CHAPITRE .Xn
tnS DM» BT DK LA MOKALB.
Celui qtit aime court, vôle, etterëjooil, il etI libre, et rien ne Varréle.
(Imitation de Jétus-Climt.)
L6 petit nombre des principes que nous Tenons de poser suffit à la religion du genre humain. L'univers est le temple de cette religion, où tons les
cultes sont admis, où, au milieu des rites variés, des cérémonies diverses, des dogmes et de la foi de tons les peuples, TÉvangile rayonne ses pures clartés*
L'unité dans le dogme n'est qu'une ambition fatale aux progrès du genre humain. L'unité dans la morale est la civilisation pacifique de tous les peuples de la terre. Âinsî, rien d'illusoire dans l'idée de fonder une religion universelle; car la religion, ce n'est pas le culte, ce n'est pas le dogme : c'est l'amour de Dieu et des hommes. Pu-
WS DOOMl IT BB I.A MOBAlB* 819
rifier toutes les croyances par l'action de cette morale divine, c'est donner le monde à Jésus-Christ; i Jésus-Christ, qui n'est pas venu réunir les boni* mes dans un même culte, mais devant un même Dieu; suivant cette parole adorable ; u C'est la miséricorde qne je veux, et non le sacrifice, n Aussi quiconque aime Dieu comme un père, et les hommes comme des frères; quiconque tend la main à ses ennemis et bénit ses persécuteurs, fùt-il sectateur de Mahomet, peut se dire disciple du Christ. Voilà comment TÉvangile est appelé à civiliser le monde. Il ne renversera pas les temples, il adou* cira les hommes; il ne frappera pas les croyances, il donnera une pensée aux nations. Faites seules ment que sa morale pénètre dans Tàme des barba* rcs, et vous verrez s'éteindre la polygamie, les mutilations, les castes, Tesclavage, la tyrannie, qui est le mépris de l'homme, etlefanatisme, qui estrigno* rance de Dieu. Toutes ces abominations eiTacées , qne restera»t-il en face des idoles? des Chrétiens.
Et cJf|A ici toute la pensée de Jésus-Christ. S'il eût voulu créer une religion, il eût commencé, comme Moïse , par enseigner les dogmes , les rites, les cérémonies , seules choses qui frappent les peuples. Or , l'Évangile est un code de morale , et non un livre de liturgie ; il n'y est rien dit du culte , rien révélé de nos mystères ; pourquoi 9 C'est qne Jésus-Christ ne vint pas fonder une religion, mais les modifier toutes. Méditez ses enseignements t
SiO DU aoGU
il ne dit jamais ce qui peut flatter une peuplade , faroriser une secte ou séparer les nations. Ses doctrines conviennent à tous les climats, elles embrassentle genre humain. Il ne blâme aucune croyance et ne critique aucun gouvernement; mais il établit sa morale , mais il invite les hommes à l'amour de Dieu et des hommes , attendant de ce seul précepte la réforme de tous les maux qui pèsent sur Thomanité. Il ne parle pas de rien changer ; et par loi tout a été changé.
Pour rendre cette observation plus frappante , nous citerons un seul fait : Tesclavage. L'homme était alors une marchandise j on le conduisait au marché comme une bête de somme. Qae Jésus eût tonné contre cet infâme traûc; qu'il en eût appelé aux nations de la barbarie des nations , on reût écouté sans le comprendre : Tusage était général, et l'aveuglement faisait le droit. Chose admirable ! le Dieu se tait sur le crime , mais il ctal)l!t la confraternité du genre humain ; il dit ; ïous us aoi- MBs soirr VRkRBS ! et Tesclavage disparaît à mesure que rintelligence de cette vérité se fait sentir au monde civilisé*
Les grandes révolutions n'arrivent qu'avec TintelUgence des grandes vérités.
La marche tracée par Jésus-Christ est doue la seule qui puisse régénérer le monde. Il faut établir les principes sans attaquer les préjugés qui ont les nations pour défenseurs , et tout attendre du