‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 2)Chapitre 29 sur 84 · II · texte numérisé non relu

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en ce moment, qu'environ 170 élèves sourdsmuets; ce n'est pas le dixième de ceux qui auraient besoin, en Prusse, de recevoir le bienfait de l'éducation. (1)

On compte, dans le Hanovre, environ 1000 sourds-muets, et le gouvernement de ce royaume s'occupe de leur ouvrir une maison d'éducation : un pasteur protestant paraît, en attendant, s'être seul occupé, jusqu'à ce jour, dans une province, à élever ces infortunés ; mais nous n'avons aucune information sur son établissement : il en est de même de celui qui existe à Wildebaden , dans la principauté d'Oldenbourg.

M. Pfingsten, dont nous avons indiqué les écrits, après être venu étudier, à Paris, la méthode de l'abbé de l'Epée, revint fonder, en 1 787, à Lubeck , et ensuite, en 1791, à Hamberge, village de l'évêché de Lubeck , un établissement qui paraît avoir été trop peu secondé , et qui a été , huit ans plus tard , transporté à Riel.

Heinicke avait réuni un certain nombre de sourdsmuets à Appendorff , près de Hambourg, et fit sur eux Fessai de sa méthode ; mais cet établissement cessa d'exister, lorsque son auteur vint organiser

(1) Voyez, sur ces divers élablissemens, le Jahrbiïcher des preussischen Volks-Schulwesejis . 1 825, vol. III, 2e sect. , art. xn ; et, pour le règlement de l'Institut de Berlin, le même recueil , art. xiv.

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celui de Leipsick : le sénat de Hambourg pense à le ressusciter, en lui donnant la solidité convenable. Le célèbre Institut de Groningue fut ouvert, en 1790, avec treize élèves; il en compte i58 en ce moment. M. Guyot le père, qui l'a fondé et l'a dirigé pendant plus de vingt ans , y porta les méthodes de l'abbé de l'Épée, qu'il était venu étudier à Paris ; il les a modifiées et perfectionnées, secondé par ses fils : dix professeurs y assistent le directeur dans les soins de l'enseignement. Cet établissement, doté en partie aux frais de l'État , a été visité plusieurs fois par les princes de la maison d'Orange, a obtenu de justes témoignages de leur bienveillance , et jouit de la protection spéciale de S. M. la reine des Pays-Bas. Plusieurs instituteurs distingués se sont déjà formés à cette école véritablement normale (j). L'un d'eux a été appelé pour diriger, à Gand, l'école fondée par M. le chanoine Triest. Le gouvernement paraît avoir l'intention de multiplier ce genre d'établissement dans diverses provinces. En 1820, une société de souscripteurs en a formé un autre à Liège. M. le professeur Poreplin, qui

(1) On peut consulter sur ce bel établissement, outre l'ouvrage de MM. Guyot , Beschrijving van het instituut, etc., les comptes annuellement publiés, et qui en attestent les progrès. ( Verlagen, etc.) 1°. Berigten van t'Gronniger instituât van 1790; of, 2°. Wetten van het instituut , etc. 1817.

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y dirige l'enseignement, avait commencé cet établissement par ses seuls efforts, et ses succès ont excité le zèle des hommes généreux qui sont venus le seconder, (i)

La destinée des sourds-muets a inspiré la même sollicitude à M. Wauters , ecclésiastique , qui leur consacre , à Berghen , tous les loisirs que lui laissent les fonctions de son ministère , et les instruit par une méthode qui lui est propre. (2)

Le gouvernement danois, après avoir appelé, à Riel, M. le professeur Pfingsten, pour y ouvrir une école de sourds-muets, a transféré, plus tard, à Schleswig, cet établissement, qu'il environne d'une protection particulière, et qui est spécialement destiné aux provinces allemandes de la monarchie; on y a réuni la grande imprimerie stéréotype de la société de la même ville : il est en ce moment sous la direction de MM. Spier et Adler. Il en existe un également dans la capitale, qui renferme déjà 86 élèves , et tend à s'agrandir encore. Il a le bonheur de compter au nombre de ses administrateurs , l'un des philanthropes les plus zélés et les plus éclairés, M. Abrahamson.

