DB LA FEMME ET DU BUT DE CBT OUVRAGE
Un ancien définissoit l’homme un animal à 2 pieds, sans plumes ; la femme est la femelle de cet animal là, non la femme défigurée par nos institutions, mais telle qu’elle est sortie des mains de la nature. Destinée comme les autres animaux à naître et à produire, elle a reçû comme eux l’attrait du plaisir, moïen de conservation pour l’espèce ; la crainte de la douleur, moïen de conservation pour l’individû. De ces deux moïens, le l Rr comme le moins important doit être et se trouve, en effet, subordonné au 2 e . Après l’âge de la génération, la nature semble abandonner l’individu,- son sentiment s’émousse, scs organes s’obstruent. Le plai-
(1) B. N . Ms. Fr. 12.846, 6.
de l’éducation des femmes par Choderlos de laclos 17
sir et la douleur semblent le quitter à la fois ; l’insensibilité augmente, et nous l’appelons vieillesse; l’insensibilité totale est la mort. Se conserver et se ro- » prodüire, voilà donc les lois auxquelles la nature a soumis les femmes. Ainsi, pourvoir à leur nourriture personnelle, recevoir les approches du male, nourrir l’enfant qui en est provenu et ne l’abandonner quô lorsqu’il peut se passer de scs soins, telles sont les impulsions naturelles que les femmes reçoivent. Souvent nos institutions les en éloignent, jamais la nature ne manque de les en punir. Ont-elles gagné ou perdu à ces institutions ? Nous prétendons moins décider cette question que mettre nos lecteurs en état de le faire, et pour cela nous suivrons les femmes, depuis celles de la nature jusqu’à celles de nos jours. Celte carrière est vaste à parcourir. Arrivé à ce point, nous essaierons de reconnoîtro combien elles se sont égarées, et d’indiquer le chemin qu’elles ont à tenir pour se retrouver. Peut-être cette seconde course sera t’elle aussi longue et plus pénible que la l ro .