‹ De l'éducation des fillesChapitre 30 sur 129 · XVI. — SOCRATE ET ALCIBIADE · texte numérisé non relu

XVI. — SOCRATE ET ALCIBIADE

Les meUleores qualités lutureUet ne aervent qa*à déshonorer, si elles ne

sont soutenues par une vertu soUde.

Soc. — Te voilà toiyours agréable. Qui charmeras-tu dans les enfers ?

Alcib. -^ Et toi , te voilà toujours moqueur. Qui persuaderas-tu ici V toi qui veux toujours persuader quelqu*un .'

Soc. — Je suis rebuté de vouloir persuader les hommes , depuis que j'ai éprouvé combien mes discours ont mal réussi pour te persuader la vertu.

Alcib. — Voulais-tu que je vécusse pauvre comme toi , sans me mêler des. affaires publiques.^

Soc. — Lequel valait mieux, ou de ne s'en mêler pas , ou de les brouiller, et de devenir Tennemi de sa patrie?

Alcib. ~ J'aime mieux mon personnage que le tien. Tai été beau , magnifique , tout couvert de gloire , vivant dans les délices, la terreur des Lacédémoniens et des Perses. Les Athéniens n'ont pu sauver leur ville qu'en me rappelant. S'ils ni^eussent cru , Lysander ne serait jamais entré dans leur port. Pour toi, tu n'étais qu'un pauvre homme, laid , camus , chauve , qui passait sa vie à discourir, pour blâmer les hommes dans tout ee qu'ils font. Aristophane t'a joué sur le théâtre ; tu as passé pour un impie , et on t'a fait mourir.

Soc. — Voilà bien des choses que tu mets ensemble : examiuons-les en détail. Tu as été beau , mais décrié pour avoir fait de honteux usages de ta beauté. Les délices ont corrompu

I 14 DIALOGUES DES HOATS.

ton beau naturel. Tu as rendu de grands services à ta patrie, mais tu lui as fait de grands maux. Dans les biens et dans les maux que tu lui as faits , c*est une vaine ambition , et non Famour de la vertu , qui t'a fait agir; par conséquent il ne t'en revient aucune gloire véritable. Les ennemis de la Grèce, aux* quels tu fêtais livré , ne pouvaient se fier à toi , et tu ne pouvais te fier à eux. r9'aurait-il pas été plus beau de vivre pauvre dans ta patrie, et d*y souffrir patiemment tout ce que les méchants font d'ordinaire pour opprimer la vertu ? 11 vaut mieux être laid et sage comme moi, que beau et dissolu comme tu rétais. L'unique chose qu'on peut me reprocher est de t'avoir trop aimé, et de m*étre laissé éblouir par un naturel aussi léger que le tien. Tes vices ont déshonoré l'éducation philosophique que Socrate t'avait donnée : voilà mon tort.

Alcib. •— Mais ta mort montre que tu étais un impie.

Soc. — Les impies sont ceux qui ont brisé les Hermès. J'aime meux avoir avalé du poison pour avoir enseigné la vérité, et avoir irrité les hommes qui ne la peuvent souffrir, que de trouver la mort, comme toi, dans le sein d'une courtisane.

Alcib. — Ta raillerie est toujours piquante.

Soc. — Et quel moyen de souffrir un homme qui était propre à faire tant de biens et qui a fait tant de maux ? Tu viens encore insulter à la vertu.

Alcib. ^ Quoi! l'ombre de Socrate et la vertu 'sont dono la même chose? Te voilà bien présomptueux.

Soc Compte pour rien Socrate , si tu veux ; j'y consens :

mais,après avoir trompé mes espérances sur la vertu que je tâchais de t'inspirer^ ne viens point encore te moquer de la philosophie, et me vanter toutes tes actions; elles ont eu de l'éclat , mais point de règle. Tu n*as point de quoi rire; la mort t'a fait aussi camus que moi : que te reste-r-il de tes plaisirs ?