(1) Voyez le Procès-verbal imprimé de V Assemblée des Souscripteurs. Liège, 1822.== Voyez aussi Revue encyclopédique. Octobre 1823, page 438.

(a) Revue encyclopédique. Décembre 1826, page 1 ig. = Voyez ci-devant , chap. XV, page 1 65.

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L'un des instituteurs, M. Schon , a voyagé aux frais du gouvernement danois, pour visiter les principaux Instituts de ce genre en Europe, (i)

L'Institut royal de Stockholm compte environ 4o élèves; il a été formé sur le modèle de celui de Paris. Le conseil d'administration de cet établissement est présidé par S. M. la reine ellemême.

S. M. l'impératrice Marie Theodorowna a pris également sous sa protection spéciale l'Institut des sourds-muets , formé depuis quelque temps à Saint-Pétersbourg; elle prend une part entière et directe à ses opérations, par une protection aussi éclairée que généreuse. Il renferme en ce moment 61 élèves. Cet Institut, fondé en 1806, fut d'abord dirigé par le professeur Siegmond, qui avait étudié à Vienne le système de l'abbé de l'Épée. En 1810, S. M. l'impératrice appela de Paris, pour y présider à l'enseignement , M. Jauffret , qui y porta les procédés de l'abbé Sicard. M. Krilow, d'abord adjoint de M. Jauffret, l'a remplacé à sa mort. (2)

Tous les établissemens qui existent dans les îles Britanniques sont fondés et entretenus par des sociétés de souscripteurs. Il en est ainsi, comme on sait, dans ce pays, de presque toutes les in-

(1) Revue encyclopédique. Octobre 182a, page 207 ; août î825, page 584 ; octobre 1826, page 225, etc.

(2) Ibid. Octobre i825, page bw.

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stitutions de bienfaisance publique. L'art d'instruire les sourds-muets en retire trois avantages notables : i°. le devoir de justifier les intentions des sociétaires ; le désir de les conserver et d'en accroître le nombre , entretient l'émulation des instituteurs; -2°. le concours des sociétaires, leurs assemblées , répandent dans le public un généreux intérêt pour la destinée des sourds -muets, et la connaissance des moyens employés pour les instruire; 3°. enfin, les rapports annuellement publiés apportent des élémens à l'histoire de l'art. Nous avons sous les yeux la collection de presque tous les rapports, et c'est avec un sentiment profond que nous rendons grâces ici, au nom des sourds-muets, à ces nombreuses réunions de bienfaiteurs.

L'Institut situé aux portes de Londres, fondé en 1792, par M. Watson, est le plus considérable de tous ceux qui existent jusqu'à ce jour, comme il est aussi le plus riche ( 1 ) ; il renferme en ce moment i3o élèves. Le comité qui surveille son administration est présidé par S. A. R. le duc de Glocester (2). L'abbé Sicard , pendant son séjour en Angleterre, en 181 5, visita ce bel établisse-

(1) Sa recette en i8a5 ne s'est pas élevée à moins de ia,5o8 liv. sterl. *

(2) An historical sketch of the purposes , progress , and présent stale of the Azylum, etc. Londres 182/»; ibid,, 1825.

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ment; il lui paya ensuite, par des lettres publiées dans le temps, et malgré la différence des méthodes, un juste tribut d'éloges, (i)

L'Institut général formé à Edgbaston , près de Birmingham, a été, jusqu'en 1826, dirigé par M. Eraitwood , avec l'assistance de M. Birgham. A cette époque, le comité dirigeant a appelé, de Suisse, M. du Puget, élève de Pestalozzi, qui n'a point encore étudié l'art , mais dont les talens donnent de grandes espérances (2). Le comité a pris en même temps une délibération pour adopter désormais, dans cet établissement, le système des signes méthodiques, tel qu'il était pratiqué par l'abbé Sicard. Il a pensé que « si la nature « a enseigné elle-même ce langage aux sourdsce muets, s'il les rend capables de concevoir des a idées justes, la voie la plus efficace et la plus « prompte, pour leur instruction, est de cultiver « et d'étendre la langue naturelle qui doit lui ser- « vir de base ; il a pensé qu'on doit d'abord en- « seigner au sourd -muet les choses, ensuite les «mots; qu'il doit s'exercer à penser exactement, « avant que de charger sa mémoire des signes arec tificiels de la pensée. » (3)

