‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 111 sur 116 · L£ PRÊTRE &V ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

L£ PRÊTRE &V ANGÉLIQUE

qu'est aajoardliQi le salut du peuple. Ce mouvement est éterneh La faute du sacerdoce n'est pas de ravoir méconnu, mais de Tavoir enchaîné dans les dogmes et dans les mystères.

Rome, au lieu de marcher en avant, tourne depuis des siècles dans un cercle purement tbéologique, élargissant le .domaine de la foi , et rétrécissant celui de Tintelligence , épuisant la curiosité humaine dans l'absurde, en sorte qu'à la premiéfe rencontre de la vérité le pouvoir ascétique s'est écroulé, et les peuples se sont trouvés du même coup sans superstition et sans religion.

Peut-être l'esprit humain ne pouvait-il se perfectionner qu'à ce prix ; peut-être fallait-il passer par toutes les turpitudes du moyen âge pour arriver à de meilleures idées. Mais un fait bien coostaté, c'est que les lumières nous sont venues par l'Évangile, malgré le sacerdoce, qui avait bàU dans les ténèbres. Non que la société chrétienne ait manqué de docteurs, d'écoles ou de bibliothèques. Les écrits étaient nombreux, mais stériles : Tesprit humain refaisait sans cesse la même pensée. Lorsqu'on se plonge dans cette étude, on est épouvanté du vide. De Téloquence, des idées poétiques, ascétiques, théologiques, la morale des anachorètes, la religion de la pénitence, les vh sions délirantes du somnambulisme, l'apologie do martyre; voilà ce qu'on rencontre à chaque page dans ces pères de l'ÉgUse qu'on vante tant, et

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qu'on lit si peu. Point d'idées larges et généreuses, pas un de ces sentiments évangéliques qui embrassent le genre humain, nulle intell i gence de Tamour de Dieu et du prochain : l'aumône au lieu de la charité, le fanatisme an lieu du premier commandement; rien, rien, absolument rien pour l'amélioration des peuples et la civilisation du monde. De saint Jérôme à Bourdaloue, de saint Augustin à JSossuet, toujours le Dieu terrible, le Dieu des vengeances, l'excommunication, ladamnation, Tenfer. Les saints lisaient l'Évangile sans en rien tirer ni pour eux, ni pour les autres. Us possédaient seuls le livre qui devait civiliser les peuples, et ils s'en servaient pour établir et pour régulariser des moines* Nous avions les austérités de l'Inde au lieu de la morale du Christ. Il a fallu l'invention de l'imprimerie, seconde révélation, pour leur arracher ce livre et le donner à l'univers. Osons le dire, sans le génie de Faust et de Guttemberg, la doctrine de Jésus-Christ était perdue pour l'humauité. L'Évangile n'existe véritablement que de cette époque, et rintelligence de sa morale ne date que de i'avénement de f énélon.

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