‹ De l'éducation des femmesChapitre 20 sur 33 · INTRIGUE ET CARACTÈRES · texte numérisé non relu

INTRIGUE ET CARACTÈRES

Intrigue.

Comment vient la brouille entre Valmont et la Merteuil.

Pourquoi elle devait venir.

La Merteuil a tue la Tourvel.

Elle n’a plus rien à vouloir de Valmont.

Valmont est dupe. Il dit à sa mort qu’il regrette la Tourvel, et de l’avoir sacrifiée. Il ne l’a sacrifiée qu'à son Dieu, à sa vanité, à sa gloire, et la Merteuil le lui dit meme crûment, après avoir obtenu ce sacrifice.

C’est la brouille de ces deux scélérats qui amène les dénouements.

Les critiques faites sur le dénouement relatif à la Merteuil.

Caractères.

A propos de M* e de Rosemonde, retrouver le por-

de l’éducation des femmes

trait des vieilles femmes, bonnes et tendres, fait par la Merteuil.

Cécile, type parfait de la détestable jeune fille, niaise et sensuelle.

Son portrait, par la Merteuil, qui excelle aux portraits.

(Elle ferait bien meme celui de la Tourvel, si elle n’en était pas horriblement jalouse, comme d’une supériorité) Lettre XXXVIÏI.

La jeune fille. La niaise, stupide et sensuelle. Tout près de l’ordure (i) originelle.

La Merteuil. Tartuffe femelle, tartuffe de mœurs, tartuffe du xvm e siècle.

Toujours supérieure à Valmont et elle le prouve.

Son portrait par elle-même. Lettre LXXXI. Elle a d’ailleurs du bon sens et de l’esprit.

Valmont , ou la recherche du pouvoir par le Dandysme et la feinte de la dévotion. Don Juan.

La présidente (Seule, appartenant à la bourgeoisie. Observation importante). Type simple, grandiose, attendrissant. Admirable création. Une femme naturelle. Une Ève touchante. — La Merteuil, une Eve satanique.

D' Anceny (sic ), fatigant d’abord par la niaiserie, devient intéressant. Homme d’honneur, poète et beau diseur.

M“ e de Roseinonde. Vieux pastel, charmant portrait à (i) Baudelaire avait d’abord écrit du péché originel.

NOTES INEDITES DK C.n. BAUDELAIRE 103

barbes el h tabatière. Ce que la Mcrlcuil dit des vieilles femmes.

Citations pour servir aux caractères.

a Que me proposez-vous ? de séduire une jeune fille qui n’a rien vu, ne connaît rien... Vingt autres y peuvent réussir comme moi. Il n’en est pas ainsi de l’entreprise qui m’occupe ; son succès m’assure autant de gloire que de plaisir. L’amour, qui prépare ma couronne, hésite lui— môme entre le myrte et le laurier... »

Lettre IV. — Valinont à M mc de Merteuil.

a J'ai bien besoin d’avoir cette femme pour me sauver du Ridicule (i) d’en être amoureux... J’ai, dans ce moment, un sentiment de reconnaissance pour les femmes faciles, qui me ramène naturellement à vos pieds. »

Lettre IV. — Valinont « M m * de Merteuil.

« Conquérir est notre dessein : il faut le suivre. »

Lettre IV. — Valinont à M m * de Merteuil.

(Note: car c’est aussi le dessein de M ,n# de Merteuil. Rivalité de gloire).

« Me voilà donc.depuis quatre jours, livré à une passion forte, n

Lettre IV. — Valinont à la Merteuil.

(i) Le manuscrit de Baudelaire porte un 1\. majuscule.

de l’éducation des femmes

Rapprocher ce passage d’une note de Saint-Beuve sur le goût de la passion dans l’Ecole Romantique.

