‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 37 sur 116 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

DB VUÊB DBS HHnNtBS.

Taut il est & craindre en fQiiiâaol Ici liens d*uuc sociélé de forcer ceux de la aalurû.

(Bbrmahdin de Saint-Pibrrb 1 Dticourt sut- rEducalion des Femmes,

Le trîomplie de la lutni* re a toujours été favorable A la grandeur el à l'aaiclioratiuQ (le lespccc huiuaiuc.

(M"® DE Staël, Considérations sur la Révolut. française, 1. 1, p. â.)

De toutes les infirmités humaines, la plus triste, c'est le sommeil de l'âme ! que d*hommes passent sur la terre sans se réveiller jamais [

Ce 4)eupie qui porte le poids du jour, et dont toutes les facultés se pérdent dans cette seule pensée : du travail et du pain ;

Ces automates rouges, bleus, verts, orangés, qui marchent au son du tambour, se mettent en ligne, se battent sans colère, et tuent sans haine et sans remords !

L'homme qni se couche le soir, se lève le matin, s'babîile, fait des affiiires, d^eaae» dioe, parle, digère sans autre pensée ;

Iji^lligciice ajiiiuale, matière en uiouvemeiii !

Je Tondrais savoir au juste le nombre des idées de cette foule qui, chaque malin, sort de nos maismSy remplit les rues, inonde les places, roule, gronde^ se précipite, et s*écoule silencieusement

aux prriiiicrcs iicurcs de la nuit. Classe aux cent mille têtes, qui, interrogée, hors de ses passions, n'exprime que les sentiments les plus nobles, le

goul ie piui> pur, les volunLcs les plus généreuses;

qni^sdinUreSocrate et maudit Anytus, mais dont,

par nn contraste bizarre, chaque membre pris à part, espèce d'animal à lace humaine, semble avoir day yenx pour ne pas voir, des oreilles pour ne

pa:5 entendre, une intelligence pour ne pas penser, e(jY^ tout cela une âme abymée dans la matière.

Je me demande pourquoi si peu de vérités ont pénétré dans la conscience, je ne <lis pas des peuples barbares, mais des peuples civilisés.

Pourquoi la masse entière du genre humain, sauf tes .exceptions, vit enrhaiiiô' diiiis ses routines

comme si elle était réduite à Tinstinct.

Accsfaits. riiisldire répond par le plus étonnant d4»i^jibti^(MMnè4ies. ^ur ce globe endormi, je vois des sages Apparaître, çà et II, comme des flambeaux

doiit la lumière appelie les nations!

^ les nations reçoivent chacune la pçnsée d'un

â6i BB t*AMM ïïu nmnAs.

bcmime. Moïse, Confucius, Boudhah, Mahomet, Soerate, Jésuft-Ghrist, téte pensante, Itte morale du genre humain?

Ils régnent sur le globe, qu'ils se sont partagé, en donnant une Ame à chaque peuple I

Cette influence est si générale qu'on serait tcdté de la prendre pour une loi de la nature. Les pensées morales du génie deviennent comme Tinstinct des nations, et les nations grandissent à proportion du génie de leur législateur 1

De là, les prodiges de Sparte, d^Athènes et de Aome!

L'Ame de leurs grands hommes Yinii dans la

foule, en sorte que la foule prise en masse éprouvait tous les sentiments d'un grand homme !

Dans le moyen-âge et jusqu^à nous, une immense corporation jeta ses filets sur le monde civilisé : ce ne fut plus un grand homme, ce fut l'église qui fut rflme de rOceidenl.

La pensée de Brahma et de Mahomet circonscrivait toujours rOrient.

Toutes les législations, toutes les théocraties anciennes étant mortes, le genre humain ne vivait plus que de ces trois âmes*

Ames ennemies, qui divisaient les peuples, bornaient lenr intelligence, et les fanatisaient dans les pré|agés et les crimes d'une morale de convention.

Aiyourd'bui, la transfiguration sociale s'opère,

os t'AU D£S PEUPLES. S63

les idées se multiplient, et les nations deviennent

intelligentes; mais à mesure que le nombre de leurs pensées s'accroît, elles se détachent des traditions religieuses et paternelles, la foi les quitte, et Tâme de leurs législateurs les abandonne !

fié?olution terrible, la pins grande qui ait encore agité cet univers, car elle tend à livrer les peuples à la folie de leur intelligence; mais aussi elle tend à détruire leur isolement, en détruisant les autorités religieuses qui les séparent : dans sa marche paissante, elle doit réunir un jour les nations, ces membres épars du genre humain, et leur donner à toutes une seule morale, prise dans leiloia de la nature, et une seule àme, puisée dans ie sein même de Dieu !

CHAJPITAE XXSU

PROGUti.

Le proUémo pourla presse eomne pour la société entière eal ceci ; désamner la mcdiocrité, ses passions jalouses et ses liaines énU-socialet , en leimnt au (aient son li»* bre euor pour arriver au faîte» et dire comme Jean XXII en se redreisanI : Me voici ; c'eit mol qui régnerai sur vous.

(Salvandt» Réfolntion de 1830f.

Si je vous parle fortement n*en soycs pas étonné » c'est que ia liberté ctt libre et forte.

(FÈKÈLOjHj Lettre à Louia XIV.)

Il y a un Hvro dont les feuilles s'impriment dans toutes les langues, tableau vivant du monde, où les pensées les plus hautes, les questions les plus graves, questions politiques, questions religieuses, questions de gloire et de liberté, la paix, la guerre, les finances, la justice, sont discutées librement, généreusement, et livrées toutes palpitantes de rintérét du jour à la conscience du grand jury des nations.

Feuilles éphémères, œuvres sans fin que chaque

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