‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 5 sur 116 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Dans, nos «oclétés modernes les mères nous (donnent nos premiers sentiments et nos premières idées; c*est la mère qui reconnaît le caractère et Je génie de sou enfant, applaudit à sa vocation, le soutient contre le méconlentenient paternel , le console, le forlilie, el enfia le livre à la société.

(Lekmiuibr, PhUotoph. du Droit, t* 1, p. 126. )

Uo jeune homme sait sa première Toie ; dans sa Tieillesse même il ne la quittera

point.

( Proverbes «XXII-6.)

Suivons donc les lois de la nature ; elle ae nous line en naissant ni aux soin» d'un pédagogue , ni 3 la garde d'un philosophe ; c'est à rauiour d'une jeune mère , c*est à ses caresses , qu'elle nous confié' : elle appelle autour de notre berceau les formes les plus gracieuses , les sons les plus harmonieux , car la voix si douce de la femme s'adoucit encore pour l'enfance j enlin tout ce qu'il y a de charmant

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sur la lerre , la nature dans sa sollicitude le prodigue à notre premier âge : pour nous reposer le sein d'une mère , 30a doip^ regard pour nous gui* del* , et sa tendresse pour nous instruire !

L'homme vient ensuite , qui brise celte chaîne d'amour ; sa voix rude , son front chagrin , les études pédantesques dont il est l'organe , succèdeol tout à coup aux caresses maternelles. Oh! qui pourrait exprimer ce qui se passe dans l'âme d'un enfant, le jour où ses yeux brillants rencontrent pour la première fois le regard sévère d'un maître ! pour Ja première fois aussi l'idée du malheur lui apparaît : lui , dont l'intelligence ne s'est encore animée que pour inventer de nouveaux l'eux ; lui, qui se sentait libre comme l'oiseau sous la feuillée, le voilà un rudiment à la main, concentrant toutes ses pensées dans l'étude sèche des mots. Pauvre petite créature , il est donc vrai , tout le monde t^abandonne, ta mère elle-même, soumise au préjugé général , cède ses droits les plus sacrés sans songer qu'ils sont des devoirs; on t'arrache de ses bras malgré ses larmes, on te soustrait à son influence , à cette influence qui devait te donner une âme , et que rien ne saurait remplacer sur la terre*

Le gouverneur par excellence est celui qu'appellent nos penchants; il faut que l'élève entende le maître ; tout dans leurs rapports doit être convenanee , tendresse et proportion : c'est ainsi que la nature coordonne la mère à l'enfant. Voyez avec

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qaei soin elle les rapproche par la beauté , la grice ,

la jeunesse , la légèreté d'esprit , et surtout par le coMir, Ici la patience répond à la curiosité , et la doQcear à la pétulance; Fignorance de Tua n'est jamais rebutée par le pcdautisme de l'autre j on dirait que leurs deux raisons croissent ensemble, tant la supériorité de la mère est assouplie par raniour ; enfin cet esprit frivole, ce penchant au plaisir , ce goût du merveilleux, qu'on blâme avec si peu de réflexion dans les femmes , est une harmonie de plus entre la mère et l'enfant ; tout les rapproche , leurs consonnances comme leurs contrastes j et dans le partage que la nature a fait de la douceur , de la patience , de la vigilance , elle nous indique vivement et amoureusement à qui elle prétend confier noire faiblesse !

En général on ne remarque point assez que les

enfants n'entendent que ce qu'ils voient, et ne comprennent que ce qu'ils sentent } le sentiment dM eux précède toujours rintelligence : aussi à qui leur apprend à voir, à qui éveille leur ten*dresse ^ appartiennent toutes les influences heu* reuses. La vertu ne s'enseigne pas seulement, elle s'inspire : c'est là surtout le talent des femmes; ce qu'elles désirent, elles nous le fout aimer, moyen charmant de nous le faire vouloir !

