‹ De l'éducation des fillesChapitre 94 sur 129 · JX. — HISTOIRE NATURELLE DU VER A SOIE · texte numérisé non relu

JX. — HISTOIRE NATURELLE DU VER A SOIE

ïjes habits étaient d'abord de feuilles, ptUs de peaux d'animaux morts sans violence , de fils tirés des plantes , et d'écorces ; puis de laine : par là on apprit à filer.

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Les vers à sxAe furent longtemps libres aux Indes; puis employés par les filles de 111e de Coos ; mais la soie étaU encore très-chère sous Aurélien. Sous Justinien , les œufs de ces y^rs furent transportés des. Indes à Constantinople.

L'œuf de ver à soie produit vn ver au printemps qui est éclos en trois jours par otialeur humaine. H esx d'abord violet , puis bleu , ensuite couleur de soufre ^ enfin de cendre. Le ver est enfermé dans une écorce transparente comme une perle. Ce ver a(!amé a percé son œuf : il est sorti montrant tête et queue. La tête est grosse à proportion du reste , et par le microscope ressemble à celle d'un ^rbeau. Ses côtés ont des bosses dont les extrémités moxdes poils longs et rouges. Dès qu'il vit , il mange de tendres feuilles de mûrier, y fait de petits trous , fait déjà des pelotons de soie de fibres de feuilles rongées : il s'y suspend '.

// est composé d'anneaux : au premier, il est blanc ; celte couleur se communique insensiblement aux anneaux voisins. Le bas , vers les cuisses , a quelques taches rouges : puis la couleur est cendrée , avec des taches rouges et verdâtres des feuilles , etc. Tout ceci en dix jours jusqu'au premier sommeil.

Après ce premier sommeil , il quitte sa vieille peau ; il en parait une autre blanche; sa tête croit triplement ;i/ mange trois fois le jour.

Ije mûrier blanc a les feuilles plus longues et plus délicates. Cet arbre était inconnu autrefois en Italie. En Sicile , les feuilles de mûrier noir font une soie plus ferme. Si vous donnez aux vers à soie laurier, vigne, orme , myrte sauvage, ils meurent. Quelques-uns les ont nourris de laitues.

La partie supérieure devient argentée , le reste de taches fuligineuses et spirales , qui s'étendent ïe long des anneaux. Son crâne prend la couleur d'agate. Il croît, a des taches rouges , devient transparent : on voit les feuilles a travers son corps, — Changement de peau blanche en pourprée : sa vieille

» Histoire du mûrier. Pyrame et Tliisbé. ( Ov. Metam^t lib. lU.)

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peau se déchire : alors il se resserre, pousse entrailles en haut, sa vieille peau se ride, et passe d'anneau en anneau : cependant léthargie.

Après ce sommeil paraissent de nouvelles dents : alternativement tïdort et mange. La dernière fois, il se tourmente trois jours pour changer de peau. Alors il allonge : il a treize anneaux. Le corps du ver est appuyé sur beaucoup de cuisses : au milieu , quatre paires de cuisses. Il a des ongles aux pieds comme des os : quarante à chaque pied.

Le vent du midi les rend hydropiques et de couleur de safran. Le froid les affaibit , et retarde leur ouvrage.

Le ver commence à tirer de soi comme de Tambre (comme un ûl pendu à une quenouille), rattache à quelque petit morceau de bois qui accroche le fil, puis s'en retire, et conduit ainsi un fil gluant qui s'épaissit à l'air. C'est un rets assez lâche. — Petite trompe d'où sort la soie. Quelquefois deux vers filent ensemble la même soie.

La peau du ver tombe en- une minute. Il maigrit. Déjà les ailes du papillon sont cachées. Le papillon engendre en vieillesse : œufs, environ quatre cents. Le papillon, en canicule, vit douze jours : en hiver, un mois. La femelle meurt la première : les poils ou plumes tombent : le corps devient de couleur de citron.

Les œufs du papillon s'attachent à un linge. On les conserve en été dans une cave; en hiver, sous des lits , de peur qu'ils ne se gèlent. Au printemps, on les arrose de vin et d'eau tiède : ils sont couvés sous les aisselles des femmes.

La partie de la soie la plus voisine du ver est la plus d^cate; elie est trop fine , et ne sert pas. Elle ne peut se démêler. Mais ce qui est retors est de cent six pieds. Par-dessus, un quart en coton.

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