DE LA PHYSIOLOGIE PUILOSOPUIQUE
- phose qui n'eut aucun résultat, car les uns partant
delà matière pour arriver à Tâme, les autres de l'âme pour arriver à la matière, chacun resta dans son élément : le point de départ avait suffi pour les séparer. à jamais,
J'en conchirai rigoureusement, non que ces deux sciences sont incompatibles , mais qu'elles s'attachent chacune à une partie de l'homme bien distincte, et dont le point de contact ne saurait être saisi ni par le scalpel, ni parla pensée, L'une étudie tout ce qui dans l'homme appartient à l'animal, l'autre tout ce qui dans l'homme appartient à Dieu : comment se rencontreraient-elles?
Une autre conclusion non moins rigoureuse , c'est que les philosophes ont accordé a la physiologie une puissance qu'elle n'a pas; en d'autres termes , ils lui ont demandé l'explication de faits psychologiques placés hors de sa sphère.
Que l'anatomiste cherche les rapports de nos organes avec les phénomènes de l'intelligence , qu'il saisisse dans les perceptions de nos sens toutes les pensées et toutes les passions animales ; il a touché aux limites de la science. Le scalpel n'atteint jamais que la matière j mais hors de son atteinte n'y a-t-il rien?
N'y a-^t-il rien en nous qui contredise, qui combatte , qui condamne les pensées et les passions matérielles ?
Ce qui est en nous après l'intelligence et la
DK LK PBY8I0L0GIS PHILOSOPDIQUB. 191
lualière, voilà ce qui constitue la science du philosophe!
Une raison sopérieure à Tintérët animal :
Des facultés et des pensées plus hautes que no- Ire inlelligence, plas fortes que nos passions , el qui souvent les dirigent vers un but qui les confond ou qui les blesse.
Quel homme est assez malheureux pour n*avoir jamais senti son àme se soulever coiiU e la hassesse et le crime ! Quel homme , dans cette lutte terrible de nos vices et de nos vertus, n*a pas éprouvé une fnis dans sa vie la joie céleste de faire triompher des penchants qui n'étaient pas de la terre !
CfiàflTRB yiu
ou TRAITÉ DES SBH8ATIOI8.
La réulité qui tombe sous DOS sens n'«st pas toute la léalilé.
(Th. JourFBoy,)
Voulant expliquer rhomme, Condillac imagine une statue : il lui présente des odeurs, des images , des sons. Chaque sens apporte ses idées, chaque idée instruit l'entendement. Bientôt la statue pense, compare, raisonne, imagine, connaît, veut : les sens conoplétent leur éducation, et l'homme paraît ; rhomme matériel , riiomme intelligent ; le premier des animaux, rien de plus !
La statue ayant tout reçu du dehors, l'homme , être moral, être infini, n'existe pas.
En efiet , rien de plus variable que la sensation, rien de plus immuable que la vérité. Comment la sensation constituera-elle dans l'homme des idées indépendantes des choses , des temps et des lieux? Le variable ne produit pas l'immua* ble !
M) TftAITt DES SEIVSATIOirS, 193
Sculpleor maladroit, Condiilac oublie d'ioTO-
quer un Dieu en commençant son ouvrage ! Il donne la vie à sa statue, et lui refuse riumiortalité !
Bemarquons bien qu'une fois la statue complète dans ses sens. Fauteur ne lui souhaite plus rien. U veut prouver qu'on peut iairc uu homme avec des sensations , et il ne sort de ses mains qu'un singe ou un perroquet; voilà toute la puissance du matérialiste* Çontre sa propre volonté, Condiilac réfute Locke ; le disciple tue le maître dans le livre même où il se promet de le faire triompher.