‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 32 sur 116 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

DE UHABMOim DB5 WACVhXiS MOEAUft KT lllTBIiLEGTUELI.BS.

Aioai lool exdat la nouvelle •cienœ Ict ttoUcient, qui venleot la mort des sens, el !«• ëpicurieiii, qui foot dei iem I* règk de rbomme.

. (VicoTt Science nouvelle, p.

L'homme n'eai ui à*u^c ni bcte , el le meilleur veut que qui veut faire l'ange fait la jbele.

Au premier aspect , il y a quelque chose d'cf- Irayanidans la partque la uaUre fait a la matière. La prévoyance, rintelUgence, la volonté, tous les iiisliacts, toutes les passions, lui appartiennent. Les 4^«iniOTT pensent, se souviennent, veulent, aiment, haïssent; mais ces facultés n'ont d'autre but que la conservation de Tespèce. Lu matière as* ^ souTie dori oa se repose ; l'homme désire encore»

désire toujours. Ses passions à lui sont sans repos : après les satisfactions de la terre , elles révent les

satisfactions du ciel. Il y a donc dans rhonimc autre chose que la matière ; uoe infinité qui aspire à l'éternité.

Les principes ainsi séparés, l'effroi cesse, car la plus belle part appartient à l'âme* L'âme , c'est l'être vertueux , c*est l'être immortel , c'est tout. Quelle passion animale, quelle volupté terrestre pourrions-nous regretter dans les contemplations du beau idéal et de l'infini ? et toutefois il faut bien se garder de désunir sur la terre ces deux moitiés de notre être. La mort seule a ce droit : elle tue l'animal pour délivrer le Dieu ; mais Thomme ne saurait porter atteinte ni à l'un ni à l'autre , sans troubler le repos du monde. jQu'il veuille se faire ange, ses passions brutales le ramènent violemment sur la terre ; qu'il veuille se faire animal, ses passions cclrstes le tourmentent comme des remords* 11 n'est pas libre de changer sa nature, mais seulement de la régler. Dès qu'il sort de la règle, il sort de son rang ; il n'est plus rien, car il ne saurait acquérir , dans les deux extrêmes , ni la perfection d'un Dieu, ni l'utilité d'une bête brute, et il a cessé d'être homme !

L'éducation devrait s'appliquer à développer si* multanémcnt ces deux moitiés de l'être; elle s'applique , au contraire, à les sginder. C'est la cause de tous les maux de rfanmanité» Que voyes^vous

DES fACCLTÂS HOEALKS* )à6l

dans le monde? des intelligences qui tendent à la fortaoe. On veut de l'or pour avoir des plaisirs : on ne yeut qne cela, on ne sMnstrait que ponr cela ; c'est le but avoué de nos études et de nos travaux : tout y arrive, jusqu'aux spéculations transcendantes de la science ; et la science qui n'y arrive pas on la méprise. £n voyant Tusage que nous faisons de la pensée , ne tous semble-t-U pas qu'elle ne nous soit donnée que pour servir laaguiiiquement les appétits d'un animal ?

L'homme alors oublie jusqu'à son Dieu, caries passions animales , lorsqu'elles sont isolées, étouffent la pensée de Dieu, et nous rendent incapables de coiiiprendre la vérité et la vertu !

Mais au milieu de cette multitude, puissante par l'intelligence, il existe des hommes dont l'unique pensée est le dégagement des sens. Ceux-là ne voudraient vivre que de la vie de l'âme* Ils se font un précepte religieux de l'imbécillité et de la souffrance , attaquant le corps par des jeûnes et des macérations , attaquant l'esprit par des croyances insensées, le forçant de croire parce que c'est absurde, et démolissant le temple où Dieu lui-même a voulu être adoré !

Ainsi les uns se condamnent à vivre comme s'ils n'avaient point d'âme , les autres comme s'ils n'avaient poin tde corps. Eiïbrls inutiles! Il en résulte chez les premiers un grand développement des facultés de l'intelligence sans principes , et cbex les

2K2 OB l'habhohib

seconds uo grand développement, non des facullés de l'âme (car ils rejettent la raison), mais du sentiineiude riniiai, sans intelligence. Partout Thomme victime d'une erreur qui naît de l'orgueil, partout rhomme incomplet.

L'homme parlait» l'homme complet, c'est celui qui entretient l'harmonie entre les deux principes de son être, qui accepte son passage sur cette terre aux conditions que Dieu nous impose , laisse la plante libre, et, loin de tuer les passions animales, les règle et les divinise par le sentiment du beau, par la raison, par la conscience.

II sent qu'il perd la plus sublime partie de luimême s'il ne s'attache qu'aux choses de la terre. Il sent aussi que, dans un monde tout matériel, le mépris de la matière ne saurait être une perfection. Nous sommes condamnés à vivre avec un corps, parce que tout est corps autour de nous. Que l'homme s'atténue par le jeune et la discipline, toujours faudra-t-il qu'il en reste un jS^e^tte ; et, dans ce travail contre une partie de lui-même, ce n'est pas un ange qu'il développe, c'est l'harmonie d'un monde qu'il fausse ou qu'il détruit.

Encore si Tune ou l'autre de ces théories donnait le bonheur qu'elle semble nous promettre ! mais elles ne donnent rien que ravilissemenl et la mort. Et cette vérité, déjà frappante dans les annales des cloîtres , devient lumineuse dans les annales des nations ! Qii n'asservit l'homme qu'eu le décom-

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