‹ De l'éducation des fillesChapitre 120 sur 129 · VIE DE PLATON · texte numérisé non relu

VIE DE PLATON

b'apbbs le manuscrit original de fénelon. Platon était de la plus illustre naissance dont un Athénien

pût être. Par sa mère il descendait de Solon , et des anciens rois par son père. Dans sa jeunesse il alla à la guerre , et y montra beaucoup de valeur. Il fut disciple de Socrate , dont il a rapporté les conversations dans ses écrits. Comme Socrate, n^a jamais voulu écrire , nous n'avons rien de lui que dans les ouvrages de ses deux disciples , Platon et Xénophon. Ces deux disciples furent jaloux Tun de l'autre.

Dans la suite ^ Platon eut la curiosité d'aller rechercher la sagesse des étrangers. Il passa en Egypte et en Phénicie , où il eut soin de recueillir les traditions des prêtres et des savants; Il ne faut pas même douter qu'il n'y ait connu les livres de Moïse, et les antres ouvrages des Juifs. Dion , gendre du tyran Denys, grand amateur des lettres et delà sagesse, l'attira en Sicile. Denys lui-même le vit , l'admira , et fut sur le point de renoncer à la tyrannie par ses conseils : mais Phlistus, qui était un sophiste et un flatteur, Ten détourna, de peur de perdre dans ce changement la fortune dont il jouissait. Ce faux sage , jaloux de Platon, le rendit peu à peu odieux au tyran. Quand Platon aperçut que le tyran était incorrigible , il lui remontra avec courage le malheur et l'indignité d'un homme qui tient sa patrie dans Tesclavage : le tyran irrité le vendit, comme un esclave , h un homme qui le mena dans l'Ile d'Eubée , où il fut racheté de l'argent de Dion.

Après la mort du premier Denys, il fit encore, sous le second , deux voyages à Syracuse, où Dion lui fit divers présents considérables. Le jeune Denys voulut même lui donner une ville pour y établir ses lois et sa république ; mais les guerres ne permirent pas Texécution de ce projet.

Quelque temps après , Dion ayant chassé deux fois le jeune Denys, qui fut enfin réduit à servir de maître d'école dans Corinthe, pour gagner sa vie, Platon ne voulut point retourner à Syracuse jouir de la faveur de son ami, qui avait l'autorité suprême. Au contraire, il lui écrivit pour l'obliger à quitter cette puissance odieuse , et pour rendre la liberté à ses citoyens , après avoir abattu le tyran , à l'exemple de Timoléon. Dion fui rigoureusement puni de n'avoir pas profité d'un si

633 PLAl'ON.

sage conseil; car ses propres concitoyens Fassassinèrent. Platon demeura tranquille à Athènes, où il instruisait ses disciples dans un bois auprès de la ville , qu'on appelait Académie, du nom d'Académus, qui avait donné ce lieu pour les exercices publics. U était bien fait, de bonne mine, éloquent, adroit pour les exercices, propre dans ses habits et dans ses meubles ; ce qui irritait beaucoup d'autres philosophes de son temps , qui affectaient d'être gueux et sales, comme Diogène. Il avait les épaules larges ; ce qui lui fit donner le nom de Platon. Ses disciples furent nommés académiciens, à cause du lieu où il les instruisait. Dans la suite il se divisèrent : on vit trois sectes d'académiciens. Les anciens conservèrent les principes de Platon ; les modernes tombèrent dans Tincertitude des pyrrhoniens. Platon vécut jusqu'à l'âge de quatre-vingt et un ans, en pleine santé, et dans h plus haute réputation.

DF. L'ÉDUCATIOIN DtS FILLES.

Page 1