Lybie (1). L'emploi de la cavalerie ne parait pas ancien dans les armées des Grecs ; dans les combats multipliés qu'a décrit Homère , on ne la voit jouer aucun rôle , les chefs combattaient sur des chars mêlés à l'infanterie; on croirait presque que l'équitation leur était inconnue, si dans un ou deux passages, il n'était pas question d'hommes montés sur des chevaux (2), et s'il ne donnait pas l'épithète de cavalier à Nestor (3). Hésiode en parle davantage, et peint des hommes s'exerçant avec leurs chevaux à des jeux militaires, ou luttant de vitesse dans leurs courses (4) , tandis que d'autres étaient montés sur des chars pour des exercices semblables ( 5 ). Ainsi dans les

(c) Sophoc. Elcctr. v. yo3.

<a) Hom. II. L. 6, t. a3a; L. 18, t. 73ij Od. L. 5, v. 37t.

• (3) Hom. H. L. a, v. 33$; L. 8, v. 81., (4) Hes. Op. v. a86 5 Y. 3o5 , etc.

(b) Hes. Op.

. temps qu'ont peint Homère et Hésiode, l'usage de combattre sur des chars existait dans toute sa force; ils étaient le partage des chefs, le vulgaire de l'armée était à pied. Sans doute les nombreux inconvéniens qu'on leur trouve en fit insensiblement abandonner Tusage; on s'aperçut qu'ils occasionaient aussi souvent le désordre dans l'armée qui les employait, que chez l'ennemi, et on y renonçât. Aristote fixe l époque où l'on a cessé de les employer , chez les Grecs, au temps où le système monarchique y fut aboli (i); on ne voit pas en effet qu'il en soit fait mention aux* époques historiques de la Grèce*. fAux époques antérieures, où Ton en faisait usage, deux personnes montaient le même char, Tune occupée à le diriger, et l'autre^ combattre* Les chevaux y étaient .attelés, a^u moyen d'un joug qui posait sur le garrot ; ce joug tenait au timon, et des courroies qui passaient sur le poitrail y assujettissaient les chevaux (2)* Soit comme point d'appui» soit

(.) Arist. JPolif. L, 4 , c. i3. ''" " v" " 1

(2) Hom. Od. L. 4, v. 39; frrtfr, r. 184 et »$»*4Un v. 730; Hes. op. et dics ^ ^es^cli. voce Maschalistan; Jroll. onom. L. 1 , c. 10.

pour mieux se rendre maître dés animaux, celui qui conduisait les chevaux passait ordinairement les rênes autour de son corps; dt là les exemples si fréquens de ceux qui tombaient enveloppés dans les rênes. Dans les courses des jeux où l'on attelait presque toujours quatre chevaux de front, les deux du centre étaient liés au joug , les autres étaient attelés par des traits: on voit fréquemment la représentation de ces chars dans les monumens anciens (i). On ne voit pas que l'usage de ferrer les chevaux ait été adopté par les Grecs ; nul de leurs écrivains n'en fait mention. Xénophon même qui a composé un ouvrage sur les chevaux de guerre , leur éducation et les soins qu'il faut leur donner, et qui, dans le choix à faire d'eux, recommande d'écarter ceux dont la sole est. plate , parce qu'ils sont sujets à boiter , recommande parmi les précautions à prendre , celle de ne pas laver les parties inférieures, de peur que l'eau qui découlerait sur les pieds ne les attendrisse : il recommande encore d'avoir dans le voisinage de l'écurie , des encaissemens

(i) Onuphr. Pw. d. iudU circoni. parti». SchoE de rt tdûc pawm.

de galets où le cheval séjournant une partie du jour, puisse endurcir ses pieds (i ). On trouve le même silence dans l'ouvrage bien plus moderne de Végéce (a); cependant il paraît que les Grées, du temps d'Homère, ont connu cet usage, et qu'il a parlé de leurs pieds garnis

d'airain (3) ; mais comme on ne voit pas

pourquoi les Grecs, après avoir eu cet usage, l'auraient abandonné, on peut douter que