Alcib. — Ah! il est vrai , il ne m'en reste que la honte et le remords. Mais où vas-tu? Pourquoi donc veux-tu me quitter?

DIALOGUES DES MOfitS. t45

Soc. — Adieu ; je ne t*ai suiW, dans tes voyages ambitieux , oi en Sicile, ni à Sparte, oi en Asie : il n'est pas juste que tu me suives dans les Champs Élysiens, où je vais mener une vie paisible et bienheureuse avec Selon , Lycurgue , et les autres sages.

Alcib. ^ Ah l mon cher Socrate , faut-il que je sois séparé de toi ! Hélas ! où irai-je donc ?

Soc. — Avec ces âmes vaines et faibles et dont la vie a été un mélange perpétuel de bien et de mal , et qui n'ont jamais aimé de suite la pure vertu. Tu étais né pour la suivre; tu lui as préféré tes passioDS. Maintenant elle te quitte à son tour, et tu la regretteras éternellement.

Alcib. -^ Hélas! mon cher Socrate, tu m^as tant aimé : ne veux-tu plus avoir jamais aucune pitié de moi .' Tu ne saurais désavouer (car tu le sais mieux qu'un autre) , que le fond de mon naturel était bon.

Soc. — C'est ce qui te rend plus inexcusable. Tu étais bien né, et tu as mal vécu. Mon amitié pour toi , non plus que ton beau naturel, ne sert qu'à ta condamnation. Je fai aimé pour la vertu, mais enfin je t'ai aimé jusqu'à hasarder ma réputation. J'ai souffert , pour l'amour de toi , qu'on m'ait soupçoimé injustement de vices monstrueux que j'ai condamnés dans toute ma doctrine. Je t'ai sacrifié ma vie , aussi bien que mon honneur. As-tu oublié l'expédition de Potidé, où j'ai logé toujours avec toi ? Un père ne saurait être plus attaché à son fils que je l'étais à toi. Dans toutes les rencontres des guerres j'étais toujours à ton c6té. Un jour , le combat étant douteux , tu fus blessé ; aussitôt je me jetai au-devant de toi pour te couvrir de mon corps, comme d'un bouclier. Je sauvai ta vie, ta liberté, tes armes. La couronne m'était due par cette action : je priai les chefs de l'année de te la donner. Je n'eus de passion que pour ta gloire. Je n'eusse jamais cru que tu eusses pu devenir la honte de ta patrie et la source de tous ses malheurs.

Alcib. —Je m'imagine, mon cher Socrate, que tu n'as pas ouWé aussi cette autre occasion où , nos troupes ayant

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été défaites , tu te retirais à pied avee b^ucoup de peine , et où ) me trouvant à cheval , je m'arrêtai pour repousser les ennemis qui dallaient accabler. Faisons compensation.

Soc. — Je le veux. Si je rappelle ce que j'ai iaitpour toi , ce n'est point pour te le reprocher , ni pour me faire valoir ; c'est pour montrer les soins que j'ai pris pour te rendre bon , et combien tu as mal répondu à toutes mes peines,

Algib. — Tu n'as rien à direcontre s» première jeunesse. Souvent , en écoutant tes instructions ^ je m'attendrissais, jus* qu'à en pleurer. Si quelquefois je t'échappais ,• étant entraîné par les compagnies , tu courais après moi, comme un maître après son esclave fugitif. Jamais je n'ai osé te résister. Je n'écoutais que toi , je ne craignais que de te déplaire. U est vrai que je Gs une gageure , on jour , de donner un soufflet à Hipponicus. Je le lui donoai; ensuite j'allai lui demander pardon, et me dépouiller devant lui , afin qu'il me punit avec des verges : mais il ma pardonna , voyant que je ne Tavais offensé que par la légèreté de mon naturel enjoué et folâtre.

