‹ De l'éducation des fillesChapitre 117 sur 129 · ÉPICURE · texte numérisé non relu

ÉPICURE

Né la troisième année de la 109e olympiade, mort la seconde année de

la 127*, âgé de soixante-douze ans.

Êpicure , de la famille des Philaïdes , naquit à Athènes , vers

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la cent neuvième olympiade. Dès Tâge de quatorze ans, il s'appliqua à la philosophie; il étudia quelque temps à Samos sous Pamphile, platonicien. Il ne put jamais bien goûter sa doctrine; il se retira de son école, et ne prit plus d'autre maître. On dit qu'il enseigna la grammaire, mais qu'il ne tarda guère à s'en dégoûter. Il se plaisait beaucoup à lire les livres de Démocrite, dont il se servit utilement par la suite pour composer son système.

A l'âge de trente-deux ans, il enseigna la philosophie à Mételin , et de là à Lampsaque. Cinq ans après , il revint à Athènes, où il institua une nouvelle secte. Il acheta un beau jardin, qu'il cultivait lui-même : c'est là où il établit son école : il y menait une vie douce et agréable avec ses disciples, qu'il enseignait en se promenant et en travaillant, et leur faisait répéter par cœur les préceptes qu'il leur donnait. On venait de tous les endroits de la Grèce pour avoir le plaisir de l'entendre et de le considérer dans sa solitude.

Épicure fait profession d'une grande sincérité etd'unegrande candeur d'âme. Il était doux et affable à tout le monde ; il avait une tendresse si forte pour ses parents et pour ses amis , qu'il était entièrement à eux, et leur donnait tout ce qu*il avait. 11 recommandait expressém^t à ses disciples d'avoir compassion de leurs esclaves; il traitait les siens avec une humanité surprenante; il leur permettait d'étudier, et prenait le soin de les instruire lui-même comme ses propres disciples.

Ëpicure ne vivait en tout temps que de pain et d'eau , de fruits et de légumes qui croissaient dans son jardin. Il disait quelquefois à ses gens : Apportez- moi un peu de lait et de fromage, afin que je puisse faire meilleure chère quand je voudrai. Voilà , dit Laërce, quelle était la vie de celui qu'on a voulu faire passer pour un voluptueux.

Cicéron, dans ses Tusculanes , s'écrie : Ah ! qu'Épicure se contentait de peu !

Les disciples d'Ëpicure imitaient la frugalité et les autres vertus de leur maître; ils ne vivaient que de légumes et de

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laitage Bon plus que lui; quelque-uns buvaient tant soit peu de vin; mais tous les autres ne buvaient jamais que de Teau. Ëpieure ne voulait pas qu'ils fissent bourse commune, comme les disciples de Pythagore, parce que, disait-il, c'est plutôt une marque de la défiance qu*ont les uns pour les autres , que d'une parfaite union.

Il croyait qu'il n'y avait rien de plus nobje que de s'appliquer à la philosophie, que les jeunes gens ne pouvaieut commencer trop tôt à philosopher; et que les vieux ne devaient jamais s'en lasser, puisque le but qu'on s'y proposait était de vivre heureux, et que c'était là où tout le monde devait tendre.

La félicité dcmt parlent les philosophes est une félicité naturelle, c'est k^ire un état heureux, auquel on peut parvenir en cette vie par les forces de la nature. Épicure le fait consister dans le plaisir; non pas dans le plaisir sensuel , mais dans * la tranquillité d'esprit et dans la santé du corps. 11 n'avait point d'autre idée du souverain bien , que de posséder ces deux choses en même temps.

Il enseigna que la vertu est le moyen le plus puissant pour rendre la vie heureuse , parce qu'il n'y a rien de plus doux que de vivre sagement et selon les règles de l'honnêteté ; de n'avoir rien à se reprocher; de ne se sentir atteint d'aucun crime, de De nuire à personne; de faire du bien autant qu'il est possible; et enfin de ne manquer jamais à aucun des devoirs de la vie. Il infère de là qu'il n'y saurait avoir d'heureux que les honnêtes gens , et que la vertu est inséparable de la vie agréable.

Il ne pouvait se lasser de louer la sobriété et la continence, qui servent merveilleusement à tenir l'esprit dans une assiette tranquille, à conserver la santé du corps, et même à la réparer quand elle est une fois affaiblie. Il faut, disaiMI, s'accoutumer à vivre de peu ; c'est la plus grande richesse qu'on puisse jamais acquérir. Outre que les choses les plus communes font autant de plaisir, lorsqu'on a faim , que les mets les plus délicieux , on se porte beaucoup mieux quand on vit

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