‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 108 sur 116 · L£ PK£TR£ ROM AIR · texte numérisé non relu

L£ PK£TR£ ROM AIR

sel, les yeux en plenrs d'une jeune fille viendront

percer sou cœur d'homme , et renverser tous les sopbîsmes du théologien. Vainement il veut com* battre une si douce vue , vainement il repousse comme une tentation le sentiment qui le charme, une voix inléricure lui crie que cet attrait si vif est le lien de tous les êtres , et que lui-même doit son existence à l'amour* Alors les joies de son enfance lui reviennent au cœur^ et il soupire en pensanti sa mère» Il se souvient qu'elle fut son premier précepteur; que, la première, elle exerça son toucher par ses caresses , son gotiit en lui donnant le lait de ses mamelles. Il se souvient qu'il a été rechauffé sur un sein deiemme, aimé par un cœur de mère, qu'il lui doit tout, même cette religion qui aujourd'hui occupe uniquement son âme; qu'il reçut d'elle et ses premiers enseignements et sa première prière, et il croit entendre encore les sons de cette voix si douce qui, chaque soir, disait avec lut : t( 0 mon Dieu ! ô mon père ! » 'est-ce pas elle aussi qui lui apprenait à marcher dans la prairie , qui lui cueillait des fleurs, et qui, ployant les rameaux du verger, lui offrait les fruits qu'il ne pouvait atteindre? Gessouvenirsd'une première enfance ramènent ceux d'une jeunesse folâtre; il revoit les yeux humides de la jeune fille , et il sent que ce regard lui etit inspiré toutes les vertus. Le soir, dans son logis solitaire, ces pensées le poursuivent; il songe que le Créateur de toutes choses a partagé ses dous

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entreles deux sexes : Tun fort, intrépide, généreux, puissant ; l'autre timide , doux . propre , adroit. L'homme , grave et studieux ; la femme, gaie , in^ souciante, vive, légère. 11 se dit que ces deux moitiés font partie d'un tout, et qu'une femme sage et pieuse est un bienfait du ciel et la chair même de l'homme. Ces pensées si naturelles, illes repousse; car elles lui arrivent comme des tentations du mauvais esprit , et il sent qu'elles le rendent infidèle à ses devoirs. Encore si la nature pitoyable l'avait fait eunuque dès le ventre de sa mère; si, doué d'un génie supérieur, il pouvait, comme Newton, suivre la pensée de Dieu parmi les astres , ou , comme Fénclon , se consoler de ses misères en travaillant au bonheur du genre humain ! Mais la nature est avare de ces esprits sublimes : elle donne l'amourcomme la lumière du soleil à tous, et le génie comme la présencede Dieuàquelquesuns. Homme vulgaire, le voilà donc obligé de combattre uu ennemi dont chaque défaite renouvelle les forces , un ennemi qui revient sans cesse , qui s'insinue , qui flatte , qui enivre; car enfin le célibat suppose la sainteté, mais il ne la donne pas. Un prêtre, c'estnn homme. Eh bien, s'il cède à la voix des hommes, il est malheureux; s'il cède à la voix de la nature, il est dés- * honoré. Le monde et le sacerdoce sont d'accord pour ne lui laisser d'autre refuge que le vice ; et , une fois sous son empire, il faut clieminer avec lui, le sentir à ses côtés, le sentir au fond de son cœur,

302 LB PiftTBB movAin.

dftDS la moelle de ses os, ea moam d'horreur, ou

en aimer la corruption. Un malheureux qui aime une aerraiite , qui se reproche soa amour , son amour tout composé de honte et de libertinage, de désespoir et de damnation; un malheureux qui, pour éviter le sacrilège , doit se faire athée ; qai , • pour éviter le scandale, doit se faire hypocrite, et qui ne trouve un peu de sécurité que dans ces deoi extrémités du crime : tel est le sort de rhommeen révolte contre les saintes lois de soa être; poai avoir voulu s'élever plus haut que les anges, il est letombé plus bas que les démons.

CHAPITBE X.

L>B8«tauuKat n u roi.

Oh! qiie l'abanrîon riu cœur, sans aucun retour, esi pur cl cligne de Dîcu.

(FiK£LON, LelUrei spirilueliet.}

Maintenant fâilcs-nous peur de votre Dieu! Dites à Tenfant qu'il doit craindre les vengeances de son père ! Un père ne se venge pas; il punit. Sa colère est rapide comme le coup qui frappe : il n'y a d^éternel que son amour. Le premier commande^ ment n'est pas : Vous craindrez Dieu jusqu'à l'effroi, jusqu'à l'horreur; mais, vous l'aimeret de toute votre âme: Je laisse aux cruels les opinions cruelles, et, marchant sous le poids dea maux qui tiennent à ma nature, je vais à celui qui a dit : u Venez à moi , vous qui êtes chargés , et je vous soulagerai* » Le Dieu des.soleils, le Créateur des hommes, le refuge des malheureux , n'est pas le tyran du genre humain.

0 mon Dieu ! ù mon père ! recevez celte âme

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qui, du sein des ténèbres , s'éleva jusqu'à vous; cette intelligence qui cherchait votre lomière, cette pensée qui aspirait à vous comprendre, cl ce cœur qui osait vous aimer. Vous ne me punirez pas d'avoir cherché la vérité - vous ne me punira pas d'avoir cru que vous étiez bon lorsque toiU dans la nature me parlait de votre bonté. Comment aurais-je pu croire à vos vengeances éternelles eu voyant le soleil briller sur ma tète, les champs se couvrir de moissons, et vos mains répandre des trésors devant moi , qui ne les avais pas mérités! Ce que vous m'avez prodigué dans le péché me serait -il refusé dans le dégagement de mes passions terrestres? J'étais coupable , et vous me prodiguiez des jouissances infinies ; j'étais faible et misérable , et vous m'inspiriez des sentiments sublimes qui m'appelaient à vous !

Des hommes méchants vous ont fait méchant comme euxi ils ont crié enfer, pénitence, daiunation : j'ai eu peu de foi en leurs paroles ; mais, ù mon Dieu 1 quelle foi j'ai mise dans les vètres ! Ils mç disaient que vous étiez terrible , et la nature me disait que vous étiez bienfaisant, et la voiz de mon cœur, et les pressentiments de ma conscience me disaient que vous étiez miséricordieux* Ds vous appelaient le Dieu du petit nombre , et l'astre du jour qui verse la lumière et la fécondité sur les vingt-neuf mondes qui roulent flamboyants autour de lui , me disait que vous étiez le Dieu de Tum-

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