CHAPITRE XVII
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TION MOHAU& (1)
l^iea que Tappréciation des syslèmes d'éducalioa n entre pas dans le plan de cet ouvrage, nouo croyons devoir faire une exception pour celui de M< Herbert Spencer, d abord parce que, venu le dernier, il a fait naître des espérances naturel!^ ensuite parce qu'il est entre les mains d*un grand aombre d'instituteurs et que la grande et légitima réputatioji do l'auteur a pu £aire illusion sur te portée et Tefficacité de ce système.
M. Spencer traite de l'éducation domestique*^ mu de Tédiication scolaire; mais si le principal qu'il propose est bon, ce principe est applicable | Técole aussi bien qu'au foyer, car ce sont les méiges enfants qui reçoivent en même temps les leçons de leurs maîtres et celles de leurs parents. Voyons donc quelle est la valeur du principe qui sert de base au système.
(1) De rÉOucation par H. Spencer. Édition populaire. Librai* rie de Germer Baillière et CK
Ui DE L'ÉDUCATION
Qu'il nous soit permis d'abord de nous étonner que, dans un traité sur l'éducation morale, le mot de devoir ne se rencontre pas une seule fois. L'édueation n'étant que l'ensemble des moyens adoptés pour amener la volonté de l'enfant à la pratique de la loi morale, c^est une conception assurément nouvelle que celle où cette loi ne trouve plus de place, et l'on est conduit à se demander ce que peut bien être une éducation à laquelle on enlève à la fois et sa règle et son but?
H. Spencer commence par faire un exposé aussi piquant qu^exact des contradictions continuelles dans lesquelles tombent la plupart des parents, qui élèvent leurs enfants sans règle ni principe, ^u gré de leur humeur et de leurs caprices. Mais l'auteur, qu'on n'accusera pas d'un excès d'optimisme, ne compte pas outre mesure sur l'efficacité de ses doctrines, d'abord parce que les parents sont foK imparfaits, ensuite parce qu'en vertu de la fameuse loi de l'hérédité ils retrouvent leurs défauts dans leurs propres enfants, epfin parce que, la société étant très imparfaite aussi, l'homme qui aurait été élevé dans la perfection, c'est-à-dire suivant l'idéal de H. Spencer, ne pourrait vivre dans une société si éloignée de la perfection. Le philosophe anglais se montre donc assez résigné aux lenteurs inévitables de l'amélioration morale; cependant sa défiance envers notre société, si grossière encore, ne va pas jusqu'à lui faire croire à l'inutilité d'un idéal. H le proposera