‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 95 sur 116 · DU 6XN&£ HUMAIN. SS · texte numérisé non relu

DU 6XN&£ HUMAIN. SS

dicax que Ton y voit aiq(mrd*hiii. Les peuples et les dieux sout venus ensemble jusqu'à nous.

Je n'examine pas la barbarie de ces coites ; je cherche à constater la loi qui condamne les nations à vivre et à monrtr avec leurs dieux.

Ici, tout reste immobile, le piètre et le peuple. Aucune lumière ne leur arrive, aucun progrès ne les sépare : ils v ivent, si c'est vivre que de traverser les siècles dans un tel avilissement.

Il n'en est pas de même de Rome et de la Grèce ; de grands progrès y ont séparé les peuples de leur religion : pendant que les peuples allaient en avant, la rciigiou restait en arrière. Si la religion avait pu suivre le mouvement des peuples, elle les eût sauvés. Mais le paganisme n'avait en lui aucun élément de progrès ; il ne pouvait ni marcher ni s'élever. La condition de son existence, c'était l'immobUilé^ et l'immobilité n'existe que dans le despotisme. Est-il rien de plus contradictoire qu'une reii^oo sans mouvement au milieu d'un peuple libre?

Il y a sur le globe une progression insensible vers le bien : chaque siècle, le genre humain s'améliore ; c'est une loi de la nature V. La politique et la superalitiion peuvent ralentir cette amélioration, jamais l'arrêter ; il faut que le nombre des idées s'ac*

I Vf^yez, dans le troisième livre, lechapitre XXII, de la PerfeclilnMé du Genre humain, loi morale de la nature.

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croisse, que la masse éclairée s'augmeule, parce qu'il faol qae la loi de Diea s'exécute*

Pour constater ce fait immense, ne cherchez pas si les temps modernes oui produit un plus' puissant

génie qu'Homère, mais si le monde civilisé a fait

un pas vers l'humanité et la Yérité» La loi do la nature est là.

De celte loi, empreinte dans l'histoire de tous les peuples, nous voyons sortir ces Seux principes, dont la puissance est invincible :

Toute religion qui étouffe les idées et pétrifie les peuples est fausse, par cela seul qu'elle est en opposition avec la pensée de Dieu, exprimée dans une loi générale de la nature.

Toute religion favorable aux développements de rintelligence et à la moralité des nations, est vraie, par cela seul qu'elle s'accorde avec cette loi.

Et c'est ici que nous pouTons hardiment présenter l'Évangile aux adorations de la terre ! La religion qui est son ouvrage appartient, par son culte, par ses mystères, à l'enfance des sociétés; par sa parole et par Tamour, à teus les degrés de civilisation présents, passés et à venir. Elle élève les plus humbles intelligences, comme elle humilie les plus sublimes esprits. C'est la religion' des pan* vres el des malheureux; elle est faite pour l'hoiume, puisqu'elle est faite pour la douleur. Que les sages révent des utopies, que les peuples marchent vers des perfections idéales, ils la trouveront touyours

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devant eux. EUe parte atte elle Tayenir de Vhur xnanité.

Si donc il est Yrai, comme nous Tayons dit, qué

les peuples vivent et meurent avec leurs dieux, nous pouvons annoncer aux peuples chrétiens une vie égale à la durée du globe.

Ainsi, loin de m'efîrayer des changements arrivés à la religion , j'y trouve là preuve de son origine'céleste. J'admire avec quelle facilité elle se prête aux mouvements des esprits et aux progrès de la raison. Ce n'est pas que ces changements la touchent jamais dans son essence : ils se font autour d'elle 5 non en elle. Elle se dépouille peu k peu: des voiles dont l'ignorance l'environne, et à chaque voile qu'elle rejette Dieu se rené visible. Chose admirable! dans cette mobilité étemelle , la religion mesure la vérité à nos forces, et se place loujomrs au point de vue dè notre intelligence.