(1) At a Meeting of the commuée, etc. Juin 12, 1825. (a) Reports of the gênerai institution... at Edgbaston. Il y a une suite de quatorze rapports annuels, de 18 12 à 1826. (3) Fourteenth report, etc. 1826 , page l\.

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L'Institut de Manchester a été fondé en 1824, et ouvert en 1825, avec un nombre de i4 élèves, qui s'est bientôt élevé à 23. Dix-huit mois après, ces élèves avaient déjà fait des progrès qui excitaient l'admiration. La durée des études est de cinq ans. Le zélé directeur, M. Vaughan, suit la méthode des abbés de l'Epée et Sicard ; il enseigne aussi la parole artificielle; plusieurs de ses élèves prononcent des mots d'une manière très intelligible. (1)

A peu près à la même époque, M. Coumer a réuni , dans une école d'externes , les sourdsmuets , à Liverpool , dans le même comté. A sa naissance , vingt enfans y ont été admis. Le généreux fondateur s'est proposé de laisser les enfans sourds-muets sous l'influence des liens de famille; il a pris pour modèle l'excellent établissement formé à Glaremond, près de Dublin. On voit avec surprise que déjà huit enfans ont été retirés, par leurs parens , comme suffisamment instruits. Le professeur de cette école , M. John Anderson , autrefois directeur de l'Institut de Glascow, a créé, dit-on , un mode d'enseignement particulier, approprié aux vues du fondateur ; il a inventé diverses machines ingénieuses dont le jeu facilite, à ce qu'on assure, le succès de l'instruction, et

(1) Voyez la Revue encyclopédique. Juillet 1826, page 2^0.

qui amusent les écoliers, en leur rendant plus accessibles les notions préliminaires.

L'Institut d'Edimbourg a été fondé en 1 8 1 o ; il renferme en ce moment 67 élèves : M. Rinnburgh le dirige avec un zèle auquel on donne de constans éloges. La méthode qu'il emploie est une combinaison de celle de l'abbé Sicard et de celle de M. Watson , mais dans laquelle celle-ci obtient essentiellement la prééminence. L'éducation morale des sourds-muets est, dans cet Institut, l'objet d'une sollicitude toute particulière. Les rapports annuels renferment des spécimen des travaux des élèves, exemple qui mérite d'être recommandé. (1)

L'Institut de Paisley a été fondé en 1817; celui de Glascow en 18 19 : ils sont conçus d'après le modèle du précédent , et emploient les mêmes procédés , mais sont un peu moins nombreux. (2)

L'Institut national d'Irlande formé à Claremond, près de Dublin, fondé en 1816, fleurit par les soins de M. Orpen (3), secrétaire, et de M. Ham-

(1) Reports of the institution for the éducation of Deaf and Dumb, etc. Edimbourg, 18 1 5 à 1826.

(2) Prospectus of the Paisley society, etc. 181 7. = Reports of the Paisley society. 1819 à 1826.= Glascow Deaf and Dumb institution Report. 1820 à 1826.

