‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 96 sur 116 · GENRE HUMAIN · texte numérisé non relu

GENRE HUMAIN

Les sages s'étaient réservé toates les vérités

morales ; ils ne réglaient les actions de l'homme que par les lois politiques : les vertus de Rome et de Sparte sont écrites dans leur consLiLuLion , et non dans leur religion*

Jésus, seul sur la terre, comprend que cette cBUvre du législateur est incomplète , qu'elle resserre notre âme dans des limites trop étroites , et brise Tessor de sa vertu. Seul , il sait que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de vérités. Ces vérités, inconnues jusqu'à lui, il les présente sous la forme facile et gracieuse d'une instruction toute populaire. A la sagesse abstraite des philosophes, il suttôtitue une sagesse simple , précise , sublime , laite pour lliomme , puisqu'elle arrive à son cœur aussitôt qu'à son oreille, sans fatigue ^ sans tra- ▼aii,comnieuneréminisGenced'un sentiment qui reposait dans son âme , et qu'il doit emporter dans le ciel.

La plus haute vertu , jusqu'à lui , était de mourir pour le petit coin de terre où l'on avait reçu la vie : les limites du pays traçaient les :limites de Tbumanité. A présent, le Sauveur vient nous dire : Notre patrie , c'est le globe ; notre fomille , c'est le

genre humain ; notre j)ère , c'est Dieu. Mesurez la grandeur de ces paroles , et voyez quelle origine elles nous donnent, quelle morale elles répandent et quelle destinée elles nous promettent ! Les anciens disaient : « Il faut aimer sa fkmille plus que

«oi^niême ^ et sa patrie plus que sa famille, v De là , civilisation parcellaire , guerre éternelle.

Jésus-Christ ajoute : u £t le genre humain plus que sa patrie, n De là, civilisation universelle, mo« raie invincible , paix générale.

Amour filial envers Dieu, amour fraternel envers les hommes , loi céleste et tcrrcslro , le plus haut point de perfection où i'àme puisse atteindre. Bemarquez bien que c'est d'une loi de la nature que Jésus-Christ fait ressortir sa religion j que c'est dans le cœur humain quUl prend ses commandements.

Avant Ini, et j^appuie à dessein sur cette peor sée , les institutions politiques traçaient seules les devoirs du citoyen ; la morale humaine ne ton* chait aux cultes religieux que par les intérêts matériels : rien n'unissait l'homme à Dieu; on était vertueux pour la patrie , TÉvangile nous fit ver* tueux pour l'humanité et pour le ciel. £a coordonnant ainsi la morale et la religion , l'amour de Dieu et des hommes, Jésus remédia d'un seal coup à l'iiisuffisance de la morale sans religion des philosophes , et à la fatalité de la religion sans morale des païens. Ainsi furent condamnées à ja* mais toutes les violences religieuses : aimer Dîet et les hommes , ce n'est pas égorger les homuiei pour plaire à Dieu. Le père ne demandera pas k sang de ses enfants, et les enfants ne répandront pis le sang de leurs frères. L'amour veut le bonheur

M GMBM flIIJIAIR. 231

de l'objet aiiuc, et quiconque lai impose les crimes de la colère et de la haine , brise la loi de la nature, et substitue la pensée d'un homme à la pensée de Dieu*

Maintenant pesons les doctrines, résumons les principes. Nous avons dit :

La religion est aux peuples ce que Tâme est au corps.

Or, la religion des anciens, si poétique dans ses

formes, si humaine dans son essence , ne renfermant aucun élément de progrès, et une religion siationnaire ne pouvant subsister chez un peuple en progression , nous en avons conclu que tout dévcloppementderintelligenceétait interdi taux sociétés anciennes , sous peine de mort.

Ceci peut jeter quelque lumière sur un passage de la République, où Platon pose eu principe : qu'il est dangereux de dire la vérité au peuple; qu'il faut niénai^er ses croyances religieuses , et que même , dans certain cas , c'est un devoir d'entretenir ies préjugés du vulgaire Ainsi, chez les anciens, la plus haute philosophie tolérait Terreur \ bien plus elle l'enseignait^

C«ette pensée de la République était Farrét demort de tous les peuples de Tantiquité. Platon avait compris que la religion et les institutions de la Grèce étant fondées sur Terreur, tout devait s'écrouler à la première manifestation de la vérité*

1 Platai, Bépuk.y Uv. Ui.

â32 DE LA RELIGION DU GENRE HUMAIN.

La doctrine de Jésus-Christ est au* contraire ri

parfaite dans son essence que , dévoiler les erreurs , réformer les préjugés et frapper les superstitions dent nos aveuglements l'environnent, c'est revenir à sa pureté prioûtive, c'est la dépouiller de ses vête* ments terrestres, c'est répandre la vie et la liberté sur tons les peuples, suivant ces paroles divines de Jésus*Christ : La vérfté vous ibniiea libbis.

Page 1