If

a parlé ; et si réellement il en a fait mention, ce serait l'indice d'autres habitudes. Il en est un autre aussi dont il parle, et qu'on ne voit pas exister chez les Grecs plus modernes , c'est celui de mettre des entraves aux chevaux ( 4 ) > Xénophon en parle comme étant particulier aux Perses (5) , il est maintenant général en Orient. Les Grecs laissaient à leurs chevaux tous leurs crins , ils n'avaient pas imaginé de les défigurer pour les embellir, ils croyaient même que ce retranchement pourrait empê-

(i) Xen. de re equestr. de magistr. eyût. (a) Veg. de te retenu.

(3) Hom. II. L. ii , i53.

(4) Hom. ILL.i3, v. 3«.

<S) X«a. exp.CyriL.3L

cher unn jument d'entrer en chaleur (i), préjugé qui prouve au moins , qu'ils n'y voyaient pas une beauté, sans quoi leurs écrivains en auraient fait l'observation. Ils n'avaient pas non plus l'usage cThongrer leurs chevaux; ni Aristote, qui parle eix détail dé la castration des autres animaux (2) y ni Xénophon , dans son traité particulier , n'en parlent (3) : rien n'ést plus rare encore de nos [ours en Orien t qu'un cheval hongré. Leur eastration est un usage des peuples du nord , Stra* bon le dit des temps où il a écrit (4) , et c'est en-r , core un fait connu dans nos temps modernes» L'habi tude seule a urai t-elle in trod u i t ces habitudes différentes? il est permis d'en douter, et plus naturel d'en chercher les .causes dans le climat. Peut-être que dans les climats froids, le cheval moins docile , a davantage besoin d'être assouplis aux besoins de l'homme dont il vit séparé, et qu'il ne

voit , pour ainsi dire , que pôur le servir, tan-

(1) Arist. hist. auim. L. 6, iS.

(2) Arist. Inst. auim. L. 3, c. 5 et passin?.

(3) Xcn. de re eque&tr.

CO Sir. geogr. L. 7.

dis que dans les climats moins âpres, il vit davantage avec l'homme, et contracte avec lui une plus grande intimité. J'ai vu dans l'Orient les chevaux infiniment moins vi-* cieux qu'en Europe, et y montrant pour l'homme un attachement dont les exemples sont rares ailleurs. « r

Aux usages pour la guerre et pour les courses, dont nous venons de nous occuper, doit encore être joint celui que les chefs en faisaient pour leurs chars de luxe, car c'est à eux seuls t que l'emploi paraît en avoir été permis. Ho* mère, si exact dans ses tableaux, peint les fils de Nestor qui attellent des chevaux au char dont ils vont se servir pour un voyage ( i ) » tandis que Nausican qui allait vers la rivière laver des vêtemens, n'avait attelé que des mules (3). Dans les armées aussi, les guerriers montent des chars attelés de chevaux, mais lorsqu'il s'agit de relever les morts, ce sont des chars attelés de mules qu'il dit y être employés (3). C'étaient toujours des mules qu'on- employait aux différens

(1) Hom. Od. L. 3, v. 478. .

(2) Hom. OJ. L. 6 , v. 68.

(3) Hom. D. L. 24, v. 696.

charrois (i), c'étaient encore les imiles qui partageaient avec les bœufs les fatigues des travaux rustiques (2) ; le cheval était écarté de ces fatigues vulgaires, il n'était réservé que pour celle où l'homme attachait quelque gloire» Cette opinion des temps homériques parait s'être conservée chez les Grecs plus modernes ; on ne voit pas que les chevaux leur aient servi pour les travaux de l'agriculture ni pour les charrois. Dans un seul endroit de ses Economiques , Xénophon dit que le propriétaire , après avoir été à la campagne , se livrer avec son cheval aux exer* cices militaires, peut à son retour lui faire apporter les provisions de la maison (3), partout ailleurs il n'est parlé que de mules et d'ânes pour animaux de bât (4), et de mules ou de bœufs pour animaux de traits destinés aux transports et aux services rus-? tiques (5). > \\ u . • ••«

Quant à l'usage des chevaux pour des sa-» crifices, il a été peu commun en Grèce;

(1) H m. IL L. 7 , v. 333 \ L. 17, r. 7415 L. *4, y. 7S1. <2) Hes. Op. et dies L.-s , t. 4$ , L. 9, r. 2i5.