Soc. — Alors tu n'avais commis qne la faute d'un jeune, fou ; mais dans la suite tu as fait les crimes d'un scélérat qui ne compte pour rien les dieux , qui se joue de la vertu et de la bonne foi , qui met sa patrie en cendres pour contenter son ambition , qui porte dans toutes les nations étrangères des mœurs dissolues. Va , tu me fais horreur et pitié. Tu étaisfait pour être bon , et tu as voulu &xe mécltant ; je ne puis m'en consoler. Sépar(Mis-nous. Les trois juges décideront de ton sort ; mais il ne peut plus y avoir ici-bas d'union entre nous deux.

XVlî. — SOCRATE ET ALCIBIÀDE.

Le bon souvemement est eelui où tes citoyens sont élevés dans le respect des lois, dans rampor de la patrie et du genre bumaio» qui est la grande patrie.

Soc. — Vous voilà devenu bien sage à vos dépens , et aux dépens de tous ceux que vous avez trompés. Vous pourriez

être le digue héros d'une seconde Odyssée : car vous avez vu les mœurs d'un plus grand nombre de peuples dans vosvoyages, qu'Ulysse n'en vit dans les siens.

Algib. — Ce n'est pas l'expérience qui me manque , mais la sagesse ; mais , quoique vous vous moquiez de moi , vous ne sauriez nier qu'un homme n'apprenne bien des choses quand il voyage, et qu'il étadie sérieusement les mœurs de tant de peuples.

Soc. ^ Il est vrai que eette étude , si elle était bien faite , pourrait beaucoup agrandir Tesprit : mais il faudrait un vrai philosophe , et un homme tranquille et appliqué , qui ne fât point dominé comme vous par l'ambition et par le pjaisir ; un liommesans passion et sans préjugé , qui chercherait tout ce qu'il y aurait de bon en chaque peuple , et qui découvrirait ce que les lois de chaque pays lui ont apporté de bien et de mal. Au retour d'un tel voyage , ce philosophe serait un excellent législateur. Mais vous n'avez jamais été l'homme qu'il fallait pour donner des lois ; votre talent était pour les violer. A peine étiez-vous hors de l'enfance , que vous conseillâtes à votre oncle Périclès d'engager la guerre, pour éviter de rendre compte des deniers publics. Je crois même qu'après votre mort vous seriez encore un dangereux garde des lois.

ALCiB. — Laissez-moi là , je vous prie; le fleuve d'oubli doit effacer toutes mes fautes : parlons des mœurs des peuples. Je n'ai trouvé partout que des coutumes , et fort peu de lois. Tous les barbares n'ont d'autres règles que l'habitude et l'exemple de leurs pères. Les Perses nîémes , dont on a tant vanté lés mœfirs du temps de Cyrus , n'ont aucune trace de cette vertu. Leur valeur et leur magnificence montrent un assez beau naturel; mais il est corrompu par la mollesse et par le faste le plus grossier. Leurs rois , encensés comme des idoles ^ ne sauraient être honnêtes gens , ni connaître la vérité ; rhumanité ne peut Soutenir avec modération une puissance aussi désordonnée que la leur. Ils s'imaginent que tout est fait pour eux ; ils se jouent du bien , de l'honneur et delà vie des aun*es ho\nmse. Kien ne marque tant de barbarie dans une

dation, que cette forme de gouverneiDent; car il n'y a plu^ de lois ; et la volonté d'un seul homme , dont on flatte toute { le& passions, est ia loi unique.

Soc. — Ce pays-là ne convenait guère à un génie aussi libre et aussi hardi que le vôtre. Mais ne trouvez-vous pas aussi qus la liberté d'Athènes est dans une autre extrémité ?

Alcib. ' Sparte est ce que j'ai vu de meilleur.

Soc. — La servitude des Ilotes ne vous paraît-elle pas con« traire à l'humanité .'Remontez hardiment aux vrais principes, défaites-vous de tous les préjugés : avouez qu'en cela les Grecs sont eux-mêmes un peu barbares. Est-il permis à une partie des hommes de traiter l'autre comme des bêtes de charge ?

Alcib.' — Pourquoi non, si c'est un peuple subjugué.'