(3) M. Oi'pen nous a procuré, avec l'empressement le plus obligeant, non seulement tous les documens qui concernent cet établissement, mais en même temps de pi'écieuses notices sur les écrits publiés en Angleterre et en Amérique sur l'art

phreys, professeur : il compte en ce moment environ 5o élèves. Le mode d'instruction réunit le système des signes méthodiques aux procédés de l'articulation artificielle. L'enseignement est appliqué, avec beaucoup de succès, aux diverses branches de l'instruction. Une utile et ingénieuse attention mérite d'être signalée : dans chaque salle on a suspendu des tableaux représentant tous les objets qui peuvent être mis sous les yeux, avec les noms correspondans; en sorte que les élèves peuvent continuer à s'instruire en l'absence des maîtres, et même en jouant. Indépendamment de la société de Dublin , il s'est organisé aussi des sociétés auxiliaires dans les principales villes d'Irlande, à Cork, Belfast, Nawry, etc. (i)

La première institution qui a pris naissance dans les Etats-Unis, est Yasylum du Connecticut, établi à Hartfort. Cette création est due au révérend Th. W. Gallandet, qui est venu en Europe tout exprès pour étudier, dans l'Institut de Paris, les méthodes qui y sont en usage (2) ; il a ramené avec lui l'un

d'instruire les sourds-muets. Nous lui en exprimons ici notre reconnaissance. L'Institut de Paris espère entretenir avec celui de Dublin des relations suivies et fructueuses.

( 1 ) An investigation in to the principles, management and wants , etc. Dublin 1825. = Reports of the national institution, 181 7 à 1826. '

(2) Prospectus of the Connecticut Azylum, etc. Harlforl, e 8 1 7 . ■= // Sermon at the opening , etc.; by Rev. Th W.

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de nos élèves, M. Clerc, de Lyon, sourd-muet (i), sujet fort distingué, et qui dirige l'enseignement, sur ce nouveau théâtre, avec le plus grand succès: -70 élèves environ y reçoivent ses leçons. Les législateurs du Vermont, duNewhampshire, duMassachussets , ont voulu unir leurs dons à ceux du Connecticut , en faveur de cette école , qui est déjà dotée par l'Etat d'un territoire considérable. (2)

L'institution de New-York a suivi de près la précédente ; M. le docteur Samuel Akerly la dirige ; M. Looborow, principal professeur, est assisté , dans l'enseignement, par miss Stamfbury (3) ; elle contient en ce moment environ 60 élèves ; elle a également adopté les méthodes de celle de Paris. Une loi, portée par la législature de l'État de New -York, le 16 avril 1822, assigne les fonds pour l'entretien de 32 élèves indigens aux

Gallandet. Hartfort, 1817. == An Adress by M. Laurent Clerc , etc. Ibid. , 1818. = A Discours at ihe dedication, etc. Ibid. , 1821

(1) J'ai eu avec M. Clerc de fréquentes et longues conférences , pendant qu'il était encore auprès de nous , et j'ai pu apprécier dès-lors tout le mérite dont il donne aujourd'hui des preuves. C'est avec le sentiment d'une profonde affection que j'applaudis à ses succès.

(2) Reports of the American asylum } etc. 1817 à i8a5-

(3) Address of the Directors , etc. 1821. d= Addrcss delivered at Washington, Hall, etc., 1826.

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frais de l'Etat (i). Une association de dames a voulu seconder les efforts du sénat ; elle entretient , par ses souscriptions, un certain nombre de sourdes-muettes indigentes dans cette école (a) : il est sorti déjà de cette école 96 sujets utiles, rendus à la société. (3)

M. David G. Seixas avait déjà établi, à ses frais, une école à Philadelphie , où il réunissait 1 2 sourdsmuets, lorsque, le 12 avril 1820, une assemblée, présidée par M. le docteur W. Wichte , évêque de cette ville, proposa de l'ériger en institution aux frais de l'État. Le 8 février suivant la législature de la Pensylvanie remplit ce vœu. Bientôt 442 souscripteurs s'associèrent aussi à cette création. L'établissement renferme déjà 90 élèves ; 5o sont entretenus, pour trois années seulement, par l'Etat de la Pensylvanie et par celui de New-York (4). M. David G. Seixas s'est transporté dans ce second

(1) A la suite de la loi du 16 avril, on trouve les spécimen de quelques compositions de sourds-muets de cet Institut.

(2) Acldress and Constitution of the New-York female Association to aid in giving support and institution to the indigent Deaf and Dumb. New-York (sans date).

(3) Annual reports, etc. Ibid. , de 1819 à 1826. = Revue encyclopédique. Juin 1822, page 619.