Mais un prince , mais un roi , qu'apprendrontils d'une femme? ce que saint Louis apprit do Blanche, Louis XII de Marie de Glèves , Henri IV

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de Jeanne d'Albret. Sur soixante-neuf monarques qui ont porté notre couronne, trois seulement ont aimé le peuple ; et , chose remarquable, tous trois furent élevés par leurs mères ! JJirez-vous que les hautes pensées de la politique yeulent de plus savants interprètes , que ce n'est pas trop d'un Bossuet pour instruire le grand dauphin, etd'uo Montausier pour le diriger : soit, je le veux bien, si vous trouvez des Bossuets etdesMontausiers; et toutefois je m'effraie tfune éducation qui a pu inspirer le prodigieux discours sur l'histoire universelle; il me semble que ce sublime langage devait frapper à vide le cerveau d une aussi frêle créature, qu'il devait lui donner le vertige, et en Usant ces pages qui m'éblouisscat et m'absorbent, je me surprends à regretter pour cet enfant les histoires de miss Bonne et de lady Sensée !

Ne pensez-vous pas qu'après s'être courbé pendant plusieurs heures sous les obsessions de cette puissante intelligence, le dauphin devait sentir le besoin de se délasser avec ses valets?

Que le gouverneur puisse descendre sans efforts jusqu'à son élève, qu'il forme un cœur religieux, un honnête homme, un bon citoyen; il a tout faii. Et qu'y a-t-il dans cette mission dont une femme ne soit capable? qui, mieux qu'une mère, peut nous apprendre à préférer l'honneur à la fortune, à chérir nos semblables , à secourir les malheureux, à élever notre âme jusqu à la source

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du beau et de l'infini ? Un gouverneur vulgaire eonsôUe et .moralise j ce qu'il offire à notre roémoirc, une mère nous le grave au cœur : elle nous fait aimer ce qu'il i^ut tout au plus nous faire croire, et c'est par l'amour qu'elle arrive à ia vertu !

Cette infiuence maternelle existe partout, partout elle détermine nos sentiments, nos opinions et nos goûts, partout elle faituotrçdestinéel «L'a-

Yciiir d'un enfant, disait ÎSapolcou, est toujours Touvrage de sa mère; » et le grand homme se plai* sait à répéter qu'il devait à la sienne de s'être élevé si haut L'histoire est là pour justifier ces paroles; et sans nous appuyer des exemples si mémorables de Charles IX et de Henri IV, de Télevé de Catherine et de l'élève de Jeanne d'Alhret, Luuis XIII ne fut-il pas , comme sa mcrc, faible, ingrat et malheureux, toujours révolté et toujours soQiDisPNe reconnaissez-vous pas dans Louis XIV les passions d'une femme espagnole , ces galanteri6» tout â la fois sensuelles et romanesques , ces terreurs de dévot , cet orgueil de despote, qui veut qu'on se prosterne devant le trône comme devant l'autel ? On a dit , et je le crois , que la {emme qui donna le jour aux deux Corneille avait l'âme grande, Tesprit élevé, les mœurs sévères, qu'elle ressemblait à la mère des Gracques, que

' Toyez les Mémoiro» de lord Bt^mh, t. I , p. â9â.

UO DU VÉAITABLE GOUVERNEUR fg^fi^ âjr^ir^

c'étaient deux femmes de même étoffe. Au rebours, ' la mère du jeune Arouet, railleuse, spiritueUe ,

coquette et galante, marqua de tous ces traits le génie de son fils \ elle anima ces cent âmes de ce feu violent qui devait à la fois éclairer et consumer , produire tant de chefs-d'œuvre, et se déshonorer par tant de facéties ! «.«m. ft^mM"

Hais les deux grands poètes de ce siècle offrent peut-être l'exemple le plus frappant de cette douce et fatale influence : à Tun, le destin rigide donne une mère moqueuse , insensée , pleine de caprices et d'orgueil , dont l'esprit étroit ne s'élargit que dans la vanité et dans la Jiaine. Une mère qui se raille sans pitié de Finfirmité native de son en* fant, qui Tirrite, le crispe, le froisse, le caresse, puis le méprise et le' maudit, bes' passions corrosives de la femme se gravent profondément dans le c(&ur du jeune homme : la haine et l'orgueil, la colère et le dédain, fermentent en lui, et, eomme la lave brûlante d'un volean, débordent tout à coup sur le monde dans les torrents d'une infernale harmonie !