(3) Xen. Eçon. L. 2, c. 2. '

(4) Demosth. m Phoen. Arist. htst; anim. L. t. ' x

(5) Hes. Op. et cKes j Xen. Bcon.

ainsi le petit nombre de ces victimes n'a pas pu influer sur leur multiplication; on en voit cependant quelques exemples, soit à Athènes (i), soit à Lacédémone (2), mais il ne paraît pas que ces sacrifices se soienè étendus aux dévotions particulières ; ils n'ont eu lieu que dans quelques oérémonies pn* bliques. . .': :i

Les soins que les écrivains grecs recoin* mandent, sont les mêmes qui sont suivis de nos jours; sous ces mêmes climats, ils recommandent de retarder jusqu'après ht quatrième année révolue , de leur demande* des produits (3). On les nourrissait presque toute Tannée avec de la paille brisée et de l'orge (4) ; on ne faisait usage des graines de légumineuses que dans les cas où ils étaient malades (5) , souvent on donnait des pois cbiches aux étalons , croyant que ce légume augmenterait leur vigueur (6)* Au prin*

(1) Lueian in Scytba.1

<a) Pans, ia Lac. Meurt, op. T» 3> p. 964. — -**-—^ -

(3) ArUt. iu.a. .nu m. L. 6 , c. sa, Geop. L. ifi.

(4) Hom. U. L. 5 , v. 196 ; L. 8 , y. 56o j Od. L. 4 , t. 41 ; Xen. de re equestr.

<r.) Çeopon. ^. ^, c 3,

(6) Ga\. de alim. facnjL L. 1 , c. 19.

temps seulement on les mettait au vèrd , espèce de cure médicale^ et on avait soin d'y soumettre le jeune élève avant de commencer son éducation (i). D'après l'observation bien juste d'Aristote, le cheval en liberté dans les haras , a peu de maladies , mais il n'en est pas ainsi de celui qui , tenu dans les écuries, est devenu ainsi l'esclave de l'homme, souffre et de tous les défauts desoins, et de tous les soins mal donnés qu'il éprouve de la part de son maître; en cet état il est autant sujet aux maladies que l'homme réuni en société (2). Aristote a traité des principales dans son ouvrage sur les animaux.

Plusieurs Grecs ont aussi écrit des traités d'hippia trique ; on ne connaît ceux d'Apsyrthç et d'Hicrocies que par les extraits conservés par le compilateur desfieoponiques: le premier surtout paraît avoir eu une grande réputation. Sans entrer dans aucun détail sur les maladies dont ces différens auteurs ont parlé , il paraît intéressant de faire la remarque qu'aucun d'eux ne parle de la morve , maladie si contagieuse et si redoutée de nos

(t) Geopon. L. 16, c. i ; Arist. hist. aiiim. L. 8 , c. 8. (2) Arî.st. List. anim. L. 8 , c. 24.

jours. Hiérbcles dit bien quelque chose de* maladies de poumon , mais comme étant d'une guérison facile (i); il faudrait en conclure, que sous les climats chauds, sa contagion est moins à redouter; c'est aussi une observation que j'ai faite en Egypte. L'âne au con-r traire était ,su jet à cette maladie en Grèce, élle était mortelle pour l'individu atteint, mais il n'est pas dit qu'elle fut contagieuse (2). Cet animal est: naturel aux pays chauds, il perd de ses qualités à mesure qu'il s'en éloigne; à ces épôques-là, on n'en avait, ni dans les Gaules, ni -«en Sythie (3). Devrait-on conclure de ces faits que la morve est une maladie des chevaux et des ânes qui se développe davantage , et devient contagieuse à mesure que la chaleur du climat diminue, et plus vite pour les derniers qui apparlien-. nent davantage aux régions plus tempérées? Une observation que j'ai déjà faite en traitant des Romains (4) , est que Yégéce , auteur/ vétérinaire, le premier qui ait parlé de la

(1) Geopon. L. lê , c. 10.

