CHAPITRE XV] 25f
qu'il ne perdra rien pour attendre. De son côté, le maître se donne ainsi le temps de réprimer le mouvement d'humeur ou d'impatience qui pourrait l'en^ traîner à la sévérité.
Ce qui importe surtout, c'est que l'enfant sente Ib bonté de celui qui punit et ne doute pas de sa justice. S'il est persuadé qu'on le punit à regret et par devoir, par nécessité, s'il est forcé de s'avouer à lui-même que là punition est méritée et proportionnée à la faute, il se soumet et il s'amende.
Parmi les défauts les plus ordinaires à l'enfance il en est qui peuvent se corriger presque sans le secours des punitions et par la seule influence dé l'école, si l'école est ce qu'elle doit être ; de ce nombre sont le bavardage, l'inexactitude, le défaut d'ordr^ la saleté, l'impolitesse, la grossièreté du langage.
En effet, dans une école bien disciplinée, où la fréquentation est régulière, où la classe est bien tenue, où bancs et tables, murs et plancher, tout est net et luisant, où chaque chose est en soù lieu et place, où, grâceaux soins du maître^les visageset les mains sont propres, lesvêtements propres, et propres aussi les cahiers et les livres, où les manières sont polies et le langage convenable, dans une pareille école les quelque > enfants qui font tache sur l'ensemble^ ne peuvent longtemps résister aux leçons muettes mais continuelles qu'ils reçoivent de toutes parts et par tous les sens. Involontairement ils se comoarentàleurs camarades, et insensiblement ils m
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font à leur image. Le milieu où ils vivent les pénètre, les façonne et les transforme; Texemple qui leui vient du mattre, de leurs égaux, des lieux mêmes, l'humiliation qu'ils ressentent, le désir qu'ils éprouvent de faire comme les autres, désir si fort en notre pays, tout contribue à les guérir de leurs défauts personnels et à leur donner les qualités communes.
Le bien, en général, l'emporte sur le mal ; sans cela il n'y aurait ni école, ni société possible. L'éducateur doit donc se préoccuper avant tout de grouper et d'organiser les bons éléments que lui fournit la nature, de manière à former un bon corps de classe qui réalise promptement le type qu'il a conçu, et qui, s'accroissant sans cesse, agisse sur les autres enfants par l'irrésitible vertu de l'exemple. Ce sera là son meilleur auxiliaire, et qui réduira par degrés la part toujours trop large faite aux punitions.
Mais il y a d'autres défauts, presque des vices, si ce mot n'était pas trop fortpour des enfants, qui ne Bont pas, comme les précédents, des défauts d'extérieur et de surface, mais dont les racines plongent au plus profond de la nature et sont une partie de la nature même ; pour ceux-là l'exemple, sans être mutile, est insuffisant, et les punitions, même choisies, mesurées et appropriées, ne sont pas toujours d'une entière efficacité.
C'est ici la partie la plus délicate et la plus importante de la tâche du mattre, celle qui demande le