A l'autre poète , le destin bienveillant accorde une mère tendre sans faiblesse, et pieuse sans rigidité; une de ces femmes rares qui naissent pour servir de modèle : cette femme, jeune, belle, éclairée, répand sur son fils toutes les lumières de l'amour; les vertus qu'elle lui inspire, la prière qu'elle lui apprend, ne parlent pas seulement à son

intelligence, mais en tombant dans son âme ellej loi fimt KBdre des sons sublimes, une barmolûi qui remonte jusqu'à Dieu : ainsi environné dès h berceau des exemples de la plus touchante piété legracieux enfant marche dans les voies du Seigneui «ms les ailes de sa mère; son génie est comme l'en cens qui répand ses parfun» sur la terre, mais qu ue brûle que pour le ciel !

Tenez donc à présent avec la morale de collég( oulaphilosopbied'un pédant modifier ces influence maiemeUes ; essayez de refaire Byron et Lamar tmc; vous arriverez toujours trop taid : le vase es imbibé, l'étoffé a pris son pli, et les passions d< Botremère sont devenues notre nature mème.Yoili cependant une force qui agit tous les jours sous no. yeux, un amour invariable, une volonté tféatriee la seule peut-être sur la terre qui n'aspire qu'; notre bonheur, demeurée sans direction depuis h commencement du monde faute de lumière et d'é dafiition.

En résumé, qu'est-ce qu'un enfant pour un pré eepteor? c'est un ignorant qu'il s'agit d'instruire qu'est-ce qu'un enfant pour une mère ! c'est un àme qu'il s'agit de former. Les bons professeur font les bons écoliers, il n'y a que les mères qn fassent les hommes : là est toute la différence d leur mission; il en résulte que le soin d'élever l'eii faut appartient tout entier à la mère, et que si le hommes l'on usurpé, c'est qu'ils ont confondu l'é

Si DU TÉRTTàVLB GOUTIEIICUR

diication et l'instruction, choses essentiellement

différentes, et qu'il est important de bien séparer; car l'instruction peut s'interrompre, et passer sans péril d'une main à l'autre; mais réducalion doit être d'une seule pièce : qui l'interrompt la manque, qui l'abandonne après l'avoir commencée , verra périr son enfant dans les divagations de l'erreur, ou, ce qui est plus déplorable , dans l'indifférence de la vérité î

Ne cherchons plus hors de la famille le gouverneur de nos enfants : celui que la nature nous présente nous dispense d'aller aux informations : nous le trouverons partout, dans la chaumière du pauvre comme dans le palais du riche , et partout doué des mêmes perfections, et prêt à s'abandonner aux mêmes dévouements. Jeunes mères, jeunes épouses ! que ce titre sévère de gouverneur n'eflarouche pas votre faiblesse ! je ne viens pas vous inviter à des études abstraites, à des devoirs austères; c'est au bonheur que je prétends vous conduire : ce sont vos droits, vos forces, votre souveraineté, que je viens vous révéler; c'est (en vous invitant à parcourir les routes fortunées de la vertu et de l'amour, que je me prosterne à vos pieds et que je vous demande la paix du monde, l'ordre des familles, la gloire de vos enfants , et le bonheur de Thumanité !

