VERS LE JB£AL
échaogent leur lumière, roulant autour l'un de l'autre , et mettant ceux-ci quarante ans , ceux-là sût mille ans à tracer le double cercle de leur immense réTolution, Pllis loin, dans un autre ciel, le ciel de l'astronomie sidérale ' , la science moderne découvre des masses lumineuses de formes yariées à l'infini ^ rondes, ovales , carrées , triangulaires, pyramidales , en fer de lance , en éventail , en losange , en arbre , en montagne , semblables aux coulées d'un volcan , à d'immenses baleines , ou se déroulant comme les anneaux d'un serpent gigantesque , ou enfin percées à jour, et laissant voir à des profondeurs inouïes d'autres masses lumineuses qui nagent dans d'autres espaces. Ah ! ce fut une heure sublime que celle où le grand Uerschel , et le fils qui continue sa gloire , rencontrèrent pour la première fois dans Tétendue ces océans d'étoiles qui ont reçu le nom de nébuleuses à cause des sombres clartés qu'elles rayonnent. Deux faibles créatures, encore enveloppées de leur poussière terrestre, s'étaient élancées dans l'infini, et il leur avait été donné de contempler ce qu'aucun mortel n'avait encore contemplé I Plus heureux que Newton , ce puissant explorateur du ciel , ils avaient franchi les limites de la création visible, et tout à coup ils s'étaient retrouvés presque dans les ténè-
1 On donne ce nom à la science qui s'occupe des corps célestes placés hors des limites du système solaire.
144 LHOMKE i:\CLLN£
bres, au milieu d'un milliard de soleils , animés
d'un milliard de mouvements , et qui s'élevaient comme uae muraille vivante devant eux ! là s'arré* tent les yeux des savants, là est la limilc de notre science , mais non la limite de la création.
Montez, montez encore l montez éternellemeat, et autant vous approcherez de ce qu'il y a de plus beau , autant vous approcherez de la vérité ! La vérité est plus riche que l'imagination ; elle la déborde de toutes parts !
Vous venez de voir les astres se multiplier comme les sables de la mer ; montez , montez encore ! Plongez avec Herschel dans ces abymes de lumièn et de feu ! Le grand homme aspire à ce qu'il y a de plus beau ; son àme pressent que toutes ces étoiles qui rayonnent dans l'espace doivent avoir leurs êtres animés, leurs êtres intelligents. Qu'est-ce pour lui qu'un soleil qui ne ferait qu'éclairer! Diea s'est donné partout des spectateurs. Plein de cette pensée, il observe l'astre dont la présence donne
le jour, et bientôt il découvre que cet astre est une planète opaque , ténébreuse , assez semblable à la terre, et non un charbon ardent; que la lumière n'émane pas de son sein, mais qu'elle nage dans son atmosphère comme les nuées dans la nôtre ; qu'elle s'y forme perpétuellement pour rayouuer sur les mondes , et sans doute aussi sur le soleil lui-même, qu^elle éclaire, qu'elle féconde, et qu'elle aurait cent fois consumé si , par des moyens qui