CHAPITRE XX
Thomme pour Thomme, du citoyen pour ses concitoyens.
Tout principe politique est issu d'une conception derhumanité.
Quelle est la conception républicaine? C'est une conception analogue à celle du christianisme ; pour celui-ci tous les hommes sont égaux, parce qu'ils ont tous été créés par Dieu et tous rachetés par lui ; ils ont aux yeux de la Divinité une même valeur originelle .^ Dans la conception républicaine les hommes sont égaux parce qu'ils sont tous doués du libre arbitre, c'est-à-dire, libres de bien ou de mal faire, et par conséquent responsables. C'est là, c'est au fond de la conscience, dans le domaine inaccessible et inviolable où se meut la volonté, que gît la véritable, la seule et unique égalité naturelle, l'égalité dans la liberté morale et par suite dans la dignité personnelle; c'est là que se retranche l'homme qu'une puissance extérieure prétend contraindre; c'est là qu'il puise ce sentiment de fierté qui lui fait assumer la responsabilité de ses actes, quels qu'ils soient. Hors de là, commencent les innombrables et indestructibles différences physiques et morales contre lesquelles vont et iront se briser sans cesse les rêves insensés de l'égalité absolue. Par contre c'est sur ce fondement inébranlable de l'égalité dans la liberté morale que s'appuie la doctrine de l'égalité civile et politique : c'est parce que tous les hommes sont moralement libres qu'ils doivent être
placés toQS dans les conditions indi^nsables à IVxercice normal de leur liberté; c'est parce qu'ils «ont libres moralement, c'et^ à tec parce qu'ils ont des devoirs, qu'ils doivent aussi posséder les droits nécessaires à Tt^ction de levr voionté, au développe* ment de leurs facultés, à la plénitude de la Tie intellectuelle et morale.
Les républicains modernes sont-ils bien oo»vaincus de cette vérité pourtant élémentaire ? Est-ce par le respect mutuel qu'ils se dicAinguent des autres hommes? Dans leur conduite et leur kmga^ ont-ils assez d'égards envers la dignité humaine? Se respectent-ils toujours eux-mêmes dans leurs «emfolables? Ne traitent-ils pas quelquefois leurs égaux avec plus de dureté et de mépris que le noble d'autrefois n'en témoignait au vilain? ie crois inutile de répondre. Changer de gouvernement n'est pas toujours facile ; il y a pourtant quekpie chose de plus difficile encore, c'est de changer les mœurs, ou, ce qui revient au même, de changer les hommas. Il y faut du temps, si Ton y travaille ; que sera-ce, ei l'on s'en remet à la seule vertu des principes? Ces priû- <:ipeB «ont des abstractions ; fwur les convertir en règles de conduite, il est plus sûr de s'iactoesser aux enflants qu'aux hommes, etTéducaiien estenoerele meilleur moyen d'y réusshr«
Une éducation vraiment républicaine diùt «Ioac avant tout issf^rer aux enfants le respect dû à la personne humaine, puisque la doctrine républic^dne