‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 2)Chapitre 56 sur 84 · DIÎS SOURDS-MUETS. CONCLUSION · texte numérisé non relu

DIÎS SOURDS-MUETS. CONCLUSION

sa généreuse sollicitude, il donnera à ces institutions le caractère et l'harmonie qu'elles réclament.

Note R, page 653.

Notice supplémentaire sur quelques ouvrages relatifs à F éducation des Sourds- Muets.

Dans un travail commandé par les circonstances , dont il ne nous a pas été permis de retarder la publication, dont les élémens et les matériaux n'avaient point encore été rassemblés, ni même indiqués dans une nomenclature complète, il était impossible que tous les documens existans en différens pays, souvent très difficiles à obtenir, souvent ignorés , se trouvassent entre les mains de l'auteur au moment opportun. Il en est, comme on a pu le voir, qui ne nous sont arrivés que pendant le cours même de l'impression de cet ouvrage; il en est qui nous parviennent à cet instant même, et lorsque l'impression en est déjà achevée. Nous croyons devoir indiquer sommairement ici ce qu'ils renferment de plus important.

Le premier est le récit, en allemand, de l'instruction que David Solbrig , prédicateur dans la Vieille-Marche , a réussi à donner, en 1727, à deux sourds-muets, frère et sœur, âgés de vingt ans environ. Nous avons indiqué cet écrit {voyez ci-devant, tome I, page 366). Il renferme des faits extrêmement curieux. Les deux élèves de Solbrig étaient radicalement muets , par un vice de conformation de la langue. Sans avoir étudié la théorie de l'art, Solbrig se créa à lui-même un mode d'enseignement limité à deux instrumens, l'écriture alphabé-

tique et le dessin. Il a donné au second de ces deux moyens un assez grand développement, et il y a même recouru pour enseigner la religion, par une méthode figurative. Ses deux élèves ont pu recevoir un enseignement assez complet, pour être en état de rendre leurs pensées par écrit, pour acquérir l'instruction religieuse, et être admis à la participation des sacremens. Solbrig s'est borné à enseigner la langue par un choix d'exemples, par des exercices gradués, par des interprétations tirées de la présence des objets, ou de leurs images. Il assure avoir réussi à former le premier de ces deux élèves en quatre mois, la seconde en huit, au point nécessaire pour leur faire faire la première communion , ce qu^nous paraît fort étonnant , ou, disons mieux, ce qui nous porterait à croire que leur instruction était en grande partie plus apparente que réelle.

Le second est le précieux écrit de Lasius , que nous avons eu occasion de citer aussi plusieurs fois, mais que nous ne connaissions que d'une manière indirecte, parce qu'en avaient dit d'autres auteurs. Il renferme , comme nous l'avons annoncé, le détail des procédés à l'aide desquels l'auteur a réussi à instruire M"e de Méding , sourde-muette de naissance, de manière qu'en deux années elle fut mise en état de soutenir un entretien par écrit , et de répondre d'elle-même aux questions les plus essentielles sur la religion. Lasius avait connu les lettres de Wallis; il avait étudié les écrits d'Amman, de Raphel, de Solbrig. D'abord il avait tenté d'enseigner à son élève l'articulation artificielle; mais les parens de la jeune sourde-muette exigèrent qu'il renonçât à ces exercices. Dès-lors, l'écriture et la lecture, l'alphabet

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