(4) Account of the origin and progress of the Pensylvanian Institution, etc. Philadelphie, 1821. z= Reports, etc. De 1822 à 1826. = Revue encyclopédique. Juillet 1821 , page 200,

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État pour en fonder une semblable. M. Weld l'a remplacé à Philadelphie.

M. Clinton Mitchill, qui enseignait à New-York comme adjoint de M. Looborow, a été appelé, en 1824? dans le Kentucky, pour y diriger une nouvelle école , qui reçoit déjà 36 élèves. M. William Reid, sorti de la même institution , a ouvert une autre école à Canajoharie. La législature de la Virginie a voté, en 1826, une semblable création. Enfin , on annonce que , dans le territoire de Michigan, au détroit, les sourds -muets vont recevoir aussi l'instruction par les soins d'un prêtre catholique , M. Richard. Toutes ces écoles paraissent suivre , comme celle de Hartfort , les méthodes importées de l'Institut de Paris.

On est frappé de voir tout ce que les États-Unis ont pu fonder en si peu d'années pour l'éducation des sourds-muets; encore y a-t-il peut-être, dans cette portion de l'Amérique, des institutions que nous ne connaissons pas, telles que celles qu'on dit exister dans la Caroline du Nord et dans l'Ohio. Le nombre connu des sourds-muets, est, dans l'État de New-York , d'environ 65o , un sur 1 85o habitans ; et, dans la Pensylvanie, de 5oo, un sur 2000.

L'Amérique du Sud paraît au contraire à peu près exempte de ce genre d'infirmité. Dans toute la république de Buenos-Ayres , on ne connaît qu'un seul individu qui en soit atteint.

La France est le seul État de l'Europe où les

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lois se soient occupées de l'éducation des sourdsmuets (i). Une sorte de monument a été élevé à la mémoire de l'abbé de l'Épée, par la loi des 21- 29 juillet 1791? laquelle a placé son nom au rang des bienfaiteurs de l'humanité (2). La même loi a élevé les deux écoles de Paris et de Bordeaux, au rang d'établissemens nationaux : d'autres ont organisé ces deux établissemens , leur ont affecté des locaux, assigné des ^dotations , ont pourvu à leurs besoins enfin (3) ; celle du Ier décembre 1798 (11 frimaire an vn ) a rangé cette dépense au nombre de celles qui sont à la charge de l'État.

L'Institut royal de Paris, le seul établissement dont les bienfaits s'étendent sur la France entière,

(1) Nous avons vu que la législation des États-Unis en a fait également un objet de ses sollicitudes.

(2) M. Neumann reproche à la France de n'avoir élevé aucun monument à la mémoire de l'abbé de l'Epée. ( Die Taub-Stummen-anstalt zu Paris.) Cet hommage rendu au nom du prince et de la nation ne vaut-il pas un marbre ?

(3) Celles des 28 septembre, 12 octobre 1791; 10 septembre 1792; 29 juin 1793; i3 février, 24 mars, 18 juin 1794 (25 pluviôse, 8 germinal et 3o prairial an 11); 5, 14 janvier, 25 octobre, 14 décembre 1795 (16, a5 nivôse an m; 3 brumaire et 23 frimaire an iv) ; 25 septembre 1796 (3 vendémiaire an v) , et 26 février 1798 (8 ventôse an vi). Mais, dans ce grand nombre de lois , on en cherche vainement une qui ait étendu sa sollicitude aux besoins de la multitude des sourds-muets répandus sur toute la surface du royaume

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se divise en quatre branches : un pensionnat poulies garçons, un pensionnat pour les filles, et deux écoles d'externes : il est en ce moment sous la direction de M. l'abbé Périer. Cet institut, le plus considérable de tous ceux qui existent, a ioo pensionnaires entretenus par l'Etat, 4° entretenus aux frais des familles ou des départemens, et près de [\o externes des deux sexes, (i)

L'école royale de Bordeaux, fondée par M. de Cicé, et quelque temps dirigée par l'abbé Sicard, fleurit, sous la direction de M. Guilhe : elle a 60 externes.

