CHAPITRE X
FAGUliTi OB L'AME.
La prcroicie i<îén do justice naît en uous, non de celle ({ne nous dcvous | mats de celle ^ui nous csL due.
(GUYTON DE Mou V EAU, Mém. «Uf l'Educat.)
L'homme est le seul de tous les ctres qui ait le pouvoir d'abuser : les animaux jouissent des dons de la nature, mais dans les limites de leurs facultés: une fois satisfaits, ils s'arrêtent^ pour établir Tordre général, Dieu a youlu que leurs désirs expirassent dans rassouvisscmcnt.
Los désirs de l'homme, au contraire, sont si exorbitants que rien ne peut les satisfaire, et qu'il éprouve bientôt Je besoin de leur donner une limite : ce besoin est la première révélation du sentiment moral qui est en lui, et il le proclame par des règlements et des commandements, d'abord dans la famille, puis dans la tribu, puis dans
politique , loi sainte même lorsqu'elle est imparfaite, car elle témoigaede notre liberté en l'enchaînant, et de notre raison en noos forçant à l'obéis*
sance !
Et il est si vrai que la nature de l'homme sollicite ces chaînes, que c'est seulement sous la do->
mination de la loi que les peuples se civilisent : plus cette loi est parfaite, c'est-à-dire plus elle laisse Télan à la liberté dans la raison, plus la nation devient grande et puissante. Ainsi la prospérité des masses est attachée à la perfection des lois politiques qui naissent du sentiment de notre liberté, comme la sagesse de l'individu est attachée au développement du sentiment moral qu'il porte en lui.
lien résulte que le sentiment moral est indépendant de notre intelligence, et qu'il nous commande impérativement ce qu'il faut faire pour être heureux!
Fais ce qui tb bbnd dighb du bonheur, dit le philosophe de Kœnigsberg ! Se rendre digne du bonheur, c'est prendre la seule voie qui puisse nous conduire au bonheur; c'est accomplir toutes tes lois morales de notre être.
Et toutefois le bonheur terrestre n'est pas la conséquence nécessaire de l'accomplissement de ces lois : l ame, qui nous ouvre cette route, attend