Lorsque Jésus vint sur la terre, toutes les religions étaient mortes, et tous les peuples étaient mourants. Sa mission fut de renouveler les croyances et les empires. On peut nier qu'il ait ressuscité les morts, mais on ne peut nier qu'il ait ressuscité le genre humain : le titre de Sauveur de l'univers qu'il se donne lui-même ne saurait trouver un incrédule ; il faut rhonorer comme un bienfaiteur si on ne veut l'invoquer comme un Dieu. Et voyez seulement de quel effroyable chaos il vint tirer le monde! Hume livrée à Tibère, élevant des temples

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à Tibère , adorant les crimes de Tibère , trouvant dans les férocités de Tibère le type d'un héros , et dans ses déprayations les attributs d'un dieu : IV nivers entier suivant l'exemple de Rome , et s'ensevelissant dans cette abjection. Point d'union morale entre les peuples; la terre devenue un marché d'esclaves ; les nations livrées au fer des soldats ^ les droits de Thomme méconnus; les droits des so* ciétés violés ; un peuple privilégié, et tous les autrès barbares; les vainqueurs disant toujours : malheur aux vaincus ! les philosophes disant toujours : meurs î i l'infortuné ; le sang humain coulant sur les autels pour réjouir des idoles auxquelles on ne croyait plus , et , dans les spectacles publics , pour léjouir une populace aussi vile que ses dieux. Voilà où en était la civilisation au moment de la venue de Jésus-Christ. Oh ! l'admiration est sans bornes lorsqu'elle vient à percer la imit infernale où il ût briller sa lumière ! Dans toutes les institutions religieuses de la Grèce et de Rome, il n'y avait pas alors une idée, un principe, un sentiment qui pût régénérer les nations ; la vertu même sur le trône n'aurait pas suffi à leur rendre la vie. Dieu permit qu'on en fit l'essai , sans doute pour nous laisser voir toute la profondeur du mal;

et le dernier souffle de la sagesse antique s'exhala, avec les Antonins , inutilement pour le monde !

C'est que , pour sauver le monde , il ne suffisait pas de relever ses ruines } il fallait tout renouve*

ier, la morale, les idées, les gouvernements et les peuples. Jésus-Christ vint à temps pour Thuma** nité, et son avènement sublime aux dernières heures de la grande république témoigne de la Pro« ▼idence.

Pour bien comprendre Tœuvre de la régénération * universelle, il faudrait, pour ainsi dire, mettre en présence les deux périodes historiques , peindre le peuple roi dans sa gloire et dans sa liberté , les peuples de FÉvangilc dans leur civilisation et dans leurs progrès. Mais ces tableaux ont été répétés si souvent que toute répétition nouvelle serait fasti^ dieuse : supposant donc les faits connus, je résume l'histoire des temps anciens et des temps modernes

par ridée morale qui les caractérise.

L'idée morale de l'antiquité, c'est Tamour de la , patrie. Tous les prodiges des ancienpes républiques reposent sur celte base vigoureuse , mais étroite.

L'idée morale des temps modernes, c'est l'amour du genre humain. La bienveillance universelle, qui est l'esprit de l'Évangile, embrasse l'humanité tout entière.

Il est douloureux de le remarquer ; mais on ne trouve pas dans toute l'antiquité un seul sage , un seul législateur qui, en fondant les lois de son pays, ait eu égard au bonheur des autres peuples.

Cette vertu nouvelle , Jésus-Christ la donne aux nations, et c'est d'un sentiment inconnu du monde entier qu'il fait sortir le salut du monde. Un en-

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faut, instruit dans les dogmes dé la haine et du fanathme, dans les idées étroites de tribu privilégiée , de peuple élu , de peuple de Dieu , vient tout à coup enseigner l'amour du genre bumaiik Âu dieu de colère de la Bible , au dieu exclusif d'Abraham , il substitue le Créateur , le Père de

tous les hommes. Moïse n'était que le libérateur d'un peuple; Jésus sera le sauveur de Tunivers. Quelle faumanité ! quelle charité ! comWe il se dé* pouille du vêtement de sa caste l comme il secoue l'orgueil national ! comme il brise les chaînes de la superstition et du despotisme ! Juif, il ne parle pas de sauver les Juifs , il ne prononce pas ana^ thème, il n'appelle pas la vengeance et rextermination. Son règne est celui de Findulgence et de la paix; il n'est pas venu conquérir avec le fer, frapper avec la fou(jlre , mais adoucir avec la parole et civiliser avec l'amour.

Combien de vérités ne vivaient alors qu'en lui , et auraient pu s'éteindre et mourir avec lui* 11 y j eut un moment où tout l'avenir du globe se trouvait renfermé dans une seule âme.

Le genre humain s'humiliait devant des idoles, et lui seul il annonce le Dieu créateur , le Dieu inconnu , un Bieu.

L'assentiment de tous les peuples consacrait Tesclavage , et loi seul il dit aux peuples : Tous les hommes sont libres y parce que tous les hommes sont frères.

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