Soc. — Le peuple subjugué est toujours peuple ; le droit de conquête est un droit moins fort que celui de l'humanité. Ce qu'on appelle conquête devient le comble de ia tyrannie et l'exécration du genre humain, à moins que le conquérant n'ait fait sa conquête par une guerre juste , et n'ait rendu heureux le peuple conquis en lui donnant de bonnes lois. Il n est donc pas permis aux Lacédémoniens de traiter si indignement les Ilotes, qui sont hommes comme eux. Quelle horrible barbarie que de voir un peuple qui se joue de la vie d'un autre, et qui compte pour rien ses mœurs et son repos ! De même qu'un chef de famille ne doit jamais s'entêter pour la grandeur de sa maison , jusqu'à vouloir troubler la paix et la liberté publique de tout le peuple , dont lui et sa famille ne sont qu'un membre ; de même c'est une conduite insensée , brutale et pernicieuse, que le chef d'une nation mette sa gloire à augmenter la puissance de son peuple en troublant le repos et la liberté des peuples voisins. Un peuple n'est pas moins un membre du genre humain , qui est la société générale, qu'une famille est un membre d'une nation particulière. Chacun doit infiniment plus au genre humain , qui est la grande patrie , qu'à la patrie particulière dans laquelle il est né : il est doûc infiniment plus pernicieux de blesser la justice de peuple à peuple, que dé la blesser de famille à famille contre sn repu*

DIALOGUES DES MOATS. 149

blîque. Renoncer au sentiment, non-seulement c*est manquer de politesse et tomber dans la barbarie , mais c'est Taveuglement le plus dénaturé des brigands et des sauvages ; c'est u'étre plus homme, c'est être aDthroî)ophage.

Alcib. — Vous vous fâchez! il me semble que vous étiez de meilleure humeur dans le monde; vos ironies piquantes avaient quelque chose de plus enjoué.

Soc. — Je ne saurais être enjoué sur des choses si sérieuses. Les Lacédémoniens ont abandonné tous les arts pacifiques, pour ne se réserver que celui de la guerre : et comme la guerre est le plus grand des maux , ils ne savent que Êiire du mal ; ils s'en piquent; ils dédaignent tout ce qui n'est pas la destruction du genre humain , et tout ce qui ne peut servir à la gloire brutale d'une poignée d'hommes qu'on appelle les Spartiates. Il faut que d'autres hommes cultivent la terre pour les nourrir, pendant qu'ils se réservent pour ravager et pour dépeupler les terres voisines. Ils ne sont pas sobres et austères contre eux-mêmes, pour être justes et modérés à l'égard d'autrui : au contraire , ils sont durs et farouches contre tout ce qui n'est point la patrie , comme si la nature humaine n'était pas plus leur patrie que Sparte. La guerre est un mal qui déshonore le genre humain : si on pouvait ensevelir toutes les histoires dans un éternel oubli, il faudrait cacher à la postérité que des hommes ont été capables de tuer d'autres hommes. Toutes les guerres sont civiles ; car c'est toujours l'homme contre l'homme qui répand son propre sang, qui déchire ses propres entrailles. Plus la guerre est étendue, plus elle est funeste : donc celle des peuples qui composent le genre humain est encore pure que celle des familles qui troublent une nation. Il n'est donc permis de faire la guerre que malgré soi , à la dernière extrémité , pour repousser la violence de l'ennemi. Comment es^ce que Lycurgue n'a point eu d'horreur de former un peuple oisif et imbécile pour toutes les occupations douces et innocentes de la paix , et de ne lui avoir donné d'autre exercice d'esprit et de corps que celui de nuire par la guerre à l'humanité.'

150 DIALOGUES DBS HOIITS.

Alcib. — Votre bile s*échauffe avee raison : mais aimeriez* VOUS mieux un peuple comme celui d* Athènes , qui raffine iasqu*au dernier excès ^r tous les arts destinés à la volujyté ? Il vaut encore mieux souffrir des naturels farouches et Tîolents, comme ceux de Lacédémone.