Des esprits peu attentifs m'accuseront peut-être de vouloir ressusciter les femmes savantes; qu'ils

DU S1I?AIIT8« KS

se lassarent, le génitif et le datif, comme dit Montaigne, ne sont pas le but de celivre. Laissant donc de côté tous les travaux de la mémoire , ces attributions mécaniques des professeurs, j'appellenr/ les femmes à remplir leur destince en se chargeant de cette éducation supérieure qui imprime lemouyemcnt à Tâme. J'en tracerai les éléments, j'en poserai les principes , j'en développerai la science; en sorte que la route une fois ouverte, il lear soit facile d'y pénétrer sans autre étude que celle de leur propre cœur. Mais en y entrant moimême, j'ai besoin d'examiner cette puissance que j'invoque. Nous connaissons les femmes comme mères, essayons de les connaître coininr amantes et comme épouses. Dans le siècle qui vient de s'écouler, elles n'étaient que cela, et cependant elles ont régné : dans le siècle qui s'avance, elles seront qndqne chose de plus; elles seront citoyennes, et ce titre qui les appelle à plus de lumière et de réfcxion, leur promet un nouvel empire.

CHAPITHB T.

hZ L'IVIiVEIlGE DES FEMMES.

Qra LA CimiSAXION S'EXISTE QUE DjUIH LB MAillAU*

L'ignonnoe où let femmes lODt de leurs devoirs.» TaBas qu'elles font de leur puis* sauce , leur font perdre le plus beau et le plus précieux de leurs anrantages , celiti d*^tr» utiles.

(M™^ B£RNi£R ,Diseonr8sar rÉducation des Femmes, p. 10.)

Quelles qae soient les coutnnies et les lois d'un pays, les femmes y décident des mœurs. Libres ou soumises, elles régnent, parce qu'elles tiennent leur pouvoir de nos passions. Mais cette inûuence est plus ou moins salutaire, suivant le degré d'estime qu'on leur accorde : qu'elles soient nos idoles ou nos compagnes , des courtisanes , des esclaves ou des bêtes de somme, la réaction est complète, i elles nous font ce qu'elles sont. 11 semble que la nature attache notre intelligence à leur dignité , comme nous attachons notre bonheur à leur vertu.

DE L'ilfFLOSnCS DKS fSXMES.

Cest donc ici une loi d'éternelle justice : l'homme ne saurait abaisser les femmes sans tomber dans la dégradation ; il ne saurait les releyer sans de* veoir meilleur. Il faut que les peuples s'abru- (îneot dans leurs bras , ou se civilisent à leurs pieds. Jetons les yeux sur le globe , observons ces daix grandes divisions du genre humain, VO^ rienl et TOccident. Une moitié de Fciricien monde reste sans mouvements et sans pensées , sous le poids d'une civilisation barbare; les femmes y sont esclaves : l'autre marche vers l'égalité et la lamiére ; les femmes y sont libres et honorées.

Les journaux ont publié, il y a peu de mois , la relation d'un médecin anglais que la curiosité avait conduit en Orient. Introduit, par hasard, dans un marché d'esclaves , il aperçut une ving* laine de femmes grecques à demi nues, couchcus sur la terre, et qui attendaient un acheteur. Une d'elles avait fixé l'attention d'un vieux Turc : le barbare toucha ses épaules, sesjambes, ses oreilles, examina sa bouche et son cou, avec un soin minutieux, comme on examine un cheval, et, pendant cette inspection,le marchand faisait valoir la beauté des yeux, Télégaiicc de la taille, et autres mejiucs perfections ; il protestait que la pauvre fille n'avait pas plus de treize ans, qu'elle était vierge, et ipiela nuit elle ne rêvait, ni ne ronflait. Bref, après un examen sévère, et quelques contestations sur le prix , elle fut vendue , corps et âme , 1378

DE L'lNfLU£I^C£

francs. L'ftme, il est Trai, compta pour peu dans le marché. L'infortunée ! à moitié évanouie dans les bras de sa mère ( car ce pacte infernal se conciliait sous les yeux d'une nàère), elle implorait d'une Yoix déchirante le secours de ses tristes compagnes,' comme elle ravies aux douces contrées de la Grèce ; mais , sur cette terre barbare , tous les cœurs étaient fermés : la loi rend insensible aux maux qu'elle permet. L'alïaire était conclue, et la jeune fille fut livrée. Ainsi s'évanouit pour elle, ainsi s'évanouit pour toutes les leiDines , dans cette partie du monde , cet avenir charmant d'amour et de bonheur que leur prépare la nature ! Forfait exécrable! crime de lèse-humanité! Qui pourra jamais le croire ! cette scène infernale se passait en Europe , en 1829 % à six cents lieues de Paris et de Londres^ ces deux capitales du genre humain; et, à l'heure où nous écrivons , elle est rhistoire vivante des deux tiers des habitants do globe.