Trois congrégations religieuses de femmes s'occupent, en France, de l'instruction des sourds-muets.

(1) Sous la direction de M. l'abbé Périer, l'enseignement est donné aux garçons par quatre instituteurs parlant , MM. Paulmier, Rivière, Edouard Morel et Richard; par deux instituteurs sourds - muets , MM. Berthier et Lenoir, auxquels sont adjoints MM. Gazan et Duhamel; et aux filles, par quatre institutrices , mesdemoiselles Elisabeth Salmon , Ferment , Barbier et Octavie Morel. Nous aimons à rappeler ici ou à faire connaître les noms des personnes qui remplissent ces fonctions dans notre Institut, avec autant de zèle que de talent : beaucoup trop peu rémunérées de leurs services , à raison de la situation économique de l'établissement , elles ont droit du moins à une récompense plus élevée et plus digne de ces mêmes services , celle de l'estime publique ; et nous aimons à la réclamer pour elles , en professant ici les sentimens que nous leur portons , et notre juste reconnaissance.

Celle du Bon-Sauveur, fondée par M. l'abbé Jamet, est essentiellement consacrée à cette bonne oeuvre, et dirige la maison de Caen, où ce respectable ecclésiastique a appliqué sa méthode. Douze religieuses sont en état de donner des leçons. M. l'abbé Jamet est cependant encore à la tête de l'enseignement, secondé par M. Ghuquet, jeune ecclésiastique qui marche sur les traces de son digne modèle. L'éople renferme 60 élèves des deux sexes , tous à peu près pensionnaires internes. G'est en 1816 que M. l'abbé Jamet a débuté dans cette honorable carrière , en donnant l'instruction à deux jeunes sourdes-muettes.

Les Sœurs de la Sagesse conduisent maintenant, à la Chartreuse d'Auray, près de cette ville, le pensionnat qui fut fondé , il y a environ vingt ans , par mademoiselle Duler, sous les auspices, d'après les invitations , et avec l'appui de M. de Beausset , alors évêque de Vannes , et de M. le général Jullien , préfet du Morbihan ; elles y comptent environ 40 élèves ; elles suivent la méthode de l'abbé Sicard.

Mademoiselle Blouin , élève de l'abbé de l'Épée , la seule de ses élèves, si nous ne nous trompons , qui enseigne encore aujourd'hui , a fondé , dès 1780, et dirige aujourd'hui encore, avec le zèle le plus infatigable, l'établissement d'Angers, qui compte environ 3a élèves. Pour perpétuer l'ouvrage auquel elle a dévoué sa vie, elle a formé aussi une association religieuse de dames , réunies

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exclusivement dans ce but, et parmi lesquelles on compte trois sourdes-muettes élevées par ses soins. Mademoiselle Blouin est restée scrupuleusement fidèle à la méthode de son illustre maître.

Mademoiselle Duler (i), à laquelle on était déjà redevable de la création de la maison d'Auray, en a formé une nouvelle à Arras, en 1817, avec la protection de MM. Malouet et Siméon, successivement préfets du département du Pas-de-Calais : 3 1 élèves des deux sexes y reçoivent d'elle le bienfait de l'instruction. Cette école , comme les trois précédentes, reçoit quelques subventions du département. Les villes d' Arras, de Boulogne, de Lille, de Dunkerque, y entretiennent quelques pensionnaires. Mademoiselle Duler est une des élèves les plus distinguées de l'abbé Sicard.

Le département de l'Aveyron , et quelques uns des départemens environnans, contribuent à l'entretien de l'école de Rodez. Cette école, qui était dirigée par M. l'abbé Périer, et qui maintenant a pour chef M. Valière, compte '36 élèves des deux sexes.

Un établissement charitable formé depuis, en 1808, à Nogent-le-Rotrou , renferme à la fois deux pensionnats : l'un, pour l'éducation gratuite des

(1) Une sœur de mademoiselle Duler enseignait aussi avec distinction dans l'Institut royal de Paris , et nous a été enlevée il y a peu d'années.

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