‹ De l'éducation de l'enfant dans la familleChapitre 2 sur 23 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Nous nous sommes proposé dans cet ouvrage d'expliquer le lien qui existe entre les conditions dans lesquelles s'est passée la vie de l'enfant dans la famille et les phénomènes qu'il manifestera plus tard. Nous avons cherché de plus à préciser les circonstances qui peuvent influer chez un enfant sur la formation de son tempérament, celles qui détermineront le type auquel il devra appartenir et celles enfin, qui contribueront à faire de lui un homme de caractère. Lorsqu'on observe un défaut chez un enfant, c'est dans cet enfant qu'on en cherche généralement la cause ; on parle même, quelquefois, de sa méchanceté innée. Ceci prouve qu'on est loin de supposer que les attributs d'un enfant ne sont que le reflet des attributs des personnes qui l'entourent. Ce ne sont que les phénomènes qui sont sous la dépendance du tempérament qui peuvent être considérés comme innés chez un enfant. Or, le tempérament ne détermine, comme on le verra plus loin, que la rapidité et la force avec lesquelles un individu sait agir et penser. L'enfant traverse ensuite la période d'imitation. C'est à ce moment qu'apparaissent ses attributs les plus essentiels : ses habitudes et ses coutumes se précisent et il apprend à parler. Il est de fait que la présence d'un enfant dans une famille devrait forcer ses aînés à travailler d'une façon sérieuse à leur perfectionnement ; c'est surtout dans le sens de la vérité, de la franchise et de la droiture que celui-ci devrait se faire. Supposons en effet qu'une mère aimante se préoccupe du développement de son enfant; elle sait d'ailleurs, par expérience, que les qualités de ce dernier sont déterminées par les actes et les raisonnements des personnes qui l'entourent. Peut-elle faire autrement, que de veiller attentivement à chacun de ses actes et à chacune de ses paroles ! Elle évitera avec soin d'agir d'une façon arbitraire et respectera dans

Page 1