À. — LE REIN EST SAIN ET FIXÉ
Sour 104 cas où l’état fonctionnel du rein est noté, nous trouvons 60 fois le rein sain. De ce chiffre, nous distrairons tout de suite 7 cas où le rein ectopique ne constitua qu’une trouvaille opératoire. Srrüge et Gruse le découvrirent au cours d'interventions pour absence d’anus, Munro le rencontra deux fois en opérant des appendicites, FLAISGHLEN au cours d’une ventrofixation, NEwMANN et GicForD au cours d'opérations dont la nature n’est pas indiquée.
Il nous reste donc 53 cas, dans lesquels le rein sain a donné lieu à des observations cliniques.
Quels sont les troubles que peut déterminer un tel rein? Il est évident qu'ils sont d'ordre purement mécanique. Le rein, en situation anormale joue le même rôle qu’une tumeur; il peut comprimer les organes voisins et donner lieu à certains symptômes particuliers, il peut être comprimé par eux:il peut obstruer la filière pelvienne et être cause de grave dystocie, ainsi que nous le verrons au chapitre obstétrique : il peut enfin participer aux congestions du bassin particulière-
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ment pendant la menstruation. Enfin le rein resté sain sera cause de troubles surtout par,sa mobilité ainsi que nous le verrons plus loin. |
Nous avons dit précédemment, que 53 fois le rein fut trouvé sain. Il était fixé ou très légèrement mobilisable dans 26 cas, franchement mobile dans 7 cas, un peu mobile dans 12 ; enfin 7 fois il fut cause de dystocie. À
Nous ne parlerons pas d’éliologie pour le rein fixé ; il est évident que c’est une pure question d’embryologie.
Au point de vue symplomatologqie, nous mettrons à part les cas où le rein, par sa seule présence, a contribué à aggraver les symptômes d'affection coexistante d’un organe voisin tout en égarant le diagnostic.
Cest ainsi que dans le cas de GouLzioup, l’ectopie rénale était à gauche, tandis qu’il y avait annexite à droite. Les douleurs qui, au début, n'étaient ressenties que dans le côté droit du bas-ventre, le furent ensuite à gauche également. La palpation bimanuelle faisait sentir une tumeur à éoucher caractéristique de salpingite interstitielle, située à gauche, bien séparée de l'utérus entraîné lui-même à droite par l’annexité de ce côté. Le diagnostic de salpiugite-ovarite double semblait donc s'imposer. On ne s’aperçut de l’erreur qu’à l'opération. D'ailleurs, dans ce cas, le rein lui-même était douloureux à la palpation, il y avait eu à plusieurs reprises du sang dans les urines et, symptôme auquel on n’avait pas attaché une suffisante importance, la malade signalait avoir eu des crises douloureuses simulant des coliques néphrétiques. Il semble donc bien que le rein, d’ailleurs reconnu sain à l'opération, avait éprouvé de la congestion de voisinage.
Dans le cas de Keurer, il y avait coexistence de kyste de l'ovaire droit. Le rein étaità gauche. La malade avait eu cinq enfants, et chaque fois les accouchements bien que spontanés avaient été très longs et pénibles. L'examen faisait constater, à gauche, une tumeur demi-molle, peu sensible qui fut prise pour un fibrome.
Les douleurs existaient dans le bas-ventre et dans la région sacrée au niveau du rein qui siégeait au côté gauche du rectum.
Dans le cas de Treus,les seuls symptômes étaient de la douleur avec sensation de fatigue et pesanteur dans le basventre. Le toucher vaginal fit faire le diagnostic de salpingoovarite double. Le rein était à gauche et séparait de l’utérus, qui était unicorne, l'ovaire et la trompe gauche : celle-ci se terminait en cul-de-sac : il y avait en même temps salpingoovarite droite.
Dans le cas de Weuxmer,les menstruations étaient toujours douloureuses, souvent accompagnées de nausées et de vomissements. La malade avait des urines troubles. accusait du ténesme vésical et des douleurs sacrées. La tumeur sentie à la palpation était en arrière de l’utérus, aplatie sur le sacrum et soudée au ligament large gauche et à l’utérus. A l’opération, le rein fut trouvé à gauche, les annexes gauches enflammées lui étaient adhérentes.
Nous voyons que, dans ce cas, le rein grâce à son contact intime avec les annexes a manifestement participé à leur inflammation. \
Dans une observation de Srrüge, les symptômes consistaient en troubles généraux tels qu’insomnie, caractère irritable, douleurs d’estomac, vomissements, constipation, mictions difficiles : l'attention fût attirée par l’absence du testicule droit dans le scrotum. Comme on ne put le découvrir dans le canal inguinal, la présence à l’hypogastre d’une tumeur bosselée, molle, douloureuse fit penser à un sarcome du testicule ectopié. Il s’agissait d’un rein unique et il est vraisemblable que la plupart des symptômes mentionnés lui étaient attribuables ; l’autopsie montra, en effet, que le testicule était inguinal et presque entièrement atrophié,.
