CHAPITRE XXni
SUITE DU MÊME ëUJET.
Uf feutent Uur néiint taut le connaître.
(Pascal.)
Ainsi riatelligence humaine s'élend à toutes les choses qui sont de la terra ; Tàme n'y apparaît que par le sentiment du beau, du bon, du vrai et de rinfini. C'est TintelUgence qui calcule la coupe d'une voile et la courbe d'un vaisseau; c'est elle qui décompose jusqli*aux rayons du soleil, jusqu'à rair invisible : elle crée le chimste, le physicien, le géomètre, l'astronome; elle fait plus, ces sciences sublimes, qui mesurent l'espace et le temps, elle les communique à la matière brute ^ elle les fait sortir de quelques rouages ingénieux, coinmc la nature les fait sortir de la pensée. Pascal construit une machine qui exécute les règles les plus compliquées de l'arithmétique; Babbage élargit la puissance de cette machine; il en a fait un géo* mètre, un astronome; il soumet les soleils à ses
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calculs, et le mande étonné voit sortir d*ane simple mécanique les savantes formules qui remplissent la sphère iuleliigente des Àrago et des Poisson!
Parce que rintelligence, suppléant au travail, dompte les éléments, fabrique nos armes, féconde nos campagnes, embellit nos Tilles, fait voler nos vaisseaux; parce qu'elle atlèle la vapeur à nos chars comme un coursier, le gaz hydrogèi^e à nos ballons comme un oiseau, qu'elle nous loge, nous habille, nous nourrit, nous enrichit, nous avons imaginé qu'elle était tout. Oui, si Thomme n'appartenait qu'à la terre, il lui suffirait de posséder, de développer tous les germes de puissance et de volupté terrestre qui sont en lui. Maître des éléments, passant d'un plaisir à l'autre, il pourrait au moins se rassasier; mais faites-lui tout connaître , flattez ses passions, assouvissez ses désirs, donnez-lui un monde, imprimez-lui la science, le voilà qui gémit, et, comme un enfant, plaint les limites de son empire.
Tout s'efface ou tout nous trompe dans la pensée : la sensation a ses erreurs; la mémoire, ses oublis; l'intelligence, ses illusions et ses préjugés. Et voilà cependant la puissance avec laquelle nous essayons de tout créer et de tout comprendre. Semblable à la colonne merveilleuse qui guidait les Israélites^ dans le désert, tant qu'elle marche elle se présente à nous par son côté lumineux, mais