(2) Aiist. liist. anim. L. 8, c. t5 ; &uid. voce Meiiàsmos; , JPorphyr de abstin. anim. L. 3, c. 7.

(3) Arist. hisL a;;im. L. 2, c. 6 ; Pl. hïst. Bal. L. 8, c.68.

(4) Muauscrit de l'auteur cjuUl n'a Vm revoir.

7 orve des chevaux, et qui la dît mortelle, sans ajouter qu'elle soit contagieuse, lui donne le nom de mal attique (i); il faudrait donc conclure de ce nom qu'elle s'y était développée postérieurement au temps des écrivains dont nous avons parlé plus haut, car on ne peut pas présumer leur silence s'ils l'avaient connue. De tous les ânes de la Grèce , ceux de l'Arcadie étaient surtout estimés et recherchés pour étalons £0 i cet animal peu con- ■ sommateur était nécessaire dans, ces cantons secs et montueux, ils étaient la ressource du pauvre qui n'avait pas les moyens de se procurer d'antres animaux (3). Les mulets étaient aussi d'un usage général, les sites irréguliers et l'aspérité des chemins obligeaient, dans beaucoup de lieux, à effectuer tous les transports avec des animaux de bât, et le mulet, par sa force, était de tous le plus utile (4) ; on se rappelle le trait de ce vieux mulet à qui le peuple d'Athènes avait accordé une pension de vétérance, et qui se

(1) Vcg. de rc Vêler. L» i , c. a.

(2) Str. gcogr. L. 8.

(3) Suîd«ïs voce et ofig flunoio boum»

(4) Pans, in Arc Ach. in Cles^ph.

mettait de kii-mème à la tête des autres comme pourles guider dans leur travail On faisait ordinairement élever par une jument les jeunes ânes, qu'on voulait destiner à servir d'étalons dans les haras (2). Par un préjugé qui paraît curieux, les habitans de l'Élide avaient de la répugnance à former ces mélanges chez eux , et conduisaient pour cela leurs jumens hors de la frontière (3), en ignore les causes qui ont pu la faire naître.

Des porcs*

Nous aurons peu de choses à dire de ce$ animaux , dont l'emploi limité à un seul usage ne peut intéresser que sous ce rapport unique. Dès les temps anciens les Grées en ont fait un très-grand usage. Homère fait jouer un rôle important au porcher d'Ulysse (4) V la trop grande consommation qu'en avaient fait les voraces amàns de Pénélope, est l'un des griefs qui lui sont imputés (5).

(1) Plut de animal, rat (*) Geopon. L. i«, C. si* '

(3) Paus. in El. Plut, quœst. gç.

(4) Hom. Od. L. 14, iS et t$.

(5) Hom. Od.

Dans les temps postérieurs ils formaient èncore la base principale de la nourriture des Grecs , et notamment des Arcadiens* qui paraissent avoir conservé avec le plus d'attachement leurs, anciens -usages (i). Plusieurs passages des anciens prouvent qu'ils étaient à très-bas prix , ce qui en prouve l'abondance (2). Cette grande consommation , sous un climat aussi semblable à celui de la Syrie, où l'usage de sa chair était proscrit, prouve que ce n'était pàs comme plusieurs l'ont pensé , une précaution d'un législateur sage qui voulait préserver son peuple de la lèpre* Les Grecs n'ayant pas été sujets à cette maladie. Il faut , par conséquent* en chercher l'origine dans les anciennes traditions religieuses dont le sens oublié s'était transformé en précepte. Ceux qui se sont familiarisés avec les explications si simples des fables religieuses que fournit l'astronomie, voient aisément par les diverses combinaisons où se trouve lié le sanglier céleste, pourquoi le porc a été un animal sacré pour