(^uels monstres produiront ces flancs dégradés? quelle génération sortira de ce mélange d'avilisse- I ment , de haine et de nîalheurs ? Adorateur de Mahomet, voilà une des compagnes de ta vie, une j des mères de tes enfants! Tu lui demandes des voluptés pour toi, une âme aimante pour ton fils l

1 Toyez Revue Britannique, tome XXV , juillet,

A£8 FJUIIIES. $7

une âme aimante? il ne sortira rien de cette cbair dooloareuse, que ta propre ai^gection et celle de ta postérité*

La nature a voulu que l'amour véritable , de tous les sentinotents le plus exclusif, fût la seule tose possible de la civilisation. Ce sentiment , comme une, entremise de la Divinité, invite tous leshommeè^a une vie simple, exempte à la fais d'oisiveté, de mollesse et de passions brutales. Tout est convenance, tout est bonheur dans le lien iiilifflequi unit deux jeunes époux. L'bomme, heureux de sa compagne, sent croître ses facultés avec ses devoirs : il administre les affaires du dehors, participe aux charges du citoyen , cultive ses terres, ou se rend utile à la cité. La femme , plus retirée, préside à l'arrangement delà maison; elle y règne sur son mari , elle y répand la joie au milieu de l'ordre et de rabondaace : tous deux, enfin , ils se voient renaître dans les enfants qui couronnent leur table , et qui, sous rinflucnce de l'exemple, promettent de perpétuer leurs vertus !

A ce tableau de la famille européenne , opposez ia famille orientale : la première repose sur Téga- Uté et sur l'amour : la seconde sur la polygamie et sur Tesciavage qui laisseut à Tamour ses fureurs brntales , mais qui lui enlèvent ses douces convenances et ses illusions divines. Un homme peut s'enfermer avec un grand nombre de femmes, mais il lui est impossible d'en aimer plusieurs. Le voilà

K8 o£ L'mrLiifiîfCE

donc réduit, au milieu d'une foule de jeunes beaulés, à la plus triste des conditions, à posséder sans aimer , à être possédé sans amour. Ivre des plus grossières voluptés, sans famille , au milieu de ses esclaves ; sans affections , au milieu de ses enfants; il emprisonne ses compagnes, il mutile leurs gardiens ; il fait de sa maison un lieu de supplices, de crimes et de prostitution. Encore, si cette vie animale lui donnait le bonheur ! Mais non. Ses sens s*émousscnt, son àmc languit, et il puni suit ea vain, jusqu'au bord de la tombe, cette volupté des sens qui l'irrite et le fuit.

Nous connaissons tous cet aimable artiste, ce rapide voyageur qui , pour embellir son album , semble doué des facultés de Toiseau. 11 part léger comme rhirondelle, vole à Gonstantinople, à Thèbes, à Jérusalem, au pied des Pyramides : là il se pose , trace sa page , parlait son œuvre , puis un beau jour on le revoit à Paris publiant un livre , composant un tableau, dirigeant nos spectacles, et parlant avec ses amis de ses courses en lêgypte et en Grèce, comme il parlerait d'une partie de campagne. II y a peu de mois, se trouvant au Kaire, oà son équipage d'artiste le fit prendre pour un médecin, un des plus riches habitants de la ville l'envoya

chercher au milieu de la nnit. Introduit dans une salle assez vaste , il y trouva étendu sur des coussins un vieilTard presque moribond , mais de l'aspect le plus vénérable : sa barbe blanche et touffue

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