« Depuis sa plus grande jeunesse, jamais il n’a fait un pas ou dit une parole sans avoir un projet, et jamais il n’eut (i) [un projet qui ne fût malhonnête ou criminel].. Aussi, si Valmont était entraîné par des passions fougeuscs ; [si, comme mille autres, il était séduit par les erreurs de son âge, en blâmant sa conduite, je plaindrais sa personne, et j’attendrais, en silence, le temps où un retour heureux lui rendrait l’estime des gens honnêtes]

Mais Valmont n’est pas cela... etc.

Lettre IX. — M m * de Volanges à la présidente de Tourvel.

« Cet entier abandon de soi-même, ce délire de la volupté, où le plaisir s'épure par son excès , ces biens de l’amour ne sont pas connus d’elle... Votre présidente croira avoir tout fait pour vous en vous traitant comme son mari, et dans le tète-à-tête conjugal le plus tendre, on est toujours deux. »

Lettre V. — La Merteuil à Valmont.

(Source de la sensualité mystique et des sottises amoureuses du 19 e siècle.)

« J’aurai cette femme. Je l’enlèverai au mari qui la profane (G. Sand). J’oserai la ravir au Dieu même qu’elle

(1) La citation de Baudelaire s’arrêtait à ce mot. Pour la rendre intelligible nous avons cru bon de la rétablir toute.

NOTES INEDITES I»E CH. BAUDELAIRE

adore (Valmont satan, rival de Dieu). Quel délice d'être tour tour l’objet et le vainqueur de scs remords ! Loin de moi I idée de détruire les préjugés qui l’assiègent. Ils ajouteront à mon bonheur et à ma gloire. Qu’elle croie à la vertu, mais qu’elle me la sacrifie... qu’alors, si j'y consens, elle me dise : « Je l’adore ! »

Lettre VL

Valmont à la Mertcuil.

« Ap rès ces préparatifs, pendant que ^ ictoirc s’occupe des autres détails, je lis un chapitre du Sopha , une lettre d'Héloïse , et deux contes de La Fontaine, pour recorder les différent tons que je voulais prendre. »

Lettre X. — La Merteuil à Valmont.

« Je suis indigné, je l’avoue, quand je songe que cet homme, sans raisonner , sans se donner la moindre peine , en suivant tout bêtement l'instinct de son cœur , trouve une félicité à laquelle je ne puis atteindre. Oh ! je la troublerai ! »

Lettre XV. — Valmont à la Mer leuil.

« J’avouerai ma faiblesse. Mes yeux se sont mouillés de larmes... J’ai été étonné du plaisir qu’on éprouve en faisant le bien... »

Lettre XXL — Valmont à laMerteuil.

Don Juan devenant tartuffe et charitable par intérêt.

Cet aveu prouve à la fois l’hypocrisie de Valmont, sa haine de la vertu, et, en même temps, un reste de sensi-

de l’éducation des femmes

bilité par quoi il est inferieur â la Merteuii, chez qui tout ce qui est humain est calciné.

a J’oubliais de vous dire que pour mettre tout à profit, j’ai demandé à ces beaux yeux de prier Dieu pour le succès de mes projets. »

Lettre XXI. — (Impudence et raffinement d’impiété.)

« Elle est vraiment délicieuse... Cela n’a ni caractères, ni principes. Jugez combien [sa société sera douce et facile]... En vérité, je suis [presque jalouse de celui à qui ce plaisir est réservé].

Lettre XXXVIII. — La Merteuii à Valmont.

(Excellent portrait de la Cécile.)

« Il est si sot encore qu’il n’en a pas seulement obtenu un baiser. Ce garçon-là fait pourtant de fort jolis vers ! Mon Dieu I que ces gens d’esprit sont bôtes ! »

Lettre XXXVIII. — La Merteuii à Valmont.

(Commencement du portrait de Danceny, qui attirera lui-mème la Merteuii).

« Je regrette de n’avoir pas le talent des filous...... Mais

nos parents ne songent à rien. »

Suite de la Lettre XI. — Valmont à la Merteuii.

