‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 6 sur 116 · DES F£MM£S · texte numérisé non relu

DES F£MM£S

connaît foule sa poitrine. Les poofvoyearsde cet

homme venaient de lui amener une jeune et belle tsàsfe, dont la vue avait inutilement réveillé ses désirs, u Vous autres Francs, dit-il d'une voix ëleiote, vous avez des secrets précieux t Pour moi, je récompenserais richeiiioiil celui qui me donnerail ie pouvoir de posséder ma belle esclave ! » £t rhomme qui parlait ainsi était là^ gisant , objet de pitié et de dégoût. — Le voyageur lui répondit ; « Le secret que tous demandez , je ne l'ai pas , et lors même qu'il serait en ma puissance, je me garderais bien de vous le communiquer, car il vous coûterait la vie! — Et qu'importe? balbutia le vieillard en iaisant un effort pour se soulever, qu'importe? pourvu que je la possède! n Et en parlant ainsi , il retombait épuisé dans les bras de ses esclaves ! Dégradation de l'espèce ! pas la plus légère apparence de vie intellectuelle; l'animal avait tué l'homme.

Pour bien comprendre tout ce qu'il y a de triste dans une abjection qui ne se connaît pas, il faut rapprocher ce récit de l'aventure récente d'un oûicier français nommé Sève, devenu fameux en Orient sous le nom de Soliman Bey. Obligé de quitter le service à l'époque de la chute de Aapoléon, Sève vint s'offrir au pacha d'Égypte, qui l'ac* cueiUit pour ses talents militaires, et fit sa foriune, ^s l'obliger toutefois à changer de religion. En 1826, Sève étalait à Esneb le luxe d'un satrape j il

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avait dans son harem les plus belles esclaves grecques et égyptiennes 5 « Mais, dit l'auteur de la relation qui nous fournit ces détails, au milieu de tontes ces voluptés, son eœnr était vide, et il soupirait après une compagne digne de lui. u Envoyez-moi , me .disait-il, une française, une Anglaise, une Italienne, n'importe; je vous promets de l'épouser et de renvoyer ce troupeau de créatures sans âme et sans pensées! » Puis il ajoutait avec une onction toute passionnée : «c lUen ne manque à mon bonheur qu'une amie véritable, dont l'esprit, dont le cœur, charmeraient ma solitude : ce trésor me ferait jouir de tous les au* très M ï> — Eu lisant ce récit, on ne peut s'empêcher d'admirer comment, lorsque les institutions sociales n'ont point profondément dépravé le cœur de l'homme, la convenance naturelle le ramène forcément à la vertu.

La polygamie est un état purement animai : elle nous donne des esclaves, le mariage nous donne une compagne; elle hxe la débauche dans Fhabitation de l'homme, le mariage l'en bannit à jamais, et sanctiûe la maison du citoyen.

De ces faits qui résument en quelque sorte l'his* toire de TOrient, on peut conclure qu'il n'y a de civilisation possible que dans le mariage, parce 1

1 Voyez la Mevm Britannique, décembre 1820 , Id, p. ââl.

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