CHAPITRE PREfflLIER
D£ li'iTUDE DES FACULTÉS DE L'AHE.
Nous ne travaîlloas qo*à remplir la memoirei et laîsioot reotendeiiKiil el la eoo- «cience videt.
(Mortaighs^ liv. II, cb. 21.)
LVducation doit mellre au jour Tidéal
du i'iudividu.
(JbAN-PaU L KlCUXER.)
Ce livre renferme les premiers éléments de Téducation de Tàme, et, autant qu'il est en nous, les deui livres suivants les développent et les complètent.
Ne nous laissons pas eiîrayer par l'apparente Caresse de ces études. Si les mots sont îéyètes.
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la science est divine; elle s'exerce par nous-mêmes,
et en nous-mêmes, dans les profondeurs de notre âme, sanctuaire immortel, où tout nous annonce que nouà devons rencontrer un Dieu !
Et, nous osons le promettre, toute femme qui, dans sa ferveur de mère et d'épouse, cherchera avec nous la vérité des yeux et du cœur, renaîtra, comme par enchantement, à une nouvelle vie, à une vie plus large, à des pensées plus hautes, à un amour plus pur. Elle sentira ce qu'elle n'aurait jamais senti , elle sera ce qu'elle n'aurait jannais été : non que ces études puissetil rien ajouter à ce qu'elle est; mais elles peuvent la faire jouir de iQul ce qu'elle est. Elles peuvent vivifier en elle le sentiment du l^eau, et Tenvironner de cette raison suprême que nos éducations lui refusent. I Développer l'àme de la femme , afin que la femme ! soit quelque chose de plus que le jouet de nos pas- I sions grossières; déveioppcr Tâme de la femme, I afin que la femme devienne en toute réalité cette I créature céleste que nous rêvons dans notre ado- \ lescence; développer l'âme de la femme, afin que
cette âme réveille la nêtre : voilà le sujet et le but de ce livre*
Or, nous n'acquérons rien ^ns travail, pas
même la pensée. L'intelligence dort si on ne l'éveille; le corps se rouille si on ne l'exerce; l'âme même, qui se montre avec tant de charme dans l'enfance, s'accoise et se voile si on ne l'appelle
DES FACULTÉS DE l'aME.
sans eeise à de nouvelles œiivies» Sa vie étaot île
Dieu, elle se tait lorsqu'on ue l'occupe pas de Dieu. C'est alors que l'inteUigenca^ qui gmdil dans choses de la terre, cherche à usurper l'empire. £ile commence calomnier la raison, ce douai rayon de FAme ; puis elle finit par lui substituer le raisonnement, cette aberration de la pensée. £lle ?a jusqu'à nier Tàme pour la remplacer; et s^enH* roonant avec orgueil du bien-être des arts, des déeouverles des sciences, de mouvement, de formes et (le matière, elle dit : Voilà mon œuvre, l'homme ae doit tout ; je &uis la reine du monde t
Gesi au milieu de ce chaos qu'il faut chercberi qu'il faut retrouver l'àme pour l'élever. Élever Tàme 1 la raison logique de ce mot est pleine de profondeur. Élever, faire l'éducation ; élever, mon- 1er plus haut , remettre l'homme à sa véritable place, (l'oii noire intelligence le fait descendre.
Quarriverait-il, par exemple, si, confondant les faeoltés de Pâme avec les facultés de ^intelligence animale, après dix siècles de fausse route , on ne aoogeait, encore aiqourd'hui, à cultiver que ces dernières? L'âme serait partout étoufTée : partout surgindeut des intelligences brillantes, mais lroi«* des^ mais impuissantes aux grandes choses; car rintelligence ne donne ni l'amour de la pairie , ni Tamour do genre hamain , ni le sentiment de la Divinité, ni les sublimes dévouements de la vertu» La morale de rintelligence, lorsqu'elle a une mo^
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raie, n'est qu'un calcul appliqué aune ambition.
Observes noire jeunesse inteUâgente et pensaiile; elle ne s'occupe pins ifue de deux idées^ la liberté et le bien-être, que ses passions traduisent ainsi : la licence, la puissance, la richesse'!
Descendez plus bas dans la foule, vous la trouverez occupée d'un seul but, vivre , d'une seule pensée , s^ftnriclnr.