Dans une seconde catégorie d'observations, l’ectopie rénale était associée à des malformations des organes géniaux, et nous voyons attribuer à la tumeur dont on avait
Lai j constaté la présence et qui n'était autre que le rein, tout ou partie des symptômes enregistrés. C'est ainsi que dans les cas de Cure, Dantez, ENGsrRüM, Frank où il y avait absence de vagin et d’utérus, on notait des crises douloureureuses périodiques correspondant à la congestion menstruelle des ovaires qui existaient. La perception nette d’une tumeur demimolle, rénitente du bassin conduisit Cullen au diagnostic d’hématocèle, Daniel et Frank à celui d’hématosalpinx.
Dans un autre cas, Danrez note des douleurs dans l’abdomen sans Caractère menstruel. Mais,comme il y avait absence d’utérus, que le vagin était réduit à l’état de cul-de-sac borgne, Daniel, instruit par la connaissance d’un cas semblable fit le diagnostic de dystopie rénale congénitale, ce que vérifia l’opération. Les ovaires étaient à l’état infantile, les trompes rudimentaires.
Dans le cas d'Hemnricius, il n’y avait pas de vagin et les symptômes relevés firent penser à un myome d’utérusrudimentaire ; l'utérus n’existait pas et à sa place on trouva le rein qui élait unique.
Dans le cas de MarTiN, par suite d’absence de vagin et d’utérus on pensa à un ovaire dégénéré.
Enfin dans un cas où les symptômes faisaient complètement défaut, MüLLERMELM, appelé à constater l’absence de vagin, utérus ef annexes chez une jeune fille, fit le diagnostic d’ectopie rénale congénitale, diagnostic vérifié au cours d’une opération faite dans le but de créer un vagin plastique.
En résumé, nous voyons que, dans toutes les observations précédentes, la symptomatologie du rein ectopique est très pauvre, assez indéterminée, et n'est dans la plupart des cas qu’une symptomatologie d'emprunt.
Il est cependant une chose à retenir, c’est l’association fréquente de l’ectopie rénale aux malformations des organes génitaux, particulièrement chez la femme. Cette constatation sera d’une certaine valeur au point de vue diagnostic. Nous en reparlerons ultérieurement,
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Dans une troisième catégorie d'observations, nous voyons que l’ectopie rénale existait seule sans affections ni anomalies concomitantes. Il semble bien que, dans ces cas, les symptômes enregistrés puissent être attribués à l’anomalie seule de situation du rein et aux actions mécaniques qu’elle détermine.
Celles-ci portent particulièrement sur l’extrémité inférieure du tube digestif ; el nous voyons, en effel, signaler de la constipation opiniâtre durant quelquefois depuis des années (HocxENEGG, SrrüBE,, MüNro), des douleurs à la défécation (HocxeNeGc), des troubles dyspeptiques plus ou moins nets ; et, comme conséquence de cet état des voies digestives, on note des phénomènes généraux tels qu’insommie, état nerveux, lourdeurs de tête (HocnENEGG, STRüBE), etc.
Dans d’autres cas, l’action mécanique du rein s’est exercée sur la vessie ou son col; Srrüge signale des mictions difficiles et douloureuses, Frank de la pollakiurie. Dans l’observation anatomique de MéRriEr, nous relevons également, dans les anamnestiques, l'existence, pendant la vie, d’une pollakiurie due à une diminution de capacité de la vessie comprimée par le rein ectopique. Et à ce propos, Mérrer fait remarquer l'inutilité de toute thérapeutique employée pour soigner une incontinence d'une pareille origine. Bien que nous n’ayons pas trouvé d'observation signalant de Ia rétention d’urine due à lectopie rénale fixe, il nous semble très logique d’admettre que, dans certains cas,elle pourra se présenter tout au moins sous la forme de rétention partielle.
En dehors des symptômes déterminés par la compression et qui sont les plus nets, nous voyons signaler des douleurs d’intensilé plus ou moins grande et à localisations variables. Newman, PLummer, Brooks font mention de douleurs de la région iliaque ou iléo-cæcale, Kezzy, LuowiG, GUBAREW, de douleurs hypogastriques avec irradiations vers le sacrum, les lombes ou les membres inférieurs, faisant penser à une tumeur inflammatoire des annexes de Putérus ; ces douleurs se présentent quelquefois sous forme de crampes très dou-
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