(1) Paus. in Arc. Ath. deipu. L. 4«

(2) Arist. in paoe , in acharu.

certains cultes, et un animal proscrit pou* d'autres. Ainsi, à côté des Juifs et des Arabes quil'abhoraient, se trouvaient les Cretois qui avaient pour lui un respect religieux d'après lequel ils s'abstenaient de sa chair (i), opinion qu'on voit aussi chez les GEstiens, au nord de la Germanie (2). D'un autre côté,, on les écartait en Grèce , pendant les Thesmophories de Mégare (3): l'explication en est facile, mais cet écartement momentané n'imposait aucune privation de sa chair. Ceux qui voulaient être initiés aux mystères d'Eleusis devaient immoler un porc (4). La manière dont les Grecs les élevaient ne présente aucun fait qui mérite d'être remarqué; je ferai seulement remarquer l'opinion où ils étaient, du moins au temps d'Aristote , que nourris avec du gland leur chair perdait de sa qualité (5); ils préféraient pour leur engrais, Forge, le millet et les fruits, et avaient soin de diminuer successivement leur boisson, au point ~~— — — — —

(1) Ath. deipn. L. o.

(2) Tac. de mor. gerin.

(3) Clein. Alex, adinon. ad génies.

(4) Meurs, op. T. a, p. 475.

(2) Arist.hist. auim. L. ¥, c. zt.

de les èn prive* , vers la fin, pendant plusieurs jours de suite (i ).

Des oiseaux de basse-cour* •

Les Grecs* au dire des Romains, avaient porté fort loin cette industrie , et ils avouent l'avoir empruntée d'eux, et surtout des habitans de l)elo3 (2). On élevait en Grèce plusieurs races de poules : Tune plus élevée et plus forte, mais moins productive, fournissait les coqs de combat: une autre plus petite et qui produisait davantage, était de préférence consacrée aux usages ordinaires ; une troisième race plus petite et d'un plumage varié, la surpassait encore en fécondité (3). Les Grecs ont fait un grand usage des œufs comme aliment (4). H paraîtrait qu'à Athènes leur vente faisait une branche de petit commerce (5). Les combats de coqs étaient une

passion

(1) Arist. hist.anîm. L. 8 , c. 6 et 21 ; Geopoa. L. 19 , c. 7, (a) Col. Econ. L. 8, c. a $ Varr. Econ. L. 3 , c 9 ; Pl. hist. nat. L. 10 , 71.

(3) Arist hist anim. L. G, c f, de générât, anim. L. 3,

(4) Gai. de alim. facult. L. 3, c. ai.

(5) Aristopb, Plu tus Act. 2, se. 4 , c. 14.

passion des Grecs; leur éducation était une spéculation lucrative pour les hâbitans de Tanagra en Béotie, qui excellaient plus que tout autre (i); après eux venaient ceux de Rhodes et de Chalcis en Eubée (2), Le goût de ces combats parait fort ancien; s'il faut inème en croire Lucien et AElien, dans les temps reculés ; ils étaient instituée par le gouvernement d'Athènes une fois l'année (3). L'éducatiop ajoutait à leur inquiétude naturelle, et on les excitait encore par les alimens qu'on leur faisait avaler; les anciens parlent d'une racine de fougère et de l'ail employés à cet usage (4); des pointes de fer acérées ensanglantaient leurs combats (5). Aristote fait l'observation que chez cet animal courageux, les vaincus, et ceux que leur timidité a fait. fuir, se tenaient honteux à l'écart, et que dans les temples où on en élevait séparés des "femelles de leur espèce, les plus

■ (1) Pl. hist. nat. L. 10, c. 243 Suidas voce Tqnasrai* alectoHskoi; Varr. Ecou. L. 3, c. 9.