« Elle veut que je sois son ami » (La malheureuse victime en est déjà là) « Et puis-je me venger moins

d’une femme hautaine qui semble rougir d’avouer qu’elle adore? »

NOTES INÉDITES DE Cil. BAUDELAIRE

Lettre LXX. — Val mont à la Mer tend.

À propos de la Vicomtesse :

<( Le parti le plus difficile ou le plus gai est toujours celui que je prends ; cl je ne me reproche pas une bonne action, pourvu, qu’elle m’exccrcc ou m’amuse.

Lettre LXXI. — Valmont à la MerleuiL (Portrait de la Merteuil par elle-même. )

« Que vos craintes me causent de pitié ! Combien elles me prouvent ma supériorité sur vous!.... Être orgueilleux et faible, il te sied bien de vouloir calculer mes moyens et juger de mes ressources ! »

(La femme qui veut toujours faire l’homme, signe de grande dépravation. )

« Imprudentes, qui dans leur amant actuel ne savent

pas voir leur ennemi futur. )> « Je dis : mes principes

Je les ai créés, et je puis dire que je suis mon ouvrage.»

« Ressentais-je quelque chagrin J’ai porté le zèle

jusqu’à me causer des douleurs volontaires, pour chercher pendant ce temps l’expression du plaisir. Je me suis travaillée avec le même soin pour exprimer les symptômes d’une joie inattendue. »

a Je n’avais pas quinze ans, je possédais déjà les talents auxquels la plus grande partie de nos politiques doivent leur réputation, et [je ne me trouvais encore qu’aux premiers éléments de la science que je voulais acquérir].»

(( La tcte seule fermentait. Je ne désirais pas de jouir, je voulais SAVOIR » (George Sand et autres)

Lettre LXXXL — La Mcrteuil à Valmonl.

Encore une touche au portrait de la petite Volangcs par la Merteui! :

« Tandis que nous nous occuperions à former cette petite fille pour l’intrigue [ nous n’en ferions qu’une femme

facile] Ces sortes de femmes ne sont absolument que

des machines à plaisir. »

Lettre CVI. — La Merleuil à Valmonl.

« Cet enfant est réellement séduisant. Ce contraste de la candeur naïve avec le langage de l’effronterie ne laisse pas de faire de l’effet ; et je ne sais pourquoi, il n’y a plus que les choses bizarres qui me plaisent. »

Lettre CX. — Valmonl à la Merleuil.

Valmonl se glorifie et chante son futur triomphe :

« Je la montrerai, dis-je, oubliant ses devoirs Je

ferai plus, je la quitterai Voyez mon ouvrage et cher-

chez-en dans le siècle un second exemple !.

Lettre CXV. — Valmont à la Merleuil.

(Citation importante).

La note et l’annonce de la fin.

Champleury.

Lui écrire.

NOTES INÉDITES DE CH. BAUDELAIRE

Voici cette note finale des Liaisons dangereuses, à laquelle Baudelaire lait allusion :

« Des raisons particulières et dos considérations que nous nous ferons toujours un devoir de respecter, nous forcent de nous arrêter ici.

Nous ne pouvons, dans ce moment, ni donner au lecteur la suite des aventures de M oUe de Volanges, ni lui faire connaître les sinistres événements qui ont comblé les malheurs ou achevé la punition de M me de Merteuil.

Peut-être quelque jour, nous sera-t-il permis de compléter cet ouvrage ; mais nous ne pouvons prendre aucun engagement à ce sujet : et quand nous le pourrions, nous croirions encore devoir auparavant consulter le goût du public, qui n’a pas les mêmes raisons que nous de s’intéresser à cette lecture.»

I\'ote de V éditeur.

Baudelaire, se proposait sans doute d'écrire à Champleury, mieux fourni que lui en curiosités de toutes sortes, pour s’informer si cette seconde partie avait jamais été publiée par Choderlos de Laclos.

Peut-être aussi la phrase finale de la note de l’éditeur avait-elle porté sa pensée sur la vérité du récit : et il aurait alors voulu demander à Champleury la clef des liaisons dangereuses.

Page 1