‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 56 sur 116 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

La première cliose (|U*îlfaut apprendre, c'est qu'il y a iiii Dieu, et qu'il gouverne tout par sa provideuce; ensuite il fautcxa^ miner quelle est sa nature : sa oaiure cUnt bien connue , il faut nëcesseirenien l que ceux qui veulent lui plaire et lui obéir fassent tous leurs efforts pour lui ressembler; qu'ils soient libres, fidèles , bienfai'* SIU1U9 miséricordieux, magoantnries.

(Manuel d*Epictèle , liv. IL)

Nous avons foil le» dieux à Timage de la nature; terribles ou bieufaisaots suivant les spectacles qui rrap{>aient nos yeux. Aux riantes prairies , aux moissons dorées, à l'abondance des fruits, à la grâce et aux parfums des fleurs , les autels de la reconnaissance; aux bruyères arides, aux sombves forêts, aux désordres des tempêtes , aux Icux des volcans, les autels et les sacrifices de la peur. Lk est IWiginedes deux piûssaAces qui se partagent le monde: les bons et les mauvais esprits, le génie

58 miTi

du mal et le génie du bien, les dieux et les dé*

mons.

Ainsi, dans les temps de barbarie ^ Tisolement

des peuples, l'ignorance des harmonies de ruaivers , rétonnemeot de ses phénomènes , multipliaient lesdieux; dans chaque temple une Divinité, et dans chaque Divinité l'apothéose d'une puissance de la nature ou d'un attribut du Créateur. Pour ramener toutes ces puissances, tous ces attributs à un seul Dieu, il fallait le concevoir, et comment le concevoir sans une révélation divine, ou sans la contemplation inespérée de l'ensemble des harmonies du globe ! Double prodige que la Providence ne pouvait refuser au genre humain. Moïse reçoit cette vérité du ciel, et Socrate de son génie.

Spectacle divin ! au milieu de toutes les nations ensevelies dans les ténèbres de l'idolâtrie et de Tesclavage, un homme inspiré de Dieu fait jaillir une vérité qui doit régénérer le monde.

Et cette vérité , que Moïse ne peut faire com^ prendre à son peuple, il la donne à l'univers : lorsque toutes les religions la repoussent, il annonce que la postérité de ceux qui croiront aa Diea unique possédera le globe; et, pour l'accomplissemmi de cette parole, son ime plimge i traivers les siècles dans un avenir de quatre mille ans.

Le génie même s'anéantit devant une si haate destinée il n'y avait alors sur la terre qu'un seul

Page 1