(2) Pl. liîst. nat. L. 10 , c. 24. . t

(3) Luciaui gymnï JEJL Var. List. L. 2 , c. 2&.

(4) Pl. hist. rfat. L. 22, c. 3ojSuid. voce eschordismenos.

(5) Aristoph: in Av. v. 760 et i36p ; Suidas voce airt pléktron*

audacieux se composaient une espèce de sérail de ceux qu'ils avaient domptés ou in^ timidés (i). Les Grecs ont connu la méthode artificielle de les élever au moyen des fours usités très-anciennement en Egypte, mais ils n'en faisaient aucun usage (2).

Les Grecs ont eu très-anciennement des pigeons. Aristote caractérise très-bien le pigeon pattu, plus sédentaire, et le pigeon fuyard qui Test moins (3) ; ainsi que Bufïbn l'a fait ensuite, il attaque cette réputation de constance qu'on leur a faite , et qu'il prouve être mai fondée (4)- Leur fumier, utile pour diverses cultures , était compté au nombre de leurs produits (5).

Il est fait mention des oies dès les temps d'Homère, comme d'un oiseau domestique (6) , et leur prix était peu élevé en Grècç, puisque Pausanias l'indique comme une victime que les pauvres pouvaient offrir à Isis, en remplacement de la pintade, qui était d'un prix

(1) Ari.st. hist. anim. L. 3 T c . S.

(2) Arist. h isU anim. L . 6 , c. a.

(3) Arist. hist anim. L. 5 , c. iS et passita,

(4) Arist. hist. anim. L. 6 , c. a; L, 3, o.j 7.

(5) Geopon. L. 14 , c. 1.

<6) Ho«. Od. L. 1$, t. i€o.

plus élevé (i). Je ne vois pas qu'il fut fait mention de l'emploi de leurs plumes; peutêtre n'a-t-il été usité que plus tard , à l'imitation des peuples du nord.

Au temps d'Aristote , les Grecs n'avaient pas encore le canard domestique, il n'en parle que comme d'un gibier sauvage (2). Athénée en parle encore de la même manière (3), mais on trouve des traces de leur éducation domestique dans la compilation des Geoponiques (4).

La pintade était connue des Grecs; Aris-» tote en parle dans ses ouvrages (5) ; sa consécration à Isis et à Minerve l'aura fait apporter de l'Afrique avec cès cultes, et il parait que c'est en Étolie où elles se sont d'abord multipliées: c'est aussi le lieu de'la Grèce où l'oracle de Dodone atteste de trèsanciennes relations de la Grèce avec l'Afrique (6). :i -

(1) Pans, in Phoc.

(2) Arist. hîst. anim. L. 8, e. 3; L. 3, c. I.

(3) Ath. deipn. L. $.

(4) Geopon. L. 14, c. t3.

(5) Arist. hist anim. L. 6 , c, 2.

<6) Ath. deipa. L. 14.

Le papn était aussi connu des, Grecs; ou en élevait dans le temple cîe Junpu mo£ (1). Dès les temps d'Aristophane ftt^çgj^ ristole, les gens ;. riches en (i élevât ^çg eux (a)-, mais jl ne parait pas qu'Us ^aie^t fait paraître sur leur table ayant le^^ mission aux Romains (3 ): lorsque ^ufîfif en eut été introduit , le Iuxjî J'éten^y^^ faire usage de leurs œufs (4);Lefaj§a^ $0, pour eux un luxe ; les plus riche? sç ^nattaient seuls d'en élever (5), ainsi, 1^ Çélinotes. (6^. r . , . .( tflobw

Les Grec? gui non t cppn^i qwntîttii>k su.çre, et ne £opt employé \Qii&tew&\ <yit> f^>mtpe médicament (.7), ?;Q«t| mrqWilfc miel pour le remplacer; aussi l'éducatioû des ^tbetillets était bjlep plus importante poun eux qu'elle ne Ta été ensuite. La propriété d' un

-.m..., i , ï mm i ...iii ,. hTj', -

(i) Atn. deipn. L. 14. < - : uucrMFO;* >«^f .

