‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 2)Chapitre 55 sur 84 · DFS SOURDS-MUET^ CONCLUSION · texte numérisé non relu

DFS SOURDS-MUET^ CONCLUSION

Note P, page 65o.

Sur les améliorations introduites dans l'Institut royal des Sourds-Muets de Paris.

Dans la première rédaction de ce rapport, les conclusions renfermaient une suite de vues spéciales à l'Institut royal dont l'administration nous est confiée, et qui ne pouvaient être destinées au public. Une partie d'entre elles sont déjà réalisées; l'application des autres se prépare avec cette prudente lenteur que demandent toujours les améliorations , pour être convenablement opérées.

La première proposition qui terminait ce travail avait pour objet de solliciter la création d'un Conseil de perfectionnement , qui, placé auprès de l'Institut royal, et s'unissant au Conseil d'administration , apportât dans ce grand établissement toutes les lumières dont le concours est nécessaire à la bonne direction des études , et pût contribuer aux progrès de l'art. S. Exe. le ministre secrétaire d'Etat au département de l'intérieur a bien voulu se rendre aux vœux que nous lui avons exprimés: le Conseil de perfectionnement a été institué; il est composé en ce moment de MM. Raynouard , membre de l'Académie Française; Abel Rémusat, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; Ordinaire, inspecteur général de l'Université royale; Frédéric Cuvier, membre de l'Académie des Sciences; Feuillet, bibliothécaire de l'Institut de France. MM. Maine de Biran et le baron Sylvestre de Sacy, qui en ont fait

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aussi partie lui ont été ravis, l'un par une mort prématurée qui a vivement affligé les amis de la philosophie, comme ceux de la patrie, l'autre par des ménagemens que réclame une santé affaiblie et si précieuse aux sciences. Depuis la création de ce Conseil , l'amélioration de l'enseignement a été constamment progressive; d'importantes délibérations se continuent, se mûrissent; nous devons attendre que leurs résultats soient arrêtés et appliqués , pour les faire connaître.

C'est encore d'après les mêmes conclusions, qu'on a provoqué la rédaction d'un Manuel d'exercices pratiques, et qu'on a confié à M. Bébian l'exécution de ce travail, dont l'administration de l'Institut royal a fait les principales dépenses. M. le docteur Itard s'occupe , avec tout le zèle et toute l'habileté que nous sommes accoutumés à trouver en lui, à faire des expériences méthodiques sur les meilleurs procédés pour donner au sourdmuet l'articulation de la parole.

Chaque jour de séance, le Conseil d'administration se fait mettre sous les yeux, avec l'état sanitaire de la maison et tous les détails de son régime économique, des tableaux renfermant les notes relatives à la conduite et au travail de chacun des élèves des deux sexes; il les examine, les renvoie avec ses propres observations, faisant adresser à chaque élève les encouragemens, les censures ou les éloges qu'il a mérités. Les instituteurs et institutrices sont astreints à tenir un journal où se trouvent consignés jour par jour, et les faits qu'ils ont eu occasion de remarquer, et les réflexions qui leur ont été suggérées par l'expérience. Des examens périodiques ont lieu dans toutes les classes, et sont faits par les raem-

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bres réunis des deux Conseils d'administration et de perfectionnement; les résultats en sont consignés par écrit et conservés avec soin. Les instituteurs et institutrices ont été appelés plusieurs fois à rendre compte, par écrit, de la marche de l'enseignement qui leur est confié, de l'esprit dans lequel ils le dirigent, des procédés de détails qu'ils y emploient; souvent des rapports spéciaux leur ont été demandés; et nous avons la jouissance de déclarer ici, que, dans le nombre de ces travaux, il s'en est trouvé souvent, non seulement d'un mérite très remarquable, mais même d'extrêmement distingués sous le rapport de l'élévation des vues et des sentimens , de l'étendue des connaissances et de la perfection même du style.

Note Q, page 65 1.

Du système de mesures administratives qui semblerait convenable pour procurer le bienfait de Finstruction a tous les Sourds-Muets.

La première mesure consiste sans doute à provoquer, par des encouragemens, les perfectionnemens qui peuvent conduire à simplifier l'art, à le mettre à la portée des parens et des instituteurs ordinaires, dans ses procédés les plus essentiels.

Mais ce n'est pas tout; il faut aussi porter les secours partout où existent les besoins, et préparer les instrumens de ces secours.

L'assistance que réclament les sourds-muets, pour obtenir une instruction qui seule peut les introduire à la vie sociale, morale et religieuse, cette assistance, qui

est un devoir impérieux pour l'administration publique, n'est pas cependant pour cela une charge qui doive retomber tout entière à la charge de l'État. Elle est aussi, parmi nous , une dépense départementale , et une dépense communale, d'après les principes qui régissent en France la comptabilité administrative. Car elle peut être assimilée, pour les départemens, à l'entretien des enfans trouvés , des aliénés, des prisonniers, etc.; et pour les communes, aux écoles, aux. hospices. L'Etat aura rempli ce qui lui est imposé, en créant et maintenant des institutions normales, où l'art se conserve et se perfectionne , en y formant des élèves qui puissent se consacrer à l'enseignement. Il faut ensuite, «dans les provinces , des institutions secondaires , réparties sur une certaine étendue de territoire. Les départemens et les principales villes, compris dans la circonscription, y entretiendraient un nombre de bourses déterminé^ le prix de la pension acquitté par l'élève en état de payer, achèverait de subvenir aux frais de ces établissemens. Enfin , dans quelques communes , dans lesquelles ou autour desquelles se trouveraient des enfans sourdsmuets, un sourd-muet déjà élevé lui-même, ou un instituteur employé dans l'enseignement ordinaire, mais instruit dans les principes et la pratique de l'art, pourraient réunir ces enfans, comme externes, pour leur donner l'éducation. Ces vues ont déjà commencé à se réaliser progressivement et partiellement en France ; mais elles demandent à être encore complétées et régularisées sur un plan général et méthodique. Nous avons fait hommage de nos vues sur ce sujet au gouvernement du Roi , et nous avons la confiance que, dans sa sagesse et

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