Aussi Tàmc est-elle absente de toutes nos œuvres, et la vérité nous abandonne; car toute vérité vient de l'âme.
On ne manquera pas de m'opposer Texemple de quelques êtres supérieurs qui ^vent encore pour la vertu ! Il faudrait croire à la mort du genre humain si des âmes privilégiées n'échappaient de temps à autre, par la grâce maternelle, à nos tristes éducations. Ce ne sont pas les exceptions que je nie ; c'est la niasse que je déplore. Je ne m'||9lige du présent que par souvenir du passé et par crainte de l'avenir. Sommes-nous donc si vieux que nous ayons oublié les gémissements de nos pères ? Il y a cinquante ans , les collèges vomirent au mitiea de Paris une génération de Spartiates; il y a vingt ans, les lycées livrèrent à Buoimparte une génération de soldats ; plus tard , les jésuites voulurent enfanter une génération de congréganistes. La religion manquait partout ; partout l'âme humaine était méconnue et le sens moral étouffe ! Sous le bonnet rouge , l'uniforme et la soutane , la France
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fit panltre les mêmes ambilîons. Noos eftines des
bourreaux, des héros et des hypocrites ! que pou* raient prodaire de mieux nos éducations ? On ne demande point un homme à qui Ton a donné une ioteliigence à instruire et un animai a dresser.
Les anciens firent de grandes choses en suivant ane route entièrement opposée. Ils tuaient Tintel*ligencç, et développaient une ou deux facultés de Tàme , constituant ainsi la Crète , Sparte et Rome dans l'amour de la vertu, subordonné i Tamour de la patrie.
L'ime une fois éveillée eu face de ces deux puissances, toutes les passions humaines venaient la servir, et ces gouvernements furent héroïques , parce que leur principe était immortel.
Où est le principe qui dirige nos législations modernes?
Nous recevons la fortune et le plaisir, nos grandeurs et nos misères, de notre intelligence : rhomme trompé par son éducation lui demande encore le bonheur; comme si le bonheur d'un éta*e moral pouvait sortir des facultés que les animaux partagent avec lui.
Toute force, toute félicité vient de l'âme. Vérité lumineuse qui, appliquée à l'éducation, ouvre une nouvelle ère au monde civilisé. Mais cette âme , dont Véducation est si importante, quelle est-elle? où sont les preuves de sa puissance , l^s marques de sa supériorité, de son immortalité? comment la
16S DK L*ÉnniB DK» FACULTÉS DB VaME.
reconnaître au milieu des passions terrestres et , des habitudes de la matière? La nécessité de pourvoir aux besoins du corps porte naturellement notre attention vers les choses extérieures , et nous y sommes retenus par le spectacle entier de la nature. Mais lorsque, abandonnant le monde des sens, nous essayons de plonger dans le monde io* térieur pour y chercher notre flme, quel chaos! et quelles ténèbres ! De longues contemplations peuvent seules y habituer nos faibles yeux : alors tout se dévoile ; nous brisons les chaînes qui nous retiennent dans cette caverne obscure, où Ton ne voit que l'ombre des choses , et nous nous retroo* vous sous le ciel en présence de la lumière !
C'est donc à la recherche et à Téducation des facultés de l'âme que nous consacrons cet ouvrage. L'intérêt est immense, ou plutôt c'est là le seul ♦ intérêt de l'humanité : il importe aux rois, sur leur trône, comdie aux manœuvres, à leur travail ! Pour les femmes, c'est le sort de leurs enfants! j Pour les enfants, c'est le sort de la patrie i | Et pour le monde, c'est le sort du genre hu- i main!
CHAPITBS U.
QinUITIOM A ftisOODU.
fifs philosophes n'oiil janiiiis tu détermi lier les vérituhh>s facultés de l'âme. Ce Lravail e&t encore à faire.
(Gall, PUyâiulogie du cerveau.)
▲ilisi nalre but est de séparer les diverses i'acnllés dont, Tétre humain se compose ; de rendre à la matière ce qui apparlicnl à la matière, et à i'eqirit ce qui appartient à l'esprit; de déterminer en un mot les qualités qui font Tanimal , et les qualités qui font Tiiomme : de celte division une fins bien établie, nous verrons sortir tous les élé- /uculà de notre éducation nouvelle !