• il A;

(a) Arist. hist. anim. L. €% c a: Aristopîi, in nub. r. 109. (j) Ath. deipn. L. 9 et 14.

Atb. dcipa. L. a. ^, . r\. aaft

(5) Alh. deipn. L. 9 et j4. , , , > ^ ^

(6) Geopon. L. 14, c. 19 et 20. t k, . ( .

(7) Diosc. hist. pUnt. L. 2, c. 104 j Gai. simpl. L. 7.

rucher était un objet dont les lois se sont occupées, il en existait une de Solon pour régler là distance des limites d'un propriétaire voisin , où il était permis de le placer; elle était fixée à trois-cents pieds (i). On voit des abeilles domestiques et des ruchers dès les temps d'Hésiode (2) ; Homère pat^Iè souvent dû miel comme étant d'un usage Journalier (3).

Le séxe des abeilles était pour les Grecs un objet d'incertitudes. Hésiode parle des bourdons comme de parasites inutiles (4); Aristote rapporte les opinions diverses qui existaient de son temps: suivant les uns, les bourdons étaient des mâles, et les abeilles des femelles : suivant d'à u très , la reine était d^une^raçe particulière, dont les dçu* seates existaient, et donnaient naissance aux abeilles et aux bourdons, distingués seulement par l'abondance de nourriture qui avait développé les derniers aux dépends de ses facultés reproductives ; lui-même penchait pour * * • • •

(1) Plut, in Sol.

<a) Hes. Theog. r. 595 et *eq.

(3) Od. L. 10, 234

ty) Efit. Theog. r. 595. . , V v

pette dernière opinion O). Xénophon,auco»Y traire , prétend que la reine était un individu femelle qui dirigeait les travaux des autres (2) , opinion qu-avait aussi Didyms (3) ; ainsi dans le nombre des sentimens divers cjuî partageaient les Grecs , celui que les observatîojas ont confirmé s'y trouvait aussi compris (4). >ojs n'avons aucun renseignement sur la forme qu'ils donnaient à leurs ruches, mais nous savons qu'ils avaient l'usage de les transporter d'un lieu à l'autre pour suivre la flor raison des différens climats, et que l'île de Scyros était le centre de ces différens voyages (5); or pn connaît les ruches actuelles de cette île, qui aura vraisemblablement conservé l'usage antique ; elles sont cîlindriques, forme qui rend plus commode leur déplacement (6\ Le procédé de faire voyager les

(1) Arisk. de goner. anim. L. 3 , c. va.

(2) Xen. Econ. L. i , c. a.

(3) Geopon. L. iS, c. 4.

(4) On ne doit pas considérer la production de* abeilles dans le corps mort d'un bœuf, comme un préjugé populaire que Virgile a embelli de sa belle poésie (Virg. georg.). C'est une allégorie ancienne crue ce poëte a reproduite , et don{ on trouve le sens dans les écrits cle Porphyre (Porph. de aotro

<5) Col. Econ. L. 9 , ç. if

(6) Feuille du cultiv. T. 1 , p. 443.

ruches est encore usité de nos Jours en Grèce , et même en Sicile , où les Grecs l'auront iptrodùit (i). Les Grecs donnaient un prix de préférence au miel récolté sur le mont Hymète<2>, et il a conservé la même réputation C3). Pour récolter le miel ils ne connaissaient que le seul procédé denfumer les ruches ; on faisait cette opération deux fois dans Tannée (4).

(i) Gionj. Encicl. ann.

(a) Sjroes. Epist. i35; Geopon. L. i5, c 7$ Theoplr hist. plant L. 6 , c 7.

O) Guys. Yoy. liltfr. de la Grèce, T. 1 1 lettre 10. (4) Geopon. L, i5, c. 5.

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fin.

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