Soc. -^ Vous voilà bien changé! vous n'êtes pluscet homme si décrié dans une ville si décriée t les bords du Styx font de beaux changements! Mais peut-être que vous parlez ainsi par complaisance, car vous avez été toute votre vie un protée sur les moeurs. Quoi qu'il en soit, j'avoue qu'un peuple qui par la contagion de ses mœurs porte le Êiste, la mollesse, l'injustice et la fraude chez les autres peuples, fait enoQre pis que celui qui n'a d'autre occupation ni d'autre mérite que celui de répandre du sang ; car la vertu est plus précieuse aux hommes que la vie. liycurgue est dono louable d'avoir banni de sa république tous les arts qui ne servent qu'au faste et à la volupté ; mais il est inexcusabte d'en avoir ôté l'agriculture et les autres arts nécessaires pour une vie simple et frugate. N'est-il pas honteux qu'un peuple ne se suffise pas àlui-m^ie, et qu'il lui faille un autre peuple appliqué à Tagriculture pour le nourrir?

Alcib. -* Eh bien, je passe condamnation sur ce chapitre. Mais n'aimez-vous pas mieux la sévère discipline de Sparte, et l'inviolable subordination qui y soumet la jeunesse aux vieillards, que la licence effrénée d'Athènes?

Soc. — Un peuple gâté par une liberté trop excessive est le plus insupportable de tous les tyrans; ainsi l'anarchie n'est le comble des maux , qu'à cause qu'elle est le plus extrême despotisme : la populace soulevée contre les lois est le plus insolent de tous les maîtres. Mais il faut un milieu. Ce milieu est qu'un peuple ait des lois écrites, toujours constantes, et consacrées par toute la nation ; qu'elles soient au-dessus de tout ; que ceux qui gouvernent n'aient d'autorité que par elles ; qu'ils puissent tout pour le bien, et suivant les lois; qu'ils ne puissent rien contre les lois pour autoriser le mal* Voilà ce que les hommes, s'ils n'étaient pas aveugles et ennemis

d'eax-mémes, établiraieat unammement pour leur félicité. Mais les uns, comme les Athéniens» renversent les lois, de peur de donner trop d'autorité aux magistrats, par qui les lois devraient régner; ei les autres, comme les Perses., par un respect superstitieux des lois , se mettent dans un tel esclavage sous ceux qui devraient faire régner les lois, que ceux-ci ràgnent eux-mêmes, et qu'il n'y a plus d'autre loi réelle que leur volonté absolue. Ainsi les uns et les autres s'éloignent du but, qui est une liberté modérée par la seule autorité des lois, dont ceux qui gouvernent ne devraient être que les simples défenseurs. Celui qui gouverne doit être le plus obéissant à la loi. Sa personne détachée de la loi n*est rien , et elle n'est consacrée qu'autant qu'il est lui-même sans intérêt et sans passion, la loi vivante donnée pour le bien des hommes. Jugez par là combien les Grecs, qui méprisent tant les barbares, sont eneore dans la barbarie. La guerre du Péloponèse , où la jalousie ambitieuse de deux républiques a mis tout en feu pendant vingt-huit ans i en est une funeste preuve. Vous-même qui parlez ici, n'avez-vous pas flatté tantôt l'ambition triste et implacable des Lacédémoniens, tantôt l'ambition des Athéniens, [dus vaine et plus enjouée.' Athènes avec moins de puissance a fait de plus grands efforts, et a triomphé longtemps de toute la Grèce : mais enfin elle a succombé tout à coup, parce que le despotisme du peuple est une puissance folle et aveugle, qui se tourne contre elle-même , et qui n'est absolue et au-dessus des lois que pour achever de se détruire.

A1.CIB. — Je vois bien qu'Anytus n'a pas eu tort de vous £ûre boire un peu de ciguë , et qu'on devait encore plus craindre votre politique que votre nouvelle religion.

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